
Ahaṅkāra-Tripartition and the Rise of Indriyas, Devatās, and Cosmic Administrators
Le chapitre clôt l’adhyāya précédent et poursuit aussitôt la cosmogonie : Hari, avec Lakṣmī, pénètre le mahat-tattva et le met en mouvement ; de là naît l’ahaṅ-tattva ou ahaṅkāra, principe du « je » structuré selon la connaissance, la substance et l’activité. L’ahaṅkāra se distingue en trois modes—vaikārika (sāttvika), taijasa (rājasa) et tāmasa—tandis que Rudra est décrit comme triple, régulateur de ces modalités. Hari demeure tout particulièrement dans le taijasa ahaṅkāra et le fait devenir « décuple » sous forme des facultés (jñānendriyas et karmendriyas), avec le détail des divinités présidantes et de leur ordre de manifestation. Le texte s’étend ensuite en longues énumérations : divinités et couples liés au mental et aux sens, les dix Rudras et les six Ādityas, les Viśvedevas, les Ṛbhus, les classes de Pitṛ, les Manus et d’autres progéniteurs, présentés comme des administrateurs fonctionnels au sein du système des tattvas. L’adhyāya s’achève en réaffirmant qu’après avoir créé ces divinités présidantes, Hari (avec Ramā) entre dans les tattvas eux-mêmes, préparant les chapitres suivants sur d’autres émanations et sur le cosmos en action fondé sur cette architecture métaphysique.
Verse 1
नाम चतुर्थो ऽध्यायः एतादृशे महत्तत्त्वे लक्ष्म्या सह हरिः स्वयम् / प्रविवेश महाभाग क्षोभयामास वै हरिः
« (Ainsi s’achève) le quatrième chapitre. » Puis, dans ce grand principe cosmique (mahat-tattva), Hari Lui-même—avec Lakṣmī—entra, ô très fortuné; et certes Hari le mit en agitation, l’éveillant à l’activité.
Verse 2
अहन्तत्त्वमभूत्तस्माज्ज्ञानद्रव्यक्रियात्मकम् / अहङ्कारसमुत्पत्तावेकांशस्तमसि स्मृतः
De là naquit l’ahantattva, le principe du « je », fait de connaissance, de substance et d’activité. Dans la manifestation de l’ahaṅkāra (l’ego), une part est traditionnellement tenue pour relever de tamas (inertie/obscurité).
Verse 3
तद्दशांशाधिकरजस्तद्दशांशाधिकं प्रभो / सत्त्वमित्युच्यते सद्भिर्ह्येतदात्मा त्वहं स्मृतम्
Ce qui dépasse rajas d’un dixième, puis le dépasse encore d’un autre dixième, ô Seigneur—les sages l’appellent sattva; et cela même est retenu comme l’Ātman, le Soi : « toi » et « moi ».
Verse 4
अहन्तत्त्वाभिमानी तु आदौ शेषो बभूवह / सहस्राब्दाच्च पश्चात्तौ जातौ खगहरौ द्विज
Celui qui préside au principe du « je » (ahaṅtattva) devint d’abord Śeṣa ; puis, après mille ans, ô deux-fois-né (dvija), ces deux naquirent comme Garuḍa et Hari.
Verse 5
अहन्तत्त्वे खग ह्येषु प्रविष्टो हरिरव्ययः / क्षोभयामास भगवाल्लङ्क्ष्म्या सह हरिः स्वयम्
Ô oiseau Garuḍa, l’impérissable Hari entra dans ces principes d’egoïté (ahaṅkāra) ; et le Seigneur bienheureux Hari Lui-même, avec Lakṣmī, les mit en mouvement, en un frémissement créateur.
Verse 6
वैकारिकस्तामसश्च तैजसश्चेत्यहं त्रिधा / त्रिधा बभूव रुद्रोपि यतस्तेषां नियामकः
Moi, le principe cosmique, je devins triple : vaikārika, tāmasa et taijasa. Rudra aussi devint triple, car il est le régulateur et le maître de ces trois états.
Verse 7
वैकारिकस्थितो रुद्रो वैकारिक इति स्मृतः / तामसे तु स्थितो रुद्रस्तामसो ह्यभिधीयते
Rudra qui demeure dans l’état vaikārika est mémorisé comme « Vaikārika » ; mais Rudra qui demeure dans l’état tāmasa est, en vérité, nommé « Tāmasa ».
Verse 8
तैजसे तु स्थितो रुद्रो लोके वै तैजसः स्मृतः / तैजसे तु ह्यहन्तत्त्वे लक्ष्म्या सह हरिः स्वयम्
Dans l’état taijasa, Rudra est établi ; et dans ce monde-là il est connu comme « Taijasa ». Et dans le principe d’egoïté taijasa (ahaṅtattva), Hari Lui-même demeure avec Lakṣmī.
Verse 9
विशित्वा क्षोभयामास तदासौ दशधा त्वभूत् / श्रोत्रं चक्षुः स्पर्शनं च रसनं घ्राणमेव च
Y étant entré, il le mit en agitation; alors cela devint décuple—à savoir les facultés d’ouïe, de vue, de toucher, de goût et d’odorat (et les autres).
Verse 10
वाक्पाणिपादं पायुश्च उपस्थेति दश स्मृताः / वैकारिके ह्यहन्तत्त्वे प्रविश्य क्षोभयद्धरिः
La parole, les mains, les pieds, l’anus et l’organe de génération—ceux-ci sont rappelés comme dix (organes). Entrant dans l’aspect vaikārika du principe de l’« je » (ahaṅkāra), Hari le mit en agitation, inaugurant leurs fonctions.
Verse 11
महत्तत्त्वादिमा अदाविन्द्रियाणां च देवताः / एकादशविधा आसन्क्रमेण तु खगेश्वर
Ô Seigneur des oiseaux (Garuda), à partir du Mahat-tattva, les divinités présidant aux facultés des sens surgirent au commencement, selon l’ordre convenable, au nombre de onze.
Verse 12
मनोभिमानि नी ह्यादौ वारुणी त्वभवत्तदा / अनन्तरं च सौपर्णी गौरोजापि तथैव च
Au commencement, Manobhimānī et Nī devinrent en vérité Vāruṇī en ce temps-là; ensuite naquirent Sauparṇī et, de même, Gaurojā.
Verse 13
शेषादनन्तरास्तासां दशवर्षादनंरम् / उत्पत्तिरिति विज्ञेयं क्रमेण तु खगेश्वर
Après le reste (de la période précédemment énoncée), il faut comprendre que leur apparition ultérieure survient après dix ans, pas à pas, ô Seigneur des oiseaux (Garuda).
Verse 14
मनोभिमानिनावन्याविन्द्रकामौ प्रजज्ञतुः / तार्क्ष्य ह्यनन्तरौ ज्ञेयौ मुक्तौ संसार एव च
De Manobhimaninī naquit une autre paire—Indra et Kāma. Et, ô Tārkṣya (Garuda), ces deux êtres nés aussitôt après doivent être compris comme déjà libérés, tout en demeurant dans l’existence mondaine (saṃsāra).
Verse 15
ततस्त्वगात्मा ह्यभवत्सोहं कारिक ईरितः / ततः पाण्यात्मकाश्चैव जज्ञिरे पक्षिसत्तम
Puis advint le principe de la peau—en tant que faculté sensorielle extérieure du corps—; cela est proclamé ainsi : « Je suis Cela », ô Kārikā. Ensuite, ô le meilleur des oiseaux (Garuda), les mains naquirent aussi comme facultés incarnées.
Verse 16
शची रतिश्चानिरुद्धस्तथा स्वायंभुवो मनुः / बृहस्पतिस्तथा दक्ष एते पाण्यात्मकाः स्मृताः
Śacī, Ratī, Aniruddha, Svāyambhuva Manu, Bṛhaspati et Dakṣa : ceux-là sont rappelés comme appartenant à la catégorie dite « Pāṇyātmaka ».
Verse 17
दक्षस्यानन्तरं जज्ञे प्रवाहो नाम चाण्डज / स एवोक्तश्चातिंवाहो यापयत्यात्मचोदितः
Après Dakṣa naquit un être né de l’œuf nommé Pravāha, ô né de l’œuf. On le dit aussi Atiṁvāha ; mû par son propre élan intérieur, il porte les êtres en avant sur leur voie.
Verse 18
हस्तादनन्तरं ज्ञेयो न तु शच्यादिवत्स्मृतः / ततोभवन्महाभाग चक्षुरिद्रियमात्मनः
Immédiatement après la main, il faut comprendre que surgit la faculté suivante ; elle ne doit pas être mémorisée comme Śacī et les autres. Puis, ô très fortuné, l’œil—cette faculté sensorielle—se manifeste pour l’âme incarnée.
Verse 19
स्वायंभुवमनोर्भार्या शतरूपा यमस्तथा / चन्द्रसूर्यौ तु चत्त्वारश्चक्षुरिन्द्रियमानिनः
L’épouse de Svāyambhuva Manu est Śatarūpā ; et de même (se trouve) Yama. La Lune et le Soleil, ainsi que les quatre gardiens des directions, sont tenus pour les divinités présidant au sens de la vue.
Verse 20
चन्द्रः श्रोत्राभिमानीति तथा ज्ञेयः खगेश्वर / जिह्वेन्द्रियात्मा वरुणः सूर्यस्यानन्तरोभवत्
Ô seigneur des oiseaux, sache que la Lune préside au sens de l’ouïe. Varuṇa, en tant que divinité intérieure de la langue (le goût), vient ensuite après le Soleil.
Verse 21
वागिन्द्रियाभिमानिन्यो ह्यभवन्वरुणादनु / दक्षपत्नी प्रसूतिश्च भृगुरग्निस्तर्थव च
En vérité, les puissances présidant à l’organe de la parole surgirent après Varuṇa. Et Prasūti, l’épouse de Dakṣa, ainsi que Bhṛgu et Agni, vinrent pareillement à l’existence.
Verse 22
तत्र वैते महात्मानो वागिन्द्रियनियामकाः / ये क्रव्यादादयश्चोक्तास्तेनन्तत्त्वनियामकाः
Là, en vérité, ces êtres magnanimes sont les régulateurs de la parole et des sens. Ceux dont on parle comme des Kravyādas et autres sont, pour cette raison, les régulateurs des principes ultimes à l’heure finale (de la vie).
Verse 23
साम्यत्वाच्च तथैवोक्तिर्न तु तत्त्वाभिमानितः / उपस्थमानिनो वीन्द्र बभूवुस्तदनन्तरम्
En raison de leur similitude, l’énoncé est formulé de la même manière, non par orgueil de se croire détenteur de la réalité ultime. Puis, ô seigneur des oiseaux, surgirent ceux qui se glorifiaient de l’organe sexuel.
Verse 24
विश्वामित्रो वसिष्टोत्रिर्मरीचिः पुलहः क्रतुः / पुलस्त्योङ्गिरसश्चैव तथा वैवस्वतो मनुः
Viśvāmitra, Vasiṣṭha, Atri, Marīci, Pulaha, Kratu, Pulastya et Aṅgiras—ainsi que Vaivasvata Manu—sont ici mentionnés par leur nom.
Verse 25
मन्वादयोनन्तसंख्या उपस्थात्मान ईरिताः / पायोश्च मानिनो वीन्द्र जज्ञिरे तदनन्तरम्
«Les Manus et les autres progéniteurs, innombrables, furent déclarés issus de l’organe de génération. Ensuite, ô seigneur des oiseaux (Garuda), ces êtres orgueilleux naquirent de l’anus.»
Verse 26
सूर्येषु द्वादशस्वेको मित्रस्तारा गुरोः प्रिया / कोणाधिपो निरृतिश्च प्रवहप्रिया
Parmi les douze formes du Soleil, l’une est appelée Mitra. Tārā est chère à Guru (Bṛhaspati). Nirṛti est le seigneur de l’angle-direction néfaste, et Pravahā y est la bien-aimée.
Verse 27
चत्त्वार एते पक्षीन्द्र वायुतत्त्वाभिमानिनः / घ्राणाभिमानिनः सर्वे जज्ञिरे द्विजसत्तम
Ô roi des oiseaux, ces quatre-là sont identifiés au principe de l’air ; tous président au sens de l’odorat et naquirent, ô meilleur des deux-fois-nés.
Verse 28
विष्ववसेनो वायुपुत्रौ ह्यश्विनौ गणपस्तथा / वित्तपः सप्त वसव उक्तो ह्याग्निस्तथाष्टमः
Viśvavasu (le Gandharva), les deux Aśvin—fils de Vāyu—ainsi que Gaṇapa ; Vittapa ; et les sept Vasus sont proclamés—Agni étant dit le huitième.
Verse 29
सत्यानां शृणु नामानि द्रोणः प्राणो ध्रुवस्तथा / अर्के दोषस्तथा वस्कः सप्तमस्तु विभावसुः
Écoute les noms des Satya (les véridiques) : Droṇa, Prāṇa, et de même Dhruva ; et dans la sphère solaire (Arka) se trouvent Doṣa et Vaska ; le septième, assurément, est Vibhāvasu.
Verse 30
दशरुद्रास्तथा ज्ञेया मूलरुद्रो भवः स्मृतः / दश रुद्रस्य नामानि शृणुष्व द्विजसत्तम
Sache encore qu’il y a dix Rudra ; et le Rudra primordial est tenu en mémoire sous le nom de Bhava. Ô meilleur des deux-fois-nés, écoute les dix noms de Rudra.
Verse 31
रैवन्तेयस्तथा भीमो वामदेवो वृषाकपिः / अजैकपादहिर्वुध्न्यो बहुरूपो महानिति
«Raivanteya, et aussi Bhīma ; Vāmadeva ; Vṛṣākapi ; Ajā‑ekapād ; Ahirbudhnya ; Bahurūpa ; et Mahān» — tels sont les noms que l’on récite.
Verse 32
दश रुद्रा इति प्रोक्ताः षडादित्याञ्छृणु द्विज / उरुक्रमस्तथा शक्रो विवस्वान्वरुणस्तथा
Ainsi ont été proclamés les dix Rudra. Maintenant, écoute, ô deux-fois-né, les six Āditya : Urukrama, Śakra, Vivasvān et Varuṇa (parmi eux).
Verse 33
पर्जन्योतिबाहुरेत उक्ताः पूर्वं द्विजोत्तम / पर्जन्यव्यतिरिक्तास्तु पञ्चैवोक्ता न संशयः
Ô meilleur des deux-fois-nés, les pluies nommées Parjanya, Uti, Bāhu et Reta ont été décrites auparavant. En dehors de Parjanya, cinq autres ont certes été enseignées — sans aucun doute.
Verse 34
गङ्गासमस्तु पर्जन्य इति चोक्तः खगेश्वर / सविता ह्यर्यमा धाता पूषा त्वष्टा तथा भगः
«Que la Gaṅgā soit de bon augure; ainsi est proclamé Parjanya, le dieu de la pluie», ô seigneur des oiseaux. De même sont invoqués et reconnus Savitṛ, Aryaman, Dhātṛ, Pūṣan, Tvaṣṭṛ et Bhaga.
Verse 35
चत्वारिंशत्तथा सप्त महतः परिकीर्तिताः / द्वावुक्ताविति विज्ञेयो प्रवहोतिवहस्तथा
Ainsi sont proclamés quarante-sept parmi les «grands» (courants ou divisions) ; et l’on doit comprendre que deux autres sont aussi mentionnés : Pravaha et Ativaha.
Verse 36
तथा दशविधा ज्ञेया विश्वेदेवाः खगेश्वर / शृणु नामानि तेषां तु पुरूरवार्द्रवसंज्ञकौ
De même, ô seigneur des oiseaux, les Viśvedevas doivent être compris comme étant au nombre de dix. Écoute maintenant leurs noms, à commencer par Purūravas et Ārdrava.
Verse 37
धूरिलोचनसंज्ञौ द्वौ क्रतुदक्षेतिसंज्ञकौ / द्वौ सत्यवसुसंज्ञौ च कामकालकसंज्ञकौ
Deux portent le nom de Dhūriloċana ; deux sont appelés Kratu et Dakṣa ; deux se nomment Satya et Vasu ; et deux autres se nomment Kāma et Kālaka.
Verse 38
एवं दशविधा ज्ञेया विश्वेदेवाः प्रकीर्तिताः / तथा ऋभुगणश्चोक्तस्तथा च पितरस्त्रयः
Ainsi, les Viśvedevas doivent être connus comme étant dix, ainsi que proclamé. De même est mentionné le groupe des Ṛbhus, et aussi les trois classes de Pitṛs (ancêtres).
Verse 39
द्यावा पृथिव्यौ विज्ञेयौ एते च षडशीतयः / देवाः प्रजज्ञिरे सर्वे नासिकद्रियमानिनः
Sachez le Ciel (Dyauḥ) et la Terre (Pṛthivī), ainsi que ces quatre-vingt-six principes. D’eux naquirent tous les dieux, ceux qui président et s’identifient à la faculté de l’odorat, le sens du nez.
Verse 40
आकाशस्याभिमानी तु गणपः सुदाहृतः / उभयत्राभि मानीति ज्ञेयं तत्त्वार्थवेदिभिः
Le principe d’ego qui préside à l’espace (ākāśa) est bien connu sous le nom de Gaṇapa. Ceux qui saisissent le sens véritable des tattvas comprennent qu’il est « celui qui s’identifie » de deux manières, dans les deux domaines.
Verse 41
विष्वक्सेनं विना सर्वे जयाद्या विष्णुपार्षदाः / अभवन्समहीनाश्च विष्वक्सेनादनन्तरम्
Sans Viṣvaksena, tous les serviteurs de Viṣṇu—à commencer par Jaya et les autres—furent privés de leur rang et de leur dignité légitimes, aussitôt après Viṣvaksena.
Verse 42
एतेपि नासिकायाश्च अवान्तरनियामकाः / अतस्ते तत्त्वमानिभ्यो ह्यवरास्ते प्रकीर्तिताः
Ceux-ci aussi sont des régulateurs subordonnés du nez ; c’est pourquoi il est proclamé qu’ils sont inférieurs à ceux qui sont tenus pour des principes fondamentaux (tattvas).
Verse 43
स्पर्शतत्त्वाभिमानी तु अपानश्चेत्युदाहृतः / रूपाभिमानी संजज्ञे व्यानो नाम महान्प्रभो
La puissance qui préside et s’identifie au principe du toucher est appelée Apāna. Et de l’identification au principe de la forme naquit le grand nommé Vyāna, ô Seigneur tout-puissant.
Verse 44
रसात्मक उदानश्च समानो गन्धनामकः / अपां नाथाश्च चत्वारो मरुतः परिकीर्तिताः
On dit qu’Udāna est de la nature de la saveur (rasa), et que Samāna est connu sous le nom de « Gandha », l’odeur. Les quatre Maruts sont aussi proclamés seigneurs des eaux.
Verse 45
जयाद्यनन्तरान्वक्ष्ये समुत्पन्नान्खगेश्वर / प्रधानाग्रे प्रथमजः पावकः समुदाहृतः
Ô seigneur des oiseaux, je vais maintenant décrire ceux qui surgirent ensuite. Au tout commencement du Pradhāna primordial, le premier-né est nommé Pāvaka, le Feu.
Verse 46
भृगोर्महर्षेः पुत्रश्च च्यवनः समुदाहृतः / बृहस्पतेश्च पुत्रस्तु उतथ्यः परिकीर्तितः
Cyavana est déclaré fils du grand sage Bhṛgu ; et Utathya est renommé comme fils de Bṛhaspati.
Verse 47
रैवतश्चाक्षुषश्चैव तथा स्वारोचिषः स्मृतः / उत्तमो ब्रह्मसावर्णी रुद्रसावर्णिरेव च
Raivata et Cākṣuṣa sont mentionnés, et de même Svārociṣa est rappelé ; ainsi que (les Manus) Uttama, Brahma-sāvarṇi et Rudra-sāvarṇi.
Verse 48
देवसावर्णिसावर्णिरिन्द्रसावर्णिरेवच / तथैव दक्षसावर्णिर्धर्मभावर्णिरेव च
De même, il y a Devasāvarṇi et Sāvarṇi ; Indrasāvarṇi aussi ; et pareillement Dakṣasāvarṇi et Dharmabhāvarṇi.
Verse 49
एकादशविधा ह्येवं मनवः परिकीर्तिताः / पितॄणां सप्तकं चैवेत्याद्याः संजज्ञिरे खग
Ainsi, les Manu sont proclamés au nombre de onze; et de même le groupe septuple des Pitṛ, les pères ancestraux. De ces êtres primordiaux, ô Oiseau (Garuda), naquirent les lignées les plus anciennes.
Verse 50
तदनन्तरमुत्पन्नास्तेभ्यो नीचाः शृणु द्विज / वरुणस्य पत्नी गङ्गा पर्जन्याख्यो विभावसुः
Ensuite, écoute, ô deux-fois-né, ceux qui naquirent d’eux comme progéniture ultérieure : Gaṅgā devint l’épouse de Varuṇa, et Vibhāvasu fut connu sous le nom de Parjanya.
Verse 51
यमभार्या श्यामला तु ह्यनिरुद्धप्रिया विराट् / ब्रह्माण्डमानिनी सैव ह्युषानाम्ना सुशब्दिता
L’épouse de Yama est Śyāmalā ; elle est aussi chère à Aniruddha et est connue sous le nom de Virāṭ. Celle qui s’enorgueillit de l’œuf cosmique (l’univers) est en vérité renommée par le beau nom d’Uṣā.
Verse 52
रोहिणी चन्द्रभार्योक्ता सूर्यभार्या तु संज्ञका / एता गङ्गादिषटूसंख्या जज्ञिरे विनतासुत
On dit que Rohiṇī est l’épouse de la Lune (Candra), et Saṃjñā l’épouse du Soleil (Sūrya). Celles-ci—au nombre de six, à commencer par Gaṅgā—naquirent, ô fils de Vinatā (Garuda).
Verse 53
गङ्गाद्यनन्तरं जज्ञे स्वाहा वै मन्त्रदेवता / स्वाहानामाग्निभार्योक्ता गङ्गादिभ्योधमा श्रुता
Après Gaṅgā et les autres, naquit Svāhā, la divinité même qui préside aux offrandes de mantra. Svāhā est dite l’épouse d’Agni ; et l’on entend qu’elle est la plus excellente parmi celles qui commencent avec Gaṅgā.
Verse 54
स्वाहानन्तरजो ज्ञेयो ज्ञानात्मा बुधनामकः / बुधस्तु चन्द्रपुत्रो यः स्वाहाया अधमः स्मृतः
Sache que celui qui naquit immédiatement après Svāhā est Budha, dont la nature même est la connaissance. Pourtant Budha—connu comme le fils de la Lune—est aussi rappelé comme le plus jeune (le dernier-né) parmi les enfants de Svāhā.
Verse 55
उषा नाम तथा जज्ञे बुधस्यानन्तरं खग / उषानामा भिमानी तु ह्यश्विभार्या प्रकीर्तिता
Ô oiseau sacré (Garuḍa), après Budha naquit celle qui se nomme Uṣā. Uṣā—également appelée Bhimānī—est célébrée comme l’épouse des Aśvins.
Verse 56
बुधाधमा सा विज्ञेया नात्र कार्या विचारणा / ततः शनैश्चरो जज्ञे पृथिव्यात्मेति विश्रुतः
Qu’elle soit reconnue comme Budhādhamā ; il n’est nul besoin d’en débattre davantage. Ensuite naquit Śanaiścara (Saturne), renommé comme l’âme même de la Terre.
Verse 57
उषाधमस्तु विज्ञेयस्ततो जज्ञेथ पुष्करः / कर्माभिमानी विज्ञेयः शनैश्चर इतीरितः
Reconnais ainsi Uṣādhama ; ensuite naquit Puṣkara. Et Śanaiścara (Saturne) doit être connu comme la puissance présidante qui s’identifie au karma ; telle est la proclamation.
Verse 58
तत्त्वाभिमानिनो देवानेवं सृष्ट्वा हरिः स्वयम् / प्रविवेश स देवेशस्तत्त्वेषु रमया सहा
Ainsi, Hari, de Lui-même, ayant créé les divinités qui président aux principes cosmiques (tattvas) et s’y identifient, le Seigneur des dieux entra dans ces mêmes principes, accompagné de Ramā (Śrī/Lakṣmī).
The chapter presents the organ-faculties as a tenfold set, encompassing the five jñānendriyas (hearing, sight, touch, taste, smell) and the five karmendriyas (speech, hands, feet, anus, generative organ), with Hari ‘entering’ and activating their functional emergence.
Rudra is presented as a regulator/controller across the three guṇic modalities of ahaṅkāra. Hence he is spoken of as established in the vaikārika, tāmasa, and taijasa states, reflecting governance of different functional layers of manifestation.
These lists function as a cosmological index of ‘administrative’ powers—devatās and progenitors mapped onto tattvas and indriya-functions. The intent is not mere genealogy but a systems-level account of how cosmic operations are staffed and regulated within the created order.