
L’Adhyāya 41 prend la forme d’un enseignement: Sanatkumāra y expose la classification des pitṛ-gaṇa, sept grands ensembles d’ancêtres au ciel, répartis en quatre catégories « avec forme » (mūrti-mant) et trois « sans forme » (amūrta). Il donne ensuite des prescriptions: le śrāddha doit être offert avec une attention particulière pour les yogin, et l’on précise la convenance des objets, notamment la préférence pour un récipient d’argent (rājata pātra) ou des ustensiles ornés d’argent. Le rite satisfait les pitṛ par la svadhā et des oblations correctement ordonnées, accomplies dans le feu (agni) ou, à défaut, dans l’eau comme support alternatif. Les fruits sont énumérés: nourriture et soutien, descendance, ciel, santé, accroissement et autres buts désirés. Vient alors une affirmation théologique majeure: le pitṛ-kārya est déclaré supérieur même au deva-kārya, et la pitṛ-bhakti est louée pour accorder une « gati » que le yoga seul ne peut atteindre, faisant de la dévotion aux ancêtres une voie privilégiée. Le cadre narratif passe ensuite à la voix de Mārkaṇḍeya, marquant la transmission d’un savoir rare et préparant des exemples d’avertissement sur la conduite et la fragilité des yogin.
Verse 1
सनत्कुमार उवाच । सप्त ते तपतां श्रेष्ठ स्वर्गे पितृगणास्स्मृताः । चत्वारो मूर्त्तिमंतो वै त्रयश्चैव ह्यमूर्तयः
Sanatkumāra dit : Ô meilleur parmi les ascètes, ces groupes de Pitṛs dans le ciel sont au nombre de sept — en vérité, quatre sont incarnés et trois sont sans forme.
Verse 2
तान्यजंते देवगणा आद्या विप्रादयस्तथा । आप्याययंति ते पूर्वं सोमं योगबलेन वै
Les cohortes des dieux, et de même les sages primordiaux à commencer par les brāhmaṇas, accomplissent ces rites ; et d’abord, par la puissance du yoga, ils font que Soma soit rétabli et fortifié.
Verse 3
तस्माच्छ्राद्धानि देयानि योगिनां तु विशेषतः । सर्वेषां राजतं पात्रमथ वा रजतान्वितम्
C’est pourquoi les offrandes de śrāddha doivent assurément être données — tout spécialement aux yogins. Pour tous ces rites, on doit employer un vase d’argent, ou du moins un vase garni ou doublé d’argent.
Verse 4
दत्तं स्वधां पुरोधाय श्राद्धे प्रीणाति वै पितॄन् । वह्नेराप्यायनं कृत्वा सोमस्य तु यमस्य वै
Dans le rite de śrāddha, lorsqu’une offrande est faite en plaçant au premier rang l’invocation « svadhā », elle réjouit véritablement les Pitṛs, les êtres ancestraux. Et, en nourrissant ainsi le Feu sacré, elle devient aussi un acte de satisfaction pour Soma et pour Yama.
Verse 5
उदगायनमप्यग्नावग्न्यभावेऽप्सु वा पुनः । पितॄन्प्रीणाति यो भक्त्या पितरः प्रीणयंति तम्
Même le rite de l’Udāgāyana, accompli lorsque le soleil prend sa course vers le nord—offert dans le feu, ou, faute de feu, offert de nouveau dans l’eau—s’il est fait avec dévotion, réjouit les Pitṛ (esprits des ancêtres) ; et les Pitṛ, satisfaits, accordent en retour leur grâce à ce dévot.
Verse 6
यच्छंति पितरः पुष्टिं प्रजाश्च विपुलास्तथा । स्वर्गमारोग्यवृद्धिं च यदन्यदपि चेप्सितम्
Les Pitṛ accordent nourriture et bien-être ; une descendance nombreuse est aussi octroyée. Le ciel, la santé et la prospérité sont obtenus ; en vérité, tout autre désir du dévot s’accomplit également (par ce mérite tourné vers Śiva).
Verse 7
देवकार्यादपि मुने पितृकार्य्यं विशिष्यते । पितृभक्तोऽसि विप्रर्षे तेन त्वमजरामरः
Ô sage, même comparé au service rendu aux dieux, le devoir accompli envers les Pitṛs (ancêtres) est tenu pour supérieur. Puisque tu es dévoué aux Pitṛs, ô meilleur des brāhmanes, tu deviens ainsi libre de la décrépitude et de la mort.
Verse 8
न योगेन गतिस्सा तु पितृभक्तस्य या मुने । पितृभक्तिर्विशेषेण तस्मात्कार्या महामुने
Ô sage, l’heureuse réalisation obtenue par celui qui voue une dévotion aux Pitṛ (pères ancestraux) ne s’atteint pas par la seule pratique du yoga. C’est pourquoi, ô grand sage, la dévotion aux Pitṛ doit être accomplie avec un zèle tout particulier.
Verse 9
मार्कण्डेय उवाच । एवमुक्त्वाऽऽशु देवेशो देवानामपि दुर्लभम् । चक्षुर्दत्त्वा सविज्ञानं जगाम यौगिकीं गतिम्
Mārkaṇḍeya dit : Ayant ainsi parlé, le Seigneur des dieux accorda promptement un œil divin — rare même parmi les devas — avec le vrai discernement intérieur ; puis il s’en alla, entrant dans l’état yogique de transcendance.
Verse 10
शृणु भीष्म पुरा भूयो भारद्वाजात्मजा द्विजाः । योगधर्ममनुप्राप्य भ्रष्टा दुश्चरितेन वै
Écoute, ô Bhīṣma : jadis, les fils deux-fois-nés de Bharadvāja parvinrent à la discipline du yoga ; mais, en vérité, par mauvaise conduite, ils déchurent et s’écartèrent de cette voie yogique.
Verse 11
वाग्दुष्टः क्रोधनो हिंस्रः पिशुनः कविरेव च । स्वसृषः पितृवर्ती च नामभिः कर्मभिस्तथा
« (Un tel homme est) au langage impur, prompt à la colère, violent, calomniateur et aussi trompeur ; de même celui qui s’attache à sa propre sœur et celui qui suit les manières de son père : tous sont connus par de tels noms et par de tels actes. »
Verse 12
कौशिकस्य सुतास्तात शिष्या गर्गस्य चाभवन् । पितर्युपरते सर्वे प्रवसंतस्तदाभवन्
Ô bien-aimé, les fils de Kauśika devinrent disciples de Garga. Lorsque leur père eut quitté ce monde, ils vécurent tous loin de la maison, demeurant en des contrées lointaines.
Verse 13
विनियोगाद्गुरोस्तस्य गां दोग्ध्रीं समकालयन् । समानवत्सां कपिलां सर्वेऽन्यायागतास्तदा
Sur l’ordre et selon la désignation de leur guru, ils firent traire la vache. Alors tous, venus là sans droit et de manière injuste, se rassemblèrent autour de la vache fauve (kapilā), son veau à ses côtés.
Verse 14
तेषां पथि क्षुधार्तानां बाल्यान्मोहाच्च भारत । क्रूरा बुद्धिस्समुत्पन्ना तां गां तै हिंसितुं तदा
Ô Bhārata, tandis qu’ils cheminaient, tourmentés par la faim et égarés par une folie enfantine, une pensée cruelle s’éleva alors en eux : faire du mal à cette vache.
Verse 15
तां कविसस्वसृपश्चैव याचेते नैति वै तदा । न चाशक्यास्तु ताभ्यां वा तदा वारयितुं निजाः
Alors Kavi et le fils de sa propre sœur (son neveu) la supplièrent, mais elle ne partit pas. En ce temps-là, même les siens ne purent la retenir par l’entremise de ces deux-là.
Verse 16
पितृवर्ती तु यस्तेषां नित्यं श्राद्धाह्निको द्विजः । स सर्वानब्रवीत्कोपात्पितृभक्तिसमन्वितः
Mais parmi eux, le deux-fois-né, voué à la voie des Pitṛs, accomplissant sans cesse les rites quotidiens et le śrāddha, les réprimanda tous avec colère, rempli de révérence et de dévotion envers les Ancêtres.
Verse 17
यद्यशक्यं प्रकर्तव्यं पितॄनुद्दिश्य साध्यताम् । प्रकुर्वंतो हि श्राद्धं तु सर्व एव समाहिताः
Même si (le rite complet) semble difficile à accomplir, on doit tout de même réaliser ce qui est possible, en le dédiant aux Pitṛs (ancêtres). Car ceux qui accomplissent le śrāddha — tous autant qu'ils sont — le font avec un esprit recueilli et respectueux.
Verse 18
एवमेषा च गौर्धर्मं प्राप्स्यते नात्र संशयः । पितॄनभ्यर्च्य धर्मेण नाधर्मो नो भविष्यति
Ainsi, cette vache atteindra assurément le dharma — sans aucun doute. En honorant dûment les Pitṛs selon le dharma, nul adharma ne s’élèvera pour nous.
Verse 19
एवमुक्ताश्च ते सर्वे प्रोक्षयित्वा च गां तदा । पितृभ्यः कल्पयित्वा तु ह्युपायुंजत भारत
Ainsi instruits, tous aspergèrent alors la vache d’eau consacrée ; puis, l’ayant dûment destinée comme offrande aux Pitṛs (esprits ancestraux), ils se mirent à en faire usage — ô Bhārata.
Verse 20
उपयुज्य च गां सर्वे गुरोस्तस्य न्यवेदयन् । शार्दूलेन हता धेनुर्वत्सा वै गृह्यतामिति
Après avoir profité du service de la vache, tous rapportèrent l’affaire à leur maître : « La vache laitière a été tuée par un tigre ; qu’on prenne donc le veau et qu’on en prenne soin. »
Verse 21
आर्तवत्स तु तं वत्सं प्रतिजग्राह वै द्विजः । मिथ्योपचारतः पापमभूत्तेषां च गोघ्नताम्
Par une compassion tendre et douloureuse pour le veau, le brāhmaṇa l’accepta. Mais, l’échange ayant été mené sous un faux prétexte, le péché s’éleva pour eux, et ils encoururent la souillure du « meurtre d’une vache ».
Verse 22
ततः कालेन कियता कालधर्ममुपागताः । ते सप्त भ्रातरस्तात बभूवुस्स्वायुषःक्षये
Puis, au bout d’un certain temps, ils parvinrent à la loi de Kāla, le Temps : la mort. Ô bien-aimé, ces sept frères atteignirent leur fin lorsque s’épuisa la durée de leur propre vie.
Verse 23
ते वै क्रूरतया हैंस्त्र्यात्स्वानार्य्यत्वाद्गुरोस्तथा । उग्रहिंसाविहाराश्च जातास्सप्त सहोदराः
En vérité, par cruauté et par leur propre nature sans noblesse, ils devinrent des meurtriers, allant jusqu’à tuer leur maître. Portés à une conduite farouche et violente, ainsi naquirent sept frères.
Verse 24
लुब्धकस्य सुतास्तावद्बलवंतो मनस्विनः । जाता व्याधा दशार्णेषु सप्त धर्मविचक्षणाः
Or, les fils de ce chasseur — forts et magnanimes — naquirent au pays de Daśārṇa sous la forme de sept chasseurs, chacun avisé dans les voies du dharma.
Verse 25
स्वधर्मनिरतास्सर्वे मृगा मोहविवर्जिताः । आसन्नुद्वेगसंविग्ना रम्ये कालंजरे गिरौ
Sur la belle montagne de Kālañjara, tous les cerfs demeuraient établis dans leur devoir naturel ; délivrés de l’illusion, ils vivaient sans trouble ni crainte, calmes et sans inquiétude.
Verse 26
तमेवार्थमनुध्याय ज्ञानं मरणसंभवम् । आसन्वनचराः क्षांता निर्द्वंद्वा निष्परिग्रहाः
Ne méditant que sur cette Réalité suprême, ils cultivèrent la connaissance libératrice née du souvenir de la mort. Ils vécurent en habitants de la forêt, patients et endurants, affranchis des paires d’opposés et sans esprit de possession.
Verse 27
ते सर्वे शुभकर्माणस्सद्धर्माणो वनेचराः । विधर्माचरणैर्हीना जातिस्मरणसिद्धयः
Tous étaient des habitants de la forêt, voués aux actes auspices et établis dans la juste conduite. Exempts de toute pratique de l’injustice, ils avaient obtenu l’accomplissement yogique du souvenir de leurs naissances passées.
Verse 28
पूर्वजातिषु यो धर्मः श्रुतो गुरुकुलेषु वै । तथैव चास्थिता बुद्धौ संसारेऽप्य निवर्तने
Le dharma appris dans les naissances antérieures, au sein de l’ermitage du maître, demeure pareillement établi dans l’intellect ; et même au cœur du saṃsāra, il ne se détourne pas, mais continue de guider et de pousser en avant.
Verse 29
गिरिमध्ये जहुः प्राणांल्लब्धाहारास्तपस्विनः । तेषां तु पतितानां च यानि स्थानानि भारत
Ô Bhārata, au cœur des montagnes, les ascètes—ayant obtenu leur subsistance—abandonnèrent le souffle même de la vie. Et les lieux où reposèrent leurs corps tombés sont gardés en mémoire comme des sites sacrés.
Verse 30
तथैवाद्यापि दृश्यंते गिरौ कालञ्जरे नृप । कर्मणा तेन ते जाताः शुभाशुभविवर्जकाः
Ô Roi, même aujourd’hui on les voit sur le mont Kālañjara. Par cet acte même (karma), ils devinrent affranchis du favorable comme du défavorable, transcendant les dualités qui enchaînent l’âme.
Verse 31
शुभाऽशुभतरां योनिं चक्रवाकत्वमागताः । शुभे देशे शरद्वीपे सप्तैवासञ्जलौकसः
Entrant dans une destinée mêlée—en partie favorable mais plus encore défavorable—ils obtinrent naissance comme oiseaux cakravāka. En vérité, sept d’entre eux devinrent des êtres vivant dans l’eau, sur Śaradvīpa, en une contrée bénie.
Verse 32
त्यक्त्वा सहचरीधर्मं मुनयो धर्मधारिणः । निस्संगा निर्ममाश्शांता निर्द्वंद्वा निष्परिग्रहाः
Délaissant les devoirs liés à la compagnie du monde, les sages — porteurs du dharma — devinrent sans attache, sans sentiment de « mien », paisibles, au-delà des paires d’opposés et sans désir d’acquérir. En reposant leur conscience dans le Seigneur (Pati), le seul véritablement indépendant, ils s’acheminèrent vers la délivrance.
Verse 33
निवृत्तिनिर्वृताश्चैव शकुना नामतः स्मृताः । ते ब्रह्मचारिणस्सर्वे शकुना धर्मधारिणः
On se souvient d’eux sous le nom de Śakunā—établis dans la nivṛtti (le retrait) et la nirvṛti (la paix intérieure). Tous sont des brahmacārins, gardiens de la discipline sacrée, et les Śakunā demeurent des soutiens inébranlables du dharma.
Verse 34
जातिस्मरास्सुसंवृद्धास्सप्तैव ब्रह्मचारिणः । स्थिता एकत्र सद्धर्मा विकाररहितास्सदा
Sept ascètes brahmacārins—doués de la mémoire des naissances passées et pleinement mûris dans la discipline—demeuraient ensemble en un même lieu, toujours établis dans le vrai dharma et à jamais exempts de trouble et de changement intérieurs.
Verse 35
विप्रयोनौ तु यन्मोहान्मिथ्यापचरितं गुरौ । तिर्य्यग्योनौ तथा जन्म श्राद्धाज्ज्ञानं च लेभिरे
Par égarement, bien que nés dans une lignée de brāhmanes, ils se conduisirent envers leur guru avec faute et tromperie. Aussi naquirent-ils dans des matrices animales; pourtant, par la puissance du śrāddha (rites pour les défunts), ils retrouvèrent la connaissance juste.
Verse 36
तथा तु पितृकार्य्यार्थं कृतं श्राद्धं व्यवस्थितैः । तदा ज्ञानं च जातिं च क्रमात्प्राप्तं गुणोत्तरम्
De même, pour l’accomplissement du devoir envers les Pitṛs (ancêtres), les êtres disciplinés accomplirent dûment le śrāddha. Alors, selon l’ordre juste, ils atteignirent une excellence plus haute des qualités : la connaissance véritable et une naissance plus élevée.
Verse 37
पूर्वजादिषु यद्ब्रह्म श्रुतं गुरुकुलेषु वै । तथैव संस्थितज्ञानं तस्माज्ज्ञानं समभ्यसेत्
Ainsi, qu’on s’applique avec ardeur à cultiver la connaissance libératrice de Brahman, entendue des Anciens et au gurukula, la maison-école du maître. Car la connaissance ne s’établit solidement que de la même manière : par une pratique stable et une assimilation intime.
Verse 38
सुमनाश्च सुवाक्छुद्धः पञ्चमश्छिद्रदर्शकः । स्वतंत्रश्च सुयज्ञश्च कुलीना नामतः स्मृताः
On se souvient d’eux par leurs noms comme des Kulīnas : Sumanā, Suvākśuddha, le cinquième nommé Chidradarśaka, puis Svatantra et Suyajña.
Verse 39
तेषां तत्र विहंगानां चरतां धर्मचारिणाम् । सुवृत्तमभवत्तत्र तच्छृणुष्व महामुने
De ces oiseaux demeurant là—se mouvant en observateurs du dharma—naquit en ce lieu une conduite heureuse et exemplaire. Écoute cela, ô grand sage.
Verse 40
नीपानामीश्वरो राजा प्रभावेण समन्वितः । श्रीमानन्तःपुरवृतो वनं तत्राविवेश ह
Alors le roi—seigneur des Nīpas—pourvu de puissance et de splendeur royale, glorieux et entouré de sa suite du palais intérieur, entra dans cette forêt.
Verse 41
स्वतंत्रश्चक्रवाकस्सस्पृहयामास तं नृपम् । दृष्ट्वा यांतं सुखोपेतं राज्यशोभासमन्वितम्
Cet oiseau cakravāka, libre d’errer, voyant le roi s’avancer dans l’aisance—paré de la splendeur de la royauté—se mit à le désirer ardemment.
Verse 42
यद्यस्ति सुकृतं किंचित्तपो वा नियमोऽपि वा । खिन्नोहमुपवासेन तपसा निश्चलेन च
S’il y a en moi quelque mérite, fût-il infime—issu d’une bonne action, d’une austérité, ou même d’observances—pourtant je suis accablé par le jeûne et par la pénitence immobile, sans relâche.
Verse 43
तस्य सर्वस्य पूर्णेन फलेनापि कृतेन हि । सर्वसौभाग्यपात्रश्च भवेयमहमीदृशः
En vérité, même si j’accomplis le fruit parfait de tout cela, puissé-je devenir tel—un réceptacle digne de toute sorte de bonne fortune auspicious.
Verse 44
मार्कण्डेय उवाच । ततस्तु चक्रवाकौ द्वावासतुस्सहचारिणौ । आवां वै सचिवौ स्याव तव प्रियहितैषिणौ
Mārkaṇḍeya dit : «Alors, les deux oiseaux cakravāka demeurèrent ensemble comme compagnons. “Nous serons vraiment tes serviteurs (ministres), recherchant ce qui t’est cher et ce qui t’est bénéfique.”»
Verse 45
तथेत्युक्त्वा तु तस्यासीत्तदा योगात्मनो गतिः । एवं तौ चक्रवाकौ च स्ववाक्यं प्रत्यभाषताम्
Après avoir dit : « Qu’il en soit ainsi », à l’instant même, l’être à l’âme yogique atteignit la voie qui lui était destinée (il entra en l’état de yoga et s’en alla). Ainsi, le couple d’oiseaux cakravāka répondit aussi selon ses propres paroles.
Verse 46
यस्मात्कर्मब्रुवाणस्वं योगधर्ममवाप्य तम् । एवं वरं प्रार्थयसे तस्माद्वाक्यं निबोध मे
Puisque toi—bien que tu parles en termes de karma, d’action rituelle—tu as atteint cette discipline même du Yoga, et qu’à présent tu demandes une telle grâce, comprends donc mes paroles.
Verse 47
राजा त्वं भविता तात कांपिल्ये नगरोत्तमे । एतौ ते सचिवौ स्यातां व्यभिचारप्रधर्षितौ
Mon cher fils, tu deviendras roi à Kāmpilya, la plus éminente des cités. Et ces deux-là seront tes ministres, des hommes frappés et déshonorés par leur propre faute.
Verse 48
न तानूचुस्त्रयो राज्यं चतुरस्सहचारिणः । सप्रसादं पुनश्चक्रे तन्मध्ये सुमनाब्रवीत्
Ces trois-là ne parlèrent pas du royaume aux quatre compagnons. Puis il redevint plein de grâce, et au milieu d’eux Sumanā prit la parole.
Verse 49
अंतर्वो भविता शापः पुनर्योगमवाप्स्यथ । सर्वसत्त्वः सुयज्ञश्च स्वतंत्रोऽयं भविष्यति
« Cette malédiction qui pèse sur vous ne sera qu’intérieure et limitée ; ensuite vous atteindrez de nouveau l’union (yoga). Celui-ci sera pourvu de toutes les qualités nobles, accomplira les rites sacrés et deviendra véritablement autonome. »
Verse 50
पितृप्रसादाद्युष्माभिस्संप्राप्तं सुकृतं भवेत् । गां प्रोक्षयित्वा धर्मेण पितृभ्यश्चोपकल्पिताः
Par la grâce des Pitṛ (ancêtres), le mérite que vous avez acquis portera véritablement son fruit. Après avoir aspergé rituellement la vache d’eau consacrée selon le dharma, offrez-la comme il se doit pour les Pitṛ.
Verse 51
अस्माकं ज्ञानसंयोगस्सर्वेषां योगसाधनम् । इदं च कार्यं संरब्धं श्लोकमेकमुदाहृतम्
« Notre union avec la connaissance véritable est, pour tous, le moyen de l’accomplissement yogique. Et, ce dessein ayant été entrepris avec fermeté, un seul śloka a été proclamé. »
Verse 52
पुरुषान्तरितं श्रुत्वा ततो योगमवाप्स्यथ । इत्युक्त्वा स तु मौनोभूद्विहंगस्सुमना बुधः
«Après avoir entendu l’enseignement sur le Purusha demeurant au-dedans (le Soi intérieur), vous atteindrez ensuite le Yoga.» Ayant parlé ainsi, le sage, paisible tel un oiseau, se tut, l’esprit parfaitement recueilli.
Verse 53
मार्कण्डेय उवाच । लोकानां स्वस्तये तात शन्तनुप्रवरात्मज । इत्युक्तं तच्चरित्रं मे किं भूयश्श्रोतुमिच्छसि
Mārkaṇḍeya dit : «Ô cher enfant, descendant de la lignée illustre de Śantanu, je l’ai exposé pour le bien des mondes. J’ai ainsi raconté ce récit sacré ; que désires-tu entendre encore ?»
The chapter argues for the primacy of ancestral obligation: pitṛ-kārya is stated to be superior even to deva-kārya, and pitṛbhakti is said to confer a spiritual ‘gati’ that is not attained by yoga alone, thereby elevating śrāddha and ancestor-devotion as decisive sādhanā.
Agni functions as the canonical carrier of offerings, while water is authorized as a secondary medium when fire is unavailable, preserving transmissibility of the rite across contexts. The preference for a silver vessel signals ritual refinement and suitability (pātratva), aligning material purity with intended recipients (pitṛs) and reinforcing that correct form supports the efficacy (phala) of svadhā-centered offerings.
Rather than a new form of Śiva/Umā, the chapter highlights the pitṛ-gaṇas and the regulatory deities implicated in śrāddha’s economy—Soma (nourishment/augmentation), Yama (ancestral jurisdiction), and Agni (oblation-transmission)—showing how ancestral rites operate within a broader sacred administration.