
Ādi-parva, Adhyāya 73: Devayānī–Śarmiṣṭhā Dispute, Confinement in the Well, and Yayāti’s Rescue
Upa-parva: Sambhava Upa-Parva (Genealogies and Origins: Yayāti–Devayānī–Śarmiṣṭhā Episode)
Vaiśaṃpāyana narrates that, after Kaca’s successful acquisition of knowledge, the devas urge Indra toward action; the scene then shifts to a forest recreation where maidens bathe and their garments are disturbed, leading to mistaken appropriation. Śarmiṣṭhā takes Devayānī’s garment, and a status-laden verbal exchange follows: Devayānī asserts hierarchical and disciplinary claims, while Śarmiṣṭhā counters with rhetoric of dependency and patronage, escalating the dispute. The conflict culminates in Śarmiṣṭhā casting Devayānī into a well and departing without ensuring safety. Subsequently, King Yayāti, fatigued and seeking water, discovers Devayānī in the well; she identifies herself as Śukra’s daughter and requests rescue by his right hand. Yayāti lifts her out, then departs; Devayānī instructs her attendant to inform Śukra. Śukra learns of the event, searches, embraces Devayānī, and interprets the harm within a moral-causal frame, while Devayānī reports Śarmiṣṭhā’s insulting speech; Śukra affirms Devayānī’s status and alludes to the acknowledged scope of his power among rulers and gods.
Chapter Arc: गान्धर्व-विवाह के बाद वन-आश्रम में एक निर्णायक क्षण आता है—कण्व मुनि के सामने शकुन्तला का भविष्य, और दुष्यन्त के वचनों की धर्म-परख। → दुष्यन्त शकुन्तला को सुवर्णमाला, वस्त्र, कुण्डल, मणिरत्न आदि उपहार और राज्य-सम्पदा देने का वचन देता है, पर शकुन्तला धर्मपथ पर टिके रहने के लिए शर्त/समय (समय-प्रतिज्ञा) रखती है—विवाह का आधार केवल काम नहीं, धर्म-सम्मत वचन और उत्तरदायित्व है। → शकुन्तला का ‘समय’ सुनकर दुष्यन्त ‘एवमस्तु’ कहकर बिना विचार-विलम्ब के स्वीकार करता है—यह क्षण गान्धर्व-विवाह को नैतिक वैधता और सामाजिक दिशा देता है। → कण्व मुनि, धर्मभृतां वर, ‘एवमस्तु’ कहकर शकुन्तला के निर्णय और विवाह को अनुमोदित करते हैं; पिता-आचार्य के स्पर्श/आशीर्वाद से सम्बन्ध को आश्रम-धर्म की स्वीकृति मिलती है। → स्वीकृति के बाद भी आगे का प्रश्न हवा में रहता है—राज्य-सभा और लोक-व्यवहार में यह सम्बन्ध कैसे टिकेगा, और दुष्यन्त का वचन भविष्य में किस परीक्षा से गुज़रेगा?
Verse 1
(दाक्षिणात्य अधिक पाठके ५६ श्लोक मिलाकर कुल २४३ “लोक हैं) त्रिसप्ततितमो< ध्याय: शकुन्तला हा की ष्यन्तका गान्धर्व विवाह और महर्षि द्वारा उसका अनुमोदन दुष्यन्त उवाच सुव्यक्तं राजपुत्री त्वं यथा कल्याणि भाषसे । भार्या मे भव सुश्रोणि ब्रूहि कि करवाणि ते
Duṣyanta dit : «Il est désormais parfaitement clair, noble dame, à la façon dont tu parles, que tu es une princesse de lignée royale. Ô toi aux belles hanches, deviens mon épouse. Dis-moi : que dois-je faire pour te plaire ?»
Verse 2
सुवर्णमालां वासांसि कुण्डले परिहाटके । नानापत्तनजे शुभ्रे मणिरत्ने च शोभने
Duṣyanta dit : «Je t’apporterai sur-le-champ un collier d’or, de beaux vêtements et une paire de boucles d’oreilles en or parfaitement affiné ; ainsi que des parures de gemmes, éclatantes et de bon augure, façonnées dans diverses cités, belles par leur ouvrage. Ô toi la ravissante, que dire de plus ? Que tout mon royaume soit tien dès aujourd’hui : deviens ma reine première.»
Verse 3
आहरामि तवाद्याहं निष्कादीन्यजिनानि च । सर्व राज्यं तवाद्यास्तु भार्या मे भव शोभने
Duṣyanta dit : «Dès aujourd’hui, je t’apporterai des niṣkas (ornements d’or) et d’autres présents, ainsi que des peaux de cerf. Que tout mon royaume devienne tien à partir de ce jour même. Ô belle, deviens mon épouse.»
Verse 4
गान्धर्वेण च मां भीरु विवाहेनैहि सुन्दरि । विवाहानां हि रम्भोरु गान्धर्व: श्रेष्ठ उच्यते,भीरु! सुन्दरि! गान्धर्व विवाहके द्वारा मुझे अंगीकार करो। रम्भोरु! विवाहोंमें गान्धर्व विवाह श्रेष्ठ कहलाता है
Duṣyanta dit : «Ô timide, ô belle—accepte-moi par un mariage gāndharva. Car, ô toi aux cuisses gracieuses, parmi les formes de mariage, le gāndharva est déclaré le meilleur.»
Verse 5
शकुन्तलोवाच फलाहारो गतो राजन् पिता मे इत आश्रमात् | मुहूर्त सम्प्रतीक्षस्व स मां तुभ्यं प्रदास्यति
Śakuntalā dit : «Ô roi, mon père est sorti de cet ermitage pour cueillir des fruits. Attends un court instant ; il reviendra et me donnera à toi selon la règle.»
Verse 6
(पिता हि मे प्रभुर्नित्यं दैवतं परमं मतम् । यस्य वा दास्यति पिता स मे भर्ता भविष्यति ।।
Śakuntalā dit : «Ô grand roi ! Mon père est à jamais mon maître ; je le tiens pour ma divinité suprême. Celui à qui mon père me donnera, celui-là sera mon époux. Dans l’enfance, le père protège ; dans la jeunesse, l’époux protège ; dans la vieillesse, le fils protège : ainsi dit-on que la femme n’est pas faite pour l’indépendance. Ô roi, le plus attaché au dharma, comment pourrais-je, en méprisant mon père ascète, choisir un mari par un acte injuste ?» Duṣyanta dit : «Ne parle pas ainsi, toi aux belles hanches. Kaṇva, trésor d’austérités, est plein de compassion.» Śakuntalā dit : «Ô roi, les brahmanes frappent par la colère ; ils ne portent pas d’armes en leurs mains. Le feu brûle par sa chaleur, le soleil par ses rayons, le roi par le châtiment, et le brahmane brûle par la fureur. Quand il s’irrite, il anéantit le coupable par sa colère, comme Indra, brandissant la foudre, anéantit les asuras.» Duṣyanta dit : «Je te désire, ô toi aux cuisses gracieuses, irréprochable de conduite. Sache que je suis resté ici pour toi ; mon esprit n’est fixé que sur toi.»
Verse 7
आत्मनो बन्धुरात्मैव गतिरात्मैव चात्मन: । आत्मनो मित्रमात्मैव तथा55त्मा चात्मन: पिता | आत्मनैवात्मनो दानं कर्तुमरहसि धर्मत:
Duṣyanta dit : «Pour l’homme, le seul parent est son propre être ; son propre être est son refuge et sa voie dernière. Son propre être est son ami, et l’être est, pour ainsi dire, aussi son père. Ainsi, selon le dharma, tu peux faire don de toi-même—te donner par ta propre volonté—car l’être est véritablement le soutien de l’être.»
Verse 8
अष्टावेव समासेन विवाहा धर्मत:ः स्मृता: । ब्राह्मो दैवस्तथैवार्ष: प्राजापत्यस्तथासुर:
Duṣyanta dit : « En bref, la tradition du Dharma reconnaît huit formes de mariage : le Brāhma, le Daiva, l’Ārṣa, le Prājāpatya et l’Āsura (et, par implication, les trois autres — Gāndharva, Rākṣasa et Paiśāca). » Cette parole situe le mariage comme une institution morale, gouvernée par la classification des śāstra, où certaines formes sont tenues pour plus conformes au dharma que d’autres.
Verse 9
गान्धर्वो राक्षसश्वैव पैशाचश्चाष्टम: स्मृत: । तेषां धर्म्यान् यथापूर्व मनु: स्वायम्भुवोडब्रवीत्
Duṣyanta dit : « Sont aussi comptés Gāndharva, Rākṣasa et Paiśāca—Paiśāca étant retenu comme le huitième. Parmi ces formes de mariage, Manu Svāyambhuva déclara que celles énoncées plus tôt, selon l’ordre prescrit, sont les plus conformes au dharma (approuvées sur les plans éthique et rituel). »
Verse 10
प्रशस्तां श्वतुर: पूर्वान् ब्राह्मणस्योपधारय । षडानुपूर्व्या क्षत्रस्य विद्धि धर्म्याननिन्दिते
Duṣyanta dit : « Tiens pour excellentes, pour un brāhmaṇa, les formes antérieures, louées et approuvées. Et toi, irréprochable, sache que pour un kṣatriya il est six formes, selon l’ordre prescrit, qui sont conformes au dharma. »
Verse 11
रज्ञां तु राक्षसो<प्युक्तो विट्शूट्रेष्वासुर: स्मृत: । पज्चानां तु त्रयो धर्म्या अधर्म्यौं द्वौ स््मृताविह
Duṣyanta dit : « Pour les rois, la forme Rākṣasa est aussi déclarée permise. Parmi les Vaiśya et les Śūdra, la forme Āsura est reconnue. Des cinq (formes dont il est ici question), trois sont tenues pour conformes au dharma, tandis que deux sont rappelées comme contraires au dharma. »
Verse 12
पैशाच आसुरश्चैव न कर्तव्यौ कदाचन । अनेन विधिना कार्यो धर्मस्यैषा गति: स्मृता,पैशाच और आसुर विवाह कदापि करनेयोग्य नहीं हैं। इस विधिके अनुसार विवाह करना चाहिये। यह धर्मका मार्ग बताया गया है
Duṣyanta dit : « Les formes Paiśāca et Āsura ne doivent jamais être pratiquées. Qu’on ne se marie que selon cette règle juste : telle est, dit-on, la voie droite du dharma. »
Verse 13
गान्धर्वराक्षसौ क्षत्रे धर्म्यों तो मा विशड्किथा: । पृथग् वा यदि वा मिश्रौ कर्तव्यौ नात्र संशय:
Duṣyanta dit : «Pour un kṣatriya, les formes de mariage Gāndharva et Rākṣasa sont toutes deux consacrées par le dharma ; n’en doute donc pas. Qu’elles soient pratiquées séparément ou conjointement, elles doivent être accomplies par un kṣatriya — il n’y a là aucune incertitude.»
Verse 14
सा त्वं मम सकामस्य सकामा वरवर्णिनि । गान्धर्वेण विवाहेन भार्या भवितुमहसि,अतः सुन्दरी! मैं तुम्हें पानेके लिये इच्छुक हूँ। तुम भी मुझे पानेकी इच्छा रखकर गान्धर्व विवाहके द्वारा मेरी पत्नी बन जाओ
Duṣyanta dit : «Ô dame au teint éclatant, puisque je te désire et que toi aussi tu me désires, tu dois devenir mon épouse par un mariage de type Gāndharva.»
Verse 15
शकुन्तलोवाच यदि धर्मपथस्त्वेष यदि चात्मा प्रभुर्मम । प्रदाने पौरवश्रेष्ठ शृणु मे समयं प्रभो
Śakuntalā dit : «Ô le meilleur des Paurava, si c’est là véritablement une voie juste—si l’être même d’une femme a autorité pour se donner en mariage—alors j’y consens. Mais, mon seigneur, écoute la condition que je pose.»
Verse 16
सत्यं मे प्रतिजानीहि यथा वक्ष्याम्यहं रह: । मयि जायेत य: पुत्र: स भवेत् त्वदनन्तर:
Elle dit : «Engage-toi en vérité, car c’est en secret que je te dirai mon dessein : le fils qui naîtra en moi de toi devra être l’héritier après toi.»
Verse 17
युवराजो महाराज सत्यमेतद् ब्रवीमि ते । यद्येतदेवं दुष्पन्त अस्तु मे सड़मस्त्वया
Duṣyanta dit : «Ô grand roi, je te parle en vérité. Si cette condition est acceptée exactement telle qu’elle a été énoncée, alors qu’il y ait union entre toi et moi.»
Verse 18
वैशम्पायन उवाच एवमस्त्विति तां राजा प्रत्युवाचाविचारयन् । अपि च वत्वां हि नेष्यामि नगरं स्वं शुचिस्मिते
Vaiśampāyana dit : Sans s’arrêter pour délibérer, le roi lui répondit : « Qu’il en soit ainsi. » Et il ajouta : « Oui, après ces paroles, je te conduirai dans ma propre cité, ô toi au sourire pur. »
Verse 19
यथा त्वमर्हा सुश्रोणि सत्यमेतद् ब्रवीमि ते । एवमुक्त्वा स राजर्षिस्तामनिन्दितगामिनीम्
Vaiśampāyana dit : « Ô femme aux hanches gracieuses, tu es digne d’habiter le palais royal ; je te dis là vérité. » Ayant parlé ainsi, le roi-sage Duṣyanta prit dûment la main de Śakuntalā—dont la conduite était sans reproche—selon le rite, et vécut avec elle à l’écart. Puis, l’ayant rassurée, il quitta ce lieu. En s’en allant, il répétait : « Ô belle au sourire pur, j’enverrai pour toi une armée aux quatre corps et, avec elle, je te ferai conduire à ma demeure royale. »
Verse 20
जग्राह विधिवत् पाणायुवास च तया सह । विश्वास्य चैनां स प्रायादब्रवीच्च पुन: पुन:
Vaiśampāyana dit : Le roi Duṣyanta prit dûment la main de Śakuntalā selon le rite et vécut avec elle à l’écart. Puis, l’ayant rassurée, il quitta ce lieu. En s’en allant, il répétait : « Ô femme aux hanches gracieuses, tu es digne d’habiter le palais royal. Je te dis là vérité. » Il promit encore d’envoyer une escorte armée et de la faire conduire à son palais.
Verse 21
प्रेषयिष्ये तवार्थाय वाहिनी चतुरद्धिणीम् । तया त्वानाययिष्यामि निवासं स्व शुचिस्मिते
Vaiśampāyana dit : « Pour toi, j’enverrai une armée aux quatre corps. Par elle je te ferai conduire à ma propre demeure, ô toi au sourire pur, ô femme aux hanches gracieuses. »
Verse 22
(एवमुक्त्वा स राजर्षिस्तामनिन्दितगामिनीम् । सम्परिष्वज्य बाहुभ्यां स्मितपूर्वमुदैक्षत ।।
Vaiśaṃpāyana dit : Ayant parlé ainsi, le roi-sage serra dans ses bras cette jeune fille au comportement irréprochable et la contempla avec un doux sourire. Śakuntalā, telle une déesse, se tenait debout après avoir fait la circumambulation du roi ; et le roi la pressa contre son cœur. Des larmes ruisselèrent sur le visage de Śakuntalā, et elle tomba aux pieds du souverain. Le roi la releva et lui dit à maintes reprises : « Ne t’afflige pas, princesse. Je jure par mon propre mérite : je te ferai assurément chercher, ô fille de roi. » Puis, ô Janamejaya, après lui avoir ainsi promis, le roi s’en alla, l’esprit troublé—songeant à Kāśyapa (Kaṇva) et à ce que l’ascète pourrait faire en apprenant ces événements. Avec cette inquiétude, il entra dans sa cité.
Verse 23
भगवांस्तपसा युक्त: श्रुत्वा कि नु करिष्यति । एवं स चिन्तयन्नेव प्रविवेश स्वकं पुरम्
Vaiśampāyana dit : «Le vénérable sage, fort de la puissance de l’ascèse—en apprenant cela—que pourrait-il faire ? Pensant ainsi, le roi entra dans sa propre cité.»
Verse 24
मुहूर्तयाते तस्मिंस्तु कण्वो5प्याश्रममागमत् | शकुन्तला च पितरं द्विया नोपजगाम तम्,उनके गये दो ही घड़ी बीती थी कि महर्षि कण्व भी आश्रमपर आ गये; परंतु शकुन्तला लज्जावश पहलेके समान पिताके समीप नहीं गयी
Vaiśampāyana dit : Peu de temps après, le sage Kaṇva revint lui aussi à l’ermitage. Mais Śakuntalā, saisie de pudeur, n’alla pas vers son père comme auparavant.
Verse 25
(शड्कितैव च विप्रर्षिमुपचक्राम सा शनै: । ततो<स्य राजग्जग्राह आसनं चाप्यकल्पयत् ।।
Śakuntalā, inquiète et hésitante, s’approcha lentement du brahmarṣi; elle prit un siège pour lui et l’apprêta. Submergée de honte, elle ne put adresser la moindre parole au sage. Ô le meilleur des Bharata, se croyant déchue de la rigueur de sa discipline d’autrefois, elle tremblait; jadis brahmacāriṇī maîtresse d’elle-même, elle frissonnait maintenant en voyant sa propre faute. La voyant noyée dans l’embarras, le rishi lui dit : «Mon enfant, par ta pudeur tu vivras longtemps; tu ne seras plus aussi insouciante qu’avant. Ô toi aux belles cuisses, raconte-moi clairement ce qui s’est passé—ne cède pas à la peur.» Alors cette jeune fille rayonnante—vertueuse, bien que honteuse—parla à Kaṇva avec peine, la voix étranglée et le sourire pur : «Père, le roi Duṣyanta, fils d’Ilila, est venu dans cette forêt. Par le jeu du destin, il est arrivé à cet ermitage, et je l’ai accepté pour époux. Sois favorable envers lui, Père; il est mon seigneur, un roi de grande renommée. Tout ce qui s’est produit ensuite, tu peux le voir par ta connaissance divine. Accorde protection sans crainte et grâce à la lignée des kṣatriya.» Kaṇva, grand ascète doué de vision divine, comprit son état par son regard intérieur et, satisfait, lui répondit.
Verse 26
त्वयाद्य भद्रे रहसि मामनादृत्य यः कृत: । पुंसा सह समायोगो न स धर्मोपघातक:,'भद्रे! आज तुमने मेरी अवहेलना करके जो एकान्तमें किसी पुरुषके साथ सम्बन्ध स्थापित किया है, वह तुम्हारे धर्मका नाशक नहीं है
Vaiśampāyana dit : «Ô douce jeune femme, l’union secrète que tu as contractée aujourd’hui avec un homme—en me passant outre—n’est pas, en elle-même, de nature à détruire ton dharma.»
Verse 27
क्षत्रियस्य हि गान्धर्वो विवाह: श्रेष्ठ उच्चते । सकामाया: सकामेन निर्मन्त्रो रहसि स्मृत:
Vaiśaṃpāyana dit : Pour un kṣatriya, la forme de mariage dite Gāndharva est proclamée la meilleure. Quand une femme qui désire et un homme qui désire s’unissent en secret, sans récitation de mantras ni rites formels, cette union est tenue pour le mariage Gāndharva.
Verse 28
धर्मात्मा च महात्मा च दुष्यन्तः पुरुषोत्तम: । अध्यगच्छ: पतिं यत् त्वं भजमानं शकुन्तले
Vaiśampāyana dit : «Duṣyanta est d’âme juste et d’âme grande, le premier parmi les hommes. Puisque toi, Śakuntalā, tu l’as obtenu pour époux—lui qui t’était dévoué—tu t’es unie à un conjoint digne. Ainsi, de ton sein naîtra un fils puissant et noble ; il régnera et jouira de toute cette terre, ceinte par l’océan.»
Verse 29
महात्मा जनिता लोके पुत्रस्तव महाबल: | य इमां सागरापाज़ीं कृत्स्नां भोक्ष्यति मेदिनीम्
Vaiśampāyana dit : «Il te naîtra un fils à l’âme grande et à la force immense, et il sera renommé dans le monde ; il régnera et jouira de toute cette terre, ceinte par l’océan.»
Verse 30
परं चाभिप्रयातस्य चक्र तस्य महात्मन: । भविष्यत्यप्रतिहतं सततं चक्रवर्तिन:,'शत्रुओंपर आक्रमण करनेवाले उस महामना चक्रवर्ती नरेशकी सेना सदा अप्रतिहत होगी। उसकी गतिको कोई रोक नहीं सकेगा”
Vaiśampāyana dit : «À mesure que ce souverain à l’âme grande avancerait, sa puissance impériale deviendrait sans cesse sans entrave ; l’armée de ce cakravartin, toujours portée à frapper les ennemis, demeurerait continuellement irrésistible : nul ne pourrait arrêter son élan.»
Verse 31
ततः प्रक्षाल्य पादौ सा विश्रान्तं मुनिमब्रवीत् । विनिधाय ततो भार संनिधाय फलानि च
Alors elle lui lava les pieds. Quand le sage se fut reposé, elle s’adressa à lui. Prenant le fardeau de fruits qu’il avait apporté, elle le déposa à sa place et disposa les fruits tout près—accomplissant avec soin et respect les devoirs de l’hospitalité envers l’hôte ascète.
Verse 32
शकुन्तलोवाच मया पतिर्वतो राजा दुष्यन्त: पुरुषोत्तम: | तस्मै ससचिवाय त्वं प्रसादं कर्तुमहसि
Śakuntalā dit : «Ô vénérable ! Moi, fidèle à mon époux, j’ai choisi le roi Duṣyanta—le meilleur des hommes—comme conjoint légitime. Aussi dois-tu accorder ta faveur à ce roi, avec ses ministres.»
Verse 33
कण्व उवाच प्रसन्न एव तस्याहं त्वत्कृते वरवर्णिनि । (ऋतवो बहवस्ते वै गता व्यर्था: शुचिस्मिते । सार्थक॑ साम्प्रतं होतन्न च पापो5स्ति तेडनघे ।।
Kaṇva dit : «Pour toi, ô jeune fille au teint éclatant, je suis en vérité satisfait de lui (le roi Duṣyanta). Ô toi au sourire doux, bien des saisons se sont écoulées pour toi en pure perte ; maintenant, enfin, ce moment porte fruit. Et toi, ô jeune fille sans faute, tu n’encourras aucun péché. Ô bénie, reçois de moi une grâce : demande ce que tu désires.»
Verse 34
वैशम्पायन उवाच ततो धर्मिष्ठतां वव्रे राज्याच्चास्खलनं तथा । शकुन्तला पौरवाणां दुष्पन्तहितकाम्यया
Vaiśampāyana dit : Alors Śakuntalā, désirant le bien de Duṣyanta, demanda cette grâce : que les rois de la lignée des Paurava demeurent fermement établis dans le dharma, et qu’ils ne déchoient jamais de leur souveraineté.
Verse 72
इस प्रकार श्रीमह्याभारत आदिपर्वके अन्तर्गत सम्भवपर्वमें शकुन्तलोपाख्यानविषयक बहत्तरवाँ अध्याय पूरा हुआ
Ainsi s’achève le soixante-douzième chapitre de l’épisode de Śakuntalā, dans la section Sambhava de l’Ādi Parva du vénérable Mahābhārata.
Verse 73
(एवमस्त्विति तां प्राह कण्वो धर्मभृतां वर: । पस्पर्श चापि पाणिभ्यां सुतां श्रीमिव रूपिणीम् ।।
Kaṇva, le premier parmi les gardiens du dharma, lui dit : «Qu’il en soit ainsi.» Puis, de ses deux mains, il toucha sa fille—rayonnante comme Śrī incarnée (la Fortune)—pour la bénir. Kaṇva dit : «Ma fille, à partir d’aujourd’hui tu es la reine du roi Duṣyanta, à l’âme grande. Aussi, observe sans relâche la conduite et la discipline de vie qui appartiennent aux épouses vouées à leur mari (pativratā).»
The chapter tests whether rank and resentment justify harmful action: a dispute over garments becomes a crisis of protective duty when Devayānī is abandoned in a well, foregrounding the ethical breach of causing danger and refusing immediate remedy.
Speech and pride can generate disproportionate harm; conversely, timely assistance and recognition of responsibility stabilize social order. The narrative treats small lapses in conduct as seeds of larger dynastic consequences.
No explicit phalaśruti appears in this excerpt; the meta-commentary functions indirectly through Śukra’s moral-causal framing, which interprets suffering and restitution as linked to conduct and its consequences within the epic’s dharma logic.
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