
Snāna-Śauca Krama: Varuṇa–Āpaḥ Mantras, Aghamarṣaṇa, Sūrya-Upasthāna, and Sarva-Tarpaṇa
Brahmā prescrit la préparation du bain rituel en rassemblant les matières purificatrices (terre/argile, bouse de vache, sésame, darbha, fleurs) et en les disposant dans un lieu retiré. Le pratiquant partage la terre et la bouse en portions, se lave pieds et mains, adopte la tenue correcte du yajñopavīta, accomplit l’ācamana, puis commence les rites de l’eau avec des mantras du Ṛg (dont « uruṃ rājan… ») et la circumambulation. L’eau est remuée et offerte avec le Śatamiti (« ye te… ») et des hymnes à Varuṇa, demandant d’être délivré des lacets de Varuṇa ; les gestes de purification (friction d’argile, immersion) se poursuivent avec « idaṃ viṣṇuḥ », « āpo asmān… » et des formules associées. Les récipients sont purifiés, puis l’on applique successivement des mantras de Varuṇa et des prières de type avabhṛtha. Le rite s’intensifie avec les Āpaḥ-sūktas, les hymnes Pāvamānī (par ex. « Hiraṇyavarṇā »), les récitations d’Aghamarṣaṇa et de Drupadā, et, au choix, le prāṇava/Gāyatrī ou la méditation sur Viṣṇu, reliant explicitement les eaux au souvenir de Viṣṇu. Après le bain et l’habit propre, le pratiquant accomplit le Sūrya-upasthāna avec des mantras védiques, entreprend le japa-yajña avec des anuvāka solaires et védiques, invoque des divinités auspiciantes (Śrī, Medhā, Dhṛti, etc.) et conclut par le tarpaṇa universel : trente añjali pour la satisfaction de tous les êtres. Ce chapitre fait passer de la śuddhi personnelle au japa des mantras et à l’apaisement cosmique dans la discipline quotidienne.
Verse 1
ऽध्यायः ब्रह्मोवाच / मृद्गोमयतिलान्दर्भान्पुष्पाणि सुरभीणि च
Brahmā dit : «Préparez de la terre (argile), de la bouse de vache, des graines de sésame, de l’herbe darbha, ainsi que des fleurs parfumées».
Verse 2
आहरेत्स्नानकाले च स्नानार्थो प्रयतः शुचिः / गन्धोदकान्तं विविक्ते (धं) स्थापयेत्तान्यथ क्षितौ
Au moment du bain, celui qui va se baigner—discipliné et rituellement pur—doit apporter les objets requis. Dans un lieu retiré, qu’il les dépose, jusqu’à l’eau parfumée comprise ; puis qu’il dispose le reste à même le sol selon la règle.
Verse 3
त्रिधा कृत्वा मृदं तां तु गोमयं च विचक्षणः / अद्भिर्मृद्भिश्च चरणौ प्रक्षाल्याथ करौ तथा
Après avoir divisé cette terre (argile) en trois parts, et de même la bouse de vache, le sage doit laver ses pieds avec de l’eau et de l’argile, puis laver aussi ses mains.
Verse 4
उपवीती बद्धशिखः सम्यगाचम्य वाग्यतः / उरुं राजेत्यृचा तोयमुपस्थाय प्रदक्षिणम्
Portant le yajñopavīta (cordon sacré) comme il convient, la mèche du sommet nouée, après avoir accompli correctement l’ācaman (gorgée d’eau purificatrice) et retenu la parole, qu’il se tienne près de l’eau et, récitant le ṛk commençant par « uruṃ rājan… », accomplisse le rite puis fasse la circumambulation (pradakṣiṇa) avec révérence.
Verse 5
आवर्तयेत्तदुदकं ये ते शतमितित्र्यृचा
Qu’il fasse tournoyer cette eau en récitant la formule en trois vers commençant par « ye te », l’hymne appelé « Śatamiti ».
Verse 6
ॐ उरुं हि राजा वरुणश्चकार सूर्याय पन्थानमन्वेत वा / प्रतिधाता च वक्तारस्ताहृदयाविपश्चित् / नमो ऽग्न्यरुणाया भिष्टुतोवरुणस्य पाशः / वरुणाय नमः
Om. Le vaste roi Varuṇa a frayé une voie pour que le Soleil la suive. Il est l’Établisseur et Celui qui redresse; les sages le proclament d’un cœur pénétrant. Salut à Agni et à Aruṇa; loué soit le pāśa, le lacet de Varuṇa. Salut à Varuṇa.
Verse 7
ॐ ये ते शतं वरुणये सहस्रं यज्ञियाः पाशा वितता महान्तः / तेभिर्नो अद्य सवितोत विष्णुर्विश्वे मुञ्चन्तु मरुतः स्वर्काः स्वाहा / सुमित्रियान इत्यबञ्जलिमाकृत्योत्तरेण तोयं पश्चाद्विराज्य चैव विनिः क्षिपेत् / ॐ सुमित्रिया न आप ओषधयः सन्तु / दुर्मित्रियास्तस्मै सन्तु यो ऽस्मान्द्वेष्टि यञ्च वयं द्विष्मः
Om. Ô Varuṇa, ces vastes liens sacrés, déployés au loin—par centaines et par milliers—que Savitṛ et aussi Viṣṇu, et tous les Maruts dispensateurs du ciel, nous en délivrent aujourd’hui—svāhā. En disant « Sumitriyā… », on forme les mains en coupe, puis on jette l’eau vers le nord et vers l’arrière, selon la règle. Om. Que les eaux et les herbes médicinales nous soient favorables; et qu’elles soient défavorables à celui qui nous hait, et à celui que nous haïssons.
Verse 8
पादौ कटिं चैव पूर्वं मृद्भिस्त्रिभिस्त्रिभिः / प्रक्षाल्य हस्ता वाचम्य नमस्कृत्य जलं ततः
D’abord, qu’on purifie les pieds et la taille avec de la terre (argile), trois fois chacun ; puis, après s’être lavé les mains, avoir accompli l’ācamana (gorgée d’eau purificatrice) et rendu hommage, qu’on prenne ensuite l’eau de purification.
Verse 9
ॐ इदं विष्णुर्विचक्रमे त्रेधा निधे पदम् समूढमस्य पांसुरे / महाव्याहृतिभिः पश्चादाचामेत्प्रयतो ऽपि सन्
En récitant : «Oṃ—voici la foulée de Viṣṇu : j’établis son triple pas, caché dans la poussière», qu’on accomplisse ensuite l’ācamana avec les Mahāvyāhṛtis, demeurant recueilli et purifié.
Verse 10
मार्जयेद्वै मृदाङ्गानि इदं विष्णुरिति त्वृचा / भास्कराभिमुखो मज्जेदापो अस्मानितित्यृचा
Qu’il frotte et purifie ses membres avec de la terre (argile), en récitant le ṛk qui commence par «idaṃ viṣṇuḥ…». Puis, tourné vers le Soleil, qu’il s’immerge dans l’eau en récitant le ṛk «āpo asmān…».
Verse 11
ॐ आपो अस्मान्मातरः शुन्धयन्तु घृतेन नो घृतष्वः पुनन्तु / विश्वं हि रिप्रं प्रवहन्ति देवीरुदिदाभ्यः शुचिरापूत एमि
Om. Que les Eaux—nos mères—nous purifient. Que celles dont l’essence est le ghee nous purifient par le ghee. Car les Eaux divines emportent toute souillure ; d’elles je m’élève, net et purifié.
Verse 12
ततो ऽवृघृष्य पात्राणि निमज्योन्मज्य वै शनैः / गोमयेन विलिप्याथ मानस्तोक इत्यृचा
Ensuite, sans frotter, qu’on plonge et qu’on retire lentement, à plusieurs reprises, les vases rituels ; puis qu’on les enduise de bouse de vache, en récitant la formule du Ṛg-veda qui commence par «mānastoka…».
Verse 13
ॐ मानस्तोके तनये मा न आयुषि मा नो गोषु मा नो अश्वेषु रीरिषः / मा नो वीरान्रुद्रभामिनो ऽबधीर्हविष्मन्तः सदमित्वा हवामहे
Om. Ne nous fais pas de mal en nos enfants et nos descendants; ne nous fais pas de mal en notre durée de vie; ne nous fais pas de mal en nos vaches; ne nous fais pas de mal en nos chevaux. Ô Rudra farouche, ne frappe pas nos héros. Nous, offrants du havis, venons sans cesse avec des oblations et t’invoquons pour la protection.
Verse 14
ततो ऽभिषिञ्चेन्मन्त्रैस्तु वरुणैस्तु यथाक्रमम् / इमंमे वरुणे द्वाभ्यां त्वन्नः सत्वन्न इत्यपि
Ensuite, selon l’ordre prescrit, on accomplira l’abhiṣeka (aspersion rituelle) avec les mantras de Varuṇa—en utilisant les deux versets commençant par « imaṃ me varuṇe … » ainsi que le mantra « tvam naḥ satvam naḥ … ».
Verse 15
आपो त्वन्तुमसीति च मुञ्चन्त्ववभृतेति च / ॐ इमंमे वरुण श्रुधीहवमद्या च मृडयत्वा मवस्युराचके
(On récite :) «Tu es les Eaux qui purifient et ôtent l’impureté», et «Que les Eaux me délivrent par le bain purificatoire final (avabhṛtha)»; et encore : «Om, ô Varuṇa, entends mon invocation; aujourd’hui aussi, par miséricorde, accorde-moi protection, car je cherche refuge».
Verse 16
ॐ तत्त्वयामि ब्रह्मणा वन्दमानस्तदाशास्ते यजमानो हविर्भिः / अहेडमानो वरुणेह बोध्युरुशं समान आयुः प्रमोषीः / ॐ त्वन्नो अग्ने वरुणस्य विद्वान्देवस्य हेडो अवयासिसीष्ठाः / यजिष्ठो वह्नितमः शोशुचानो विश्वा द्वेषांसिप्रमुमुग्ध्यस्मत्स्वाहा / ॐ स त्वन्नो अग्नेवमो भवती नेदिष्ठो अस्या उषसोव्युष्टौ / अवयक्ष्वनो वरुणं रराणो वीहिमृडीकं सुहवो न एधि / ॐ आपो नौषधि हिंसार्धम्नो राजस्ततो वरुणो नोमुञ्चा यदाहरघ्न्या इति वरुणेति शपार्महे ततो वरुण नो मुञ्च / ॐ उदुत्तमं वरुण पाशमस्मदवाधमं विमध्यमंश्रथाय / अथावयमादित्यव्रते तवानागसो अदितये स्याम / मुञ्चन्तुमामप्यथाद्वरुणस्य त्वत् / अहो यमस्य पत्नीमानः सर्वस्मादेव किल्बिषात् / अवभृथनिचं पुनर्विचेरुसि नित्यं प्रन्नः / अवदेवैर्देवकृता मनोयासि समवत्यै कृतं पुष्पाच्छा देवधीमल्पाही
Om. Me prosternant avec la connaissance sacrée et louant par la puissance sacerdotale, le sacrifiant prie avec les oblations : «Ô Varuṇa, sois ici conscient de nous; sans colère, ne nous ravis pas notre vaste et égale durée de vie.» Om. «Ô Agni, toi qui connais Varuṇa, apaise la colère divine. Ô le plus digne d’adoration, porteur resplendissant des offrandes, feu flamboyant—délivre-nous de toutes les haines; svāhā.» Om. «Ô Agni, sois notre protecteur le plus proche et le meilleur à l’aube de ce matin. En honorant Varuṇa et en le réjouissant, proclame sa miséricorde; sois favorable envers nous quand nous t’invoquons comme il convient.» Om. «Ô Eaux et herbes guérisseuses—quel que soit le tort ou la faute née de notre sphère et de notre conduite, que Varuṇa nous en délivre. Et tout serment prononcé en disant “Varuṇa”—de ce lien aussi, ô Varuṇa, affranchis-nous.» Om. «Desserre de nous le nœud suprême, le plus bas et le moyen de Varuṇa. Alors, observant le vœu des Ādityas, soyons sans péché et appartenons à Aditi (la liberté). Que moi aussi, par toi, je sois libéré du lien de Varuṇa.» Que toute souillure et toute faute soient tranchées de toutes parts; que le bain purificatoire nous rétablisse encore et encore. Ce qui fut fait par les dieux ou par les hommes—que l’esprit soit conduit à la concorde; que l’intelligence divine soit parée et rendue propice.
Verse 17
अभिषिच्य तथात्मानं निमज्याचम्य वै पुनः / दर्भेण पाययेन्मन्त्रैरलिङ्गैः पावनैरिमैः
Après s’être aspergé (consacré) d’eau, puis s’être immergé et avoir de nouveau accompli l’ācamana, on rendra le rite effectif au moyen de l’herbe darbha, en récitant ces mantras purificateurs, sans marque sectaire (aliṅga).
Verse 18
आपोहिष्ठेति तिसृभिरिदमापो हविष्मतीः / देवीराप इति द्वाभ्यां आपोदेवा इति त्र्यृचा
Ce rite doit être accompli avec trois versets commençant par « Āpo hi ṣṭhā… », avec l’hymne « Idam āpo haviṣmatīḥ… », avec deux versets commençant par « Devīr āpaḥ… », et avec le groupe de trois versets commençant par « Āpo devāḥ… ».
Verse 19
द्रुपदादिव इति च शन्नो देवीरपां रसः / आपो देवो पावमान्यः पुनन्त्वाद्या ऋचो नव
(Qu’on récite) « drupadādiva… » et aussi « śanno devīḥ… ». Que l’essence (rasa) des Eaux divines (Āpaḥ) nous purifie ; que le Deva des eaux, Pavamāna—le Purificateur—nous lave. Tels sont les neuf premiers vers Ṛk à employer.
Verse 20
चित्पतिर्मेति च शनैः प्लाव्यात्मनं समाहितः / हिरण्यवर्णा इति च पावमान्यस्तथा पराः
L’esprit rassemblé, on s’immerge doucement (en se tenant ferme) et l’on répète lentement : « Citpati » (Seigneur de la Conscience). Qu’on récite aussi les hymnes purificatoires Pāvamānī, tels « Hiraṇyavarṇā » (à la teinte d’or), ainsi que d’autres formules sacrées.
Verse 21
तरत्सामा शुद्धवत्यः पवित्राणि च शक्तितः / वारुण्या बहवः पुण्याः शक्तितः संप्रयोजयेत्
Selon ses forces, qu’on emploie le Taratsāman et la Śuddhavatī (chants sacrés), ainsi que d’autres moyens de purification. De même, selon ses forces, qu’on use comme il se doit des offrandes de Vāruṇī et de bien d’autres observances méritoires.
Verse 22
ॐ कारेण व्याहृतिभिर्गायत्र्या च समन्वितः / आदावन्ते च कुर्वीत अभिषेकं यथाक्रमम्
Accompagné de la syllabe Oṁ, des vyāhṛtis (formules sacrées) et de la Gāyatrī, qu’on accomplisse l’abhiṣeka (ablution rituelle) selon l’ordre prescrit — au début et de nouveau à la fin.
Verse 23
जलमध्यस्थितस्यैव मार्जनं तु विधीयते / अन्तर्जले जपेन्मन्त्रं त्रिः कृत्वा चाघमर्षणम्
Pour celui qui se tient au milieu des eaux, le rite de mārjana, l’aspersion ou l’essuyage purificateur, est prescrit. Tout en demeurant dans l’eau, qu’il récite le mantra et accomplisse l’Aghamarṣaṇa trois fois.
Verse 24
द्रुपदाद्यास्त्रिरावर्तेदयं गौरिति च त्र्यृचम् / अन्यांश्चैव तु मन्त्रान्वा स्मृतिदृष्टान्समाहितः
En commençant par l’hymne qui débute par « Drupada… », qu’on le répète trois fois ; et de même le mantra en trois vers (tryṛc) commençant par « Ayaṃ gauḥ… ». L’esprit recueilli, qu’on récite aussi d’autres mantras tels qu’enseignés dans les Smṛtis et attestés par la tradition.
Verse 25
सव्याहृतिं सप्रणवां गायत्रीं वा जपेद्बुधः आवर्तयेद्वा प्रणवं स्मरेद्वा विष्णमव्ययम्
Le sage doit réciter la Gāyatrī avec les vyāhṛtis et le praṇava (Oṃ). Ou bien il peut répéter sans cesse le seul praṇava ; ou encore méditer sur Viṣṇu, l’Immuable, l’Impérissable (avyaya).
Verse 26
विष्णोरायतनं त्वापः स एवाप्पतिरुच्यते / तस्यैवं तनवस्त्वेतास्तस्मात्तं ह्यप्सु संस्मरेत्
Les eaux sont véritablement le sanctuaire, la demeure (āyatana) de Viṣṇu ; c’est pourquoi on l’appelle le Seigneur des Eaux. Puisque ces eaux sont ainsi ses propres manifestations, qu’on se souvienne de Lui au sein des eaux.
Verse 27
तद्विष्णोरिति मन्त्रेण निमज्याप्सु पुनः पुनः / गायत्त्री वैष्णवी ह्येषा विष्णोः संस्मरणाय वै
En récitant le mantra qui commence par « tad viṣṇoḥ… », qu’on s’immerge dans l’eau encore et encore. C’est là la Gāyatrī vaiṣṇava, destinée au souvenir du Seigneur Viṣṇu.
Verse 28
ॐ इदमापप्रवहता स्वं मलं क्षाललोहितम् / यथात्वहोत्रामृतं यच्च शोफे अभीषणम्
Om. Par l'écoulement de cette eau, que ma propre impureté – ainsi que le sang – soit lavée ; et que ce qui est tel le nectar de l'oblation, même dans une enflure redoutable, apporte le soulagement approprié et l'auspiciosité.
Verse 29
आपो मा तस्मादेनसः पावमानश्च मुञ्चतु इविष्मतो विमा आपोहविष्मान् आविरासति / हविष्मान् देव असुरो हविष्मान् अस्तु सूर्यः / देवीरापो अपा पत्न्या यश्च ऊर्मिर्हविष्यः इन्द्रियवान्मादित्यन्तनः तं देवेभ्यो देवता दाभुशुक्रलेभ्यस्तेषां भागकर्षिवसिसमुद्रस्य दक्षिण्याग्रयासिमेनापोग्रर्भिरश्मतमोधोः / आपो देवी मधुमतीरगृह्णन्तु ह्यन्नती राजस्वतिलाः / याभिर्मित्रावरुणस्य सिञ्चयाभिरिन्द्रमनयत्यन्न वाती वद्रुपदां शन्नो देवी अपामसृग्द्वयसंसूर्ये सन्तं समाहितं अपांरसस्य यो रस्य यो गृह्णास्युत्तमम् / आपो देवीरुपसूर्य मधुमतीवयस्याय प्रजाभ्यः तासा मास्थानात्वर्जिहतामोषधयः सपिप्पलाः / पुनन्तु मा पितरः सौम्यासः पुनन्त्वनापि पिता सहसाः पवित्रेण गतायुषा / पुनन्तु मा पितामहाः पुनन्तु प्रपितामहाः / पवित्रेण गतायुषा विश्वमायुर्व्यश्रवैः / अग्न आयूंषि परसत्माचरोर्जमिषञ्च त्वचे वावस्वत्वच्छूनाम् / पुनन्तु मा देवजनाः पुनन्तु मनसा धियः / पुनन्तु विश्वा भूतानि जातवेदः ! पुनीहि मा / पवित्रेण पुनीहि मा शुक्रेण देव दीद्यत् / अग्ने क्रत्वा क्रतूंरनु / यत्ते पवित्रमर्चिष्यग्ने विततमन्तरा ब्रह्मा तेन पुनातु मा / पवमानः सुवर्जनः / पवित्रेण विचर्षणिः / यः पोता स पुनातु मा / उभाभ्यां देव सवितः / पवित्रेण सवेन च / इदं ब्रह्मपुनीमहे / वैश्वदेवीः पुनती देव्या गृभ्नास्यामिसावक्ष्यस्तान्नोवीत पूज्याः / तयामदन्तः सधमादेषु वयं स्याम पतयो रयीणाम् / चित्प तिर्मा पुनात्वच्छिद्रेण पवित्रेण सूर्यस्य रश्मिभिः / तस्य ते पवित्रपूतस्य यत्कामः / प्रणितच्छकेयं देवो वाक्पतिर्मा सविता त्वच्छिद्रेण पवित्रेण सूर्यस्य रश्मिभिः / तस्य ते पवित्रपते ! पवित्रपूतस्य चत्कामः / पुनस्तच्छकेयं द्युपतिं अयं गौः पृश्रिरक्रमीसदशशतं मातरं पुनः पितरञ्च प्रयस्मः / देवो मा सविता पुनात्वच्छिद्रेण पवित्रेण सूर्यस्य रश्मिभिः / तस्य ते पवित्रपते पवित्रपूतस्य यत्कामः पुनातच्छकेयम्? / ॐ तद्विष्णोः परमं पदं सदा पश्यन्ति सूरयः / दिवीव चक्षुराततम्
Que les Eaux divines et le courant purificateur me délivrent de ce péché. Que le Soleil soit propice. Ô Agni, ô Brahmā, purifiez-moi. Que Savitṛ me purifie par les rayons du Soleil. Puissions-nous toujours contempler la demeure suprême de Viṣṇu, que les sages voient étendue dans le ciel comme un œil omniprésent.
Verse 30
स्नात्वैवं वाससी धौते अच्छिन्ने परिधाय च / प्रक्षाल्य च मृदाद्भिश्च हस्तौ प्रक्षाल्य वै तदा
S'étant ainsi baigné, on doit revêtir deux vêtements lavés et non déchirés ; puis, en se nettoyant avec de la terre et de l'eau, on doit se laver soigneusement les deux mains à ce moment-là.
Verse 31
आचान्ते पुनाराचामेन्मन्त्रेण स्नानभोजने / द्रुपदां च त्रिरावर्त्य तथा चैवाघमर्षणम्
Après avoir bu de l'eau pour la purification (ācamana), on doit effectuer à nouveau l'ācamana avec le mantra prescrit – surtout aux moments du bain et des repas. On doit également répéter l'hymne Drupadā trois fois, et de même accomplir le rite Aghamarṣaṇa pour l'élimination du péché.
Verse 32
आचम्याप्लाव्य चात्मानं त्रिराचम्यशनेरसून् / अथोपतिष्टेदादित्यं मूर्ध्नि पुष्पान्विताञ्जलिः
Ayant bu de l'eau pour la purification et s'étant lavé, puis buvant de l'eau trois fois tout en calmant doucement les souffles vitaux, on doit alors se tenir avec révérence devant le Soleil (Āditya), les mains jointes portant des fleurs placées sur la tête.
Verse 33
प्रक्षिप्योदकमद्धूय उदुत्यं चित्रमित्यपि / तच्चक्षुर्देव इति च हंसः शुचिषदित्यपि
Après avoir versé l’eau puis l’avoir aspergée (ou secouée), on doit aussi réciter les mantras : « Ud utyaṃ citram… », « Tat cakṣur deva… » et « Haṃsaḥ śuciṣad… ».
Verse 34
एताञ्जपेदूर्ध्वबाहुः सूर्यमीक्ष्य समाहितः / गायत्त्रीं च तथा शक्त्या उपस्थाय दिवाकरम्
Les bras levés, l’esprit recueilli et le regard fixé sur le Soleil, on doit réciter ces mantras. De même, avec toute sa force et sa dévotion, qu’on se tienne en révérence devant le Faiseur du Jour (Sūrya) et qu’on récite la Gāyatrī.
Verse 35
विभ्राडित्यनुवाकेन सूक्तेन पुरुषस्य च / शिवसङ्कल्पेन च तथा मण्डलब्राह्मणेन च
Par le Vibhrāḍiti Anuvāka, par le Puruṣa Sūkta, par le Śiva-saṅkalpa (hymne de la résolution propice) et de même par le Maṇḍala Brāhmaṇa — tels sont les textes à employer en récitation.
Verse 36
दिवाकीर्त्या तथा चान्यैः सौरैर्मन्त्रैश्च शक्तितः / जपयज्ञस्तु कर्तव्यः सर्वदेवप्रणीतकैः
Avec l’hymne nommé Divākīrti, et aussi avec d’autres mantras solaires—selon sa capacité—doit être accompli le sacrifice sous forme de récitation (japa-yajña), au moyen des mantras enseignés et autorisés par tous les dieux.
Verse 37
अध्यात्मविद्यां विधिवज्जपेद्वा जपसिद्धये / सव्यं कृत्वा त्रिराचम्य श्रियं मेधां धृतिं क्षितिम्
Pour la réussite du japa, qu’on récite selon la règle le mantra de la connaissance intérieure (adhyātma-vidyā). Puis, après avoir pris l’orientation prescrite vers la gauche et accompli l’ācamana trois fois, qu’on invoque Śrī (prospérité), medhā (intelligence), dhṛti (constance) et kṣiti (stabilité, soutien de la terre).
Verse 38
वाचं वागीश्वरीं पुष्टिं तुष्टिञ्च परितर्पयेत् / उमामरुन्धतीं चैव शचीं मातरमेव च
Qu’on rende une juste propitiation à Vāc (la Parole), à Vāgīśvarī, déesse qui préside à l’éloquence, à Puṣṭi (la nourriture) et à Tuṣṭi (le contentement) ; et de même à Umā, Arundhatī, Śacī, ainsi qu’à la Mère divine.
Verse 39
जयां च विजयां चैव सावित्रीं शान्तिमेव च / स्वाहां स्वधां धृतिं चैव तथैवादितिमुत्तमाम्
Qu’on invoque Jaya et Vijayā, Sāvitrī et aussi Śānti ; de même Svāhā, Svadhā, Dhṛti, et pareillement Aditi, la suprême.
Verse 40
ऋषिपत्नीश्च कन्याश्च तर्पयेत्काम्यदेवताः / सर्वमङ्गलकामस्तु तर्पयेत्सर्वमङ्गलाम्
Qu’on offre le tarpaṇa aux épouses des ṛṣi et aux déesses vierges, selon les divinités que l’on désire. Et celui qui aspire à toute auspiciosité offrira le tarpaṇa à Sarvamaṅgalā, dispensatrice de tous les bons présages.
Verse 41
आब्रह्मस्तम्बपर्यन्तं जगत्तृप्यत्विदं ब्रुवन् / क्षिपेदपो ऽञ्जलींस्त्रींश्च कुर्वन्काङ्क्षेत तर्पणम्
En récitant : «Que ce monde tout entier—de Brahmā jusqu’aux brins d’herbe—soit rassasié», qu’on offre l’eau en libation, en jetant trente poignées (añjali) d’eau ; ainsi accomplit-on le tarpaṇa avec l’intention de satisfaire tous les êtres.
Earth/clay (mṛd) and cow-dung (gomaya) function as traditional cleansing agents; sesame, darbha, and flowers support ritual purity and offering-intent. The list signals that śauca is both practical (cleaning) and sacramental (yajña-oriented).
Both. Physical cleansing (clay-rubbing, washing) is paired with Varuṇa prayers about vows, faults, and the loosening of pāśas, indicating ethical and karmic dimensions of impurity addressed through mantra and consecrated water.
It is used during repeated immersions as a Vaiṣṇava Gāyatrī-like remembrance, grounding the act of bathing in Viṣṇu-smaraṇa because waters are identified as Viṣṇu’s abode/manifestation.
Bathing establishes eligibility (adhikāra) for Vedic recitation and japa; Sūrya-upasthāna aligns the purified practitioner with the cosmic witness (Āditya). Tarpaṇa expands the benefit outward, ritually satisfying deities and beings, completing purification as a socially and cosmically integrative act.