
Cet adhyāya expose un enseignement concis attribué à Śrī Mārkaṇḍeya, recommandant le pèlerinage à Śṛṅgitīrtha et décrivant sa puissance salvatrice. Le lieu y est célébré comme “mokṣada”, dispensateur de délivrance aux êtres incarnés, avec l’assurance explicite que quiconque y meurt obtient le mokṣa sans aucun doute. Le même tīrtha est ensuite relié au devoir envers les ancêtres : en accomplissant le piṇḍadāna, on devient anṛṇa, libéré de la dette envers les pitṛs. Par le mérite ainsi acquis, l’être purifié est dit atteindre la “gāṇeśvarī gati”, une destinée posthume élevée, associée aux Gāṇa dans l’horizon cosmologique śaiva. Le chapitre unit ainsi la quête de libération, l’éthique de la piété filiale et la discipline du pèlerinage en une directive théologique fondée sur un lieu sacré.
Verse 1
श्रीमार्कण्डेय उवाच । शृङ्गितीर्थं ततो गच्छेन्मोक्षदं सर्वदेहिनाम् । मृतानां तत्र राजेन्द्र मोक्षप्राप्तिर्न संशयः
Śrī Mārkaṇḍeya dit : Ensuite, qu’on aille à Śṛṅgitīrtha, qui accorde la mokṣa à tous les êtres incarnés. Ô roi des rois, pour ceux qui y meurent, l’obtention de la délivrance est sans doute.
Verse 2
तत्रैव पिण्डदानेन पितॄणामनृणो भवेत् । तेन पुण्येन पूतात्मा लभेद्गाणेश्वरीं गतिम्
Là même, par l’offrande de piṇḍa, on devient quitte envers les ancêtres. Purifiée par ce mérite, l’âme obtient la voie divine appelée l’état « Gāṇeśvarī ».