Adhyaya 29
Purva BhagaFirst QuarterAdhyaya 2963 Verses

Tithi-Nirṇaya for Vratas: Ekādaśī Rules, Saṅkrānti Punya-kāla, Eclipse Observances, and Prāyaścitta

Sanaka enseigne aux sages que la juste détermination du tithi est indispensable aux rites Śrauta/Smārta, aux vratas et à la dāna. Il énumère les tithis privilégiés pour le jeûne et fixe des règles d’acceptation selon paraviddhā et pūrvaviddhā, les tranches de temps (pūrvāhṇa/aparāhṇa, pradoṣa) et les cas de kṣaya/vṛddhi. Le chapitre tranche en détail les vœux fondés sur tithi–nakṣatra, surtout les conflits Ekādaśī/Dvādaśī (souillure par Daśamī, double Ekādaśī, possibilité de pāraṇā, règles pour le maître de maison et le renonçant). Il développe ensuite la discipline des éclipses : ne pas manger, accomplir japa et homa durant toute l’éclipse, et prescrit des mantras védiques distincts pour les offrandes lors des éclipses lunaire et solaire. Les périodes de punya-kāla de Saṅkrānti sont chiffrées en ghaṭikās selon le signe, incluant Dakṣiṇāyana à Karkaṭaka et Uttarāyaṇa à Makara. La conclusion ancre la précision rituelle dans la bhakti : le dharma réjouit Keśava et mène à la demeure suprême de Viṣṇu.

Shlokas

Verse 1

सनक उवाच । तिथीनां निर्णयं वक्ष्ये प्राचश्चित्तविधिं तथा । श्रृणुष्व तन्मुनिश्रेष्ठ कर्मसिद्धिर्यतो भवेत् ॥ १ ॥

Sanaka dit : J’exposerai la détermination des tithi (jours lunaires) ainsi que la méthode du prāyaścitta (expiation). Écoute, ô meilleur des sages : par cela s’obtient l’accomplissement réussi des rites.

Verse 2

श्रौतं स्मार्त्तं व्रतं दानं यच्चान्यत्कर्म वैदिकम् । अनिर्णीतासु तिथिषु न किंचित्फलति द्विज ॥ २ ॥

Ô brāhmane, qu’il s’agisse d’un rite Śrauta, d’une observance Smārta, d’un vœu (vrata), d’un don (dāna) ou de tout autre acte védique—si la tithi (date lunaire) n’est pas correctement établie, cela ne porte absolument aucun fruit.

Verse 3

एकादश्यष्टमी षष्टी पौर्णमासी चतुर्द्दशी । अमावास्या तृतीया च ह्युपवासव्रतादिषु ॥ ३ ॥

Pour les jeûnes, les vœux et les observances apparentées, les tithis recommandées sont : Ekādaśī, Aṣṭamī, Ṣaṣṭhī, la pleine lune (Paurṇamāsī), Caturdaśī, la nouvelle lune (Amāvāsyā), ainsi que Tṛtīyā.

Verse 4

परविद्धाः प्रशस्ताः स्युर्न ग्राह्याः पूर्वसंयुताः । नागविद्धा तु या षष्टी शिवविद्धा तु सप्तमी ॥ ४ ॥

Les tithis « percées » dans le jour suivant (paraviddhā) sont tenues pour excellentes; celles qui sont jointes au jour précédent (pūrvasaṃyutā) ne doivent pas être acceptées. Il faut éviter une Ṣaṣṭhī « percée » par Nāga, et de même une Saptamī « percée » par Śiva.

Verse 5

दशम्येकादशीविद्धा नोपोष्याः स्युः कदाचन । दर्शं च पौर्णमासीं च सत्पमीं पितृवासरम् ॥ ५ ॥

On ne doit jamais jeûner lors d’une Ekādaśī entachée par Daśamī. De même, on ne jeûnera pas au jour de Darśa (nouvelle lune), ni à Paurṇamāsī (pleine lune), ni à Saptamī, ni au jour réservé aux rites pour les ancêtres (Pitṛ-vāsara).

Verse 6

पूर्वविद्धं प्रकुर्वाणो नरकायोपद्यते । कृष्णपक्षे पूर्वविद्धां सत्पमीं च चतुर्दशीम् ॥ ६ ॥

Celui qui accomplit un rite sur une tithi « pūrvaviddhā » (déjà touchée dans la première partie du jour) tombe en enfer. Toutefois, durant la quinzaine sombre (kṛṣṇa-pakṣa), Saptamī et Caturdaśī doivent être observées comme pūrvaviddhā.

Verse 7

प्रशस्तां केचिदाहुश्च तृतीयां नवमीं तथा । व्रतादीनां तु सर्वेषां शुक्लपक्षो विशिष्यते ॥ ७ ॥

Certains disent que le troisième jour lunaire, et de même le neuvième, sont tout particulièrement propices ; et pour tous les vœux et observances, la quinzaine claire (Śukla-pakṣa) est tenue pour supérieure.

Verse 8

अपराह्णाच्च पूर्वोह्णं ग्राह्यं श्रेष्टत्तरं यतः । असंभवे व्रतादीनां यदि पौर्वाह्णिकी तिथिः ॥ ८ ॥

Plutôt que l’après-midi (aparāhṇa), il convient d’accepter l’avant-midi (pūrvāhṇa), car il est tenu pour plus excellent. Si, pour les vœux et observances semblables, cela n’est pas possible, on prendra alors la tithi qui tombe dans l’avant-midi.

Verse 9

मुहूर्तद्वितयं ग्राह्यं भगवत्युदिते रवौ । प्रदोषव्यापिनी ग्राह्या तिथिर्नक्तव्रते सदा ॥ ९ ॥

Lorsque le Soleil divin s’est levé, on doit prendre deux muhūrtas comme période convenable. Et pour le vœu nocturne (naktavrata), il faut toujours accepter la tithi qui s’étend jusqu’au pradoṣa, le crépuscule du soir.

Verse 10

उपोषितव्यं नक्षत्रं येनास्तं याति भास्करः । तिथिनक्षत्रसंयोगविहितव्रतकर्मणि ॥ १० ॥

Dans les rites de vœu (vrata) prescrits selon la conjonction de la tithi et du nakṣatra, on doit observer le jeûne au nakṣatra par lequel le Soleil (Bhāskara) parvient à son coucher.

Verse 11

प्रदोषव्यापिनी ग्राह्या त्वन्यथा निष्फलं भवेत् । अर्द्धरात्रादधो या तु नक्षत्रव्यापिनी तिथिः ॥ ११ ॥

Il faut accepter la tithi qui s’étend durant la période de pradoṣa ; autrement, le rite devient sans fruit. Mais la tithi qui, après le passage de minuit, se prolonge vers la dernière partie de la nuit tout en couvrant le nakṣatra, doit être tenue pour faisant autorité.

Verse 12

सैव ग्राह्या मुनिश्रेष्ट नक्षत्रविहितव्रते । यद्यर्द्धरात्रघगयोर्व्यात्पं नक्षत्रं तु दिनद्वये ॥ १२ ॥

Ô le meilleur des sages, dans un vœu prescrit en référence à un nakṣatra, c’est ce nakṣatra même seul qu’il faut retenir pour déterminer l’observance, même s’il franchit minuit et s’étend sur les deux jours.

Verse 13

तत्पुण्यं तिथिसंयुक्तं नक्षत्रं ग्राह्यमुच्यते । अर्द्धरात्रद्वये स्यातां नक्षत्रं च तिथिर्यदि ॥ १३ ॥

Ce nakṣatra, lorsqu’il est conjoint à la tithi pertinente, est dit devoir être retenu comme auspicious. Si le nakṣatra et la tithi s’étendent tous deux sur les deux minuits (couvrant ainsi les deux jours), c’est alors cette période conjointe qu’il faut prendre pour le rite.

Verse 14

क्षये पूर्वा प्रशस्ता स्याद्रृद्धौ कार्या तथोत्तरा । अर्ध्दरात्रद्वयव्यात्पा तिथिर्नक्षत्रसंयुता ॥ १४ ॥

Quand une tithi est en décroissance, sa portion antérieure est tenue pour favorable ; quand elle est en croissance, c’est la portion postérieure qu’il faut choisir pour accomplir les rites. Une tithi qui s’étend sur deux minuits et qui est conjointe au nakṣatra approprié doit être prise en compte pour fixer le moment juste.

Verse 15

ह्नासवृद्धिविशून्या चेत् ग्राह्यापूर्वा तथा परा । ज्येष्ठासंमिश्रितं मूलं रोहिणी वह्निंसंयुता ॥ १५ ॥

Si une configuration est exempte de décroissance et de croissance, alors Pūrvā et Parā (nakṣatras) sont toutes deux recevables. Mūla mêlé à Jyeṣṭhā, et Rohiṇī conjoint à Agni (influence de feu), doivent être considérés avec une attention particulière dans le choix du moment.

Verse 16

मैत्रेण संयुता ज्येष्टा संतानादिविनाशिनी । ततः स्युस्तिथयः पुण्याः कर्मानुष्टानतो दिवा ॥ १६ ॥

Lorsque la nakṣatra Jyeṣṭhā est jointe à Maitre (un yoga/une combinaison bénéfique), elle détruit les afflictions telles que le tort fait à la descendance. Dès lors, les tithis qui suivent deviennent méritoires pour l’accomplissement, de jour, des rites prescrits.

Verse 17

रात्रिव्रतेषु सर्वेषु रात्रियोगो विशिष्यते । तिथिर्नक्षत्रयोगेन या पुण्या परिकीर्तिता ॥ १७ ॥

Parmi tous les vœux observés la nuit, la conjonction nocturne appropriée est tenue pour particulièrement essentielle ; et ce tithi (jour lunaire) qui, uni à un nakṣatra (demeure lunaire), est proclamé auspicious, est loué comme d’un mérite très élevé.

Verse 18

तस्यां तु तद्वतं कार्यं सैव कार्या विचक्षणैः । उदयव्यापिनी ग्राह्या श्रवणद्वादशी व्रते ॥ १८ ॥

En ce tithi même, il faut accomplir ce même vœu ; les clairvoyants doivent l’observer en ce jour-là. Dans le vœu de Śravaṇa-dvādaśī, on doit retenir la Dvādaśī qui se prolonge jusqu’au lever du soleil (udaya-vyāpinī).

Verse 19

सूर्येन्दुग्रहणे यावत्तावद् ग्राह्या जपादिषु । संक्रांतिषु तु सर्वासु पुण्यकालोनिगद्यते ॥ १९ ॥

Lors des éclipses solaire et lunaire, toute leur durée doit être consacrée au japa et aux observances connexes. De même, à chaque saṅkrānti (entrée du Soleil dans un nouveau signe), un temps propice (puṇya-kāla) est proclamé.

Verse 20

स्नानदानजपादीनां कुर्वतामक्षय फलम् । तत्र कर्कटको ज्ञेयो दक्षिणायनसंक्रमः ॥ २० ॥

Pour ceux qui accomplissent le bain rituel, la dāna (don), le japa et les rites connexes, le fruit devient impérissable. En ce sens, sachez que l’entrée en Karkaṭaka (Cancer) est la Dakṣiṇāyana-saṅkrānti, le passage du Soleil vers sa course méridionale.

Verse 21

पूर्वतो घटिकास्त्रिंशत्पुण्यकालं विदुर्बुधाः । वृषभे वृश्चिके चैव सिंहे कुम्भे तथैव च ॥ २१ ॥

Les sages enseignent qu’en commençant à l’avance (du côté de l’Est/au temps préalable), trente ghaṭikās constituent le temps propice. Cette règle vaut lorsque (la position céleste concernée) est en Vṛṣabha (Taureau), Vṛścika (Scorpion), Siṃha (Lion) et de même Kumbha (Verseau).

Verse 22

पूर्वमष्टमुहूर्तास्तु ग्राह्याः स्नानजपादिषु । तुलायां चैव मेषे च पूर्वतः परतस्तथा ॥ २२ ॥

Pour des rites tels que le bain sacré et la récitation des mantras, il convient de tenir pour favorables les huit premiers muhūrtas du jour. Et, en Tula (Balance) comme en Meṣa (Bélier), le calcul doit être pris comme antérieur et postérieur, respectivement, selon la juste règle du temps.

Verse 23

ज्ञेया दशैव घटिका दत्तस्याक्षयतावहाः । कन्यायां मिथुने चैव मीने धनुषि च द्विज ॥ २३ ॥

Sache, ô deux-fois-né, qu’une durée d’exactement dix ghaṭikās est dite rendre le don d’une fécondité inépuisable—surtout lorsque la Lune se trouve en Kanyā (Vierge), Mithuna (Gémeaux), Mīna (Poissons) ou Dhanu (Sagittaire).

Verse 24

घटिकाः षोडश ज्ञेया परतः पुण्यदायिकाः । माकरं संक्रमं प्राहुरुत्तरायणसंज्ञकम् ॥ २४ ॥

Sache qu’après l’ingrès solaire (saṅkrama), seize ghaṭikās sont tout particulièrement dispensatrices de mérite. Les sages appellent l’entrée du Soleil en Makara (Capricorne) la transition nommée Uttarāyaṇa.

Verse 25

परास्त्रिंशश्च घटिकाश्चत्वारिंशच्च पूर्ववत् । आदित्यशीतकिरणौ ग्राह्यावस्तंगतौ यदि ॥ २५ ॥

De plus, comme il a été dit auparavant, il faut aussi compter trente-six et quarante ghaṭikās. Si le Soleil et la Lune aux rayons frais se sont couchés, alors ces repères de temps doivent être pris en conséquence.

Verse 26

स्नात्वा भुंजीत विप्रेंद्र परेद्युः शुद्धमंडलम् । दृष्टचंद्रा सिनीवाली नष्टचंद्रा कुहूः स्मृता ॥ २६ ॥

Ô le meilleur des brāhmanes, après le bain sacré, on doit prendre nourriture le jour suivant, lorsque l’orbe lunaire est pur. Le jour où la Lune est vue est rappelé comme Sinīvālī, et le jour où la Lune n’est pas vue est appelé Kuhū.

Verse 27

अमावास्या द्विधा प्रोक्ता विद्वद्भिर्धर्मालिप्सुभिः । सिनीवालीं द्विजैर्ग्राह्या साग्निकैः श्राद्धकर्मणि ॥ २७ ॥

Les sages, désireux de préserver le dharma, ont déclaré que le jour d’Amāvāsyā (nouvelle lune) est de deux sortes. Pour le rite de Śrāddha, les dvija qui entretiennent les feux sacrés doivent choisir l’Amāvāsyā dite Sinīvālī.

Verse 28

कहूः स्त्रीभिस्तथा शूद्रैरपि वानग्रिकैस्तथा । अपराह्णद्वयव्यापिन्यमावास्यातिथिर्यदि ॥ २८ ॥

On dit que les femmes, les Śūdra et aussi les habitants des forêts doivent l’observer lorsque le tithi d’Amāvāsyā s’étend sur les deux périodes de l’après-midi (couvrant ainsi ses deux moitiés).

Verse 29

क्षये पूर्वा तु कर्त्तव्या वृद्धौ कार्या तथोत्तरा । अमावास्या प्रतीता चेन्मध्याह्णात्परतो यदि ॥ २९ ॥

Quand le tithi décroît (kṣaya), on doit adopter le jour antérieur ; quand il s’allonge (vṛddhi), on doit adopter le jour postérieur. Si l’Amāvāsyā n’est perçue qu’après midi, l’observance doit être fixée en conséquence, en penchant vers le temps le plus tardif.

Verse 30

भूतविद्धेति विख्यातास्रद्भिः शास्त्रविशारदैः । अत्यंतक्षयपक्षे तु परेद्युर्नापराह्णगा ॥ ३० ॥

Parmi les fidèles versés dans les śāstra, cela est renommé « Bhūtaviddhā ». Mais, en cas de kṣaya extrême (perte très marquée du tithi), l’observance doit se faire le lendemain, et non durant l’après-midi du jour nominal.

Verse 31

तत्र ग्राह्या सिनीवाली सायाह्नव्यापिनी तिथिः । अर्वाचीनक्षये चचैव सायाह्नव्यापिनी तथा ॥ ३१ ॥

Dans ce contexte, on doit retenir la Sinīvālī selon le tithi qui s’étend jusqu’à la fin de l’après-midi (sāyāhna). De même, lorsque le tithi s’achève plus tôt que prévu, on doit néanmoins l’accepter selon sa présence dans l’après-midi tardif.

Verse 32

सिनीवाली परा ग्राह्या सर्वथा श्राद्धकर्मणि । अत्यंततिथिवृद्धौ तु भूतविद्धां परित्यजेत् ॥ ३२ ॥

Dans le rite de Śrāddha, la tithi Sinīvālī doit toujours être préférée. Mais lorsque la tithi s’allonge démesurément, il faut éviter la Bhūtaviddhā, la tithi « percée » par une période néfaste.

Verse 33

ग्राह्या स्यादपराह्णस्था कुहूः पैतृककर्मणि । यथार्वाचीनवृद्धौ तु संत्याज्या भूतसंयुताः ॥ ३३ ॥

Dans les rites aux ancêtres (paitṛka-karman), la tithi Kuhū est recevable lorsqu’elle tombe à l’après-midi (aparāhṇa). Mais pour le rite destiné aux défunts récents (ārvācīna-vṛddhi), il faut écarter les tithis « mêlées aux bhūtas », souillées d’influences néfastes.

Verse 34

परेद्युर्विबुधश्रेष्टैः कुहूर्ग्राह्या पराह्णगा । मध्याह्नद्वितये व्यात्पा ह्यमावास्या तिथिर्यदि ॥ ३४ ॥

Ô le meilleur des sages : lorsque la tithi d’Amāvāsyā (nouvelle lune) se prolonge jusqu’au second intervalle de midi, alors la tithi Kuhū doit être observée la veille, en prenant l’après-midi (parāhṇa) pour son temps juste.

Verse 35

तत्रेच्छया च संग्राह्या पूर्वा वाथ पराथवा । अन्वाधानं प्रवक्ष्यामि संतः संपूर्णवर्वणि ॥ ३५ ॥

En cette matière, selon son choix, on peut adopter la procédure antérieure ou la suivante. À présent, ô sages saints à la conduite sans défaut, je vais exposer le rite d’Anvādhāna.

Verse 36

प्रतिपद्दिवसे कुर्याद्यागं च मुनिसत्तम । पर्वणो यश्चतुर्थांश आद्याः प्रतिपदस्त्रयः ॥ ३६ ॥

Ô le meilleur des munis : au jour de Pratipadā, qu’on accomplisse le yāga, l’adoration sacrificielle. Les trois premières Pratipadā forment le quart de l’observance liée au parvan, le nœud des fêtes.

Verse 37

यागकालः स विज्ञेयः प्रातरुक्तो मनीषिभिः । मध्याह्नद्वितये स्याताममावास्या च पूर्णिमा ॥ ३७ ॥

Le temps convenable pour le yāga (sacrifice sacré) doit être compris comme le matin, ainsi que l’ont déclaré les sages. Les jours d’Amāvāsyā (nouvelle lune) et de Pūrṇimā (pleine lune) doivent être observés aux deux moments autour de midi.

Verse 38

परेद्युरेव विप्रेंद्र सद्यः कालो विधीयते ॥ ३८ ॥

Ô meilleur des brāhmanes, le kāla (temps) doit être fixé selon la règle, soit pour le lendemain (paredyuḥ), soit immédiatement (sadyas).

Verse 39

पूर्वद्वये परेद्युः स्यात्संगवात्परतो मनीषिभिः । सद्यः कालः परेद्युः स्याज्ज्ञेयमेवं तिथिक्षये ॥ ३९ ॥

Lorsqu’il y a tithi-kṣaya (disparition d’un tithi), les sages déclarent que, dans les deux premières divisions du temps, s’applique le « lendemain » (paredyuḥ). Mais après la période de saṅgava, le « temps du même jour » doit être tenu pour appartenir au « lendemain » : ainsi faut-il comprendre la perte d’un tithi.

Verse 40

सर्वैरेकादशी ग्राह्या दशमीपरिवर्जिता । दशमीसंयुता हंतिपुण्यं जन्मत्रयार्जितम् ॥ ४० ॥

Tous doivent observer Ekādaśī seulement lorsqu’elle est exempte de l’influence de Daśamī. Car l’Ekādaśī conjointe à Daśamī détruit le mérite amassé durant trois naissances.

Verse 41

एकादशी कलामात्रा द्वादश्यां तु प्रतीयते । द्वादशी च त्रयोदश्यामस्ति चेत्सा परा स्मृता ॥ ४१ ॥

Si Ekādaśī n’est présente que pour une infime fraction (kalā) et qu’on la perçoit en Dvādaśī, et si Dvādaśī elle-même se prolonge jusqu’à Trayodaśī, alors cette Dvādaśī est mémorisée comme la « Parā », le jour supérieur et décisif pour l’observance.

Verse 42

संपूर्णैकादशी शुद्धा द्वादश्यां च प्रतीयते । त्रयोदशी च रात्र्यंते तत्र वक्ष्यामि निर्णयम् ॥ ४२ ॥

Lorsque l’Ekādaśī est entière et pure, on doit la comprendre comme rattachée au Dvādaśī ; et si elle se prolonge jusqu’à la fin de la nuit du Trayodaśī, j’énoncerai alors la décision juste quant à l’observance.

Verse 43

पूर्वा गृहस्थैः सा कार्य्या ह्युत्तरा यतिभिस्तथा । गृहस्थाः सिद्धिमिच्छंति यतो मोक्षं यतीश्वराः ॥ ४३ ॥

La règle première doit être observée par les maîtres de maison, et la seconde de même par les yatis, les renonçants. Car les gens du foyer recherchent l’accomplissement et le bien-être en ce monde, tandis que les ascètes souverains aspirent à mokṣa, la délivrance.

Verse 44

द्वादश्यां तु कलायां वा यदि लभ्येत पारणा । तदानीं दशमीविद्धाप्युपोष्यैकादशी तिथिः ॥ ४४ ॥

Mais si le pāraṇā (rupture du jeûne) peut être accompli au Dvādaśī — fût-ce dans une infime fraction de celui-ci — alors, en ce cas, le tithi d’Ekādaśī doit être jeûné, même s’il est « percé » (chevauché) par Daśamī.

Verse 45

शुल्के वा यदि वा कृष्णे भवेदेकादशीद्वयम् । गृहस्थानां तु पूर्वोक्ता यतीनामुत्तरा स्मृता ॥ ४५ ॥

Si, dans la quinzaine claire (Śukla) ou dans la quinzaine sombre (Kṛṣṇa), survient une paire d’Ekādaśī, alors pour les maîtres de maison la première est prescrite, tandis que pour les yatis la seconde est retenue comme règle.

Verse 46

द्वादश्यां विद्यते किंचिद्दशमीसंयुता यदि । दिनक्षये द्वितीयैव सर्वेषां परिकीर्तितां ॥ ४६ ॥

Si, au Dvādaśī, il existe ne fût-ce qu’un léger contact avec Daśamī, alors, à la fin du jour, seul le « second (jour/tithi) » est proclamé pour tous comme devant être observé.

Verse 47

विद्धाप्येकादशी ग्राह्या परतो द्वादशी न चेत् । अविद्धापि निषिद्धैव परतो द्वादशी यदि ॥ ४७ ॥

Même si le tithi d’Ekādaśī est « percé » (chevauché par un autre tithi), il doit être observé lorsqu’il n’y a pas de Dvādaśī le lendemain. Mais même un Ekādaśī « non percé » doit être rejeté si Dvādaśī survient le jour suivant.

Verse 48

एकादशी द्वादशी च रात्रघिशेषे त्रयोदशी । द्वादशद्वादशीपुण्यं त्रयोदश्यां तु पारणे ॥ ४८ ॥

Lorsque l’observance du jeûne s’étend sur Ekādaśī et Dvādaśī, et que Dvādaśī ne laisse qu’un mince reste de nuit au point que Trayodaśī est comme déjà présent, on obtient le mérite de la juste Dvādaśī—à condition d’accomplir le pāraṇa (rupture rituelle du jeûne) en Trayodaśī.

Verse 49

एकादशी कलामात्रा विद्यते द्वादशीदिने । द्वादशी च त्रयोदश्यां नास्ति वा विद्यतेऽथवा ॥ ४९ ॥

Si Ekādaśī n’existe que pour une infime fraction de temps au jour de Dvādaśī, et si Dvādaśī, par rapport à Trayodaśī, est absent—ou même n’apparaît que de façon marginale—alors l’observance juste doit être fixée selon ces conditions de « perte de tithi ».

Verse 50

विद्वाप्येकादशी तत्र पूर्वा स्याद्गृहणां तदा । यदिभिश्चोत्तरा ग्राह्या ह्यवीराभिस्तथैव च ॥ ५० ॥

Même en connaissant la règle, dans ce cas les maîtres de maison doivent prendre l’Ekādaśī antérieur. Mais pour les ascètes, c’est l’Ekādaśī postérieur qu’il faut adopter; de même pour les veuves.

Verse 51

संपूर्णैकादशी शुद्धा द्वादश्यां नास्ति किंचन । द्वादशी च त्रयोदशयामस्ति तत्र कथं भवेत् ॥ ५१ ॥

Lorsque Ekādaśī est complet et pur, sans la moindre trace de Dvādaśī le touchant, et pourtant que Dvādaśī est présent durant un yāma de Trayodaśī, comment déterminer alors l’observance correcte ?

Verse 52

पूर्वा गृहस्थैः कार्यात्र यतिभिश्चोत्तरा तिथिः । उपोष्यैव द्वितीयेति केचिदाहुश्च भक्तितः ॥ ५२ ॥

Ici, les maîtres de maison (gṛhastha) doivent observer le tithi antérieur, tandis que les renonçants (yati) doivent observer le tithi postérieur. Et certains dévots, par bhakti envers Śrī Viṣṇu, disent qu’il faut jeûner et accomplir le vœu dès le deuxième jour lui-même.

Verse 53

एकादशी यदाविद्धा द्वादश्यां न प्रतीयते । द्वादशी च त्रयोदश्यामस्ति तत्रैव चापरे ॥ ५३ ॥

Lorsque le tithi d’Ekādaśī est « percé » (chevauché) et n’est pas reconnu comme tombant sur Dvādaśī, et lorsque Dvādaśī lui-même se prolonge jusqu’à Trayodaśī, alors, dans cette situation même, certaines autorités prescrivent une observance différente.

Verse 54

उपोष्या द्वादशी शुद्धा सर्वैरेव न संशयः । केचिदाहुश्च पूर्वां तु तन्मतं न समंजसम् ॥ ५४ ॥

Le Dvādaśī pur est bien le jour à prendre pour le jeûne : là-dessus, toutes les autorités sont sans doute. Certains pourtant disent qu’il faudrait prendre le jour antérieur ; mais cet avis n’est pas conforme.

Verse 55

संक्रातौ रविवारे च पातग्रहणयोस्तथा । पारणं चोपवासं च न कुर्यात्पुत्रवान्गृही ॥ ५५ ॥

Lors de Saṅkrānti, les dimanches, et de même aux moments d’éclipses ainsi que durant les périodes néfastes dites « pāta », le maître de maison qui a un fils ne doit accomplir ni le pāraṇa (rupture du jeûne) ni l’upavāsa (jeûne).

Verse 56

अर्केऽह्नि पर्वरारौ च चतुर्दश्यष्टमी दिवा । एकादश्यामहोरात्रं भुक्त्वा चांद्रायणं चरेत् ॥ ५६ ॥

Si l’on mange un dimanche, ou durant la nuit de parva (nuit de jonction lunaire), ou si l’on mange de jour au Caturdaśī (quatorzième) ou à l’Aṣṭamī (huitième), ou encore après avoir mangé tout le jour et toute la nuit d’Ekādaśī—alors on doit entreprendre le Cāndrāyaṇa, observance expiatoire, pour se purifier.

Verse 57

आदित्यग्रहणे प्राप्ते पूर्वयामत्रये तथा । नाद्याद्वै यदि भुंजीत सुरापेन समो भवेत् ॥ ५७ ॥

Lors d’une éclipse solaire—et de même durant les trois veilles qui la précèdent—on ne doit pas manger ; s’il mange, il devient l’égal d’un buveur d’alcool.

Verse 58

अन्वाधानेष्टिमध्ये तु ग्रहणे चंद्रसूर्ययोः । प्रायश्चित्तं मुनिश्रेष्ट कर्त्तव्यं तत्र याज्ञिकैः ॥ ५८ ॥

Ô meilleur des sages, si une éclipse de lune ou de soleil survient au milieu de l’iṣṭi d’Anvādhāna, alors les officiants du yajña doivent accomplir la prāyaścitta prescrite pour ce moment.

Verse 59

चद्रोपरागे जुहुयाद्दशमे सोम इत्यृचा । आप्यायस्व ऋचा चैव सोमपास्त इति द्विज ॥ ५९ ॥

Ô deux-fois-né, lors de l’éclipse lunaire on doit verser l’oblation—à la dixième portion—avec le verset Ṛgvedique commençant par « soma » ; et aussi avec le verset « āpyāyasva », accomplissant le rite en tant que buveur de Soma.

Verse 60

सूर्योपरागे जुहुयादुदुत्यं जातवेदसम् । आसत्येंनोद्वयं चैव त्रयोमंत्रा उदाहृताः ॥ ६० ॥

Lors de l’éclipse solaire, on doit verser l’oblation dans le feu sacré avec le mantra « Ud u tyam » et le mantra (d’Agni) « Jātavedasam » ; de même, « Ā satye » et la paire de mantras « Anna » sont prescrits—ainsi trois ensembles de mantras sont énoncés pour ce rite.

Verse 61

एवं तिथिं विनिश्चित्य स्मृतिमार्गेण पंडितः । यः करोति व्रतादीनि तस्य स्यादक्षयं फलम् ॥ ६१ ॥

Ainsi, après avoir déterminé avec justesse la tithi, le savant qui accomplit les vœux (vrata) et les observances connexes selon la voie de la Smṛti obtient un fruit impérissable, inépuisable.

Verse 62

वेदप्रणिहितो धर्मो धर्मैस्तुष्यति केशवः । तस्माद्धर्मपरा यांति तद्विष्णोः परमं पदम् ॥ ६२ ॥

Le dharma est ce qu’ordonnent les Veda ; par de tels actes conformes au dharma, Keśava est comblé. Ainsi, ceux qui sont voués au dharma atteignent la demeure suprême de Viṣṇu.

Verse 63

धर्मान्ये कर्त्तुमिच्छंति ते वै कृष्णस्वरुपिणः । तस्मात्तांस्तु भवव्याधिः कदाचिन्नैव बाधते ॥ ६३ ॥

Ceux qui désirent accomplir le dharma sont, en vérité, de la nature même de Kṛṣṇa. Ainsi, la maladie du devenir mondain — le saṃsāra — ne les tourmente jamais, en aucun temps.

Frequently Asked Questions

Because the chapter frames tithi as the governing temporal ‘adhikāra’ for Vedic action: if the rite is performed on an improperly ascertained tithi, its phala is nullified, regardless of the act’s external correctness.

As a general rule, paraviddhā (tithi ‘piercing’ into the next day) is praised, while pūrvasaṃyutā/pūrvaviddhā is rejected—though the chapter notes specific exceptions (e.g., in kṛṣṇa-pakṣa for Saptamī and Caturdaśī).

It prioritizes a ‘pure’ Ekādaśī free from Daśamī influence, but introduces hierarchy based on pāraṇā availability and tithi-pervasion: householders generally take the earlier Ekādaśī when two occur, renunciants the later; and if pāraṇā on Dvādaśī is obtainable even briefly, the fast may still be kept with nuanced exceptions.

Saṅkrānti is assigned an auspicious window measured in ghaṭikās that varies by rāśi; acts like bathing, gifting, and japa within that window yield imperishable merit, linking astronomical transition to dharmic opportunity.

One should avoid eating during the eclipse and the three watches before it, undertake japa/observances through the eclipse duration, and (for ritualists) perform homa with specified Vedic mantras—distinct sets for lunar vs solar eclipses—along with expiation if an eclipse interrupts Anvādhāna iṣṭi.