
पितृवाक्यपालनम्, गयाश्रुति-उपदेशः, भरतस्य राज्यग्रहण-निर्देशः (Rama’s Counsel on Vows, the Gaya Śruti, and Bharata’s Return to Rule)
अयोध्याकाण्ड
Dans le Sarga 107 de l’Ayodhyā Kāṇḍa, Rāma—honoré parmi les siens—répond au nouvel appel de Bharata et confirme que sa position est juste, en tant que fils de Daśaratha né de Kaikeyī. Rāma reconstitue la chaîne des obligations selon le dharma : la promesse ancienne de Daśaratha lors du mariage de Kaikeyī, la grâce accordée plus tard après son service dans le conflit entre devas et asuras, puis l’exigence de Kaikeyī que Bharata reçoive le royaume et que Rāma parte en exil. Rāma présente sa demeure en forêt comme l’accomplissement d’un vœu et presse Bharata de parachever le même mouvement moral en acceptant rapidement le couronnement, afin de préserver la véracité de Daśaratha. Il lui enjoint aussi de « délivrer le roi de sa dette », le fardeau d’un vœu non accompli, et d’honorer père et mère. Pour affermir le devoir filial, Rāma cite une śruti liée à Gayā : le « putra » est celui qui sauve son père de l’enfer nommé Put et protège les ancêtres ; ainsi désire‑t‑on de nombreux fils, afin qu’au moins l’un accomplisse les rites à Gayā. Il conclut par des conseils de gouvernement et d’apaisement : que Bharata retourne à Ayodhyā avec Śatrughna et les deux‑fois‑nés, garde le peuple satisfait ; tandis que Rāma entre dans Daṇḍaka avec Sītā et Lakṣmaṇa—deux souverainetés complémentaires : Bharata sur les hommes, Rāma sur la forêt, chacun sous son « ombre » propre (ombrelle et arbres), unis par la vérité.
Verse 1
पुनरेवं ब्रुवाणं तं भरतं लक्ष्मणाग्रजः।प्रत्युवाच तत श्श्रीमान् ज्ञातिमध्येऽभिसत्कृतः।।2.107.1।।
Lorsque Bharata parla de nouveau ainsi, l’illustre Rāma — frère aîné de Lakṣmaṇa, honoré parmi les siens — lui répondit.
Verse 2
उपपन्नमिदं वाक्यं यत्त्वमेवमभाषथाः।जातः पुत्रो दशरथात्कैकेय्यां राजसत्तमात्।।2.107.2।।
Tes paroles sont justes, puisque tu es né fils de Daśaratha, le plus excellent des rois, de Kaikeyī.
Verse 3
पुरा भ्रातः पिता न स्स मातरं ते समुद्वहन्।मातामहे समाश्रौषीद्राज्यशुल्कमनुत्तमम्।।2.107.3।।
Autrefois, ô frère, lorsque notre père épousa ta mère, il donna à ton aïeul maternel l’assurance d’un « prix nuptial » sans égal : un royaume riche en revenus.
Verse 4
दैवासुरे च सङ्ग्रामे जनन्यै तव पार्थिवः।सम्प्रहृष्टो ददौ राजा वरमाराधितः प्रभुः।।2.107.4।।
Et lors de la guerre entre dieux et démons, le roi souverain, comblé par ta mère, lui accorda avec joie une grâce.
Verse 5
ततस्सा सम्प्रतिश्राव्य तव माता यशस्विनी।अयाचत नरश्रेष्ठं द्वौ वरौ वरवर्णिनी।।2.107.5।।तव राज्यं नरव्याघ्र मम प्रव्राजनं तथा।तौ च राजा तदा तस्यै नियुक्तः प्रददौ वरौ।।2.107.6।।
Alors ta mère illustre, au teint éclatant, après avoir d’abord fait renouveler sa promesse à ce meilleur des hommes, demanda deux grâces.
Verse 6
ततः सा सम्प्रतिश्राव्य तव माता यशस्विनी।अयाचत नरश्रेष्ठं द्वौ वरौ वरवर्णिनी।।2.107.5।।तव राज्यं नरव्याघ्र मम प्रव्राजनं तथा।तच्च राजा तदा तस्यै नियुक्तः प्रददौ वरौ।।2.107.6।।
«À toi le royaume, ô tigre parmi les hommes, et aussi mon exil.» Ainsi, lié par sa parole donnée, le roi lui accorda alors ces deux grâces.
Verse 7
तेन पित्राऽहमप्यत्र नियुक्तः पुरुषर्षभ।चतुर्दश वने वासं वर्षाणि वरदानिकम्।।2.107.7।।
Ainsi, ô le meilleur des hommes, moi aussi j’ai été enjoint par mon père—selon la clause de la grâce—de demeurer en forêt quatorze années.
Verse 8
सोऽहं वनमिदं प्राप्तो निर्जनं लक्ष्मणान्वितः।सीतया चाप्रतिद्वन्द्व स्सत्यवादे स्थितः पितुः।।2.107.8।।
Ainsi suis-je parvenu à cette forêt déserte, accompagné de Lakṣmaṇa et de Sītā, résolu à maintenir la véracité de mon père, sans égal dans la fidélité à sa parole.
Verse 9
भवानपि तथेत्येव पितरं सत्यवादिनम्।कर्तुमर्हति राजेन्द्र क्षिप्रमेवाभिषेचनात्।।2.107.9।।
Ô Indra parmi les rois, toi aussi tu dois faire en sorte—en hâtant le sacre—que notre père, fidèle à la vérité, soit reconnu comme ayant tenu sa promesse.
Verse 10
ऋणान्मोचय राजानं मत्कृते भरत प्रभुम्।पितरं चापि धर्मज्ञं मातरं चाभिनन्दय।।2.107.10।।
Ô Bharata, pour moi, délivre le roi puissant de sa dette d’obligation ; et rends aussi hommage au père connaisseur du dharma, ainsi qu’à la mère.
Verse 11
श्रूयते धीमता तात श्रुतिर्गीता यशस्विना।गयेन यजमानेन गयेष्वेव पितॄन् प्रति।।2.107.11।।
Cher frère, la tradition rapporte qu’une formule védique fut jadis chantée par le célèbre et sage sacrifiant Gaya, lorsqu’il accomplissait à Gayā les rites envers les ancêtres.
Verse 12
पुन्नाम्नो नरकाद् यस्मात् पितरं त्रायते सुतः।तस्मात् पुत्र इति प्रोक्तः पितॄन् यः पाति सर्वतः।।2.107.12।।
Puisque le fils délivre son père de l’enfer nommé «Put», on l’appelle donc putra : celui qui protège les ancêtres de toutes les manières.
Verse 13
एष्टव्या बहवः पुत्रा गुणवन्तो बहुश्रुताः।तेषां वै समवेतानामपि कश्चिद्गयां व्रजेत्।।2.107.13।।
Il convient de désirer de nombreux fils, vertueux et très instruits, afin que, même tous réunis, l’un d’eux au moins puisse se rendre à Gayā pour accomplir les rites dus aux ancêtres.
Verse 14
एवं राजर्षय स्सर्वे प्रतीता राजनन्दन।तस्मात्राहि नरश्रेष्ठ पितरं नरकात्प्रभो।।2.107.14।।
Ainsi tous les rishis royaux sont d’accord, ô joie de la lignée du roi ; c’est pourquoi, ô meilleur des hommes, ô seigneur, sauve ton père de l’enfer.
Verse 15
अयोध्यां गच्छ भरत प्रकृतीरनुरञ्जय।शत्रुघ्नसहितो वीर सह सर्वैर्द्विजातिभिः।।2.107.15।।
Va à Ayodhyā, Bharata, et rends le peuple satisfait ; va, ô vaillant, avec Śatrughna et tous les deux-fois-nés.
Verse 16
प्रवेक्ष्ये दण्डकारण्यमहमप्यविलम्बयन्।आभ्यान्तु सहितो राजन् वैदेह्या लक्ष्मणेन च।।2.107.16।।
Et moi, sans tarder, j’entrerai dans la forêt de Daṇḍaka, accompagné seulement de ces deux-là : Vaidehī et Lakṣmaṇa, ô roi.
Verse 17
त्वं राजा भरत भव स्वयं नराणां वन्यानामहमपि राजराण्मृगाणाम्।गच्छ त्वं पुरवरमद्य सम्प्रहृष्टस्संहृष्टस्त्वहमपि दण्डकान्प्रवेक्ष्ये।।2.107.17।।
Sois toi-même roi, Bharata, sur les hommes ; et moi je serai souverain des bêtes sauvages de la forêt. Va aujourd’hui, le cœur joyeux, vers la meilleure des cités ; et moi aussi, dans l’allégresse, j’entrerai dans les solitudes de Daṇḍaka.
Verse 18
छायां ते दिनकरभाः प्रबाधमानां वर्षत्रं भरत करोतु मूर्ध्नि शीताम्।एतेषामहमपि काननद्रुमाणां छायां तामतिशयिनीं सुखी श्रयिष्ये।।2.107.18।।
Qu’un parasol, repoussant l’ardeur du soleil, étende sur ta tête, Bharata, une ombre fraîche. Quant à moi, comblé, je chercherai refuge dans l’ombre plus profonde de ces arbres de la forêt.
Verse 19
शत्रुघ्नः कुशलमतिस्तु ते सहायस्सौमित्रिर्मम विदितः प्रधानमित्रम्।चत्वारस्तनयवरा वयं नरेन्द्रं सत्यस्थं भरत चराम मा विषीद।।2.107.19।।
Ainsi tous les rishis royaux sont d’accord, ô joie de la lignée du roi ; c’est pourquoi, ô meilleur des hommes, ô seigneur, sauve ton père de l’enfer.
The dilemma is how to preserve Daśaratha’s truthfulness after his death: Rāma insists Bharata must accept coronation so the pledged boons are honored, while Rāma himself completes exile as vow-obedience.
Dharma is upheld through continuity of promises across generations: a son’s duty includes sustaining the moral credit of the father’s word, integrating personal sacrifice with public order.
Gayā is highlighted as a sacred locus for ancestral rites, invoked through a śruti explaining ‘putra’ as one who saves the father from Put-naraka; Ayodhyā and Daṇḍakāraṇya mark the paired domains of civic rule and ascetic forest life.
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