
The Arkāṅga Saptamī (Bhāskara Saptamī) Vow: Origin of Sūrya, Pacification of Rays, and Māgha Saptamī Observance
Au chapitre 77, l’on demande qui est le seigneur du ciel toujours resplendissant, Sūrya, et quelle puissance le rend universellement loué. Le récit le présente comme une radiance de nature brahmanique émanant de Brahmā, soutenant les mondes avec la Lune, mais dont l’éclat, à l’origine, était d’une intensité insoutenable. Accablés par cette ardeur cosmique, les devas se rendent auprès de Brahmā. Sur son ordre, Viśvakarmā façonne une roue semblable au vajra pour retrancher et apaiser les rayons de Sūrya; de ces rayons naissent des armes divines, au premier rang desquelles le Sudarśana de Viṣṇu. Le chapitre se tourne ensuite vers le dharma: il enseigne l’observance de la Saptamī claire de Māgha (Koṭibhāskarā/Bhāskarī Saptamī) et le vœu d’Arkāṅga Saptamī, avec règles calendaires, offrandes, jeûne et restrictions, mantra et méditation sur la forme solaire, prescriptions de pāraṇa, et une phalaśruti promettant purification, santé, prospérité, félicité céleste et délivrance.
Verse 1
वैशंपायन उवाच । प्रभवत्ययमाकाशे नित्यं द्विजवर प्रभो । कोऽयं को वा प्रभावोस्य कुत्र जातो घृणीश्वरः
Vaiśaṃpāyana dit : «Ô seigneur vénérable, le meilleur des deux-fois-nés, cet être resplendit sans cesse dans le ciel. Qui est-il ? Quelle est sa puissance ? Et où naquit le maître des rayons, le Soleil ?»
Verse 2
किं करोति हि कार्यं वै यतो रश्मिमयो भृशम् । देवैर्मुनिवरैस्सिद्धैश्चारणैर्दैत्यराक्षसैः
Quelle œuvre accomplit-il donc, par laquelle il devient extrêmement rayonnant—reconnu et loué par les dieux, les meilleurs sages, les Siddhas, les Cāraṇas, et même par les Daityas et les Rākṣasas ?
Verse 3
निखिलैर्मानुषैः पूज्यः सदैव ब्राह्मणादिभिः । व्यास उवाच । परमं ब्रह्मणस्तेजो ब्रह्मदेहाद्विनिस्सृतम्
(Il est) à jamais digne d’adoration pour tous les hommes, toujours honoré par les brāhmanes et les autres. Vyāsa dit : « La suprême splendeur de Brahman, issue du corps de Brahmā… »
Verse 4
साक्षाद्ब्रह्ममयं विद्धि धर्मकामार्थमोक्षदम् । मयूखैर्निर्मलैः कूटमतिचंडं सुदुःसहम्
Sache-le comme constitué directement de Brahman lui-même, dispensateur de dharma, de désir, de prospérité et de délivrance ; par ses rayons immaculés, il dompte la force farouche, obstinée et presque insupportable de l’intelligence dévoyée.
Verse 5
दृष्ट्वा प्रदुद्रुवुर्लोकाः करैश्चंडैः प्रपीडिताः । ततश्च सागराः सर्वे वरनद्यो नदादयः
À cette vue, les peuples s’enfuirent de toutes parts, accablés par ces mains terribles ; puis tous les océans, ainsi que les nobles rivières, les ruisseaux et le reste, furent eux aussi bouleversés.
Verse 6
शुष्यंति जंतवस्तत्र म्रियंते चातुरा जनाः । अथ शक्रादयो देवा ब्रह्माणं समुपागताः
Là, les êtres vivants se desséchaient et dépérissaient, et même les hommes vaillants mouraient. Alors Śakra (Indra) et les autres devas s’approchèrent de Brahmā.
Verse 7
इममर्थं तदा प्रोचुर्देवांश्च विधिरब्रवीत् । आदिर्ब्रह्मतनोर्देवाः सत्त्वगो जनकः प्रभुः
À ce sujet, les devas parlèrent alors, et l’Ordonnateur (Brahmā) leur dit : « Du corps de Brahmā, le Seigneur primordial—demeurant dans le sattva—apparut comme géniteur et maître ».
Verse 8
अयं रजोमयः साक्षात्सुधांशुस्तनुमध्यगः । एताभ्यां पालिता लोकास्त्रैलोक्ये सचराचराः
Celui-ci est, en vérité, de nature rajasique; et la Lune (Sudhāṁśu) demeure réellement au milieu du corps. Par ces deux sont soutenus les mondes des trois sphères, mobiles et immobiles.
Verse 9
दिव्योपपादका देवा ये वात्रैव जरायुजाः । अंडजाः स्वेदजाश्चैव ये वात्रैवोद्भिज्जादयः
Les devas d’origine divine, et aussi les êtres nés du ventre; ceux nés d’un œuf et ceux nés de la sueur; et de même ceux qui germent de la terre (plantes et semblables) — tous existent ici même, en ce domaine.
Verse 10
सूर्यस्यास्य प्रभावं तु वक्तुमेव न शक्नुमः । अनेन रक्षिता लोका जनिताः पालिता ध्रुवम्
Nous ne pouvons même pas dire la majesté de ce Soleil. Par lui, les mondes sont assurément protégés, engendrés et soutenus.
Verse 11
अस्यैव सदृशो नास्ति सर्वेषां परिरक्षणात् । यं च दृष्ट्वाप्युषःकाले पापराशिः प्रलीयते
Rien ne lui est semblable, car il protège tous les êtres; et même en le contemplant seulement à l’aurore, un amas de péchés se dissout.
Verse 12
तमाराध्य जना मोक्षं साधयंति द्विजातयः । संध्योपासनकाले तु विप्रा ब्रह्मविदः किल
En l’adorant, les deux-fois-nés obtiennent la délivrance (mokṣa). En effet, au moment du culte de sandhyā, on dit que les brāhmaṇas sont des connaisseurs de Brahman.
Verse 13
उद्बाहवो भवंत्येव ते च देवप्रपूजिताः । अस्यैव मंडलस्थां च देवीं संध्यास्वरूपिणीं
En vérité, ceux-ci deviennent les udbāhas, et les dieux les vénèrent; et dans ce même maṇḍala demeure la Déesse, dont la forme est le Crépuscule (Saṃdhyā).
Verse 14
समुपास्य द्विजास्सर्वे लभंते स्वर्गमोक्षकौ । धरायां पतितोच्छिष्टाः पूतास्ते चास्य रश्मिभिः
En l’adorant, tous les dvija obtiennent à la fois le ciel et la délivrance (mokṣa). Même les restes tombés sur la terre sont purifiés par ses rayons.
Verse 15
संध्योपासनमात्रेण कल्मषात्पूततां व्रजेत् । दृष्ट्वा चांडालकं गोघ्नं पतितं कुष्ठसंगतम्
Par la seule pratique du culte de Saṃdhyā, on devient purifié des souillures. Même en voyant un caṇḍāla, un tueur de vaches, un déchu ou un lépreux, cette pureté ne s’évanouit pas.
Verse 16
महापातकसंकीर्णमुपपातकसंवृतम् । पश्यंति ये नरास्सूरं ते पूता गुरुकिल्बिषात्
Même ces hommes souillés de grands péchés et enveloppés de fautes mineures : quiconque contemple le Soleil est purifié des lourdes fautes.
Verse 17
अस्योपासनमात्रेण सर्वरोगात्प्रमुच्यते । नांधत्वं न च दारिद्र्यं दुःखं न च शोच्यताम्
Par la seule adoration de ceci, on est délivré de toutes les maladies. Il n’y aura ni cécité ni pauvreté, ni peine; qu’il n’y ait donc point de lamentation.
Verse 18
लभते च इहामुत्र समुपास्य विरोचनम् । अदृष्टा नैव लोकैश्च देवा हरिहरादयः
En vénérant dûment Virocana, on obtient des bienfaits ici-bas et dans l’au-delà ; car les dieux—à commencer par Hari et Hara—ne sont pas directement visibles aux hommes.
Verse 19
ध्यानरूपप्रगम्यास्ते दृष्टो देवो ह्ययं स्मृतः । देवा ऊचुः । अस्तु प्रसादनाराध्यश्चास्तूपासनपूजनम्
Tu es accessible par la forme de la méditation ; ainsi ce Seigneur est rappelé comme celui qui a été vu (dans la contemplation). Les dieux dirent : «Qu’il en soit ainsi : qu’on l’adore pour l’obtention de la grâce, et qu’il y ait dévotion et culte rituel».
Verse 20
अस्यैव दर्शनं ब्रह्मन्प्रलयानलसंमितम् । सर्वे नरादयस्सत्वा मृतावस्थां गता भुवि
Ô brahmane, la seule vue de ceci est comparable au feu de la dissolution cosmique ; tous les êtres—les hommes et les autres—sont tombés sur la terre dans un état semblable à la mort.
Verse 21
अस्य तेजःप्रभावेण प्रणष्टास्सागरादयः । न समर्था वयं सोढुं कथमन्ये पृथग्जनाः
Par la puissance de son éclat, même les océans et le reste ont été détruits. Nous ne sommes pas capables de le supporter ; comment donc d’autres êtres ordinaires le pourraient-ils ?
Verse 22
तस्मात्तवप्रसादाच्च पूजयामो यथा रविम् । यजंति च नरा भक्त्या तदुपायो विधीयताम्
Ainsi, par ta grâce bienveillante, nous te vénérons comme on vénère le Soleil ; et les hommes aussi adorent avec dévotion—daigne donc établir la juste méthode pour cela.
Verse 23
देवानां वचनं श्रुत्वा गतो ब्रह्मखगेश्वरम् । गत्वा स्तोतुं समारेभे सर्वलोकहिताय वै
Ayant entendu les paroles des dieux, il se rendit auprès de Brahmā, Seigneur du roi des oiseaux ; et, arrivé, il entreprit de chanter des louanges, certes, pour le bien de tous les mondes.
Verse 24
देवत्वं सर्वलोकस्य चक्षुर्भूतो निरामयः । ब्रह्मरूपधरः साक्षाद्दुष्प्रेक्ष्यः प्रलयानलः
Tu es la divinité même de tous les mondes : l’œil de l’univers, exempt de maladie. Revêtant en vérité la forme de Brahmā, tu es difficile à regarder, tel le feu de la dissolution.
Verse 25
सर्वदेवस्थितस्त्वं हि सदा वायुसखस्तनौ । अन्नादिपाचनं त्वत्तो जीवनं च भवेद्ध्रुवम्
Car en toi demeure la présence de tous les dieux, toujours alliée au souffle vital dans le corps. De toi viennent la digestion des aliments et le maintien de la vie, sûrement et sans défaillance.
Verse 26
उत्पत्तिप्रलयौ देव त्वमेको भुवनेश्वरः । त्वदृते सर्वलोकानां दिनैकं नास्ति जीवनम्
Ô Dieu, toi seul es le souverain de l’univers : la naissance et la dissolution. Sans toi, pour tous les mondes, il n’est pas de vie, fût-ce un seul jour.
Verse 27
प्रभुस्त्वं सर्वलोकानां त्राता गोप्ता पिता प्रसूः । चराचराणां सर्वेषां त्वत्प्रसादाद्धृतं जगत्
Tu es le Seigneur de tous les mondes : sauveur, protecteur, père et source. Par ta seule grâce est soutenu cet univers tout entier, de tous les êtres mobiles et immobiles.
Verse 28
देवेषु त्वत्समो नास्ति भगवंस्त्वखिलेषु च । सर्वत्र तेऽस्ति सद्भावस्त्वयैव धारितं जगत्
Ô Seigneur bienheureux, parmi les dieux et parmi tous les êtres, nul n’est ton égal. Ta présence véritable demeure partout ; par Toi seul l’univers est soutenu.
Verse 29
रूपगंधादिकारी त्वं रसानां स्वादुता त्वया । एवं विश्वेश्वरः सूरो निखिलस्थितिकारकः
Tu es la source de la forme, du parfum et de tout ce qui s’ensuit ; par Toi les saveurs reçoivent leur douceur. Ainsi le Seigneur de l’univers—resplendissant tel le soleil—fait naître l’ordre qui maintient toute existence.
Verse 30
तीर्थानां पुण्यक्षेत्राणां मखानां जगतः प्रभो । त्वमेकः प्रयतो हेतुस्सर्वसाक्षी गुणाकरः
Ô Seigneur du monde, Toi seul es la cause pure des lieux de pèlerinage, des terres saintes et des rites sacrificiels. Tu es le témoin de tout et le réceptacle des vertus.
Verse 31
सर्वज्ञः सर्वकर्ता च हर्ता पाता सदोत्सुकः । ध्वांतपंकामयघ्नश्च दारिद्र्यदुःखनाशनः
Il est omniscient et l’auteur de tout ; Il retire ce qui doit être retiré et Il protège, toujours empressé d’aider. Il détruit les ténèbres, la boue du péché et la maladie, et Il dissipe la pauvreté et la peine.
Verse 32
प्रेत्येह च परो बंधुः सर्वज्ञः सर्वलोचनः । त्वदृते सर्वलोकानामुपकारी न विद्यते
En ce monde et au-delà de la mort, Tu es le parent suprême—omniscient, qui voit tout. En dehors de Toi, nul bienfaiteur n’existe pour tous les êtres, dans tous les mondes.
Verse 33
आदित्य उवाच । पितामह महाप्राज्ञ विश्वेंद्र विश्वभावक । ब्रूहि शीघ्रं परं यत्ते करिष्यामि मतं विधे
Āditya dit : «Ô Grand-Père, ô très sage—seigneur de l’univers, source de l’univers—dis-moi vite la voie suprême à accomplir. Quel que soit ton dessein, ô Ordonnateur (Vidhe), je l’exécuterai.»
Verse 34
ब्रह्मोवाच । मयूखस्त्वतिचंडश्च लोकानामतिदुःसहः । यथैव मृदुतामेति तथा कुरु सुरेश्वर
Brahmā dit : «Tes rayons sont d’une âpreté extrême, insupportables aux mondes. Ô Seigneur des dieux, fais qu’ils deviennent doux.»
Verse 35
आदित्य उवाच । किरणाः कोटिकोटिर्मे लोकनाशकराः पराः । न चाभीष्टकरा लोके प्रयोगाच्छिन्धि तान्प्रभो
Āditya dit : «Mes rayons sont innombrables—des crores et des crores—capables, au plus haut degré, de détruire les mondes. Pourtant, dans le monde, ils n’accordent pas les fruits désirés ; ô Seigneur, maîtrise-les par un juste emploi, par la discipline.»
Verse 36
ततो विरिंचिना तूर्णं रविवाक्यवशाद्ध्रुवं । आहूय विश्वकर्माणं कृत्वा वज्रमयीं भ्रमि
Alors Viriñci (Brahmā), aussitôt—conformément à la parole du Soleil—fit venir Viśvakarmā et fit façonner une roue tournoyante, faite d’une substance adamantine, telle le vajra.
Verse 37
चिच्छेद च रवेर्भानून्प्रलयानलसन्निभान् । तैरेव रचितं तत्र विष्णोश्चक्रं सुदर्शनम्
Et il trancha les feux du Soleil, pareils à l’incendie du pralaya, la dissolution cosmique. De ces mêmes rayons, là, fut façonné le disque de Viṣṇu : Sudarśana.
Verse 38
अमोघं यमदंडं च शूलं पशुपतेस्तथा । कालस्य च परः खड्गश्शक्तिर्गुरुप्रमोदिनी
Infaillible est le bâton de Yama; de même le trident de Paśupati. Et le Temps (Kāla) porte une épée souveraine; et voici la lance, qui réjouit le vénérable maître.
Verse 39
चंडिकायाः परं शस्त्रं विचित्रं शूलकं तथा । चक्रे ब्रह्माज्ञया शीघ्रं तेनैव विश्वकर्मणा
Pour Caṇḍikā, cette arme suprême—un trident lui aussi merveilleux—fut promptement façonnée par Viśvakarman lui-même, sur l’ordre de Brahmā.
Verse 40
सहस्रकिरणं शिष्टमन्यच्चैव प्रशातितम् । अजनोपायभावेन पुनश्च कश्यपान्मुने
Celui aux mille rayons (le Soleil) demeura; et le reste aussi fut maîtrisé. Puis, par un moyen habile, cela fut de nouveau ordonné par le sage Kaśyapa, ô muni.
Verse 41
अदितेर्गर्भसंजात आदित्य इति वै स्मृतः । अयं चरति विश्वांते मेरुशृंगं भ्रमत्यपि
Né du sein d’Aditi, il est vraiment célébré comme Āditya (le Soleil). Il chemine au bord de l’univers, et tourne aussi autour du sommet du mont Meru.
Verse 42
सदोर्ध्वं दिनरात्रं च धरण्या लक्षयोजने । ग्रहाश्चंद्रादयस्तत्र चरंति विधिनोदिताः
Au-dessus de cela, le jour et la nuit se poursuivent sans cesse, à cent mille yojanas de la terre; et là les planètes—à commencer par la Lune—se meuvent, poussées par la loi cosmique établie.
Verse 43
सूरः संचरते मासान्द्वादशद्वादशात्मकः । संक्रमादस्य संक्रांतिः सर्वैरेव प्रतीयते
Le Soleil parcourt les mois, selon le cycle aux douze formes. Par son passage (d’un signe à l’autre), tous reconnaissent sa saṅkrānti, la transition solaire.
Verse 44
तासु यद्वा फलं ब्रूमो लोकानां निखिलं मुने । धनुर्मिथुनमीनेषु कन्यायां षडशीतयः
Ou bien, ô sage, je dirai le fruit entier pour tous les êtres : en Dhanu (Sagittaire), Mithuna (Gémeaux) et Mīna (Poissons), et aussi en Kanyā (Vierge), le nombre est quatre-vingt-six.
Verse 45
वृषवृश्चिककुंभेषु सिंहे विष्णुपदी स्मृता । तर्पणं चाक्षयं विद्धि दानं देवार्चनं तथा
Lorsque la Viṣṇupadī (la Gaṅgā sacrée) se trouve en Vṛṣa (Taureau), Vṛścika (Scorpion), Kumbha (Verseau) et Siṃha (Lion), sache que le tarpaṇa, l’offrande d’eau, devient inépuisable ; de même le dāna (don) et le devārcana (culte des dieux) portent alors un mérite infaillible.
Verse 46
षडशीतिसहस्राणि षडशीतौ फलं भवेत् । विष्णुपद्यां तु लक्षं तु अयने कोटिकोटकं
Dans le cas du « quatre-vingt-six », le fruit spirituel devient quatre-vingt-six mille ; mais à Viṣṇupadī il est un lakṣa (cent mille), et au ayana (solstice) il devient des crores sur des crores.
Verse 47
विष्णुपद्यां तु यद्दानमक्षयं परिकीर्तितं । दातुर्वदामि सान्निध्यं सदा जन्मनिजन्मनि
Mais le dāna offert à Viṣṇupadī est proclamé impérissable. Je déclare que le donateur obtient la proximité constante du Seigneur, naissance après naissance.
Verse 48
शीते तूलपटीदानान्न दुःखं जायते तनौ । तुलादाने तल्पदाने द्वयोरेवाक्षयं फलं
Par temps de froid, en offrant une étoffe de laine, aucune souffrance ne naît dans le corps. Dans le don de la balance (tulā-dāna) comme dans le don d’un lit, le mérite est vraiment impérissable.
Verse 49
सर्वोपकरणां शय्यां यो ददाति विमत्सरः । वर्णमुख्याय विप्राय स राजपदवीं लभेत्
Celui qui, sans jalousie, offre un lit muni de tous ses accessoires à un Brāhmaṇa éminent, obtiendra rang et dignité royaux.
Verse 50
तथैवाग्निं जलं दत्वा नदीतीरे पथिप्रगे । दत्वा च तैलतांबूलमूर्व्या अधिपतिर्भवेत्
De même, celui qui, sur la rive d’un fleuve, donne feu et eau aux voyageurs du chemin, et offre aussi huile et bétel, devient seigneur sur la terre.
Verse 51
सत्यभावाद्द्विजं नत्वा धनी चाक्षयतां व्रजेत् । माघे मास्यसिते पक्षे पंचदश्यामहर्मुखे
Avec une sincérité véridique, s’étant incliné devant un dvija (Brāhmaṇa), on devient riche et l’on atteint une prospérité inépuisable : au mois de Māgha, dans la quinzaine sombre, à l’aube du quinzième jour lunaire.
Verse 52
पितॄंस्तिलजलैरेव तर्पयित्वाक्षयो दिवि । सुलक्षणां च गां दत्वा हेमशृंगां मणिप्रभाम्
Après avoir contenté les ancêtres avec de l’eau mêlée de sésame, on devient inépuisable au ciel ; et en offrant une vache aux signes heureux, aux cornes d’or et à l’éclat de gemme, (on acquiert un grand mérite).
Verse 53
रौप्यखुरप्रदेशां च तथा कांस्यसुदोहनाम् । एतां दत्वा द्विजाग्र्याय सार्वभौमो भवेन्नृपः
Et (une vache) dont les sabots sont d’argent et dont le vase de traite est de bronze : l’ayant offerte à un brāhmaṇa éminent, le roi devient souverain universel.
Verse 54
दत्वान्नाभरणं राजा मंडलेशो धनीश्वरः । तिलधेनुं तु यो दद्यात्सर्वोपस्करणान्विताम्
Après avoir offert nourriture et parures, le roi—seigneur du pays, maître des richesses—quiconque donne une tiladhenu, la « vache de sésame », pourvue de tous les accessoires requis, acquiert un grand mérite.
Verse 55
सप्तजन्मार्जितात्पापान्मुक्तो नाकेऽक्षयो भवेत् । भोज्यान्नं ब्राह्मणे दत्वा अक्षयं स्वर्गमश्नुते
Délivré des péchés amassés durant sept naissances, on devient inépuisable au ciel. En offrant à un brāhmaṇa une nourriture digne d’être consommée, on obtient un ciel impérissable.
Verse 56
धान्यं वस्त्रं तथा भृत्यं गृहपीठादिकं च यत् । यो ददाति द्विजाग्र्याय तं च लक्ष्मीर्न मुंचति
Celui qui offre du grain, des vêtements, le service d’assistants, et des biens domestiques tels que sièges et autres à un brāhmaṇa éminent, Lakṣmī, la prospérité, ne l’abandonne pas.
Verse 57
यत्किंचिद्दीयते दानं स्वल्पं वा यदि वा बहु । अक्षयं परलोकेषु युगाद्यासु तथैव च
Tout don offert en dāna, qu’il soit petit ou grand, devient impérissable dans les mondes de l’au-delà ; il en est de même aux commencements des âges.
Verse 58
यद्वा देवार्चनं स्तोत्रं धर्माख्यानप्रतिश्रवः । पुनाति सर्वपापेभ्यो दिवि पूज्यो भवत्यसौ
Ou bien encore, l’adoration des devas, la récitation des hymnes et l’écoute attentive des récits sacrés du dharma purifient de tous les péchés ; et cet être devient digne d’être honoré au ciel.
Verse 59
तृतीया माघमासस्य सिता मन्वंतरा स्मृता । तस्यां यद्दीयते दानं सर्वमक्षयमुच्यते
Le troisième jour lunaire (tṛtīyā) de la quinzaine claire du mois de Māgha est mémorisé comme Manvantarā. Toute aumône donnée ce jour-là est dite entièrement impérissable.
Verse 60
धनं भोग्यं तथा राज्यं नाकं कल्पांतरस्थितम् । तस्माद्दानं सतां पूजा प्रेत्यानंतफलप्रदा
La richesse, les jouissances, la royauté et même le ciel ne durent que jusqu’à un autre âge cosmique. C’est pourquoi l’aumône et l’honneur rendu aux vertueux accordent des fruits sans fin après la mort.
Verse 61
मन्वंतरा तु माघे स्यात्सप्तमी या शितीतरा । तिथिः पुण्यतमा प्रोक्ता पुराणैरभिरक्षिता
Le Manvantarā a lieu au mois de Māgha, lors de la très propice Śitītarā Saptamī. Ce jour lunaire est proclamé le plus méritoire, et les Purāṇas le maintiennent et le protègent.
Verse 62
माघमासे सिते पक्षे सप्तमी कोटिभास्करा । तामुपोष्य नरः पुण्यां मुच्यते नात्र संशयः
Au mois de Māgha, durant la quinzaine claire, le septième jour lunaire est appelé Koṭibhāskarā. Celui qui jeûne en ce jour sacré est délivré ; il n’y a là aucun doute.
Verse 63
सूर्यग्रहणतुल्या हि शुक्ला माघस्य सप्तमी । अरुणोदयवेलायां तस्यां स्नानं महाफलम्
En vérité, la claire septième tithi de Māgha est égale en mérite à une éclipse solaire ; se baigner ce jour-là à l’heure de l’aruṇodaya (l’aube naissante) procure un grand fruit.
Verse 64
यच्च तत्र कृतं पापं मया सप्तसु जन्मसु । तन्मे रोगं च शोकं च भास्करी हंतु सप्तमी
Quel que soit le péché que j’ai commis là au cours de sept naissances, que Bhāskarī Saptamī le détruise, ainsi que ma maladie et mon chagrin.
Verse 65
जननी सर्वभूतानां सप्तमी सप्तसप्तिके । सप्तम्यामुदिते देवि नमस्ते रविमंडले
Ô Déesse, Mère de tous les êtres : en la septième tithi du cycle des sept ; lorsque se lève la septième, je me prosterne devant toi dans l’orbe du Soleil.
Verse 66
अर्कपत्रं यवाः पुष्पं सुगंधं बदरीफलम् । तत्पत्रे ताम्रपात्रे वा युक्तमानीय तण्डुलम्
Apporte des feuilles d’arka, de l’orge, une fleur parfumée et le fruit de badarī (jujubier) ; puis, les ayant disposés comme il convient sur cette feuille—ou dans un vase de cuivre—apporte aussi des grains de riz.
Verse 67
यज्ञसूत्रं ससिंदूरं दत्वा चार्घं सुशोभनम् । सर्वपापं क्षयं याति सप्तजन्मकृतं च यत्
Après avoir offert le yajñopavīta (cordon sacré) avec le sindūra (vermillon), et un arghya magnifiquement préparé, tout péché s’anéantit, même celui amassé en sept naissances.
Verse 68
नरकैः पीड्यते तावद्रोगैः पापैश्च दुःखदैः । हविष्यं भोजयेदन्नं शुद्धमातपतंडुलैः
Tant qu’il ne nourrit pas autrui d’un repas de haviṣya—nourriture pure faite de riz séché au soleil—il est tourmenté par les enfers, par les maladies et par les péchés qui causent la souffrance.
Verse 69
वर्जयेच्च शिलाघृष्टं शृंगबेरं तु शाककम् । कोरदूषकपत्रं च रंभाच्छागीघृतं तथा
Qu’on évite le gingembre broyé sur pierre, les légumes verts préparés avec gingembre, les feuilles de koradūṣaka, et de même le ghee provenant d’une chèvre nourrie de bananier (plantain).
Verse 70
केशकीटादिकं वर्ज्यमुष्णोदस्नानमेव च । अल्पबीजादिकं सर्वं व्रते सूरस्य वर्जयेत्
Dans le vœu du Soleil, qu’on évite les impuretés telles que cheveux et insectes; qu’on évite aussi le bain à l’eau chaude. De même, tout ce qui est du type « à petites graines » et autres semblables doit être écarté durant l’observance.
Verse 71
अन्यच्च नाचरेत्तत्र धर्मचिंतां विना व्रती । सौरव्रतं महापुण्यं पुराणैरभिनंदितम्
Et de plus, l’observant du vœu ne doit rien y accomplir sans méditer le dharma. Ce Sauravrata, vœu lié au Soleil, est d’un mérite suprême et il est célébré par les Purāṇa.
Verse 72
वर्षकोटिसहस्राणि वर्षकोटिशतानि च । आदित्यस्य समं भोग्यं लभते दिवि शाश्वतम्
Pendant des milliers de crores d’années, et aussi pendant des centaines de crores d’années, on obtient au ciel une jouissance éternelle égale à celle d’Āditya, le Soleil.
Verse 73
एवं स्वर्गक्षयादेव राजा भूमौ महाधनी । मर्त्यलोके पुराभ्यासात्करोति भास्करव्रतम्
Ainsi, lorsque son mérite au ciel est épuisé, ce roi renaît sur la terre comme un homme d’une immense richesse ; et dans le monde des mortels, par la force de sa pratique passée, il accomplit le Bhāskara-vrata, le vœu au Soleil.
Verse 74
तथा स्वयं सुखं भोग्यं लभते दिवि शाश्वतम् । आरोग्यं संपदं जन्मी भास्करस्य प्रसादतः
De même, on obtient soi-même au ciel un bonheur éternel, pleinement savouré ; et l’on naît avec santé et prospérité, par la grâce de Bhāskara, le Soleil.
Verse 75
रविवारे भवेद्या च सप्तमी माघशुक्लके । महाजयेति विख्याता अन्यत्र विजया स्मृता
Lorsque la Saptamī, le septième jour lunaire, de la quinzaine claire de Māgha tombe un dimanche, elle est renommée “Mahājayā” ; ailleurs, on s’en souvient simplement comme “Vijayā”.
Verse 76
विजया कोटिलक्षं स्यादनंतं स्यान्महाजया । तत्रैकेन व्रतेनैव मुच्यते जन्मबंधनात्
« Vijayā » donne le fruit de dix millions de victoires, et « Mahājayā » accorde une victoire sans limite ; pourtant, en n’y accomplissant qu’un seul vœu, on est délivré du lien des renaissances.
Verse 77
इति श्रीपाद्मपुराणे प्रथमे सृष्टिखंडे अर्काङ्गसप्तमीव्रतंनाम । सप्तसप्ततितमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le soixante-dix-septième chapitre, intitulé « Le vœu d’Arkāṅga Saptamī », dans le Premier Livre, le Sṛṣṭikhaṇḍa, du glorieux Padma Purāṇa.
Verse 78
एषां भेदं प्रवक्ष्यमि शृणु विप्र यथार्थवत् । उत्तमाभरणैर्युक्तं सद्वाहं यो ददाति ह
J’exposerai leurs distinctions; écoute, ô brāhmane, selon la vérité. Celui qui accorde un mariage juste et de bon augure, pourvu d’ornements excellents, obtient assurément un fruit déterminé.
Verse 79
समुद्रैस्सप्तभिर्जुष्टां भूमिमेत्यारिवर्जिताम् । लभेद्भवांतरे मर्त्यमेकेनैकाधिपो भवेत्
Dans une autre naissance, un mortel peut obtenir une terre entourée des sept océans, exempte d’ennemis; par ce seul mérite, il devient l’unique souverain.
Verse 80
अश्वहीनं च पत्रांगं वृषभैर्वाप्यलंकृतम् । हेममाषं द्विमाषं वा दक्षिणा विहिता बुधैः
Pour un palanquin ou véhicule sans chevaux, orné d’un décor de feuillage et encore embelli de taureaux, les sages prescrivent une dakṣiṇā d’un māṣa d’or—ou de deux māṣas.
Verse 81
रत्नभांडं महार्थं च हैमैरेव कृतं च यत् । स्वर्णं वा केवलं दत्वा त्रिविष्टपधनेश्वरः
En offrant un vase de joyaux de grande valeur, façonné d’or—ou même en donnant seulement de l’or—on devient seigneur des richesses du ciel (Svarga).
Verse 82
रक्तवस्त्रं च धान्यं च शक्तितो यः प्रयच्छति । स्वर्गोर्व्योरीशतामेति न तं लक्ष्मीर्विमुंचति
Quiconque, selon ses moyens, offre des vêtements rouges et des grains, parvient à la seigneurie au ciel et sur la terre; Lakṣmī, la Fortune, ne l’abandonne pas.
Verse 83
अरोगी सुप्रसन्नात्मा दस्युजेता प्रतापवान् । यावत्प्रभासते भानुस्तावत्पूज्यतमो हि सः
Il devient exempt de maladie, l’âme paisible, vainqueur des brigands et rayonnant de splendeur ; et tant que le soleil brille, en vérité il demeure le plus digne d’honneur.
Verse 84
माघादौ द्वादशींमायां सप्तमीं कारयेत्स तु । इहाभीष्टफलं भुक्त्वा सुरैश्चैव प्रपूज्यते
Mais celui qui, au début du mois de Māgha, fait accomplir l’observance de la Dvādaśī et de la Saptamī—après avoir goûté ici le fruit désiré—est aussi honoré et vénéré par les dieux.
Verse 85
अर्काङ्गसप्तमी व्रतं कृत्वा च विधिवद्बुधः । पापात्पूत इहाभीष्टं संप्राप्य मुक्तिमाप्नुयात्
Ayant accompli selon le rite le vœu d’Arkāṅga-saptamī, le sage est purifié du péché ; en cette vie même il obtient ce qu’il souhaite, puis il atteint la délivrance.
Verse 86
लक्षणं च प्रवक्ष्यामि मासि मासि च यो विधिः । व्रतस्यास्य प्रसादाच्च सुराणामर्चितो दिवि
J’exposerai aussi ses signes distinctifs et la règle à suivre mois après mois. Par la grâce de ce vœu, on est honoré au ciel et vénéré par les dieux.
Verse 87
शुक्लपक्षे रविदिने प्रवृत्ते चोत्तरायणे । पुंनामधेयनक्षत्रे गृह्णीयात्सप्तमीव्रतम्
On doit entreprendre le vœu de la Saptamī durant la quinzaine claire, un dimanche (jour de Ravi), lorsque l’Uttarāyaṇa a commencé et lorsque la demeure lunaire porte un nom masculin.
Verse 88
हस्तो मैत्रं तथा पुष्यः श्रवो मृग पुनर्वसु । पुंनामधेय नक्षत्राण्येतान्याहुर्मनीषिणः
Les sages enseignent que ces demeures lunaires—Hasta, Maitra (Anurādhā), Puṣya, Śravaṇa, Mṛgaśīrṣa et Punarvasu—sont les nakṣatra portant des noms masculins.
Verse 89
पंचम्यामेकभक्तं तु षष्ठ्यां नक्तं प्रकीर्तितम् । सप्तम्यामुपवासं च अष्टम्यां पारणं भवेत्
Au cinquième jour, qu’on ne prenne qu’un seul repas ; au sixième, le repas du soir (nakta) est prescrit. Au septième, qu’on jeûne ; et au huitième, qu’on accomplisse le pāraṇa, la rupture du jeûne.
Verse 90
अर्काग्रं शुचिगोमयं सुमरिचं तोयं फलं चाश्नुते । मूलं नक्तमुपोषणं च विधिवत्कृत्वैकभक्तं तथा । क्षीरं वाप्यशनं घृताक्तमिति च प्रोक्ताः क्रमेणामुना । कृत्वा वासरसप्तमीं दिनकृतः प्राप्नोत्यभीष्टं फलं
Qu’il prenne, dans l’ordre : des feuilles d’arka, de la bouse de vache pure, un bon grain de poivre noir, de l’eau et un fruit ; puis des racines ; puis le jeûne du soir ; ensuite, selon la règle, un seul repas par jour ; puis qu’il vive de lait ; et enfin une nourriture ointe de ghee—ainsi est l’enseignement, étape par étape. Ayant observé de la sorte la Saptamī du dimanche, il obtient du Soleil le fruit désiré.
Verse 91
अर्काग्रं ग्रामात्पूर्वोत्तरदिग्गतार्कविटपस्य शाखाग्रस्थितं । विशिष्टं सूक्ष्मपत्रद्वयं सतोयं दन्तैरस्पृष्टं पातव्यं । शुचिगोमयं भूमावपतितं मद्याङ्गुष्ठाभ्यां पलमात्रं दन्तैरस्पृष्टं सतोयं पातव्यम् । सुमरिचमव्रणमपुरातनं स्थूलमवशुष्कमेकं दन्तैरस्पृष्टं सतोयं पातव्यम् । तोयं ब्रह्मपित्रङ्गुलीमूलप्रसरं पातव्यम्फलं खर्जूरनारिकेलानामन्यतमं दंतैरस्पृष्टं पातव्यं घृताक्तमिति चाहारं मयूरडिंभपरिमाणं । घृतमपि तत्परिमाणम्
Qu’il fasse une gorgée d’eau après avoir pris l’extrémité d’un rameau d’arka posé sur une branche tournée vers le nord-est depuis le village—à savoir deux feuilles fines—sans les toucher des dents. Qu’il fasse une gorgée d’eau après avoir pris de la bouse de vache pure tombée à terre, à la mesure d’un pala, tenue entre le majeur et le pouce, sans la toucher des dents. Qu’il fasse une gorgée d’eau après avoir pris un seul grain de bon poivre—sans blessure, non ancien, gros et bien sec—sans le toucher des dents. Qu’il boive de l’eau à la mesure qui s’étend de la racine du pouce à la base de l’index. Qu’il fasse une gorgée d’eau après avoir pris un fruit—datte ou noix de coco—sans le toucher des dents, oint de ghee ; et que la portion de nourriture soit de la taille d’un œuf de paon, et le ghee de même mesure.
Verse 92
आत्मनो द्विगुणां छायां यदा कुर्वीत भास्करः । तदा नक्तं विजानीयान्न नक्तं निशिभोजनं
Lorsque le Soleil fait que l’ombre de l’homme soit deux fois sa taille, qu’on sache alors que c’est le moment juste du repas ‘nakta’ ; manger la nuit n’est pas ‘nakta’, mais bien un repas nocturne.
Verse 93
प्रथमं पूजयेद्देवं फलपुष्पादिमंत्रकैः । अन्नदानं ततः कुर्याद्विध्युक्तपरिमाणकं
D’abord, qu’on adore la Divinité par des mantras, avec des offrandes de fruits, de fleurs et autres; ensuite, qu’on accomplisse le don de nourriture selon la mesure prescrite par le rite.
Verse 94
ततो ध्यानम् । सर्वलक्षणसंपूर्णं सर्वाभरणभूषितं । द्विभुजं रक्तवर्णं च रक्तपंकजधृत्करं
Vient ensuite la méditation : qu’on contemple la Divinité, parfaite en tous signes de bon augure, parée de tous ornements; à deux bras, de teinte rouge, tenant dans ses mains un lotus rouge.
Verse 95
तेजोबिंबं बहुजलमध्यस्थं सपरिच्छदं । पद्मासनगतं देवं रक्तगंधानुलेपनं
Il contempla la forme resplendissante et lumineuse, au milieu d’eaux abondantes, accompagnée de tous ses emblèmes : le Divin assis sur le siège de lotus, oint d’une pâte rouge et parfumée de santal.
Verse 96
आदित्यं चिंतयेद्देवं पूजाकाले विशेषतः । अथ मंत्रश्चायं । भास्कराय विद्महे सहस्ररश्मये धीमहि तन्नः सूर्यः प्रचोदयात्
Qu’on médite sur le dieu Āditya, surtout au moment du culte. Et voici le mantra : «Nous connaissons Bhāskara; nous méditons sur Celui aux mille rayons. Que ce Sūrya nous inspire et nous illumine.»
Verse 97
जप्य एष परः प्रोक्तःसप्तम्यां विजयावहः । करवीरैः करंजैश्च रक्तकुंकुमसन्निभैः
Ce japa suprême a été proclamé ; accompli au septième jour lunaire (saptamī), il apporte la victoire, avec des fleurs de karavīra et de karañja, semblables au rouge du kunkuma.
Verse 98
पश्चाच्च पारणा कार्या तथाष्टम्यां विशेषतः । अष्टम्यामेव कर्तव्यं नवम्यां नैव पारणं
Ensuite, on accomplira la pāraṇā, le rite de rupture du jeûne, surtout au huitième jour lunaire (Aṣṭamī). C’est en Aṣṭamī seule qu’elle doit être faite ; en Navamī, on ne doit pas rompre le jeûne.
Verse 99
व्रते फलं न चाप्नोति नवम्यां पारणे कृते । पारणं त्वपराह्णे तु कटुतिक्ताम्लवर्जितं
Si l’on rompt le jeûne en Navamī, on n’obtient pas le fruit du vœu. La pāraṇā doit se faire l’après-midi, en s’abstenant des mets piquants, amers et acides.
Verse 100
तंडुलं शोधयेद्यत्नात्तृणबीजादिकं त्यजेत् । मुद्ग माष तिलादीनि घृतं च परिवर्जयेत्
Qu’on purifie soigneusement le riz, en rejetant les graines d’herbe et autres impuretés. Qu’on s’abstienne aussi du mung (mudga), du haricot noir (māṣa), du sésame et des semblables, ainsi que du ghee.
Verse 101
ब्राह्मणान्भोजयेद्भक्त्या शक्तः क्षीरादिहव्यकैः । यथाशक्त्यन्नपानैश्च व्यंजनैश्च निरामिषैः
Avec dévotion, qu’on nourrisse les brāhmaṇas ; si l’on en a les moyens, avec des offrandes telles que le lait et autres. Et selon sa capacité, avec nourriture et boisson, et des mets d’accompagnement sans viande.
Verse 102
विप्राय दक्षिणां दद्याद्विभज्य चानुरूपतः । इमामनंतफलदां यः कुर्यात्सप्तमीं नरः
Qu’un homme offre la dakṣiṇā à un brāhmaṇa, en la répartissant convenablement selon ses moyens. Celui qui accomplit cette observance de Saptamī, dispensatrice de fruits sans fin, obtient un mérite inépuisable.
Verse 103
सर्वपापप्रशमनीं धनपुत्रविवर्धनीम् । मासि मासि द्विजश्रेष्ठ व्रतं कृत्वार्कतुष्टये
Ô le meilleur des deux-fois-nés : en accomplissant ce vœu mois après mois pour satisfaire le Soleil, tous les péchés s’apaisent, et la richesse ainsi que la descendance s’accroissent.
Verse 104
यः कुर्यात्पारणं भक्त्या सूर्यलोकं स गच्छति । कल्पकोटिं वसेत्स्वर्गे ततो याति परां गतिं
Quiconque accomplit le pāraṇa avec dévotion se rend au monde du Soleil. Il demeure au ciel durant dix millions de kalpas, puis atteint l’état suprême.
Verse 105
इदमेव परं गुह्यं भाषितं शंभुना पुरा । श्रवणात्सततं तस्य व्रतस्य परिपालनात् । श्रावयेद्वापि लोकस्य फलं तुल्यं प्रकीर्तितं
Cet enseignement même, suprêmement secret, fut jadis proclamé par Śambhu (Śiva). En l’écoutant sans cesse, en observant fidèlement ce vœu, ou même en le faisant entendre aux gens, un mérite égal est déclaré.