
धृतराष्ट्रदर्शनाय पाण्डवानां प्रयाणम् | The Pāṇḍavas Prepare to Visit Dhṛtarāṣṭra
Upa-parva: Dhṛtarāṣṭra-darśana-gamana (Journey to see Dhṛtarāṣṭra in the forest)
Vaiśaṃpāyana describes the Pāṇḍavas as overwhelmed by grief while remembering their mother Kuntī; formerly attentive to state affairs, they become inattentive, unresponsive in conversation, and appear mentally stunned (1–4). Their discourse turns to concrete anxieties: how Kuntī, now austere and physically weakened, endures supporting the aged couple; how Dhṛtarāṣṭra, bereaved and without sons, lives in a forest frequented by wild creatures; and how Gāndhārī, herself bereft, accompanies her blind, elderly husband in solitude (5–7). This shared concern becomes resolve: they develop eagerness to go and see Dhṛtarāṣṭra (8). Sahadeva respectfully voices his long-held desire to undertake the journey and to see Kuntī transformed from palace comfort to ascetic hardship, reflecting on the impermanence of human conditions (9–13). Draupadī endorses the plan, framing it as dharmically beneficial and noting the household’s collective wish to see Kuntī, Gāndhārī, and the father-in-law (14–17). Yudhiṣṭhira then orders logistical preparations: mobilizing a substantial force with chariots and elephants, arranging varied conveyances and numerous palanquins, deploying artisans and treasurers, allowing citizens to accompany under protection, transporting kitchens and provisions by carts, publicly announcing imminent departure, and organizing route accommodations (18–24). The following day, the king departs with his brothers, women, children, and attendants; after managing the crowd and halting at day’s end, he proceeds toward the forest (25–26).
Chapter Arc: वन-आश्रम की निस्तब्धता में कुन्ती अपने हृदय का सबसे गुप्त भार उठाती हैं—कर्ण-जन्म का रहस्य—और उसे व्यास के सम्मुख खोलने का साहस करती हैं। → कुन्ती दुर्वासा के आगमन, उनकी सेवा, और प्राप्त वरदान का वृत्तान्त कहती हैं; फिर शाप-भय, कौमार्य-लज्जा, और अनजाने में देव-आह्वान से उत्पन्न गर्भ की स्मृति कथा को भीतर-ही-भीतर कसती जाती है। → व्यास देव-धर्म का कठोर, पर यथार्थ विधान उद्घाटित करते हैं—देव संकल्प, वाणी, दृष्टि, स्पर्श आदि से भी सन्तान उत्पन्न कर सकते हैं; और कुन्ती को यह बोध कराते हैं कि इस घटना में उनका अपराध नहीं, यह दैवी-नियम का प्रसंग है। → व्यास कुन्ती को सांत्वना देते हैं, उनके अपराध-बोध को शान्त करते हैं, और यह स्थापित करते हैं कि मनुष्य-धर्म की दृष्टि से जो कलंक-सा लगता है, वह दैव-धर्म के क्षेत्र में दोष नहीं बनता।
Verse 1
2: छा अकाल त्रिशो&्थ्याय: कुन्तीका कर्णके जन्मका गुप्त रहस्य बताना और व्यासजीका उन्हें सान्त्वना देना कुन्त्युवाच भगवन् श्वशुरो मेडसि दैवतस्यापि दैवतम् | स मे देवातिदेवस्त्वं शृणु सत्यां गिरं मम
Kuntī dit : « Vénérable, tu es mon beau-père, et même le dieu des dieux que j’honore. Ainsi, pour moi, tu es plus grand que les dieux eux-mêmes. Écoute mes paroles de vérité : aujourd’hui je dévoilerai devant toi un secret de ma vie. »
Verse 2
तपस्वी कोपनो वित्रो दुर्वासा नाम मे पितु: । भिक्षामुपागतो भोक्तुं तमहं पर्यतोषयम्
Vaiśaṃpāyana dit : « Il y avait un ascète austère, prompt à la colère, nommé Durvāsā, lié à la lignée de mon père. Il vint demander l’aumône pour son repas, et je le satisfis par l’hospitalité qui convenait. »
Verse 3
एक समयकी बात है, परम क्रोधी तपस्वी ब्राह्मण दुर्वासा मेरे पिताके यहाँ भिक्षाके लिये आये थे। मैंने उन्हें अपने द्वारा की गयी सेवाओंसे संतुष्ट कर लिया ।।
Vaiśampāyana dit : « Un jour, l’ascète brāhmane Durvāsā, d’une colère extrême, vint chez mon père demander l’aumône. Par les services que je lui rendis, je le satisfis. Par la pureté de ma conduite, en évitant toute faute et l’esprit purifié, je continuai de l’honorer ; même lorsque de grandes raisons de colère se présentaient, je ne me mis jamais en colère contre lui. »
Verse 4
स प्रीतो वरदो मे5भूत् कृतकृत्यो महामुनि: । अवश्यं ते गृहीतव्यमिति मां सो5ब्रवीद् वच:
Vaiśampāyana dit : « Le grand sage, satisfait de moi et prêt à accorder un don, se jugea quitte de son dessein. Puis il me dit ces paroles : “Tu dois assurément accepter le don que je te donne.” »
Verse 5
ततः शापभयाद् विप्रमवोचं पुनरेव तम् । एवमस्त्विति च प्राह पुनरेव स मे द्विज:,उनकी बात सुनकर मैंने शापके भयसे पुनः उन ब्रह्मर्षिसि कहा--“भगवन्! ऐसा ही हो।' तब वे ब्राह्मणदेवता फिर मुझसे बोले--
Alors, par crainte d’une malédiction, je m’adressai de nouveau à ce brāhmane et dis : « Qu’il en soit ainsi. » L’ayant entendu, ce deux-fois-né me parla encore—
Verse 6
धर्मस्य जननी भद्रे भवित्री त्वं शुभानने । वशे स्थास्यन्ति ते देवा यांस्त्वमावाहयिष्यसि,'भद्रे! तुम धर्मकी जननी होओगी। शुभानने! तुम जिन देवताओंका आवाहन करोगी, वे तुम्हारे वशमें हो जायँगे'
Vaiśampāyana dit : « Ô dame de bon augure, tu es destinée à devenir la mère du Dharma. Ô belle de visage, quels que soient les dieux que tu invoqueras, ils se tiendront sous ton pouvoir. »
Verse 7
इत्युक्त्वान्तहिंतो विप्रस्ततो5हं विस्मिताभवम् | न च सर्वास्ववस्थासु स्मृतिर्मे विप्रणश्यति
Vaiśampāyana dit : «Ayant ainsi parlé, le brahmarṣi disparut à la vue. À cet instant, je fus saisie d’émerveillement. Et, quelle que soit la condition où je me trouve, le souvenir de ses paroles ne s’efface pas de moi.»
Verse 8
अथ हर्म्यतलस्थाहं रविमुद्यन्तमीक्षती । संस्मृत्य तदृषेर्वाक््यं स्पृहयन्ती दिवानिशम्
Vaiśampāyana dit : «Puis, debout sur la terrasse de mon palais, je contemplai le soleil qui se levait. Me remémorant les paroles de ce sage, je me mis à désirer le dieu Soleil jour et nuit.»
Verse 9
स्थिता5हं बालभावेन तत्र दोषमबुद्ध्यती । अथ देव: सहस्रांशुर्मत्समीपगतो भवत्
«J’étais alors dans l’innocence de l’enfance et je ne comprenais pas quelle faute pouvait en naître. Alors le dieu aux mille rayons—le Soleil—vint et se tint près de moi, répondant à mon appel.»
Verse 10
द्विधाकृत्वा55त्मनो देहं भूमौ च गगनेडपि च । तताप लोकानेकेन द्वितीयेनागमत् स माम्,वे अपने दो शरीर बनाकर एकसे आकाशमें रहकर सम्पूर्ण विश्वको प्रकाशित करने लगे और दूसरेसे पृथ्वीपर मेरे पास आ गये
Vaiśampāyana dit : «Ayant partagé son propre corps en deux, il demeura au ciel sous une forme, répandant sa lumière sur les mondes; et, sous la seconde, il descendit sur la terre et s’approcha de moi.»
Verse 11
स मामुवाच वेपन्तीं वरं मत्तो वृणीष्व ह । गम्यतामिति त॑ चाहं प्रणम्य शिरसावदम्
«En le voyant, je me mis à trembler. Il me dit : “Dame, choisis de moi un bienfait.” Alors, inclinant la tête avec révérence, je répondis : “Je t’en prie, éloigne-toi d’ici.”»
Verse 12
स मामुवाच तिग्मांशुर्वथा55द्वानं न मे क्षमम् । थक्ष्यामि त्वां च विप्रं च येन दत्तो वरस्तव
Vaiśampāyana dit : Alors le Soleil aux rayons tranchants me parla : « Mon appel ne peut être rendu vain. Demande sans faute quelque grâce ; sinon, je réduirai en cendres toi-même et le brahmane par qui cette grâce t’a été accordée. »
Verse 13
तमहं रक्षती विप्रं शापादनपकारिणम् | पुत्रो मे त्वत्समो देव भवेदिति ततो5ब्रवम्,तब मैं उन निरपराध ब्राह्मणको शापसे बचाती हुई बोली--'देव! मुझे आपके समान पुत्र प्राप्त हो।।
Vaiśampāyana dit : « Tandis que je protégeais de la malédiction ce brahmane sans faute, je dis alors : “Ô dieu, puissé-je obtenir un fils égal à toi.” »
Verse 14
ततो मां तेजसा5<विश्य मोहयित्वा च भानुमान् । उवाच भविता पुत्रस्तवेत्यभ्यगमद् दिवम्,तब मैं उन निरपराध ब्राह्मणको शापसे बचाती हुई बोली--'देव! मुझे आपके समान पुत्र प्राप्त हो।।
Alors le dieu Soleil, entrant en moi par sa radiance et me plongeant dans la stupeur, déclara : « Un fils te naîtra. » Ayant ainsi parlé, il s’en alla vers les cieux.
Verse 15
ततो5हमन्तर्भवने पितृर्वृत्तान्तरक्षिणी | गूढोत्पन्नं सुतं बाल॑ जले कर्णमवासृजम्
Puis, afin de cacher cette affaire à mes aînés, je demeurai dans les appartements intérieurs. Et lorsqu’un enfant me naquit en secret, je l’abandonnai aux eaux, le laissant dériver. Cet enfant était mon fils Karṇa.
Verse 16
नूनं तस्यैव देवस्य प्रसादात् पुनरेव तु । कन्याहमभवं विप्र यथा प्राह स मामृषि:
Assurément, par la grâce de ce même dieu — le Soleil — je redevins vierge, ô brahmane, exactement comme le sage me l’avait prédit.
Verse 17
स मया मूढया पुत्रो ज्ञायमानोडप्युपेक्षित: । तन्मां दहति विप्रर्षे यथा सुविदितं तव
Ce fils —bien que je l’aie reconnu— fut pourtant négligé par moi dans mon égarement. Cette faute me brûle comme un feu de deuil, ô le meilleur des brahmanes ; en vérité, ô Brahman, tu le sais parfaitement.
Verse 18
यदि पापमपापं वा तवैतद् विवृतं मया । तन्मे दहन्तं भगवन् व्यपनेतुं त्वमहसि,भगवन्! मेरा यह कार्य पाप हो या पुण्य, मैंने इसे आपके सामने प्रकट कर दिया। आप मेरे उस दाहक शोकको दूर कर दें
Vaiśampāyana dit : «Que mon acte soit péché ou non, je l’ai dévoilé devant toi. Ô Bienheureux, il te revient d’ôter l’angoisse brûlante qui me consume.»
Verse 19
यच्चास्य राज्ञो विदितं हृदिस्थं भवतोडनघ । त॑ चायं लभतां काममप्यैव मुनिसत्तम
Vaiśampāyana dit : «Ô toi sans péché, tu connais déjà ce qui demeure caché dans le cœur du roi. Aussi, ô le meilleur des sages, daigne faire qu’il atteigne ce désir chéri — oui, qu’il obtienne son vœu dès aujourd’hui.»
Verse 20
इत्युक्त: प्रत्युवाचेदं व्यासो वेदविदां वर: । साधु सर्वमिदं भाव्यमेवमेतद् यथा55तथ माम्
Ainsi interpellé, Vyāsa —le premier parmi les connaisseurs du Veda— répondit : «Bien parlé. Tout ce que tu as dit est juste et doit être accepté comme ce qui était destiné ; en vérité, tout s’est déroulé exactement ainsi.»
Verse 21
“इसमें तुम्हारा कोई अपराध नहीं है; क्योंकि उस समय तुम अभी कुमारी बालिका थी। देवतालोग अणिमा आदि ऐश्वर्योंसे सम्पन्न होते हैं; अतः दूसरेके शरीरोंमें प्रविष्ट हो जाते हैं
Vaiśampāyana dit : «En cela, tu n’as aucune faute, car alors tu n’étais encore qu’une jeune fille non mariée. Les dieux possèdent des pouvoirs tels que l’aṇimā et d’autres perfections surnaturelles ; c’est pourquoi ils peuvent entrer dans le corps d’autrui.»
Verse 22
सन्ति देवनिकायाश्न संकल्पाज्जनयन्ति ये । वाचा दृष्ट्या तथा स्पर्शात् संघर्षणेति पठचधा,“बहुत-से ऐसे देवसमुदाय हैं, जो संकल्प, वचन, दृष्टि, स्पर्श तथा समागम--इन पाँचों प्रकारोंसे पुत्र उत्पन्न करते हैं
Vaiśampāyana dit : «Il existe de nombreuses classes d’êtres divins qui engendrent une descendance de cinq manières distinctes : par la seule intention, par la parole, par un regard, par le toucher, et par l’union charnelle.»
Verse 23
अपराधकश्ष ते नास्ति कन्याभावं॑ गता हाूसि । देवाश्नैश्वर्यवन्तो वै शरीराण्याविशन्ति वै
Vaiśampāyana dit : «Tu n’es pas en faute, car tu étais parvenue à l’état de jeune fille intacte. Les dieux, pourvus d’un pouvoir souverain, peuvent en vérité entrer dans les corps. Le devoir des hommes n’est pas souillé par la loi divine. Sache-le, Kuntī : que la fièvre de ton esprit, ton tourment inquiet, soit dissipée.»
Verse 24
सर्व बलवतां पथ्यं सर्व बलवतां शुचि । सर्व बलवतां धर्म: सर्व बलवतां स्वकम्
Vaiśampāyana dit : «Pour les puissants, tout est réputé “salutaire” et avantageux ; pour les puissants, tout acte est tenu pour pur. Pour les puissants, tout est appelé “dharma”, et pour les puissants, toutes choses sont regardées comme leur appartenant.»
Verse 29
इस प्रकार श्रीमहाभारत आश्रमवासिकपव॑के अन्तर्गत पुत्रदर्शनपर्वमें धतराष्ट आदिकी की हुई प्रार्थगविषयक उन्तीसवाँ अध्याय पूरा हुआ
Ainsi s’achève le vingt-neuvième chapitre du Mahābhārata, dans l’Āśramavāsika Parva, au sein de la section appelée Putradarśana Parva, portant sur les prières offertes par Dhṛtarāṣṭra et d’autres.
Verse 30
इति श्रीमहाभारते आश्रमवासिके पर्वणि पुत्रदर्शनपर्वणि व्यासकुन्तीसंवादे त्रिंशोडथ्याय:
Ainsi, dans le Śrī Mahābhārata, au sein de l’Āśramavāsika Parva, dans la section appelée «Putradarśana» (la Vision des Fils), s’achève le trentième chapitre, qui rapporte le dialogue entre Vyāsa et Kuntī.
The survivors must balance ongoing royal administration with an immediate moral obligation to elders—especially Kuntī and Dhṛtarāṣṭra—whose vulnerability in forest life demands personal attention, respect, and care.
Sahadeva’s speech frames life conditions as unstable (anitya): a mother raised in palace comfort may endure ascetic hardship, prompting humility, compassion, and a renewed commitment to duty beyond political success.
No explicit phalaśruti is stated here; the chapter’s meta-logic is implicit—ethical maturation is shown through grief-informed responsibility, reverence to elders, and disciplined governance during the journey.
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