Adhyaya 121
Bhumi KhandaAdhyaya 12152 Verses

Adhyaya 121

The Tale of Kāmodā and Vihuṇḍa: Tear-Born Lotuses on the Gaṅgā and the Ethics of Worship

L’Adhyaya 121 s’ouvre sur une interrogation théologique : si l’univers se résorbe dans l’Unique Soi et si le saṃsāra n’est que māyā, pourquoi Hari entrerait-il dans la transmigration ? Nārada expose alors une chaîne causale karmique : lors du sacrifice de Bhṛgu, le vœu de protéger le rite se mêla à l’ordre d’Indra et à la destruction du yajña par les Dānavas, suscitant la malédiction de Bhṛgu selon laquelle Hari devrait subir dix naissances. Le récit se déplace ensuite sur la rive de la Gaṅgā : les larmes d’une jeune fille endeuillée tombent dans le fleuve et deviennent des lotus. Vihuṇḍa, un Dānava abusé par la māyā de Viṣṇu et poussé par le désir, cueille ces lotus nés du chagrin pour les offrir au culte. Devī/Śrī formule une critique éthique : le fruit de l’adoration correspond au bhāva, à l’intention du fidèle, et à la pureté morale des offrandes. Sous l’apparence d’un brāhmaṇa, Devī confronte le démon ; lorsqu’il se fait violent, elle le met à mort. L’ordre du monde s’en trouve rétabli, et la loi du karma, la disposition intérieure et l’intégrité rituelle sont réaffirmées.

Shlokas

Verse 1

कामोदोवाच । न विदुर्देवताः सर्वा यस्यांतं रूपमेव च । यस्मिल्लींनस्तु सर्वोयं स चैकात्मा प्रकथ्यते

Kāmoda dit : Toutes les divinités ne connaissent pas Sa limite, ni même Sa forme véritable. Celui en qui se résorbe l’univers entier est nommé l’Unique Soi.

Verse 2

यस्या मायाप्रपंचस्तु संसारः शृणु नारद । कस्मात्प्रयाति संसारं मम स्वामी जगत्पतिः

Ô Nārada, écoute : le saṃsāra n’est que le vaste déploiement de Sa māyā. Pourquoi donc mon Seigneur — Maître du monde — entrerait-il dans le saṃsāra ?

Verse 3

पापैश्चापि सुपुण्यैश्च नरोबद्धस्तु कर्मभिः । संसारं सरते विप्र हरिः कस्माद्व्रजेद्वद

Lié par les actes — fautifs comme hautement méritoires — l’homme chemine dans le saṃsāra. Ô brāhmaṇa, pourquoi et comment Hari entrerait-il dans la transmigration ? Dis-le-moi.

Verse 4

नारद उवाच । शृणु देवि प्रवक्ष्यामि यत्कृतं तेन चक्रिणा । भृगोरग्रे प्रतिज्ञातं यज्ञरक्षां करोम्यहम्

Nārada dit : « Écoute, ô Déesse ; je vais dire ce qu’accomplit le Seigneur porteur du disque. Devant Bhṛgu, il fit ce vœu : “Je protégerai le sacrifice (yajña)”. »

Verse 5

इंद्रस्य वचनात्सद्यो गतोऽसौ दानवैः सह । योद्धुं विहाय गोविंदो भृगोश्चैव मखोत्तमम्

Sur l’ordre d’Indra, il partit aussitôt avec les Dānavas ; Govinda renonça à l’intention de combattre et se rendit au très excellent yajña de Bhṛgu.

Verse 6

मखं त्यक्त्वा गते देवे पश्चात्तैर्दानवोत्तमैः । आगत्य ध्वंसितः सर्वः स यज्ञः पापचेतनैः

Après le départ de la divinité, les plus éminents des Dānavas vinrent ensuite et, l’esprit souillé de péché, détruisirent entièrement ce yajña.

Verse 7

हरिं क्रुद्धः स योगींद्रः शशाप भृगुरेव तम् । दशजन्मानि भुंक्ष्व त्वं मच्छापकलुषीकृतः

Irrité, ce seigneur des yogins—Bhṛgu—maudit Hari lui-même : « Durant dix naissances, tu souffriras, souillé par ma malédiction. »

Verse 8

कर्मणः स्वस्य संभोगं संभोक्ष्यति जनार्दनः । तन्निमित्तं त्वया देवि दुःस्वप्नः परिवीक्षितः

Janārdana goûtera assurément le fruit de ses propres actes ; c’est pourquoi, ô Déesse, pour cette raison tu as vu ce songe de mauvais augure.

Verse 9

इत्युक्त्वा तां गतो विप्रो ब्रह्मलोकं स नारदः । कृष्णस्यापि सुदुःखेन दुःखिता साभवत्तदा

Après lui avoir ainsi parlé, le sage Nārada partit pour le Brahmaloka. Et elle aussi, en cet instant, fut saisie de tristesse, accablée par l’immense chagrin de Kṛṣṇa.

Verse 10

रुरोद करुणं बाला हाहेति वदती मुहुः । गङ्गातीरोपविष्टा सा जलांते शृणु नन्दन

La jeune fille pleura avec pitié, répétant sans cesse : «Hélas, hélas !». Assise sur la rive du Gaṅgā, elle demeura au bord de l’eau—écoute, ô fils.

Verse 11

सुनेत्राभ्यां तथाश्रूणि दुःखेनापि प्रमुंचति । तान्यश्रूणि प्रमुक्तानि गंगातोये पतंत्यपि

De ses beaux yeux, il laisse couler des larmes, même dans la douleur ; et ces larmes, une fois versées, tombent elles aussi dans les eaux du Gaṅgā.

Verse 12

जले चैव निमज्जंति तस्याश्चाप्यश्रुबिंदवः । संभवंति पुनस्तात पद्मरूपाणि तानि च

Et ces gouttes de ses larmes s’enfoncent dans l’eau ; puis, cher enfant, elles y renaissent en lotus, prenant la forme de fleurs de padma.

Verse 13

गंगातोये प्रफुल्लानि वाहितानि प्रयांति वै । ददृशे दानवश्रेष्ठो विष्णुमायाप्रमोहितः

Dans les eaux du Gaṅgā, on vit en vérité des fleurs pleinement épanouies emportées par le courant. Le plus éminent des Dānavas les aperçut, abusé par la māyā de Viṣṇu.

Verse 14

दुःखजानि न जानाति मुनिना कथितान्यपि । हर्षेण महताविष्टः परिजग्राह सोऽसुरः

Même les suites douloureuses annoncées par le sage ne pénétrèrent pas son esprit. Submergé d’une grande joie, cet asura l’accepta.

Verse 15

पद्मैस्तु पुष्पितैः सोपि पूजयेद्गिरिजाप्रियम् । सप्तकोटिभिर्दैत्येंद्रो विष्णुमायाप्रमोहितः

Lui aussi doit vénérer l’Aimé de Girijā, Śiva, avec des lotus épanouis. Le seigneur des Dānavas, égaré par la māyā de Viṣṇu, accomplit ce culte avec sept crores de lotus.

Verse 16

अथ क्रुद्धा जगद्धात्री शंकरं वाक्यमब्रवीत् । पश्यैतस्य विकर्म त्वं दानवस्य महामते

Alors la Mère du monde, courroucée, adressa ces paroles à Śaṅkara : «Ô grand d’âme, vois l’acte mauvais de ce Dānava».

Verse 17

शोकोत्पन्नानि पद्मानि गंगातोयगतानि वै । अयमेष प्रगृह्णाति कामाकुलितचेतनः

Des lotus nés de la peine étaient, en vérité, emportés par les eaux du Gaṅgā ; et cet homme même, l’esprit troublé par le désir, s’en va les cueillir.

Verse 18

पूजयेच्चापि दुष्टात्मा शोकसंतापकारकैः । दुःखजैः शोकजैः पुष्पैस्तैः सुश्रेयः कथं भवेत्

Quand bien même un esprit mauvais accomplirait un culte avec des offrandes qui engendrent peine et tourment—des fleurs nées de la misère et du chagrin—comment en naîtrait-il un mérite véritablement propice ?

Verse 19

यादृशेनापि भावेन मामेव परिपूजयेत् । तादृशेनापि भावेन अस्य सिद्धिर्भविष्यति

Quelle que soit la disposition avec laquelle on M’adore, Moi seul, c’est selon cette même disposition que s’accomplira sa réalisation spirituelle.

Verse 20

सत्यध्यानविहीनोयं कामोदा न्यस्तमानसः । संजातः पापचारित्रो जहि देवि स्वतेजसा

Cette Kāmodā—dépourvue de vraie méditation et l’esprit abattu—s’est vouée à une conduite pécheresse. Ô Déesse, anéantis-la par ton propre éclat.

Verse 21

एवमाकर्ण्य तद्वाक्यं शंभोश्चैव महात्मनः । अस्यैव संक्षयं शंभो करिष्ये तव शासनात्

Ayant ainsi entendu ces paroles de Śambhu, le Seigneur à la grande âme, ô Śambhu, selon ton ordre je mettrai fin à ce doute même.

Verse 22

एवमुक्त्वा ततो देवी तस्यापि वधकांक्षया । वर्त्तते हि विहुंडस्य वधोपायं व्यचिंतयत्

Ayant parlé ainsi, la Déesse—désirant aussi sa mort—demeura concentrée, et se mit à méditer le moyen de tuer Vihuṇḍa.

Verse 23

कृत्वा मायामयं रूपं ब्राह्मणस्य महात्मनः । पूजयेच्छंकरं नाथं सुपुष्पैः पारिजातजैः

Revêtant, par la māyā, la forme d’un brāhmane à la grande âme, qu’il adore le Seigneur Śaṅkara, le Protecteur, avec de sublimes fleurs du pārijāta.

Verse 24

समेत्य दानवः पापो दिव्यां पूजां विनाशयेत् । कामाकुलः सुदुःखार्तस्तद्गतो भावतत्परः

Étant venu là, le dānava pécheur détruirait le culte divin ; troublé par le désir et accablé d’une douleur très vive, l’esprit fixé sur cela seul, tout entier tendu vers cela.

Verse 25

विष्णोश्चैव महामायां पूर्वदृष्टां स दानवः । सस्मार दानवः पापः कामबाणैः प्रपीडितः

Ce dānava pervers, tourmenté par les flèches du désir, se remémora de nouveau la grande Māyā de Viṣṇu qu’il avait vue auparavant.

Verse 26

तस्याः स्मरणमात्रेण कंदर्पेण बलीयसा । विरहाकुलदुःखार्तो रोदते हि मुहुर्मुहुः

Au seul souvenir d’elle, dominé par le puissant Kāma, lui, tourmenté par la douleur de la séparation, éclate en sanglots, encore et encore.

Verse 27

कालाकृष्टः स दुष्टात्मा शोकजातानि तानि सः । परिगृह्य समायातः पूजनार्थी महेश्वरम्

Entraîné par le Temps, cet être à l’âme mauvaise rassembla ces choses nées du chagrin et vint là, désireux de rendre un culte à Maheśvara (Śiva).

Verse 28

देव्या कृतां हि पूजां च सुपुष्पैः पारिजातजैः । तां निर्णाश्य सुलोभेन शोकजैः परिपूजयेत्

Qu’on ôte le culte accompli pour la Déesse avec de belles fleurs de pārijāta, puis que, par convoitise, on accomplisse un culte de remplacement avec des fleurs nées de la douleur.

Verse 29

नेत्राभ्यां तस्य दुष्टस्य बिंदवस्तेऽश्रुसंभवाः । अविरलास्ततो वत्स पतंति लिंगमस्तके

Des yeux de ce méchant, ô bien-aimé, des gouttes nées des larmes tombent sans relâche sur le sommet du liṅga.

Verse 30

देवी ब्राह्मणरूपेण तमुवाच महामते । को भवान्पूजयेद्देवं शोकाकुलमनाः सदा

La Déesse, prenant la forme d’un brāhmaṇa, lui dit : «Ô grand d’esprit, qui adorerait le Seigneur en demeurant à jamais le cœur accablé de chagrin ?»

Verse 31

पतंत्यश्रूणि देवस्य मस्तके शोकजानि ते । अपवित्राणि मे ब्रूहि एतमर्थं ममाग्रतः

Ces larmes nées du chagrin tombent sur la tête du dieu. Dis-moi clairement, ici devant moi, pourquoi elles sont impures.

Verse 32

विहुंड उवाच । पूर्वं दृष्टा मया नारी सर्वसौभाग्यसंपदा । सर्वलक्षणसंपन्ना कामस्यायतनं महत्

Vihuṃḍa dit : «Auparavant, j’ai vu une femme comblée de tous les trésors de la bonne fortune, pourvue de tous les signes auspicieux — véritablement, un grand séjour du désir.»

Verse 33

तस्या मोहेन संदग्धः कामेनाकुलतां गतः । तया प्रोक्तं हि संभोगे देहि मे दायमुत्तमम्

Brûlé par l’illusion qu’elle éveilla et bouleversé par le désir, je fus troublé. Et elle, au moment de l’union, dit en vérité : «Donne-moi la meilleure dāya, la part la plus excellente.»

Verse 34

कामोदसंभवैः पुष्पैः पूजयस्व महेश्वरम् । तेषां पुष्पकृतां मालां मम कंठे परिक्षिप

Vénère Maheśvara avec des fleurs nées de Kāmodā ; puis dépose à mon cou une guirlande tressée de ces fleurs.

Verse 35

कोटिभिः सप्तसंख्यातैः पूजयस्व महेश्वरम् । तदर्थं पूजयाम्येव ईश्वरं फलदायकम्

Vénère Maheśvara par sept crores d’offrandes. Pour cela même, moi aussi je vénère le Seigneur, dispensateur des fruits (des résultats).

Verse 36

कामोदसंभवैः पुष्पैर्दुर्लभैर्देवदानवैः । श्रीदेव्युवाच । क्व ते भावः क्व ते ध्यानं क्व ते ज्ञानं दुरात्मनः

Avec des fleurs nées du désir, rares même pour les dieux et les démons, Śrī Devī dit : «Où est ta vraie dévotion ? Où est ta méditation ? Où est ta connaissance, ô cœur mauvais ?»

Verse 37

ईश्वरस्यापि संबंधो नास्ति किंचित्त्वयैव हि । कामोदाया वरं रूपं कीदृशं वद सांप्रतम्

Même avec le Seigneur, tu n’as en vérité aucun lien. Dis-moi donc à présent : quelle est, aujourd’hui, la forme excellente de Kāmodā ?

Verse 38

क्व लब्धानि सुपुष्पाणि तस्या हास्योद्भवानि च । विहुंड उवाच । भावं ध्यानं न जानामि न दृष्टा सा मया कदा

«Où a-t-on obtenu ces belles fleurs, et ce qui naquit de son rire ?» dit Vihuṇḍa : «Je ne connais ni son sentiment dévot ni sa méditation ; jamais je ne l’ai vue.»

Verse 39

गंगातोयगतान्येव परिगृह्णामि नित्यशः । तैरहं पूजयाम्येकं शंकरं प्रवदाम्यहम्

Je n’accepte sans cesse que ce qui a touché les eaux de la Gaṅgā. Avec cela, j’adore l’unique Śaṅkara : telle est ma déclaration.

Verse 40

ममाग्रे कथितं विप्र शुक्रेणापि महात्मना । वचनात्तस्य देवेशमर्चयामि दिनदिने

Ô brāhmane, cela fut dit en ma présence même par le magnanime Śukra ; et selon son injonction, j’adore jour après jour le Seigneur des dieux.

Verse 41

एतत्ते सर्वमाख्यातं यच्च पृष्टोस्मि सांप्रतम् । श्रीदेव्युवाच । कामोदारोदनाज्जातैः पुष्पैस्तैर्दुःखसंभवैः

«Tout cela t’a été exposé, selon ce que l’on m’a demandé à présent.» Śrī Devī dit : «Avec ces fleurs nées des pleurs poignants de Kāma, fleurs issues de la souffrance, …».

Verse 42

लिंगमर्चयसे दुष्ट प्रभाते नित्यमेव च । यादृशेनापि भावेन पुष्पैश्च यादृशैस्त्वया

Ô misérable, chaque matin sans faute tu adores le Liṅga ; pourtant, quelle que soit l’intention qui t’anime, et quelles que soient les fleurs que tu offres,

Verse 43

अर्चितो देवदेवेशस्तादृशं फलमाप्नुहि । दिव्यपूजां विनाश्यैवं शोकपुष्पैः प्रपूजसि

Même si tu as adoré le Seigneur des dieux, tu obtiendras un fruit de même nature. Car, ayant ruiné le culte divin, tu offres désormais l’adoration avec des fleurs de chagrin.

Verse 44

असौ दोषस्तवैवाद्य समुत्पन्नः सुदारुणः । तस्माद्दण्डं प्रदास्यामि भुंक्ष्व स्वकर्मजं फलम्

Cette faute très terrible s’est levée en toi aujourd’hui; c’est pourquoi je t’infligerai le châtiment : endure le fruit né de tes propres actes.

Verse 45

तस्या वाक्यं समाकर्ण्य कालकृष्टो बभाष ताम् । रे रे दुष्ट दुराचार मम कर्मप्रदूषक

Entendant ses paroles, celui que le Temps entraînait lui répondit : «Hé, hé ! Méchante à la conduite perverse, corruptrice de mon devoir et de mon karma !»

Verse 46

हन्मि त्वामिह खड्गेन अनेनापि न संशयः । इत्युक्त्वा ब्राह्मणं तं स निशितं खड्गमाददे

«Ici même je t’abattrai avec cette épée, sans aucun doute.» Ayant ainsi parlé à ce brāhmaṇa, il saisit une épée aiguisée.

Verse 47

हंतुकामः स दुष्टात्मा अभ्यधावत दानवः । सा देवी विप्ररूपेण संक्रुद्धा परमेश्वरी

Désireux de tuer, ce dānava à l’âme mauvaise se précipita. Mais la Déesse, souveraine en puissance, s’irrita, prenant l’apparence d’un brāhmaṇa.

Verse 48

हन्मि त्वामिह खड्गेन अनेनापि न संशयः । स्वस्थानमागतं दृष्ट्वा हुंकारं विससर्ज ह । तेन हुंकारनादेन पतितो दानवाधमः

«Ici et maintenant je te frapperai de cette épée, sans aucun doute.» Le voyant revenir à sa propre place, il poussa un rugissement terrible; et au son de ce rugissement, le plus vil des dānavas s’effondra.

Verse 49

निश्चेष्टः कामरूपेण वज्राहत इवाचलः । पतिते दानवे तस्मिन्सर्वलोकविनाशके

Frappé par Kāmarūpa, il demeura sans mouvement, tel une montagne brisée par la foudre, lorsque tomba ce démon, fléau des mondes.

Verse 50

लोकाः स्वास्थ्यं गताः सर्वे दुःखतापविवर्जिताः । एतस्मात्कारणाद्वत्स सा स्त्री वै परिदेवति

Tous les mondes ont retrouvé la santé, délivrés de chagrin et de brûlante souffrance. Pour cette raison même, mon enfant, cette femme se lamente en vérité.

Verse 51

गंगातीरे वरारोहा दुःखव्याकुलमानसा । एतत्ते सर्वमाख्यातं यत्त्वया परिपृच्छितम्

Sur la rive du Gaṅgā, ô noble dame, l’esprit bouleversé par la peine : tout ce que tu as demandé t’a été maintenant pleinement exposé.

Verse 52

विष्णुरुवाच । एवमुक्त्वा सुपुत्रं तं कुंजलो अंडजेश्वरः । विरराम महाप्राज्ञः किञ्चिन्नोवाच भूपते

Viṣṇu dit : Ayant ainsi parlé à ce bon fils, Kuñjala —seigneur des êtres nés de l’œuf (les oiseaux)— se tut. Le très sage ne prononça plus un mot, ô roi.