
Cet adhyāya prend la forme d’un enseignement théologique donné par le vénérable Śrī Mārkaṇḍeya à un roi. Il oriente le chercheur vers deux tīrtha hautement loués—Dadhiskanda et Madhuskanda—présentés comme des lieux de diminution des fautes et des impuretés morales (pāpa-kṣaya). À Dadhiskanda, le bain sacré est associé au don de dadhi (caillé/yaourt) à un dvija (brahmane). Le texte promet, sur de nombreuses naissances, la délivrance des maladies, des souffrances liées à la vieillesse, du chagrin et de l’envie, ainsi qu’une renaissance continue dans une lignée dite « pure » pendant longtemps. À Madhuskanda, l’aumône de sésame mêlé de miel, et séparément l’offrande d’un piṇḍa mélangé au miel, sont liées à l’évitement du royaume ou de la vision de Yama durant maintes vies, et à une prospérité durable pour la descendance, jusqu’aux petits-enfants et arrière-petits-enfants. Le chapitre s’achève par une autre prescription de piṇḍa (mêlé au dadhi) et par une indication rituelle : après le bain, on accomplit les rites tourné vers le sud (dakṣiṇāmukha), et il est affirmé que le père, le grand-père et l’arrière-grand-père sont satisfaits pendant douze ans.
Verse 1
। श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेत्तु राजेन्द्र तीर्थद्वयमनुत्तमम् । दधिस्कन्दं मधुस्कन्दं सर्वपापक्षयंकरम्
Śrī Mārkaṇḍeya dit : «Alors, ô roi des rois, rends-toi aux deux tīrthas incomparables, Dadhiskanda et Madhuskanda, tous deux qui consument tous les péchés».
Verse 2
दधिस्कन्दे नरः स्नात्वा यस्तु दद्याद्द्विजे दधि । उपतिष्ठेत्ततस्तस्य सप्तजन्मनि भारत
À Dadhiskanda, si un homme se baigne puis offre du dadhi (caillé) en dāna à un dvija (brāhmane deux fois né), pour lui—ô Bhārata—la prospérité et le soutien de bon augure l’assistent durant sept naissances.
Verse 3
न व्याधिर्न जरा तस्य न शोको नैव मत्सरः । दशचन्द्रशतं यावज्जायते विमले कुले
Pour lui, point de maladie, point de vieillesse, point de chagrin, ni même d’envie; et durant mille mois, il renaît dans une lignée pure et noble.
Verse 4
मधुस्कन्देऽपि मधुना मिश्रितान्यस्तिलान्ददेत् । नासौ वैवस्वतं देवं पश्येद्वै जन्मसप्ततिम्
Et à Madhuskanda aussi, si l’on donne des graines de sésame (tila) mêlées de miel, on ne verra pas Vaivasvata (Yama), le dieu de la mort, durant soixante-dix naissances.
Verse 5
मधुना सह सम्मिश्रं पिण्डं यस्तु प्रदापयेत् । तस्य पौत्रप्रपौत्रेभ्यो दारिद्र्यं नैव जायते
Quiconque offre un piṇḍa (oblations funéraires) mêlé de miel, la pauvreté ne naîtra point chez ses petits-fils et arrière-petits-fils.
Verse 6
दधिभिः सह संमिश्रं पिण्डं यस्तु प्रदापयेत् । तस्मिंस्तीर्थे नरः स्नात्वा विधिवद्दक्षिणामुखः
Quiconque offre un piṇḍa mêlé de dadhi (caillé) — après s’être baigné en ce même tīrtha, qu’il accomplisse le rite selon la règle, le visage tourné vers le sud (dakṣiṇāmukha).
Verse 7
पिता पितामहश्चैव तथैव प्रपितामहः । द्वादशाब्दानि तुष्यन्ति नात्र कार्या विचारणा
Le père, le grand-père et l’arrière-grand-père sont comblés durant douze années ; là-dessus, nul besoin de doute ni de controverse.