
The Aśūnyaśayana Vow: Expiation, Viṣṇu’s Theophany, and Liberation for Divyā Devī
Kuṃjala enseigne à son fils Ujjvala une discipline vaiṣṇava en quatre volets—vrata, stotra, jñāna et dhyāna—centrée sur Viṣṇu et identifiée au vœu d’Aśūnyaśayana, « ne pas dormir seul ». Il l’envoie délivrer une princesse accablée par une faute redoutable. Ujjvala se rend vers une montagne éclatante de Plakṣadvīpa, décrite avec ses rivières, ses musiciens divins et ses êtres célestes. Il y rencontre Divyā Devī, en larmes dans son veuvage, qu’elle comprend comme la maturation d’un ancien karma. Plein de compassion, Ujjvala prend la forme d’un grand oiseau (Mahāpakṣī), recueille son récit et prescrit l’expiation : méditation sur Hṛṣīkeśa et récitation des cent noms de Viṣṇu, avec l’observance rigoureuse du vœu. Après des années d’austérités, Viṣṇu se manifeste, affirme l’unité essentielle de la Trimūrti et accorde à Divyā Devī une bhakti purifiée et le service en Vaikuṇṭha ; elle s’élève alors vers le suprême séjour vaiṣṇava.
Verse 1
कुंजल उवाच । व्रतं स्तोत्रं महाज्ञानं ध्यानं चैव सुपुत्रक । मयाख्यातं तवाग्रे वै विष्णोः पापप्रणाशनम्
Kuṃjala dit : «Ô bon fils, je t’ai déjà exposé le vœu, l’hymne, la grande connaissance spirituelle et la méditation — ceux de Viṣṇu, qui anéantissent les péchés.»
Verse 2
एवं चतुष्टयं सा हि यदा पुण्यं समाचरेत् । प्रयाति वैष्णवं लोकं देवानामपि दुर्लभम्
Lorsqu’elle accomplit véritablement cette observance vertueuse en quatre aspects, elle atteint le monde vaiṣṇava, rare à obtenir même pour les dieux.
Verse 3
इतो गत्वा व्रतं वत्स दिव्यां देवीं प्रबोधय । अशून्यशयनं नाम व्रतराजं वदस्व ताम्
Pars d’ici, cher enfant, et réveille la Déesse resplendissante pour l’observance. Dis-lui le roi des vœux nommé «Aśūnyaśayana», le vœu de ne pas dormir seul.
Verse 4
समुद्धर महापापाद्राजकन्यां यशस्विनीम् । त्वया पृष्टं मया ख्यातं पुण्यदं पापनाशनम्
Sauve la princesse illustre du grand péché. Ce que tu as demandé, je l’ai maintenant exposé : ce qui confère le mérite et détruit le péché.
Verse 5
गच्छ गच्छ महाभाग इत्युक्त्वा विरराम सः । श्रीविष्णुरुवाच । उज्ज्वलोप्येवमुक्तस्तु स पित्रा कुंजलेन हि
Ayant dit : « Va, va, ô bienheureux », il se tut. Śrī Viṣṇu dit : Même Ujjvala—ainsi apostrophé par son père Kuñjala—vraiment…
Verse 6
प्रणम्य पादौ धर्मात्मा मातापित्रोर्महामतिः । जगाम त्वरितो राजन्प्लक्षद्वीपं स उज्ज्वलः
S’étant prosterné aux pieds de sa mère et de son père, cet homme juste et d’une grande sagesse partit en hâte, ô Roi, vers Plakṣadvīpa, rayonnant de splendeur.
Verse 7
तं गिरिं सर्वतोभद्रं नानाधातुसमाकुलम् । नानारत्नमयैस्तुंगैः शिखरैरुपशोभितम्
Cette montagne—auspicieuse de toutes parts—était remplie de maints minerais et ornée de hauts sommets faits de gemmes variées.
Verse 8
नानाप्रवाहसंपूर्णैरुदकैरुज्ज्वलैर्नृप । नद्यः संति स्वच्छनीरास्तस्मिन्गिरिवरोत्तमे
Ô Roi, sur cette montagne des plus excellentes se trouvent des rivières pleines de nombreux courants ; leurs eaux brillent et sont limpides, pures et nettes.
Verse 9
किन्नरास्तत्र गायंति गंधर्वाः सुस्वरैर्नृप । अप्सरोभिः समाकीर्णं देववृंदैरुपावृतम्
Là, ô Roi, les Kinnaras chantent, et les Gandharvas entonnent de leurs voix mélodieuses. Le lieu est rempli d’Apsaras et entouré des troupes de devas.
Verse 10
सिद्धचारणसंघुष्टं मुनिवृंदैरलंकृतम् । नानापक्षिनिनादैश्च सर्वत्र परिनादितम्
Il résonnait des voix des Siddha et des Cāraṇa, paré des assemblées de sages; et partout, rempli des cris de mille oiseaux, il retentissait de tous côtés.
Verse 11
एवं गिरिं समासाद्य उज्ज्वलो लघुविक्रमः । सुस्वरेणापि सा कन्या गिरौ तस्मिन्प्ररोदिति
Ainsi, parvenu à la montagne, vint Ujjvala, à la vaillance prompte; et cette jeune fille, même d’une voix douce, se mit à sangloter sur cette montagne.
Verse 12
रोरूयमाणां स प्राज्ञो वचनं चेदमब्रवीत् । का त्वं भवसि कल्याणि कस्माद्रोदिषि सांप्रतम्
La voyant en pleurs, cet homme sage dit ces paroles : «Qui es-tu, dame de bon augure ? Pourquoi pleures-tu à présent ?»
Verse 13
कमाश्रिता महाभागे केन ते विप्रियं कृतम् । समाचक्ष्व ममाद्यैव सर्वदुःखस्य कारणम्
Ô dame illustre, pourquoi es-tu ainsi accablée ? Qui t’a fait du tort ? Dis-moi dès aujourd’hui la cause de toute ta douleur.
Verse 14
दिव्यादेव्युवाच । विपाको हि महाभाग कर्मणां मम सांप्रतम् । इह तिष्ठामि दुःखेन वैधव्येन समन्विता
Divyā Devī dit : «Ô noble seigneur, ce que j’éprouve à présent est bien la maturation de mes actes passés. Ici je demeure dans la douleur, accablée par le veuvage.»
Verse 15
भवान्को हि महाभाग कृपया मम पीडितः । पक्षिरूपधरो वत्स सोत्सवं परिभाषते
Ô très fortuné, qui es-tu donc, toi qui, par compassion, me parles dans ma détresse ? Bien que tu aies pris la forme d’un oiseau, cher enfant, tu t’adresses à moi avec allégresse, comme en fête.
Verse 16
एवमाकर्ण्य तत्सर्वं भाषितं राजकन्यया । अहं पक्षी महाभागे कृपया तव पीडितः
Ayant ainsi entendu tout ce qu’avait dit la princesse, il répondit : «Ô noble dame, je suis un oiseau ; par ta compassion, ma souffrance s’est apaisée.»
Verse 17
पक्षिरूपधरो भद्रे नाहं सिद्धो न ज्ञानवान् । रुदमानां महालापैर्भवतीं दृष्टवानिह
Ô douce dame, je suis celui qui a pris la forme d’un oiseau ; je ne suis ni un siddha accompli ni un sage connaissant. Je t’ai vue ici, pleurant et te lamentant à grands cris.
Verse 18
ततः पृच्छाम्यहं देवि वद मे कारणं त्विह । पितुर्गेहे यथावृत्तमात्मवृत्तांतमेव हि
C’est pourquoi, ô Devî, je te le demande : dis-moi la cause de ce qui se passe ici. Raconte fidèlement ce qui advint dans la maison de ton père, ainsi que le récit entier de ta propre destinée.
Verse 19
तया निवेदितं सर्वं यथासंख्येन दुःखदम् । समासेन समाकर्ण्य उज्ज्वलस्तु महमनाः
Elle rapporta tout dans l’ordre, et chaque détail était source de peine. En entendant le récit en abrégé, Ujjvala, au cœur noble, fut profondément bouleversé.
Verse 20
तामुवाच महापक्षी दिव्यादेवीं सुदुःखिताम् । यथा विवाहकाले ते भर्तारो मरणं गताः
Le grand oiseau s’adressa à cette dame divine, accablée de chagrin : «Comment se fit-il qu’au moment même de tes noces, tes époux allèrent à la mort ?»
Verse 21
स्वयंवरनिमित्तं ते क्षयं याताश्च क्षत्रियाः । एतत्ते चेष्टितं सर्वं मया पितरि भाषितम्
Par ton svayaṁvara, ces kṣatriyas ont couru à leur perte. Tout ce que tu as fait, je l’ai rapporté à mon père.
Verse 22
अन्यजन्मकृतंकर्मतव पापं सुलोचने । मम पित्रा ममाग्रे तु कृपया परिभाषितम्
Ô toi aux beaux yeux, le karma fautif que tu accomplis en une autre naissance m’a été exposé d’avance, avec compassion, par mon père.
Verse 23
तेन दोषेण संपुष्टा लिप्ता जाता वरानने । एतावत्कारणं सर्वं तातेन परिभाषितम्
Nourrie par cette faute et par elle souillée, tu es devenue ainsi, ô toi au beau visage. Toute cette cause, dans son entier, ton père l’a expliquée.
Verse 24
पूर्वकर्मविपाकं तु भुंक्ष्व त्वं च समाश्वस । एवं सा भाषितं तस्य श्रुत्वा कन्योज्ज्वलस्य तत्
«Tu dois certes subir la maturation de tes actes passés ; supporte-la et demeure en paix.» L’ayant ainsi entendue parler, Kanyojjvala, la jeune fille à l’éclat radieux, …
Verse 25
प्रत्युवाच महात्मानं ब्रुवंतं पक्षिणं पुनः । प्रणता दीनया वाचा कुरु पक्षिन्कृपां मम
Elle se prosterna et, d’une voix humble et plaintive, répondit de nouveau à l’oiseau noble tandis qu’il parlait : « Ô oiseau, aie compassion de moi. »
Verse 26
कथयस्व प्रसादेन तस्य पापस्य निष्कृतिम् । प्रायश्चित्तं सुपुण्यं च मम पातकशोधनम्
Par compassion, dis-moi l’expiation de ce péché : un prāyaścitta hautement méritoire, capable de purifier ma faute.
Verse 27
येन व्रजाम्यहं पुण्यं विशुद्धाधौतकल्मषा । प्रायश्चित्तं महाभाग वद मे त्वं प्रसादतः
Par quel moyen puis-je obtenir le mérite, mes fautes entièrement lavées ? Ô bienheureux, par ta grâce, dis-moi le prāyaścitta.
Verse 28
उज्ज्वल उवाच । तवार्थं तु महाभागे पितरं पृष्टवानहम् । समाख्यातमतः पित्रा प्रायश्चित्तमनुत्तमम्
Ujjvala dit : « Pour toi, ô bienheureuse, j’ai interrogé mon père. Ainsi mon père a exposé un prāyaścitta sans pareil. »
Verse 29
तत्त्वं कुरु महाभागे सर्वपातकशोधनम् । ध्यायस्व हि हृषीकेशं शतनामजपस्व च
Ô noble dame, accomplis ce qui est vrai et essentiel, la pratique qui purifie tous les péchés. Médite sur Hṛṣīkeśa et récite aussi ses cent noms.
Verse 30
भव ज्ञानपरा नित्यं कुरु व्रतमनुत्तमम् । अशून्यशयनं पुण्यं व्रतं पापप्रणाशकम्
Sois sans cesse voué à la connaissance spirituelle et accomplis toujours le vœu sans égal. Le saint vœu de « ne pas dormir seul » est méritoire et détruit les péchés.
Verse 31
समाचष्ट स धर्मात्मा सर्वज्ञानप्रकाशकम् । ज्ञानं स्तोत्रं व्रतं ध्यानं विष्णोश्चैव महात्मनः
Cet être à l’âme droite enseigna alors ce qui éclaire toute connaissance : la vraie connaissance, les hymnes de louange, les observances sacrées et la méditation, le tout voué au Seigneur Viṣṇu, magnanime.
Verse 32
विष्णुरुवाच । तस्मात्सा हि प्रजग्राह संस्थिता निर्जने वने । सर्वद्वंद्वविनिर्मुक्ता संजाता तपसि स्थिता
Viṣṇu dit : C’est pourquoi elle l’accepta véritablement ; et, demeurant dans une forêt solitaire, elle fut délivrée de toutes les paires d’opposés. Puis elle se consacra et demeura établie dans l’austérité.
Verse 33
व्रतं चक्रे जिताहारा निराधारा सुदुःखिता । कामक्रोधविहीना सा वर्गं संयम्य नित्यशः
Elle entreprit le vœu sacré, ayant vaincu l’appétit — sans soutien et profondément affligée. Libre du désir et de la colère, elle maîtrisa ses sens sans cesse, jour après jour.
Verse 34
इंद्रियाणां महाराज महामोहं निरस्य सा । अब्दे चतुर्थके प्राप्ते सुप्रसन्नो जनार्दनः
Ô grand roi, ayant dissipé la grande illusion née des sens, lorsque la quatrième année advint, Janārdana (Viṣṇu) fut extrêmement satisfait d’elle.
Verse 35
तस्यै वरं दातुकामश्चायातो वरनायकः । तस्यै संदर्शयामास स्वरूपं वरदः प्रभुः
Désireux de lui accorder une grâce, le Dispensateur des dons vint à elle ; et ce Seigneur bienveillant lui révéla sa propre forme véritable.
Verse 36
सूत उवाच । इंद्रनीलघनश्यामं शंखचक्रगदाधरम् । सर्वाभरणशोभाढ्यं पद्महस्तं महेश्वरम्
Sūta dit : « (Je vis) le grand Seigneur — sombre comme un nuage épais, tel un saphir ; portant la conque, le disque et la massue ; resplendissant de la beauté de tous les ornements, et tenant un lotus en sa main. »
Verse 37
बद्धांजलिपुटा भूत्वा वेपमाना निराश्रया । उवाच गद्गदैर्वाक्यैः प्रणता मधुसूदनम्
Les mains jointes en salut révérencieux, tremblante et sans refuge, elle se prosterna et s’adressa à Madhusūdana d’une voix étranglée.
Verse 38
तेजसा तव दिव्येन स्थातुं शक्नोमि नैव हि । दिव्यरूपो भवेः कस्त्वं कृपया मम चाग्रतः
Devant ton éclat divin, je ne puis vraiment demeurer. Ô toi à la forme céleste, qui es-tu ? Par compassion, révèle-toi devant moi.
Verse 39
कथयस्व प्रसादेन किमत्र तव कारणम् । सर्वमेव प्रसादेन प्रब्रवीहि महामते
Dis-le-moi avec bienveillance : quelle est ta raison en cette affaire ? Ô toi au grand esprit, par ta grâce, explique-moi tout entièrement.
Verse 40
देवमेवं विजानामि तेजसा इंगितैस्तव । ज्ञानहीना जगन्नाथ न जाने रूपनामनी
Ô Seigneur, je ne Te comprends qu’ainsi : par Ton éclat et Tes signes subtils. Dépourvu de vraie connaissance, ô Jagannātha, je ne connais ni Ta forme ni même Tes noms.
Verse 41
किं ब्रह्मा वा भवान्विष्णुः किं वा शंकर एव हि । एवमुक्त्वा प्रणम्यैवं दंडवद्धरणीं गता
«Es-Tu Brahmā, ou bien Viṣṇu ? Ou bien es-Tu vraiment Śaṅkara ?» Ayant ainsi parlé, elle s’inclina avec révérence puis se jeta à terre en prosternation totale.
Verse 42
तामुवाच जगन्नाथः प्रणतां राजनंदिनीम् । श्रीभगवानुवाच । त्रयाणामपि देवानामंतरं नास्ति शोभने
Jagannātha s’adressa à la fille du roi, prosternée avec dévotion : «Le Seigneur Bienheureux dit : “Ô belle, il n’y a aucune différence entre les trois dieux.”»
Verse 43
ब्रह्मा समर्चितो येन शंकरो वा वरानने । तेनाहमर्चितो नित्यं नात्र कार्या विचारणा
Ô dame au beau visage, quiconque rend un culte dû à Brahmā —ou bien à Śaṅkara (Śiva)— Me rend aussi un culte en tout temps ; là-dessus, nul besoin de réflexion.
Verse 44
एतौ ममाभिन्नतरौ नित्यं चापि त्रिरूपवान् । अहं हि पूजितो यैश्च तावेतौ तैः सुपूजितौ
Ces deux-là ne sont pas séparés de Moi, et Je suis à jamais de triple forme. En vérité, ceux qui M’adorent les adorent aussi pleinement, tous deux.
Verse 45
अहं देवो हृषीकेशः कृपया तव चागतः । स्तवेनानेन पुण्येन व्रतेन नियमेन च
Je suis le Seigneur Hṛṣīkeśa ; par compassion je suis venu vers toi, touché par cet hymne de louange méritoire, ainsi que par ton vœu et tes observances de discipline.
Verse 46
संजाता कल्मषैर्हीना वरं वरय शोभने । दिव्यादेव्युवाच । विजयस्व हृषीकेश कृष्णक्लेशापहारक
«À présent tu es devenue sans tache (sans péché). Ô belle, choisis une grâce—choisis la meilleure.» La Déesse divine dit : «Sois victorieux, ô Hṛṣīkeśa—ô Kṛṣṇa, ô toi qui ôtes la souffrance.»
Verse 47
नमामि चरणद्वंद्वं मामुद्धर सुरेश्वर । वरं मे दातुकामोऽसि चक्रपाणे प्रसीद मे
Je me prosterne devant la paire de tes pieds ; relève-moi, ô Seigneur des dieux. Tu veux bien m’accorder une grâce—ô Cakrapāṇi, Porteur du disque, sois-moi favorable.
Verse 48
आत्मपादयुगस्यापि भक्तिं देहि ममानघ । दर्शयस्व जगन्नाथ मोक्षमार्गं निरामयम्
Ô Seigneur sans faute, accorde-moi aussi la dévotion à tes propres pieds de lotus. Ô Jagannātha, révèle-moi la voie de la délivrance, sans défaut et sans souffrance.
Verse 49
दासत्वं देहि वैकुंठ यदि तुष्टो जनार्दन । श्रीभगवानुवाच । एवमस्तु महाभागे गच्छ निर्धूतकल्मषा
«Accorde-moi l’état de serviteur à Vaikuṇṭha, ô Janārdana, si tu es satisfait.» Le Seigneur Bienheureux dit : «Qu’il en soit ainsi, ô fortunée ; va, tes péchés ont été lavés».
Verse 50
वैष्णवं परमं लोकं दुर्लभं योगिभिः सदा । गच्छ गच्छ परं लोकं प्रसादान्मम सांप्रतम्
Le suprême séjour vaiṣṇava demeure à jamais difficile à atteindre, même pour les yogins. Va, va maintenant vers ce monde très élevé — par ma grâce, en cet instant même.
Verse 51
एवमुक्ते ततो वाक्ये माधवेन महात्मना । दिव्यादेवी अभूद्दिव्या सूर्यतेजः समप्रभा
Quand ces paroles furent ainsi prononcées par le magnanime Mādhava, la déesse devint radieuse et divine, rayonnant d’un éclat égal à la splendeur du soleil.
Verse 52
पश्यतां सर्वलोकानां दिव्याभरणभूषिता । दिव्यमालान्विता सा च दिव्यहारविलंबिनी
Sous les regards de tous les mondes, elle apparut parée d’ornements célestes : couronnée d’une guirlande divine et portant un collier du ciel qui retombait avec grâce.
Verse 53
गता सा वैष्णवं लोकं दाहप्रलयवर्जितम् । पुनः पक्षी समायातः स्वगृहं हर्षसंयुतः
Elle gagna le monde vaiṣṇava, exempt des cataclysmes de l’embrasement et de la dissolution. Puis l’oiseau revint à sa demeure, le cœur rempli de joie.
Verse 54
तत्सर्वं कथयामास पितरं प्रति सत्तमः
Alors le plus vertueux raconta tout cela à son père.
Verse 88
इति श्रीपद्मपुराणे भूमिखंडे वेनोपाख्याने गुरुतीर्थे च्यवनचरित्रेऽष्टाशीतितमोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Padma Purāṇa, au sein du Bhūmi-khaṇḍa, s’achève le quatre-vingt-huitième chapitre, concernant l’épisode de Vena, le gué sacré nommé Guru-tīrtha et le récit de Cyavana.