
Dans cet adhyāya, Īśvara s’adresse à Devī et oriente le pèlerin vers un tīrtha éminent nommé Camasodbheda. Le texte en donne l’étiologie : Brahmā aurait accompli un satra prolongé (session sacrificielle étendue), et les devas, avec les grands ṛṣi, auraient bu le soma au moyen de camas, des coupes rituelles ; ainsi le lieu fut-il connu sur terre sous le nom de Camasodbheda. Vient ensuite la prescription rituelle : se baigner dans la Sarasvatī associée au site, puis accomplir le piṇḍadāna, l’offrande aux ancêtres. Le phalavāda exalte le mérite obtenu, déclaré « égal à celui d’un crore de Gayā » (gayā-koṭi-guṇa), avec une insistance particulière sur le mois de Vaiśākha comme moment de très haute valeur spirituelle. Le chapitre se clôt par un colophon l’inscrivant dans le Prabhāsa Khaṇḍa et le Prabhāsakṣetramāhātmya.
Verse 1
ईश्वर उवाच । ततो गच्छेन्महादेवि चमसोद्भेदमुत्तमम् । यत्र ब्रह्माऽकरोत्सत्रं वर्षाणामयुतं प्रिये
Īśvara dit : « Ensuite, ô grande Déesse, rends-toi au suprême lieu saint nommé Camasodbheda, où Brahmā, ô bien-aimée, accomplit jadis une session sacrificielle durant dix mille ans. »
Verse 2
चमसैः पीतवन्तस्ते सोमं देवा महर्षयः । चमसोद्भेदनामेति तेन ख्यातं धरातले
Là, les dieux et les grands sages burent le Soma à l’aide de louches rituelles (camasas) ; c’est pourquoi ce lieu fut nommé « Camasodbheda » et, sous ce nom, il est renommé sur la terre.
Verse 3
तत्र स्नात्वा सरस्वत्यां पिंडदानं ददाति यः । गयाकोटिगुणं पुण्यं वैशाख्यां प्राप्नुयान्नरः
Quiconque s’y baigne dans la Sarasvatī et y offre des piṇḍa (oblations aux ancêtres) obtient, au mois de Vaiśākha, un mérite dix millions de fois supérieur à celui de Gayā.
Verse 268
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे प्रथमे प्रभासक्षेत्रमाहात्म्ये चमसोद्भेदमाहात्म्य वर्णनंनामाष्टषष्ट्युत्तरद्विशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le deux-cent-soixante-huitième chapitre, intitulé « Description de la grandeur de Camasodbheda », dans le Prabhāsa Khaṇḍa, au sein de la section Prabhāsa-kṣetra Māhātmya, du Śrī Skanda Mahāpurāṇa (composé de quatre-vingt-un mille vers).