Adhyaya 42
Uttara BhagaAdhyaya 4224 Verses

Adhyaya 42

Tīrtha-Māhātmya and the Discipline of Pilgrimage (Tīrtha-sevā) within Prāyaścitta

Dans la continuité du chapitre précédent, Sūta poursuit un catalogue hiérarchisé de tīrtha (gués sacrés) et de sanctuaires śaiva, les présentant comme des moyens concrets de purification au sein de la discipline expiatoire (prāyaścitta). Il énumère des lieux proches de Japyeśvara tels que Pañcanada et Mahābhairava, exalte la Vitastā comme suprême parmi les rivières/tīrtha, et met en lumière Pañcatapa où Viṣṇu adora Śiva pour obtenir le cakra—marque explicite de la synthèse śaiva–vaiṣṇava. Il cite encore Kāyāvarohaṇa (siège du dharma māheśvara), Kanyā-tīrtha, le tīrtha de Rāma Jāmadagnya, Mahākāla et l’ésotérique Nakulīśvara, avant de proclamer Kāśī (Vārāṇasī) comme la cité sainte suprême, au mérite incommensurable, singulièrement tournée vers la délivrance. Le discours encadre ensuite le pèlerinage : abandonner le svadharma annule le fruit des tīrtha ; il prescrit la marche sacrée aux pénitents et aux déchus, avec des préalables—acquitter les trois dettes, assurer les devoirs familiaux, puis accomplir la tīrtha-sevā. Enfin, il promet que l’écoute ou la récitation de ce māhātmya purifie elle-même les fautes, faisant passer le texte de l’éloge des lieux à une pratique religieuse réglée par des normes.

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Verse 1

इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायामुपरिविभागे एकचत्वारिंशो ऽध्यायः सूत उवाच अन्यच्च तीर्थप्रवरं जप्येश्वरसमीपतः / नाम्ना पञ्चनदं पुण्यं सर्वपापप्रणाशनम्

Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa, dans la Saṃhitā Ṣaṭsāhasrī, dans la section ultérieure—(s’achève) le quarante-et-unième chapitre. Sūta dit : «De plus, près de Japyeśvara se trouve un tirtha éminent, nommé Pañcanada—saint et destructeur de tous les péchés.»

Verse 2

त्रिरात्रोपोषितस्तत्र पूजयित्वा महेश्वरम् / सर्वपापविशुद्धात्मा रुद्रलोके महीयते

Celui qui y observe un jeûne de trois nuits et y vénère Maheśvara, l’âme purifiée de tout péché, est honoré et parvient à l’éminence dans le monde de Rudra.

Verse 3

अन्यच्च तीर्थप्रवरं शङ्करस्यामितौजसः / महाभैरवमित्युक्तं महापातकनाशनम्

De plus, il est un autre tirtha éminent appartenant à Śaṅkara, à la puissance sans mesure, appelé «Mahābhairava», qui détruit même les fautes les plus lourdes.

Verse 4

तीर्थानां च परं तीर्थं वितस्ता परमा नदी / सर्वपापहरा पुण्या स्वयमेव गिरीन्द्रजा

Parmi tous les tirthas, la Vitastā est le tirtha suprême ; parmi les rivières, elle est la plus haute. Sainte et dispensatrice de mérite, elle emporte tous les péchés — elle est, en vérité, la fille du Seigneur des Montagnes (Himālaya), manifestée d’elle-même.

Verse 5

तीर्थं पञ्चतपं नाम शंभोरमिततेजसः / यत्र देवादिदेवेन चक्रार्थं पूजितो भवः

Il est un tirtha nommé Pañcatapa, appartenant à Śambhu à l’éclat sans mesure ; là, Bhava (Śiva) fut vénéré par le Dieu des dieux (Viṣṇu) afin d’obtenir le cakra, le disque sacré.

Verse 6

पिण्डदानादिकं तत्र प्रेत्यानन्तफलप्रदम् / मृतस्तत्रापि नियमाद् ब्रह्मलोके महीयते

Là, des actes tels que l’offrande des piṇḍa (boules de riz funéraires) accordent, après la mort, des fruits inépuisables. Même celui qui y meurt, par la vertu de cette règle sacrée, est honoré dans le monde de Brahmā.

Verse 7

कायावरोहणं नाम महादेवालयं शुभम् / यत्र माहेश्वरा धर्मा मुनिभिः संप्रवर्तिताः

Là se trouve un sanctuaire béni de Mahādeva, nommé Kāyāvarohaṇa, où les sages mirent en mouvement et établirent les disciplines de dharma des Māheśvara.

Verse 8

श्राद्धं दानं तपो होम उपवासस्तथाक्षयः / परित्यजति यः प्राणान् रुद्रलोकं स गच्छति

Celui qui abandonne le souffle vital en demeurant établi dans le śrāddha (rite aux ancêtres), le don, l’ascèse, le homa (oblation au feu), le jeûne et le mérite impérissable, atteint le monde de Rudra (Rudraloka).

Verse 9

अन्यच्च तीर्थप्रवरं कन्यातीर्थमिति श्रुतम् / तत्र गत्वा त्यजेत् प्राणांल्लोकान् प्राप्नोति शाश्वतान्

Et de plus, on dit qu’il est un tīrtha éminent nommé Kanyā-tīrtha. Celui qui s’y rend et y abandonne le souffle vital obtient les mondes éternels.

Verse 10

जामदग्न्यस्य तु शुभं रामस्याक्लिष्टकर्मणः / तत्र स्नात्वा तीर्थ वरे गोसहस्रफलं लभेत्

Au tīrtha auspiceux de Rāma Jāmadagnya—Rāma aux actes infatigables—celui qui s’y baigne, en ce tīrtha excellent, reçoit un mérite égal au don de mille vaches.

Verse 11

महाकालमिति ख्यातं तीर्थं त्रैलोक्यविश्रुतम् / गत्वा प्राणान् परित्यज्य गाणपत्यमवाप्नुयात्

Il est un gué sacré, connu sous le nom de « Mahākāla », célébré dans les trois mondes. Celui qui s’y rend et y abandonne le souffle de vie obtient l’état de Gaṇapati (la seigneurie dans la sphère de Gaṇeśa).

Verse 12

गुह्याद् गुह्यतमं तीर्थं नकुलीश्वरमुत्तमम् / तत्र सन्निहितः श्रीमान् भगवान् नकुलीश्वरः

Plus secret que le secret même est le gué suprêmement excellent nommé Nakulīśvara. Là demeure, en présence manifeste, le glorieux Seigneur Nakulīśvara.

Verse 13

हिमवच्छिखरे रम्ये गङ्गाद्वारे सुशोभने / देव्या सह महादेवो नित्यं शिष्यैश्च संवृतः

Sur un beau sommet de l’Himalaya, à la splendide porte du Gaṅgā (Gangādvāra), Mahādeva demeure à jamais avec la Déesse, entouré de ses disciples.

Verse 14

तत्र स्नात्वा महादेवं पूजयित्वा वृषध्वजम् / सर्वपापैर्विमुच्येत मृतस्तज्ज्ञानमाप्नुयात्

S’étant baigné là et ayant adoré Mahādeva, le Seigneur au drapeau du Taureau (Vṛṣadhvaja), on est délivré de tous les péchés ; et si l’on y meurt, on obtient la connaissance salvatrice de Lui.

Verse 15

अन्यच्च देवदेवस्य स्थानं पुण्यतमं शुभम् / भीमेश्वरमिति ख्यातं गत्वा मुञ्चति पातकम्

Et de plus, il est une autre demeure du Dieu des dieux, la plus sainte et la plus propice. Elle est connue sous le nom de Bhīmeśvara ; qui s’y rend est délivré du péché.

Verse 16

तथान्यच्चण्डवेगायाः संभेदः पापनाशनः / तत्र स्नात्वा च पीत्वा च मुच्यते ब्रह्महत्यया

De même, un autre confluent sacré de la rivière Caṇḍavegā est destructeur des péchés. En s’y baignant et en buvant de son eau, on est délivré même du péché de brahma-hatyā (le meurtre d’un brāhmane).

Verse 17

सर्वेषामपि चैतेषां तीर्थानां परमा पुरी / नाम्नावाराणसी दिव्या कोटिकोट्ययुताधिका

Parmi tous ces tīrthas, la cité sainte suprême est la radieuse Vārāṇasī (Kāśī) de nom : son mérite dépasse des crores sur des crores, et davantage encore.

Verse 18

तस्याः पुरस्तान्माहात्म्यं भाषितं वो मया त्विह / नान्यत्र लभ्यते मुक्तिर्योगिनाप्येकजन्मना

Ici même, je vous ai déjà exposé sa grandeur sacrée. La délivrance ne s’obtient nulle part ailleurs — pas même par un yogin — en une seule existence.

Verse 19

एते प्राधान्यतः प्रोक्ता देशाः पापहरा नृणाम् / गत्वा संक्षालयेत् पापं जन्मान्तरशतैः कृतम्

Ces régions ont été proclamées, brièvement et par ordre de primauté, comme les terres les plus éminentes qui ôtent les péchés des hommes. En s’y rendant, on peut laver même les fautes amassées durant des centaines de naissances.

Verse 20

यः स्वधर्मान् परित्यज्य तीर्थसेवां करोति हि / न तस्य फलते तीर्थमहि लोके परत्र च

Celui qui, délaissant son propre svadharma (devoir prescrit), s’adonne au tīrtha-sevā (service des lieux saints), pour lui ce tīrtha ne porte pas de fruit, ni en ce monde ni dans l’autre.

Verse 21

प्रायश्चित्ती च विधुरस्तथा पापचरो गृही / प्रकुर्यात् तीर्थसंसेवां ये चान्ये तादृशा जनाः

Celui qui accomplit la prāyaścitta (expiation), le veuf, et même le maître de maison tombé dans une conduite fautive—ceux-là et d’autres semblables—doivent, avec dévotion, se vouer au service et recourir aux tīrthas sacrés pour la purification.

Verse 22

सहाग्निर्वा सपत्नीको गच्छेत् तीर्थानि यत्नतः / सर्वपापविनिर्मुक्तो यथोक्तां गतिमाप्नुयात्

Qu’il porte le feu sacré (Agni) ou qu’il soit accompagné de son épouse, qu’il se rende avec ardeur aux tīrthas. Délivré de tous les péchés, il atteint l’état de libération tel qu’il a été exposé.

Verse 23

ऋणानि त्रीण्यपाकृत्य कुर्याद् वा तीर्थसेवनम् / विधाय वृत्तिं पुत्राणां भार्यां तेषु निधाय च

Après avoir acquitté les trois dettes (envers les devas, les ṛṣis et les ancêtres), on peut entreprendre le service et le pèlerinage aux tīrthas; puis, ayant assuré la subsistance de ses fils et confié son épouse à leurs soins, on doit s’en aller selon le dharma.

Verse 24

प्रायश्चित्तप्रसङ्गेन तीर्थमाहात्म्यमीरितम् / यः पठेच्छृणुयाद् वापि मुच्यते सर्वपातकैः

Ici, au fil de l’exposé sur la prāyaścitta (expiation), la grandeur des tīrthas sacrés a été proclamée. Quiconque le récite, ou même l’entend, est délivré de toutes les fautes.

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Frequently Asked Questions

Pilgrimage is framed as part of prāyaścitta and must be grounded in svadharma: one should discharge the three debts, arrange family responsibilities, and then perform tīrtha-sevā; abandoning one’s ordained duties for pilgrimage is said to make the tīrtha fruitless.

It functions as samanvaya: the Purāṇa presents inter-devotional legitimacy by depicting Viṣṇu seeking Śiva’s grace for the cakra, reinforcing that Śaiva and Vaiṣṇava worship operate within a shared īśvara-centered sacral order.

The chapter declares Kāśī the highest holy city whose merit surpasses all measures and links it uniquely to liberation, implying that its soteriological efficacy exceeds ordinary tīrtha merit even for advanced practitioners.

Three-night fasting with Maheśvara worship (Pañcanada), piṇḍa/śrāddha rites yielding inexhaustible post-mortem results (Pañcatapa), bathing and worship leading to sin-destruction and liberating knowledge (Gangādvāra/Nakulīśvara region), and confluence bathing/drinking that removes even brahma-hatyā (Caṇḍavegā-saṅgama).