
Gurutīrtha Māhātmya (within the Nahuṣa Episode): Celestial Song, Divine Splendor, and Reflective Doubt
Dans la trame des récits de tīrtha du Bhūmi-khaṇḍa, une représentation céleste éveille un trouble intérieur chez la fille de Śambhu. Elle se lève avec une résolution d’ascète, comme pour s’établir dans le tapas et dissiper l’hésitation. Apparaît alors une figure semblable à un prince, irradiant d’une splendeur divine : parfums, guirlandes, ornements, vêtements et marques auspicieuses l’enveloppent. Les témoins, saisis d’étonnement, s’interrogent : est-ce un deva, un Gandharva, un fils des Nāga, un Vidyādhara, voire Indra par un pouvoir enjoué ? Le questionnement s’intensifie—Śiva, Kāma (Manobhava), Pulastya ou Kubera ?—révélant le motif purāṇique de « l’ambiguïté divine », où la beauté hors du commun éprouve le discernement. Tandis que Samā médite, une dame souveraine de beauté arrive avec Rambhā et ses compagnes ; souriante, riant légèrement, elle s’adresse à la fille de Śambhu. Le colophon situe ce chapitre dans le récit de Vena, la glorification de Gurutīrtha, l’histoire de Cyavana et l’épisode de Nahuṣa.
Verse 1
कुंजल उवाच । तदेव गानं च सुरांगनाभिर्गीतं समाकर्ण्य च गीतकैर्ध्रुवैः । समाकुला चापि बभूव तत्र सा शंभुपुत्री परिचिंतयाना
Kuṃjala dit : Entendant ce même chant—chanté par des nymphes célestes et soutenu par des mélodies stables et bien réglées—la fille de Śambhu, plongée dans la méditation, fut intérieurement troublée en ce lieu.
Verse 2
आसनात्तूर्णमुत्थाय महोत्साहेन संयुता । तूर्णं गता वरारोहा तपोभावसमन्विता
Se levantant aussitôt de son siège, animée d’un grand élan, la noble dame se hâta d’avancer, habitée par l’esprit et la disposition de l’austérité (tapas).
Verse 3
तं दृष्ट्वा देवसंकाशं दिव्यरूपसमप्रभम् । दिव्यगंधानुलिप्तांगं दिव्यमालाभिशोभितम्
Le voyant—rayonnant tel un dieu, splendide d’une forme divine et d’un éclat pareil—les membres oints de parfums célestes et parés de guirlandes du ciel.
Verse 4
दिव्यैराभरणैर्वस्त्रैः शोभितं नृपनंदनम् । दीप्तिमंतं यथा सूर्यं दिव्यलक्षणसंयुतम्
Paré d’ornements et de vêtements célestes, le fils du roi resplendissait—rayonnant comme le soleil—porteur de marques divines.
Verse 5
किं वा देवो महाप्राज्ञो गंधर्वो वा भविष्यति । किं वा नागसुतः सोयं किंवा विद्याधरो भवेत्
Deviendra-t-il un dieu, d’une grande sagesse ? Ou bien un Gandharva ? Est-il le fils d’un Nāga, ou pourrait-il devenir un Vidyādhara ?
Verse 6
देवेषु नैव पश्यामि कुतो यक्षेषु जायते । अनया लीलया वीरः सहस्राक्षोपि जायते
Je n’en vois point de semblable même parmi les dieux ; à plus forte raison parmi les Yakṣas. Par cette puissance même, légère et joueuse, ce héros peut devenir jusqu’à Sahasrākṣa (Indra).
Verse 7
शंभुरेष भवेत्किंवा किंवा चायं मनोभवः । किंवा पितुः सखा मे स्यात्पौलस्त्योऽयं धनाधिपः
Serait-ce Śambhu (Śiva) ? Ou bien Manobhava (Kāma), le dieu né de l’esprit ? Ou serait-il l’ami de mon père, Pulastya, ou encore ce seigneur des richesses (Kubera) ?
Verse 8
एवं समा चिंतयती च यावत्तावत्त्वरं रूपगुणाधिपा सा । समेत्य रंभासु महासखीभिरुवाच तां शंभुसुतां प्रहस्य
Tandis que Samā méditait ainsi, cette dame, souveraine en beauté et en grâce, accourut promptement. Venue avec Rambhā et ses compagnes les plus proches, elle parla à la fille de Śambhu, souriante, avec un léger rire.
Verse 112
इति श्रीपद्मपुराणे भूमिखंडे वेनोपाख्याने गुरुतीर्थमाहात्म्ये च्यवनचरित्रे नहुषाख्याने द्वादशाधिकशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le cent douzième chapitre du Śrī Padma Purāṇa, dans le Bhūmi-khaṇḍa : au sein du récit de Vena, de la glorification de Gurutīrtha, de l’histoire de Cyavana et de l’épisode concernant Nahuṣa.