Varaha Purana - Adhyaya 134
Varaha PuranaAdhyaya 13472 Shlokas

Adhyaya 134: Expiations for Ritual and Temporal Offences in Worship, and the Prescribed Purificatory Procedure (Upaspṛśya)

Pūjādisāmayikāparādha-prāyaścittaṃ tathā Upaspṛśya-vidhiḥ

Ritual-Manual (Prāyaścitta) and Ethical-Discourse (Conduct in Devotional Practice)

Cet adhyāya met en scène un échange didactique entre Varāha et Pṛthivī (Dharaṇī/Vasundharā) sur la manière dont les dévots doivent réparer les fautes rituelles commises durant le culte et l’observance quotidienne. Varāha énumère des prāyaścitta pour des manquements précis—approche incorrecte, tenue inappropriée, offrandes défectueuses—en les reliant à des conséquences karmiques et à des vœux expiatoires tels que Cāndrāyaṇa, Mahāsāntapana et taptakṛcchra. Pṛthivī demande ensuite le « secret » de la norme procédurale permettant aux bhāgavata d’approcher la Divinité sans transgresser la conduite; Varāha expose alors l’upaspṛśya, purification graduée: lavage, prise de terre, rinçage, gorgées mesurées, maîtrise du souffle et toucher réglementé. Le chapitre insiste enfin sur la discipline des émotions, surtout l’évitement du krodha, condition de l’efficacité rituelle et du maintien de l’ordre terrestre dont Pṛthivī se soucie pour le bien commun.

Primary Speakers

VarāhaPṛthivī (Dharaṇī/Vasundharā)

Key Concepts

prāyaścitta (ritual expiation)upaspṛśya-vidhi (purificatory approach protocol)Cāndrāyaṇa-vrataMahāsāntapana and taptakṛcchrakrodha-tyāga (renunciation of anger) and jitendriyatā (sense-control)offerings discipline (gandha, mālya, puṣpa) and acceptance/refusal logickarmaphala framing via rebirth consequencesbhāgavata-ācāra (devotee code of conduct)

Shlokas in Adhyaya 134

Verse 1

अथ पूजादिसामयिकापराधेषु प्रायश्चित्तानि ॥ श्रीवराह उवाच ॥ मुक्त्वा तु मम कर्माणि मम कर्मपरायणः ॥ प्रायश्चित्तविधिं देवि यस्तु वाक्यं प्रभाषते ॥

Voici maintenant les expiations pour les fautes liées au culte et aux observances périodiques qui s’y rattachent. Śrī Varāha dit : «Celui qui, tout en étant voué à mes rites, abandonne les actes que j’ai prescrits et parle de la règle d’expiation, ô Déesse…»

Verse 2

मूर्खो भवति सुश्रोणि मम कर्मपरायणः ॥ प्रायश्चित्तविधिं देवि येन मुच्येत किल्बिषात् ॥

«Il devient insensé, ô toi aux belles hanches, fût-il voué à mes rites ; enseigne donc, ô Déesse, la méthode d’expiation par laquelle on est délivré de la faute.»

Verse 3

आकाशशयनं कृत्वा दिनानि दश पञ्च च ॥ मुच्यते किल्बिषात्तत्र देवि चैव न संशयः ॥

Après avoir observé le «sommeil à ciel ouvert» durant dix jours, et cinq de plus, on y est délivré de la faute, ô Déesse ; de cela, point de doute.

Verse 4

इति मौनत्यागप्रायश्चित्तम् ॥ श्रीवराह उवाच ॥ भूषितो नीलवस्त्रेण यो हि मामुपपद्यते ॥ वर्षाणां हि शतं पञ्च कृमिर्भूत्वा स तिष्ठति ॥

«Telle est l’expiation concernant l’abandon du silence.» Śrī Varāha dit : «Celui qui s’approche de moi, paré d’un vêtement bleu, demeure cent cinq ans, devenu un ver.»

Verse 5

तस्य वक्ष्यामि सुश्रोणि अपराधविशोधनम् ॥ प्रायश्चित्तं विशालाक्षि येन मुच्येत किल्बिषात् ॥

C’est pourquoi je t’exposerai, ô toi aux belles hanches, la purification de la faute : l’expiation (prāyaścitta), ô toi aux grands yeux, par laquelle on se délivre du péché.

Verse 6

व्रतं चान्द्रायणं कृत्वा विधिदृष्टेन कर्मणा ॥ मुच्यते किल्बिषाद्भूमे एवमेतन्न संशयः ॥

Ayant accompli le vœu de Cāndrāyaṇa selon l’acte prescrit par la règle, on est délivré de la faute, ô Terre ; ainsi en est-il, sans aucun doute.

Verse 7

अविधानेन संस्पृश्य यो हि मामुपसर्पति ॥ स मूर्खः पापकर्मा च मम विप्रियकारकः ॥

Celui qui, après avoir touché ou agi de façon impropre, sans la règle requise, s’approche de moi : celui-là est insensé, auteur d’actes pécheurs, et fait ce qui m’est déplaisant.

Verse 8

तेन दत्तं वरारोहे गन्धमाल्यसुगन्धितम् ॥ प्रापणं च न गृह्णामि मृष्टं चापि कदाचन ॥

Aussi, ô toi aux belles cuisses, fût-ce parfumé de senteurs et de guirlandes, je n’accepte pas l’offrande qu’il présente, ni aucun mets doux ou choisi, en aucun temps.

Verse 9

ततो नारायणवचः श्रुत्वा सा संशितव्रता ॥ उवाच मधुरं वाक्यं धर्मकामा वसुन्धरा ॥

Alors, ayant entendu les paroles de Nārāyaṇa, elle—ferme dans ses observances—prononça des mots doux : Vasundharā, la Terre, éprise de dharma.

Verse 10

केन कर्मविधानॆन भूत्वा भागवता भुवि ॥ उपस्पृश्योपसर्पन्ति तव कर्मपरायणाः

Par quelle procédure d’action prescrite, devenus dévots sur la terre, ceux qui sont voués à Tes rites s’approchent-ils de Toi après avoir accompli la purification rituelle (upaspṛśya) ?

Verse 11

एतन्मे संशयं देव परं कौतूहलं हि मे ॥ तव भक्तसुखार्थाय निष्कलं वक्तुमर्हसि

Tel est mon doute, ô Seigneur, et c’est là, en vérité, ma grande curiosité. Pour le bien de Tes dévots, Tu dois l’exposer entièrement, sans rien omettre.

Verse 12

श्रीवराह उवाच ॥ शृणु तत्त्वेन मे देवि यन्मां त्वं भीरु भाषसे ॥ कथितं मम तत्त्वेन गुह्यमेतत्परं महत्

Śrī Varāha dit : Écoute, ô déesse, selon la vérité, ce que toi, timide, tu m’as demandé. Je l’ai exposé selon son principe véritable : c’est un enseignement secret, suprême et profond.

Verse 13

विमुच्य सर्वकर्माणि यो हि मामुपसर्पति ॥ तस्य वै शृणु सुश्रोणि उपस्पृश्य च या क्रिया

Celui qui, renonçant à toutes les autres actions, s’approche de moi—écoute, ô toi aux belles hanches—, pour un tel homme voici le rite (kriyā) à accomplir comme purification rituelle (upaspṛśya).

Verse 14

भूत्वा पूर्वमुखस्तत्र पादौ प्रक्षाल्य चाम्बुभिः ॥ उपस्पृश्य यथान्यायं तिस्रो वै गृह्य मृत्तिकाः

Là, tourné vers l’est, après s’être lavé les pieds avec de l’eau et avoir accompli la purification selon la règle, il doit ensuite prendre, comme il convient, trois portions de terre (argile).

Verse 15

ततः प्रक्षालितं हस्तं जलेन तदनन्तरम् ॥ सप्तकोशं ततो गृह्य जलेन क्षालयेत् ततः

Ensuite, aussitôt après, on doit laver la main avec de l’eau. Puis, prenant la mesure dite « sept kośas », on la lavera de nouveau avec de l’eau.

Verse 16

पादमेकैकशस्तद्वत्पञ्च पञ्च वदेत् ततः ॥ कोशौ संमृज्यतां तत्र यदीच्छेत्तु मम प्रियम्

De même, pour chaque pied séparément, on récitera ensuite « cinq et cinq ». Là, que les deux kośas soient essuyés et purifiés, si l’on veut agir d’une manière qui m’est chère.

Verse 17

त्रीणि कोशान्पिबेत्तत्र सर्वपापविशोधनम् ॥ मुखं कराभ्यां मार्जेत सर्वमिन्द्रियनिग्रहम्

Là, on boira trois kośas, ce qui purifie toutes les fautes. On essuiera le visage avec les deux mains, comme maîtrise de tous les sens.

Verse 18

प्राणायामं ततः कृत्वा मम चिन्तापरायणः ॥ कर्मणा विधिदृष्टेन कुर्यात्संसारमोक्षणम्

Ensuite, après avoir accompli le prāṇāyāma, l’esprit voué à la contemplation de moi, on accomplira—par l’acte conforme à la règle—une pratique visant la délivrance du saṃsāra.

Verse 19

स्पृशेत्तु निष्कलस्तत्र यो हि यत्र प्रतिष्ठितः ॥ विक्षिपेत्रिणि वाराणि सलिलं प्रवरं त्रयम्

Là, à l’endroit où l’on se tient, on accomplira le toucher prescrit (spṛśet) dans un état d’intégrité et de pureté (niṣkala). On aspergera l’eau excellente trois fois, en trois portions mesurées.

Verse 20

एवमुक्तस्य कर्त्तव्यं ममाभिगमनेषु च ॥ उपस्पृश्य तनुं वामे यदीक्षेत प्रियं मम ॥

Pour celui qui a été ainsi instruit, il convient d’agir de même lorsqu’il s’approche de moi : après avoir accompli le contact purificatoire prescrit (upaspṛśa), s’il aperçoit, sur le côté gauche du corps, ce qui m’est cher.

Verse 21

एवं च कुर्वतस्तस्य मम कर्मव्यवस्थितः ॥ अपराधं न विन्देत एवं देवि न संशयः ॥

Et celui qui agit ainsi, dûment établi dans le rite que j’ai prescrit, ne commettra pas d’offense ; ainsi en est-il, ô Déesse, sans aucun doute.

Verse 22

ततो नारायणवचः श्रुत्वा देवी वसुन्धरा ॥ उवाच मधुरं वाक्यं सर्वभागवतप्रियम् ॥

Alors, ayant entendu les paroles de Nārāyaṇa, la déesse Vasundharā prononça une douce parole, agréable à tous les dévots de la tradition Bhāgavata.

Verse 23

धरण्युवाच ॥ उपस्पृश्य विधानॆन यस्तु कर्माणि चाप्नुयात् ॥ तापनं शोधनं चैव तद्भवान्वक्तुमर्हति ॥

La Terre dit : « Si quelqu’un, selon la procédure correcte de l’upaspṛśa, entreprend des actes rituels, il te revient d’exposer à ce sujet les pratiques d’austérité (tāpana) et de purification (śodhana). »

Verse 24

श्रीवराह उवाच ॥ शृणु तत्त्वेन मे भूमे इमं गुह्यमनिन्दिते ॥ यां गतिं च प्रपद्यन्ते मम कर्मबहिष्कृताः ॥

Śrī Varāha dit : « Écoute en vérité, ô Terre—ô irréprochable—cet enseignement secret, et la destination où vont ceux qui sont exclus de mon rite. »

Verse 25

व्यभिचारं च मे कृत्वा यश्च मामुपसर्पति ॥ दशवर्षसहस्राणि दशवर्षशतानि च ॥

Et quiconque, après avoir manqué à la fidélité envers moi, s’approche pourtant de moi—(pour lui il y a) dix mille années, et aussi des centaines d’années (de conséquence).

Verse 26

कृमिर्भूत्वा यथान्याय्यं तिष्ठते नात्र संशयः ॥ प्रायश्चित्तं प्रवक्ष्यामि तस्य मूर्खस्य माधवि ॥

Devenu ver, il demeure comme il convient—il n’y a là aucun doute. Je vais exposer l’expiation pour cet insensé, ô Mādhavī.

Verse 27

यच्च कृत्वा महाभागे कृतकृत्यः पुनर्भवेत् ॥ महासान्तपनं कृत्वा तप्तकृच्छ्रं च निष्कलम् ॥

Et en accomplissant cela, ô très fortunée, il pourra redevenir celui qui a accompli ce qui est requis : ayant observé le Grand Sāntapana et aussi le Kṛcchra chauffé, sans faute.

Verse 28

किल्बिषात्तु प्रमुक्तास्ते गच्छन्ति परमां गतिम् ॥ यस्तु क्रोधसमाविष्टो मम भक्तिपरायणः ॥

Délivrés du péché, ils vont à la destination suprême. Mais celui qui est saisi par la colère, bien qu’il soit voué à ma dévotion…

Verse 29

स्पृशेत मम गात्राणि चित्तं कृत्वा चलाचलम् ॥ न चाहं रागमिच्छामि क्रुद्धमेव यशस्विनि ॥

Il peut toucher mes membres en rendant son esprit tantôt instable, tantôt stable ; pourtant je ne désire pas la passion—mais seulement la colère, ô illustre (ici sous-entendue).

Verse 30

इच्छामि च सदा दान्तं शुभं भागवतं शुचिम् ॥ पञ्चेन्द्रियसमायुक्तं लाभालाभविवर्जितम् ॥

Je désire toujours celui qui est maître de lui-même : de bon augure, dévot (bhāgavata) et pur ; pourvu des cinq sens, mais sans attachement au gain ni à la perte.

Verse 31

अहङ्कारविनिर्मुक्तं कर्मण्यभिरतं मम ॥ अन्यच्च ते प्रवक्ष्यामि तच्छृणुष्व वरानने ॥

(Il doit être) délivré de l’orgueil du moi (ahaṅkāra) et appliqué à l’action pour moi. Et je te dirai encore autre chose : écoute cela, ô toi au beau visage.

Verse 32

मां यदा लभते क्रुद्धः शुद्धो भागवतः शुचिः ॥ चिल्ली जातो वर्षशतं श्येनो वर्षशतं पुनः ॥

Quand un homme courroucé m’atteint—fût-il pur, dévot et sans souillure—il naît comme cillī pendant cent ans, puis de nouveau comme faucon (śyena) pendant cent ans.

Verse 33

भेकस्त्रिशतवर्षाणि यातुधानः पुनर्दश ॥ अपुमान् षट् च वर्षाणि रेतोभक्षस्तु जायते ॥

(Il devient) grenouille pendant trois cents ans ; puis un yātudhāna durant dix ans. Ensuite, impuissant pendant six ans, il naît comme celui qui se nourrit de semence.

Verse 34

अन्धो जायेत सुष्रोणि पञ्च सप्त तथा नव ॥ गृध्रो द्वात्रिंशवर्षाणि चक्रवाको दशैव तु ॥

Il naît aveugle, ô toi aux belles hanches, pendant cinq, sept et aussi neuf ans. (Puis) vautour durant trente-deux ans, et oiseau cakravāka durant dix ans, certes.

Verse 35

शैवालभक्षिता चैव ह्याकाशगमनं तथा ॥ ब्राह्मणो जायते भूमे क्रोधस्य च पथे स्थितः ॥

(Il y a) la nourriture d’algues, et aussi le déplacement dans le ciel. Puis, sur la terre, on naît brāhmaṇa—mais l’on demeure établi sur la voie de la colère.

Verse 36

आत्मकर्मापराधेन प्राप्तः संसारसागरे ॥ धरण्युवाच ॥ अहो वै परमं गुह्यं यत्त्वया पूर्वभाषितम् ॥

Par la faute de ses propres actes, on parvient à l’océan du saṃsāra. Dharaṇī dit : « Ah ! Vraiment, ce que tu as dit auparavant est un secret suprême. »

Verse 37

श्रुत्वा सुदुस्तरं सारं भीतास्मि परिदेविता ॥ नाहमाज्ञापयामि त्वां देवदेव जगत्पते ॥

Ayant entendu cette essence, si difficile à traverser, je suis saisie de crainte et je me lamente. Je ne te commande pas, ô Dieu des dieux, ô Seigneur du monde.

Verse 38

मम चैव प्रियार्थाय सर्वलोकसुखावहम् ॥ येन मुच्यन्ति संशुद्धा बुधाः कर्मपरायणाः ॥

Pour mon dessein cher, et comme ce qui apporte le bonheur à tous les mondes—dis ce par quoi sont délivrés les sages purifiés, voués à l’action.

Verse 39

अल्पसत्त्वा गतभया लोभमोहसमन्विताः ॥ तरन्ति येन दुर्गाणि प्रायश्चित्तं च मे वद ॥

Ceux de faible vigueur, ayant rejeté la peur, mais pourvus d’avidité et d’illusion—par quoi traversent-ils les épreuves? Dis-moi aussi le prāyaścitta, le moyen d’expiation.

Verse 40

ततः कमलपत्राक्षो वराहः सम्मुखे स्थितः ॥ सनत्कुमारो मे भक्तो पुनर्नारायणोऽब्रवीत् ॥

Alors Varāha, aux yeux semblables aux pétales de lotus, se tint debout face à (eux). Et Sanatkumāra —mon dévot— parla de nouveau, s’adressant à Nārāyaṇa.

Verse 41

ततो भूम्या वचः श्रुत्वा ब्रह्मणश्च सुतो मुनिः ॥ सनत्कुमारो योगज्ञः प्रत्युवाच वसुन्धराम् ॥

Alors, ayant entendu les paroles de la Terre, le sage, fils de Brahmā —Sanatkumāra, versé dans le yoga— répondit à Vasundharā (la Terre).

Verse 42

धन्या चैव सुभाग्या च यत्त्वया परिपृच्छितम् ॥ वराहरूपी भगवान् सर्वमायाकरण्डकः ॥

Béni et heureux est, en vérité, ce que tu as demandé : le Seigneur, prenant la forme de Varāha, est tel un réceptacle de toutes les merveilleuses puissances de māyā.

Verse 43

किं त्वया भाषितो देवि सर्वयोगाङ्गयोगवित् ॥ देवो नारायणस्तत्र सर्वधर्मविदां वरः ॥

Ce que tu as dit, ô Déesse (Terre), s’adresse là à Nārāyaṇa : le plus éminent parmi les connaisseurs du dharma, et connaisseur de tous les membres du yoga.

Verse 44

कुमारवचनं श्रुत्वा तं मही प्रत्यभाषत ॥ शृणु तत्त्वेन मे ब्रह्मन् यन्मया परिपृच्छितम् ॥

Ayant entendu les paroles du Kumāra, la Terre lui répondit : «Écoute, ô brahmane, en vérité, ce que j’ai demandé».

Verse 45

कार्यं क्रियां च योगं च अध्यात्म्यं पार्थिवस्थितम् ॥ एतन्मे पृच्छते ब्रह्मन् देवो नारायणः प्रभुः ॥

Concernant le devoir (kārya), l’acte rituel (kriyā), le yoga et le principe intérieur (adhyātmya) tel qu’il se tient dans la condition terrestre : à ce sujet, ô brahmane, j’interroge le Seigneur Nārāyaṇa, le Maître.

Verse 46

कृत्वा तेन व्रतं चैव मम कर्मपरायणः ॥ षष्ठे काले तु भुञ्जीत गृहभिक्षामनिन्दिताम् ॥

Ayant entrepris ce vœu, voué à la pratique prescrite, qu’il mange au sixième moment, recevant une aumône sans blâme obtenue des foyers.

Verse 47

अष्टौ भिक्षा यथान्यायं शुद्धभागवतां गृहे ॥ य एतेन विधानॆन ब्रह्मकर्माणि कारयेत् ॥

(Qu’il y ait) huit parts d’aumône, selon la règle convenable, dans la demeure de dévots purifiés du Bhagavān. Quiconque, suivant cette ordonnance, accomplit les actes de Brahmā (devoirs sacrés)—

Verse 48

मुच्यते किल्बिषात्तस्मादेवमाह जनार्दनः ॥ यदीच्छसि परां सिद्धिं विष्णुलोकं जनार्दनात् ॥

De cette faute et souillure il est délivré—ainsi parla Janārdana. Si tu désires l’accomplissement suprême, le monde de Viṣṇu, obtenu par Janārdana—

Verse 49

शीघ्रमाराधयेद्विष्णुं द्विजमुख्यो न संशयः ॥ ततो भूमेर्वचः श्रुत्वा ब्रह्मणश्च सुतो मुनिः ॥

Le plus éminent des deux-fois-nés doit promptement apaiser et adorer Viṣṇu—sans aucun doute. Puis, ayant entendu les paroles de la Terre, le sage, fils de Brahmā, (poursuivit).

Verse 50

प्रत्युवाच विशालाक्षीं धर्मकामो वसुन्धराम् ॥ अहो गुह्यं रहस्यं च यत्त्वया देवि भाषितम् ॥

Vasundharā, désireuse du dharma, répondit à la Déesse aux grands yeux : « Ah ! Ce que tu as dit, ô Devi, est à la fois secret et d’une profonde portée. »

Verse 51

तस्य ये मुखनिष्क्रान्ता धर्मास्तान्वक्तुमर्हसि ॥ धरण्युवाच ॥ ततः स पुण्डरीकाक्षः शङ्खचक्रगदाधरः ॥

« Les dharmas sortis de sa bouche — ceux-là, tu dois les exposer comme il convient. » Dharaṇī dit : Alors Celui aux yeux de lotus, portant conque, disque et massue…

Verse 52

वराहरूपी भगवान् लोकनाथो जनार्दनः । उवाच मधुरं वाक्यं मेघदुन्दुभिनिःस्वनः ॥

Le Seigneur bienheureux Janārdana, Maître du monde, ayant pris la forme de Varāha, prononça des paroles suaves ; sa voix retentissait comme les nuées et le tambour dundubhi.

Verse 53

भक्तकर्मसुखार्थाय गुणवित्तसमन्विताम् ॥ अनेनैव विधानेन आचारेण समन्वितः ॥

Pour le bonheur qui naît de l’acte accompli avec bhakti — pourvu de bonnes qualités et de moyens justes — celui qui se règle par cette même ordonnance et cette conduite…

Verse 54

देवि कारयते कर्म मम लोकं स गच्छति ॥ क्रुद्धेन न च कर्त्तव्यं लोभेन त्वरया न च ॥

Ô Devi, celui qui fait accomplir l’acte prescrit parvient à mon monde. Mais il ne doit pas être fait dans la colère, ni par avidité, ni dans la hâte.

Verse 55

संसारं ते न गच्छन्ति अपराधविवर्जिताः ॥ श्रीवराह उवाच ॥ अकर्मण्येन पुष्पेण यो मामर्चयते भुवि ॥

Ceux qui sont exempts de fautes ne s’engagent pas dans le saṃsāra. Śrī Varāha dit : « Mais celui qui m’adore sur la terre avec une fleur obtenue sans effort légitime ou par des moyens indus… »

Verse 56

पातनं तस्य वक्ष्यामि तच्छृणुष्व वसुन्धरे ॥ नाहं तत्प्रतिगृह्णामि न च ते वै मम प्रियाः ॥

«Je décrirai sa chute ; écoute cela, ô Vasundharā. Je n’accepte pas une telle offrande, et en vérité ils ne me sont pas chers.»

Verse 57

मूर्खा भागवता देवि मम विप्रियकारिणः ॥ पतन्ति नरके घोरे रौरवे तदनन्तरम् ॥

«Ô Devi, de sots “bhāgavata” — ceux qui agissent à l’encontre de ce qui m’est agréable — tombent ensuite dans l’effroyable enfer nommé Raurava.»

Verse 58

अज्ञानस्य च दोषेण दुःखान्यनुभवन्ति च ॥ वानरो दश वर्षाणि मार्जारश्च त्रयोदश ॥

«Et, par la faute de l’ignorance, ils endurent des souffrances. (Ils renaissent) comme singe pendant dix ans, et comme chat pendant treize.»

Verse 59

मूकः पञ्च च वर्षाणि बलीवर्दश्च द्वादश ॥ छागश्चैवाष्टवर्षाणि मासं वै ग्रामकुक्कुटः ॥

«(Ils renaissent) muets pendant cinq ans ; comme bœuf pendant douze ; comme chèvre pendant huit ; et comme coq de village pendant un mois.»

Verse 60

त्रीणि वर्षाणि महिषो भवत्येव न संशयः ॥ एतत्ते कथितं भद्रे पुष्पं यन्मे न रोचते ॥

Pendant trois ans, on devient un buffle ; il n’y a là aucun doute. Ceci, ô dame de bon augure, je te l’ai dit : l’offrande de fleurs qui ne me plaît pas.

Verse 61

अकर्मण्यं विशालाक्षि पुष्पं ये च ददन्ति वै ॥ धरण्युवाच ॥ भगवन्यदि तुष्टोऽसि विशुद्धेनान्तरात्मना ॥

Ô toi aux grands yeux, ceux qui offrent une fleur sans efficacité (rituellement impropre) encourent assurément une faute. Dharaṇī dit : Ô Seigneur Bienheureux, si tu es satisfait—l’âme intérieure étant purifiée—

Verse 62

येन शुध्यन्ति ते भक्तास्तव कर्मपरायणाः ॥ श्रीवराह उवाच ॥ शृणु तत्त्वेन मे देवि यन्मां त्वं परिपृच्छसि ॥

—par quoi tes dévots, voués aux actes (devoirs prescrits), sont purifiés. Śrī Varāha dit : Écoute de moi selon la vérité, ô déesse, ce que tu me demandes.

Verse 63

प्रायश्चित्तं महाभागे येन शुध्यन्ति मानवाः ॥ एकाहारं ततः कृत्वा मासमेकं वरानने ॥

Ô très fortunée, l’expiation (prāyaścitta) par laquelle les humains sont purifiés est celle-ci : après avoir observé un seul repas par jour, pendant un mois, ô au beau visage—

Verse 64

यावकान्नं त्रीण्यहानि वायुभक्षो दिनत्रयम् ॥ य एतेन विधानॆन देवि कर्माणि कारयेत् ॥

Pendant trois jours, que l’on prenne pour nourriture le grain yāvaka ; et pendant trois jours, que l’on vive en ‘mangeur d’air’ (jeûne). Quiconque, ô déesse, accomplit les rites selon cette règle—

Verse 65

सर्वपापप्रमुक्तश्च मम लोकं स गच्छति ॥

Affranchi de toute faute, cet être se rend en mon monde.

Verse 66

धरण्युवाच ॥ यन्मां त्वं भाषसे नाथ आचारस्य व्यतिक्रमम् ॥ उपस्पृश्य समाचारं रहस्यं वक्तुमर्हसि ॥

Pṛthivī dit : Ô Seigneur, puisque tu me parles de la transgression de la conduite juste (ācāra), daigne exposer le procédé secret de la pratique correcte, à savoir le toucher purificatoire (upaspṛśya).

Verse 67

त्रीणि वारान्स्पृशेत्तत्र शिरो ब्रह्मणि संस्थितः ॥ त्रीणि वारान्पुनस्तत्र उभे ते कर्णनासिके ॥

Là, l’on doit toucher trois fois la tête, établi dans (le souvenir de) Brahman. Puis, au même endroit, l’on doit toucher trois fois les deux oreilles et les narines.

Verse 68

ब्राह्मणः क्षत्रियो वैश्यो मम ये च मते स्थिताः ॥ अनेन विधिना कृत्वा प्रायश्चित्तं यशस्विनि ॥

Qu’il soit brāhmaṇa, kṣatriya ou vaiśya—ceux qui demeurent dans mon enseignement—ayant accompli l’expiation selon cette méthode, ô illustre—

Verse 69

जातं मे विह्वलं चित्तं न स्थिरं जायते क्वचित् ॥ यत्त्वया भाषितं हीदं भक्तानां च दुरासदम् ॥

Mon esprit est bouleversé ; il ne se fixe nulle part. Et ce que tu as dit est difficile à atteindre, même pour les dévots.

Verse 70

ततो मां भाषते ब्रह्मन् विष्णुर्मायाकरण्डकः ॥ क्रुद्धा भागवता ब्रह्मन् येन शुद्ध्यन्ति किल्बिषात् ॥

Alors Viṣṇu, le merveilleux porteur de māyā, s’adressa à moi : «Ô brāhmane, les dévots—lorsqu’ils s’irritent—deviennent aussi le moyen par lequel on se purifie du péché.»

Verse 71

मत्पूजनं विधानॆन यदीच्छेत् परमाṃ गतिम् ॥ ये मां देवि यजिष्यन्ति क्रोधं त्यक्त्वा जितेन्द्रियाः ॥

Si l’on désire l’atteinte suprême par mon culte selon la règle prescrite—ceux qui me vénéreront, ô Devī, ayant renoncé à la colère et maîtrisé les sens, sont dignes de cette voie.

Verse 72

वीरासनविधींश्चैव कारयेत् सप्त सप्त च ॥ चतुर्थं भक्ष्यमेकेन मासेन घृतपायसम् ॥

Il faut aussi accomplir les formes prescrites de la posture vīrāsana—sept et encore sept (séries). Au quatrième temps, pendant un mois, l’offrande alimentaire est le ghṛta-pāyasa, riz au lait avec ghee.

Frequently Asked Questions

The text links ritual correctness to ethical self-regulation: proper worship requires disciplined conduct (ācāra), especially restraint from krodha (anger), along with prescribed purificatory actions. Expiation is presented as a corrective technology that restores eligibility for devotion and stabilizes social-ritual order as voiced through Pṛthivī’s concern for devotees’ welfare.

The chapter specifies durations rather than seasons: e.g., 10 or 15 days of ākāśa-śayana (sleeping in the open/sky), the lunar vow Cāndrāyaṇa (month-structured observance), and regulated eating intervals (e.g., eating on the sixth time-period; month-long ekāhāra; multi-day yāvaka diet and three days of vāyu-bhakṣa). No explicit ṛtu (season) markers are stated in the excerpt.

Environmental stewardship appears indirectly through Pṛthivī’s role as Earth-personified: she requests practices that allow devotees to become 'saṃśuddha' and safely traverse difficulties, implying that moral-ritual discipline contributes to societal stability on Earth. The chapter frames terrestrial balance as maintained through regulated conduct, purity, and avoidance of disruptive emotions like anger.

The narrative names Sanatkumāra (a Brahmā-putra) as an interlocutor in the transmission context, and it references varṇa categories (brāhmaṇa, kṣatriya, vaiśya) as eligible practitioners of the stated prāyaścittas. No dynastic royal lineages or specific historical rulers are mentioned in the provided passage.

Read Varaha Purana in the Vedapath app

Scan the QR code to open this directly in the app, with audio, word-by-word meanings, and more.

Continue reading in the Vedapath app

Open in App