Adhyaya 28
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Adhyaya 28

Amāvasyā-Pitṛtarpaṇa: Purūravas and the Soma-Based Ancestral Offering (अमावस्या-पितृतर्पण / सोमतर्पण-विधि)

Ce chapitre s’ouvre sur une question en dialogue : le Ṛṣi demande comment le roi Purūravas (Aila) est dit « aller au ciel mois après mois » lors de l’amāvasyā, et par quelle méthode il satisfait les Pitṛ (ancêtres). Sūta répond qu’il exposera le prabhāva (l’efficacité) lié au rapport d’Aila avec Āditya (le Soleil) et Soma (la Lune), et le propos glisse du récit vers une cosmologie technique des phases lunaires. Le texte décrit l’essence intérieure de la Lune et les deux moitiés croissante et décroissante (śukla/kṛṣṇa pakṣa) comme accroissement et diminution, puis relie le nectar « ruisselant » de Soma, la sudhā-amṛta, à la nourriture et à la satisfaction des êtres ancestraux. L’amāvasyā est présentée comme le moment crucial de conjonction où Soleil et Lune partagent le même nakṣatra et demeurent comme une seule sphère durant une nuit, ouvrant un point d’accès privilégié aux rites pour les ancêtres. Purūravas est dépeint s’approchant de Soma pour accomplir le śrāddha mensuel, observant les mesures liminaires de la Lune (Kuhū, Sinīvālī) et exécutant le tarpaṇa avec l’amṛta issue de Soma selon le pitṛ-vidhi. Le chapitre classe aussi des groupes de Pitṛ (Barhiṣad, Kāvyā, Agniṣvātta, Saumyā) et inscrit le rite dans une théologie du temps plus vaste (ṛta/agni comme l’année), faisant de la pratique rituelle une extension de la mécanique cosmique.

Shlokas

Verse 1

इति श्रीब्रह्माण्डे महापुराणे वायुप्रोक्ते पूर्वभागे द्वितीये ऽनुषङ्गपाद दारुवनप्रवेशभस्मस्नानविधिर्नाम सप्तविंशतितमो ऽध्यायः ऋषिरुवाच अगात्कथममावस्यां मासि मासि दिवं नृपः / ऐलः पुरूरवाः सूत कथं वातर्पयत्पितॄन्

Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Mahāpurāṇa, dans la première partie enseignée par Vāyu, au second livre, le vingt-septième chapitre intitulé « Anuṣaṅgapāda : entrée dans la forêt de Dāru et rite du bain de cendre sacrée ». Le ṛṣi dit : « Ô roi, comment alla-t-il au ciel mois après mois au jour d’amāvasyā ? Ô Sūta, comment Aila Purūravas accomplit-il le tarpaṇa pour les pitṛ ? »

Verse 2

सूत उवाच तस्य ते ऽहं प्रवक्ष्यामि प्रभावं शांशपायने / ऐलस्यादित्यसंयोगं सोमस्य च महात्मनः

Sūta dit : « Ô Śāṃśapāyana, je vais t’exposer sa puissance : l’union d’Aila avec Āditya, et aussi celle du magnanime Soma. »

Verse 3

अन्तःसारमयस्येन्दोः पक्षयोः शुक्लकृष्णयोः / ह्रासवृद्धी पिदृमतः पित्र्यस्य च विनिर्णयम्

On décrit la décroissance et la croissance de la Lune, faite d’essence intérieure, dans les quinzaines claire et sombre, ainsi que la détermination concernant le monde des Pitṛs et le devoir pitrya.

Verse 4

सोमाच्चैवामृतप्राप्तिं पितॄणां तर्वणं तथा / काव्याग्निष्वात्तमौम्यानां पितॄणाञ्चैव दर्शनम्

Du Soma vient pour les Pitṛs l’obtention de l’amṛta; de même le tarpaṇa qui leur est offert, et la vision des Pitṛs dits Kāvya, Agniṣvātta et Saumya.

Verse 5

यथा पुरूरवाश्चैव तर्पयामास वै पितॄन् / एतत्सर्वं प्रवक्ष्यामि पर्वाणि च यथाक्रमम्

De même que Purūravas a rassasié les Pitṛs par le tarpaṇa, ainsi dirai-je tout cela, et j’exposerai aussi les parvas selon leur ordre.

Verse 6

यदा तु चन्द्रसूर्यौं वै नक्षत्रेण समागतौ / अमावस्यां निवसत एकरात्रैकमण्डलौ

Lorsque la Lune et le Soleil se rejoignent avec l’astre du nakṣatra, en la nuit d’Amāvasyā ils demeurent une seule nuit dans un même cercle.

Verse 7

स गच्छति तदा द्रष्टुं दिवाकरनिशाकरौ / अमावस्याममावास्यां मातामहपितामहौ

Alors, en cette Amāvasyā même, il va contempler Divākara (le Soleil) et Niśākara (la Lune) ; en cette Amāvasyā sont présents l’aïeul maternel et l’aïeul paternel, en tant que Pitṛs.

Verse 8

अभिवाद्य स तौ तत्र कालापेक्षः प्रतीक्षते / प्रस्यन्दमानात्सोमात्तु पित्रर्थं तु परिश्रवान्

Après les avoir salués avec révérence, il demeura là dans l’attente du moment juste. Du Soma ruisselant jaillit un flot sacré, le pariśrava, destiné au service des Pitṛs.

Verse 9

ऐलः पुरूरवा विद्वान्मासश्राद्धचिकीर्षया / उपास्ते पितृमन्तं तं सोमं दिवि समास्थितः

Aila Purūrava, homme de savoir, désireux d’accomplir le śrāddha mensuel, rend un culte, au ciel, à ce Soma lié aux Pitṛs.

Verse 10

द्विलवां कुहूमात्रां च ते उभे तु विचार्य सः / सिनीवालीप्रमाणेभ्यः सिनीवालीमुपास्य सः

Il examina le dvilavā et la mesure de Kuhū; puis, selon les critères de Sinīvālī, il rendit un culte à Sinīvālī.

Verse 11

कुहूमात्रः कलां चैव ज्ञात्वोपास्ते कुहूं तथा / स तदा तामुपासीनः कालापेक्षः प्रपश्यति

Ayant compris la mesure de Kuhū et la kalā, il vénéra Kuhū ainsi. Puis, assis dans l’adoration, il contempla en attendant le moment opportun.

Verse 12

सुधामृतं तु तत्सोमात्स्रवद्वै मासतृप्तये / दशभिः पञ्चभिश्चैव सुधामृतपरिस्रवैः

De ce Soma s’écoule le sudhā-amṛta pour la plénitude mensuelle, en effusions de nectar sacré : dix et cinq, tels sont ses flots.

Verse 13

कृष्णपक्षे भुजां प्रीत्या दह्यमानां तथांशुभिः / सद्यः प्रक्षरता तेन सौम्येन मधुना तु सः

Dans la quinzaine sombre, ses bras brûlaient sous les rayons; alors, par ce miel doux et paisible, il fit aussitôt jaillir des flots.

Verse 14

निर्वातेष्त्रथ पक्षेषु पित्र्येण विधिना दिवि / सुधामृतेन राजैन्द्रस्तर्प यामास वै पितॄन्

Aux périodes sans vent, au ciel et selon le rite des Pitri, le roi souverain rassasia les Ancêtres par le nectar d’amrita, la sudhā.

Verse 15

सौम्यान्बर्हिषदः काव्यानग्निष्वात्तांस्तथैव च / ऋतमग्निस्तु यः प्रोक्तः स तु संवत्सरो मतः

Saumya, Barhiṣad, Kavya et Agniṣvātta: tels sont les lignages des Pitri; et celui qu’on nomme « Ṛtam-agni » est tenu pour le Saṃvatsara, l’Année.

Verse 16

जज्ञिरे ह्यृतवस्तस्माद्ध्यृतुभ्यश्चार्त्तवास्तथा / आर्तवा ह्यर्द्धमासाख्याः पितरो ह्यृतुसूनवः

De lui naquirent les saisons (ṛtu), et des saisons naquirent aussi les ārtava; les ārtava sont dits « demi-mois », et ces Pitri sont fils des saisons.

Verse 17

ऋतवः पितामहा मासा अयनाह्यब्दसूनवः / प्रपितामहास्तु वै देवाः पञ्चाब्दा ब्रह्मणः सुताः

Les saisons sont les pitāmaha; les mois et les ayana sont fils de l’année; et les dieux, en tant que prapitāmaha, sont dits Pañcābda, fils de Brahmā.

Verse 18

सौम्यास्तु सोमजा ज्ञेयाः काव्या ज्ञेयाः कवेः सुताः / उपहूताः स्मृता देवाः सोमजाः सोमपाः स्मृताः

Ceux qu’on nomme Saumya doivent être reconnus comme les Pitṛ Somaja; et les Kāvya comme les fils du sage Kavi. Les dieux sont dits Upahūta; et les Somaja sont aussi tenus pour Somapā, buveurs du soma sacré.

Verse 19

आज्यपास्तु स्मृताः काव्यास्तिस्रस्ताः पितृजातयः / काव्या बर्हिषद श्चैव अग्निष्वात्ताश्च तास्त्रिधा

Les Pitṛ Kāvya sont rappelés sous le nom d’Ājyapā; et l’on enseigne trois lignées de Pitṛ : Kāvya, Barhiṣad et Agniṣvātta; ainsi sont-ils de triple nature.

Verse 20

गृहस्था ये च यज्वान ऋतुर्बर्हिषदो ध्रुवम् / गृहस्थाश्चाप्ययज्वान अग्निष्वात्तास्तथार्त्तवाः

Les maîtres de maison qui accomplissent le yajña sont assurément appelés Ṛtu et Barhiṣad. Et les maîtres de maison qui n’accomplissent pas de sacrifice sont appelés Agniṣvātta et Ārttava.

Verse 21

अष्टकापतयः काव्याः पञ्चाब्दास्तान्निबोधत / तेषां संवत्सरो ह्यग्निः सूयस्तु परिवत्सरः

Les Pitṛ Kāvya sont les seigneurs des Aṣṭakā; sachez qu’ils sont cinq “abda”. Parmi eux, Saṃvatsara est Agni, et Parivatsara est Sūrya.

Verse 22

सोम इड्वत्सरः प्रोक्तो वायुश्चैवानुवत्सरः / रुद्रस्तु वत्सरस्तेषां पञ्चाब्दास्ते युगात्मकाः

Soma est nommé Iḍvatsara, et Vāyu, Anuvatsara. Pour eux, Rudra est Vatsara; et ces cinq “abda” sont de nature yuga.

Verse 23

काव्याश्चैवोष्मपाश्चैव दिवाकीर्त्याश्च ते स्मृताः / ये ते पिबन्त्यमावस्यां मासिमासि सुधां दिवि

Kāvya, Uṣmapa et Divākīrtya : ainsi sont-ils mémorisés ; au ciel, mois après mois, lors de l’amāvasyā, ils boivent la sudhā sacrée.

Verse 24

तांस्तेन तर्पयामास यावदासीत्पुरूरवाः / यस्मात्प्रस्रवते सोमान्मासि मासि धिनोति च

Tant que Purūrava demeura, il les rassasia par cela ; car de ce Soma, mois après mois, s’écoule la liqueur et elle croît encore.

Verse 25

तस्मात्सुधामृतं तद्वै पितॄणां सोमपायिनाम् / एवं तदमृतं सौम्यं सुधा च मदु चैव ह

Ainsi, cette sudhāmṛta appartient en vérité aux Pitṛ buveurs de Soma ; cet amṛta doux est aussi nommé sudhā et madhu.

Verse 26

कृष्णपक्षे यथा वेन्दोः कलाः पञ्चदश क्रमात् / पिबन्त्यंबुमयं देवास्त्रयस्त्रिंशत्तु छन्दनाः

De même qu’en la quinzaine sombre les quinze parts de la lune décroissent l’une après l’autre, ainsi les trente-trois Deva nommés Chandanā boivent la part faite d’eau.

Verse 27

पीत्वार्द्धमासं गच्छन्ति चतुर्दश्यां सुधामृतम् / इत्येवं पीयमानैस्तु देवैः सर्वैर्निशाकरः

Après avoir bu la sudhāmṛta à la caturdaśī, ils cheminent durant un demi-mois ; ainsi, lorsque tous les Deva la boivent, Niśākara (la lune) s’amenuise.

Verse 28

समागच्छत्यमावस्यां भागे पञ्चदशे स्थितः / सुषुम्णाप्यायितं चैव ह्यमावस्यां यथा क्रमम्

À l’amāvasyā, établi dans la quinzième part, Soma se rassemble; et, par la nāḍī Suṣumṇā, il est nourri à la nouvelle lune selon l’ordre prescrit.

Verse 29

पिबन्ति द्विलवं कालं पितरस्ते सुधामृतम् / पीतक्षयं ततः सोमं सूर्यो ऽसावेकरश्मिना

Les Pitṛ boivent le nectar de sudhā-amṛta durant deux lava; puis, Soma diminué par cette boisson, le Soleil le reprend d’un seul rayon.

Verse 30

आप्याययत्सुषुम्णातः पुनस्तान्सोमपायिनः / निः शेषायां कलायां तु सोममाप्याययत्पुनः

Depuis Suṣumṇā, il nourrit de nouveau ceux qui boivent Soma; et lorsque la kalā est entièrement épuisée, il fait aussi croître Soma à nouveau.

Verse 31

सुषुम्णाप्यायमानस्य भागं भागमहः क्रमात् / कलाः क्षीयन्ति ताः कृष्णाः शुक्ला चाप्याययन्ति तम्

Tandis qu’il est nourri par Suṣumṇā, selon la marche des jours, les kalā décroissent part après part—ce sont les kalā sombres; et les kalā claires, elles, le font croître.

Verse 32

एवं सूर्यस्य वीर्येण चन्द्रस्याप्यायिता तनुः / दृश्यते पौर्णमास्यां वै शुक्लः संपूर्णमण्डलः

Ainsi, par la vigueur du Soleil, le corps de la Lune est comblé; et à la pleine lune on la voit, blanche, comme un disque entièrement accompli.

Verse 33

संसिद्धिरेवं सोमस्य पक्षयोः शुक्लकृष्णयोः / इत्येवं पितृमान्सोमः स्मृत इड्वत्सरात्मकः

Ainsi s’accomplit Soma dans ses deux quinzaines, claire et sombre ; Soma, lié aux Pitṛ, est tenu en mémoire comme ayant la nature d’Idvatsara.

Verse 34

क्रान्तः पञ्चदशैः सार्द्धं सुधामृतपरिस्रवैः / अतः पर्वाणि वक्ष्यामि वर्वणां संधयश्च ये

Soma progresse avec ses quinze kalā, accompagné de flots de sudhā et d’amṛta ; aussi vais-je exposer les parva et les jointures (saṃdhi) qui leur appartiennent.

Verse 35

ग्रन्थिमन्ति यथा पर्वाणीक्षुवे ण्वोर्भवन्त्युत / तथार्द्धमासि पर्वाणि शुक्लकृष्णानि चैव हि

De même que la canne à sucre a des nœuds (parva), de même les parva de la demi-lune sont, en vérité, la quinzaine claire et la sombre.

Verse 36

पूर्णामावस्ययोर्भेदौ ग्रन्थयः संधयश्च वै / अर्द्धमासं तु पर्वाणि द्वितीयाप्रभृतीनि तु

La distinction entre pleine lune et nouvelle lune est, en vérité, le nœud et la jointure ; et les parva de la demi-lune sont les tithi à partir de la Dvitīyā.

Verse 37

अन्वाधानक्रिया यस्मात्क्रियते पर्वसंधिषु / तस्मात्तु पर्वणामादौ प्रतिपत्सर्वसंधिषु

Puisque le rite d’anvādhāna est accompli aux jointures des parva, ainsi, en toute jointure, le début du parva est établi à la Pratipadā.

Verse 38

सायाह्ने ऽह्यनुमत्यादौ कालो द्विलव उच्यते / लवौ द्वावेव राकायां कालो ज्ञेयो ऽपराह्णकः

Au déclin du jour, au commencement de la tithi Anumatī et des suivantes, le temps est dit de deux « lava ». Et lors de Rākā (la pleine lune), ces deux lava doivent être reconnus comme le temps de l’« aparāhṇa » (fin d’après‑midi).

Verse 39

प्रतिपत्कृष्णपक्षस्य काले ऽतीते ऽपराह्णके / सायाह्ने प्रतिपन्ने च स कालः पौर्णमासिकः

Au jour de pratipadā de la quinzaine sombre, lorsque l’« aparāhṇa » est passé et que le soir s’installe, ce moment même est appelé le temps « paurṇamāsika ».

Verse 40

व्यतीपाते स्थिते सूर्ये लेखार्द्धे तु युगान्तरे / युगान्तरोदिते चैव लेशार्द्धे शशिनः क्रमात्

Dans le vyatīpāta, lorsque le Soleil demeure sur la « demi‑ligne » (lekhārdha), survient l’intervalle de yuga; et quand cet intervalle se lève, selon l’ordre, la Lune se tient sur la « demi‑part » (leśārdha).

Verse 41

पौर्णमासी व्यतीपाते यदीक्षेतां परस्परम् / यस्मिन्काले समौ स्यातां तौ व्यतीपात एव सः

Dans le vyatīpāta, si au jour de pleine lune le Soleil et la Lune se font face, l’instant où tous deux sont à égalité est précisément le vyatīpāta.

Verse 42

तं कालं सूर्यनिर्द्देश्यं दृष्ट्वा संख्यां तु सर्पति / स वै वषटाक्रियाकालः सद्यः कालं विधीयते

En considérant ce moment indiqué par le Soleil, le décompte progresse. C’est là, en vérité, le temps de l’acte rituel du « vaṣaṭ »; et sur‑le‑champ le temps est fixé selon la règle.

Verse 43

पूर्णन्दोः पूर्णपक्षे तु रात्रिसंधिश्च पूर्णिमा / ततो विरज्यते नक्तं पौर्णमास्यां निशाकरः

Dans la quinzaine claire, le moment de jonction de la nuit est la Pūrṇimā ; en cette nuit de Paurṇamāsī, Niśākara, la Lune, brille d’un éclat particulier.

Verse 44

यदीक्षेते व्यतीपाते दिवा पूर्णे परस्परम् / चन्द्रार्कावपराह्णे तु पूर्णात्मानौ तु पूर्णिमा

Lorsque, lors du Vyatīpāta, en plein jour, la Lune et le Soleil se font face, et qu’en l’après-midi tous deux sont en leur plénitude : telle est la Pūrṇimā.

Verse 45

यस्मात्तामनुमन्यन्ते पितरो दैवतैः सह / तस्मादनुमतिर्नाम पूर्णिमा प्रथमा स्मृता

Parce que les Pitṛs, avec les dieux, donnent leur assentiment à cette tithi, elle porte le nom d’« Anumatī » ; parmi les Pūrṇimās, on s’en souvient comme de la première.

Verse 46

अत्यर्थं भ्राजते यस्माद्व्योम्न्यस्यां वै निशाकरः / रञ्जनाच्चैव चन्द्रस्य राकेति कवयो ऽब्रुवन्

Car en cette tithi, Niśākara, la Lune, brille d’un éclat extrême dans le ciel; et, par l’enchantement de Candra, les poètes l’ont nommée « Rākā ».

Verse 47

अमावसेतामृक्षे तु यदा चन्द्रदिवाकरौ / राका पञ्चदशी रात्रिरमावास्या ततः स्मृता

Dans le nakṣatra d’Amāvasyā, lorsque Candra et Divākara (le Soleil) se rejoignent, alors, après la quinzième nuit appelée Rākā, cette tithi est tenue pour Amāvasyā.

Verse 48

व्युच्छिद्य तममावस्यां पश्यतस्तौ समागतौ / अन्योन्यं चन्द्रसूर्यौं तौ यदा तद्वर्श उच्यते

Fendant les ténèbres épaisses de la nuit d’amāvasyā, sous les yeux du témoin ils se rejoignirent; lorsque la Lune et le Soleil s’unissent l’un à l’autre, on appelle cela ‘varṣa’.

Verse 49

द्वौ द्वौ लवावमावास्या स कालः पर्वसंधिषु / द्व्यक्षर कुहुमात्रश्च पर्वकालास्त्रयः स्मृताः

Lors de l’amāvasyā, il y a un temps de deux et deux lava aux jointures des parva; ‘dvyakṣara’ et seulement ‘kuhū-mātra’ : ces trois temps de parva sont retenus par la smṛti.

Verse 50

नष्टचन्द्रा त्वमावस्या या मध्याङ्नात्प्रवर्त्तते / दिवसार्द्धेन रात्र्या च सूर्यं प्राप्य तु चन्द्रमाः

L’amāvasyā où la Lune disparaît commence dès le midi; après avoir parcouru une demi-journée et une part de la nuit, la Lune parvient auprès du Soleil.

Verse 51

सूर्येण सह सामुद्रं गत्वा प्रातस्तनात्स वै / द्वौ कालौ संगमं चैव मध्याह्ने नियतं रविः

Lui (la Lune), avec le Soleil, se rend au domaine de l’océan et, dès le matin, demeure là; c’est là aussi que se fait la confluence de deux temps, et à midi Ravi se tient selon l’ordonnance.

Verse 52

प्रतिपच्छुक्लपक्षस्य चन्द्रमाः सूर्य मण्डलात् / विमुच्यमानयोर्मध्ये तयोर्मण्डलयोस्तु वै

Au jour de pratipadā de la quinzaine claire, la Lune commence à se dégager du disque du Soleil; et tandis que les deux disques se séparent, l’intervalle entre leurs mandalas apparaît.

Verse 53

स तदा ह्याहुतेः कालो दर्शस्य तु वषट्क्रिया / एतदृतुमुखं ज्ञेयममा वास्यास्य पर्वणः

Alors vient le temps de l’oblation (āhuti) ; dans le sacrifice Darśa s’accomplit l’acclamation « vaṣaṭ ». Sache que c’est la « bouche de la saison » : le parva d’Amāvāsyā.

Verse 54

दिवापर्व ह्यमावास्या क्षीणेन्दौ बहुले तु वै / तस्माद्दिवा ह्यमावास्यां गृह्यते ऽसौ दिवाकरः

Dans la quinzaine sombre, lorsque la lune est amaigrie, l’Amāvāsyā est dite « parva du jour ». C’est pourquoi, en Amāvāsyā, on retient le Divākara (le Soleil) durant le jour.

Verse 55

गृह्यते तु दिवा तस्मादमावास्यां दिवि क्षयाम् / कलानामपि चैतासां वृद्धिहान्या जलात्मनः

Ainsi, en Amāvāsyā, on la retient durant le jour, en considérant l’extinction dans le ciel. Et même ces parts (kalā) connaissent accroissement et décroissance chez la Lune, de nature aqueuse (jalātmā).

Verse 56

तिथीनां नामधेयानि विद्वद्भिः संज्ञितानि वै / दर्शयेतामथात्मानं सूर्याचन्द्रमसावुभौ

Les noms des tithi ont été établis par les sages. Puis le Soleil et la Lune—tous deux—révèlent leur propre nature.

Verse 57

निष्क्रामत्यथ तेनैव क्रमशः सूर्यमण्डलात् / द्विलवोनमहोरात्रं भास्करं स्पृशते शशी

Puis, selon ce même ordre, la Lune se retire peu à peu du disque solaire. En un jour et une nuit, à deux lava près, Śaśī (la Lune) touche Bhāskara (le Soleil).

Verse 58

स तदा ह्याहुतेः कालोदर्शस्य तु वषट्क्रिया / कुहेति कोकिलेनोक्तो यः स कालः समाप्यते

Alors, au moment de l’offrande (āhuti), dans le sacrifice Darśa s’accomplit l’acte sacré du « vaṣaṭ » ; le temps que le kokila désigne par son « kuhe » est celui qui s’achève.

Verse 59

तत्कालसंमिता यस्मादमावास्या कुहूः स्मृता / सिनीवालीप्रमाणस्तु क्षीणशेषो निशाकरः

Parce qu’elle correspond à cette mesure du temps, la nouvelle lune (amāvāsyā) est dite « Kuhū » ; alors l’Astre de la nuit ne demeure qu’en un reste amaigri, selon la mesure de Sinīvālī.

Verse 60

आमावस्यां विशत्यर्कस्सिनी वालीततः स्मृता / अनुमत्याश्चराकायाः सिनीवाल्याः कुहूंविना

À l’amāvāsyā, lorsque le Soleil y entre (selon le comput), on la nomme « Sinīvālī » ; et la déesse « Anumatī », à la forme merveilleuse, est dite liée à Sinīvālī, mais sans Kuhū.

Verse 61

एतासां द्विलवः कालः कुहूमात्रङ्कुहूःस्मृताः / चन्द्रसूर्यव्यतीपाते संगते पूर्णिमान्तरे

Le temps de deux lava de celles-ci est tenu pour la « mesure de Kuhū » ; et lorsque, lors du vyatīpāta, la Lune et le Soleil se rejoignent dans l’intervalle entre les pleines lunes, c’est cela même qui est Kuhū.

Verse 62

प्रतिपत्प्रतिपद्येत पर्वकालो द्विमात्रकः / कालः कहूसिनीवाल्योः सामुद्रस्य तु मध्यतः

De pratipadā à pratipadā, le temps du parva est de deux mātrā ; et le temps de Kuhū et de Sinīvālī est dit se tenir au milieu du comput « sāmudra » (marin).

Verse 63

अर्काग्नि मण्डले सोमे पर्वकालः कलासमः / एवं स शुक्लपक्षे वै रजन्यां पर्वसंधिषु

Dans le cercle igné du Soleil, pour Soma le temps du parva équivaut à une kalā ; de même, durant la quinzaine claire, la nuit, aux jointures des parvas.

Verse 64

संपूर्ममण्डलः श्रीमांश्चन्द्रमा उपरज्यते / यस्मादा दाप्यायते सोमः पञ्चदश्यां तु पूर्णिमा

La lune, splendide, resplendit avec son disque accompli ; car à la quinzième tithi Soma est nourri jusqu’à la plénitude : ce jour-là est la Pūrṇimā.

Verse 65

दशभिः पञ्चभिश्चैव कलाभिर्दिवसक्रमात् / तस्मात्कलाः पञ्चदश सोमेनास्य तु षोडशी

Selon la marche des jours, (la lune) croît par dix et cinq kalā ; ainsi les kalā de Soma sont quinze, et l’on tient aussi sa seizième kalā, nommée Ṣoḍaśī, pour l’accomplissement.

Verse 66

तस्मात्सोमस्य भवति पञ्चदश्याप्रपां क्षयः / इत्येते पितरो देवाः सोमपाः सोमवर्द्धनाः

Ainsi, à la quinzième tithi survient le déclin de Soma. Tels sont ces Pitṛs, de nature divine : buveurs de Soma et accroisseurs de Soma.

Verse 67

आर्तवा ऋतवो ह्यृद्धा देवास्तान्भावयन्ति वै / अतः पितॄन्प्रवक्ष्यामि मासश्राद्धभुजस्तु ये

Selon le cycle des saisons, ces ṛtu sont prospères ; les dieux, en vérité, les font croître. Aussi vais-je maintenant exposer les Pitṛs qui reçoivent le śrāddha mensuel.

Verse 68

तेषां गतिं सतत्त्वां च प्राप्तिं श्राद्धस्य चैव हि / न मृतानां गतिः शक्या ज्ञातुं न पुनरागतिः

Leur destinée, leur vraie nature et l’obtention du fruit du śrāddha sont difficiles à connaître avec certitude ; la voie des morts ne peut être connue, et il n’y a pas de retour à nouveau.

Verse 69

तपसापि प्रसिद्धेन किंपुनर्मासचक्षुषा / अनुदेवपितॄनेते पितरो लौकिकाः स्मृताः

Même celui qui est renommé par l’ascèse ne peut le connaître ; à plus forte raison avec les yeux de chair. Ces pitṛs, suivant les deva-pitṛs, sont tenus pour des pitṛs « laukika », d’ordre mondain.

Verse 70

देवाः सौम्याश्च काव्याश्च अयज्वानो ह्यचोनिजाः / देवास्ते पितरः सर्वे देवास्तान्वादयन्त्युत

Les devas nommés Saumya et Kāvya—qui n’officient pas le yajña et ne sont pas nés du feu sacrificiel—sont tous les Pitṛs de nature divine ; et même les devas les louent.

Verse 71

मनुष्यपितरश्चैव तेभ्यो ऽन्ये लौकिकाः स्मृताः / पिता पितामहश्चापि तथा यः प्रपितामहः

Il y a aussi les pitṛs humains ; et, distincts d’eux, d’autres pitṛs sont dits « laukika » : le père, le grand-père et l’arrière-grand-père.

Verse 72

यज्वानो ये तु सामेन सोमवन्तस्तु ते स्मृताः / ये यज्वानो हविर्यज्ञे ते वै बर्हिषदः स्मृताः

Ceux qui accomplissent le sacrifice avec les chants du Sāman sont tenus pour des « Somavant » ; et ceux qui accomplissent le havir-yajña sont appelés « Barhiṣad ».

Verse 73

अग्निष्वात्ताः स्मृतास्तेषां होमिनो ऽयाज्ययाजिनः / तेषां तु धर्मसाधर्म्यात्स्मृताः सायुज्यगा द्विजैः

Ils sont tenus pour les Pitṛ ‘Agniṣvātta’ : accomplissant le homa et célébrant même le yajña pour qui n’y est pas digne. Par similitude de dharma, les dvija disent qu’ils vont au sāyujya, l’union au Divin.

Verse 74

ये चाप्याश्रमधर्माणां प्रस्थानेषु व्यवस्थिताः / अन्ते तु नावसीदन्ति श्रद्धायुक्तास्तु कर्मसु

Ceux qui demeurent établis sur les voies du dharma des āśrama ne défaillent pas à la fin ; dans leurs actes, ils sont unis à la śraddhā, la foi sacrée.

Verse 75

तपसा ब्रह्मचर्येण यज्ञेन प्रजया च वै / श्राद्धेन विद्यया चैव प्रदानेन च सप्तधा

Par l’ascèse (tapas), le brahmacarya, le yajña, la descendance, le śrāddha, la connaissance (vidyā) et le don (pradāna) : en sept formes.

Verse 76

कर्मस्वेतेषु ये युक्ता भवन्त्यादेहपातनात् / दैवैस्तैः पितृभिः सार्द्धं सूक्ष्मजैः सोमयाजनैः

Ceux qui s’adonnent à ces actes jusqu’à la chute du corps se joignent à ces Pitṛ divins : êtres au corps subtil, célébrants du sacrifice de Soma.

Verse 77

स्वर्गता दिवि मोदन्ते पितृवत्त उपासते / तेषां निवापे दत्ते तु तत्कुलीनैश्च बन्धुभिः

Parvenus au ciel, ils se réjouissent dans la demeure divine et sont honorés comme des Pitṛ. Et lorsque leurs proches du même lignage leur offrent le nivāpa (offrande de piṇḍa).

Verse 78

मासश्राद्धभुजस्तृप्तिं लभन्ते सोमलौकिकाः / एते मनुष्यपितरो मासश्राद्धभुजस्तु ये

Les habitants du Somaloka qui reçoivent l’offrande du śrāddha mensuel obtiennent la satiété. Ceux qui se nourrissent du śrāddha mensuel sont appelés les Pitṛ des humains.

Verse 79

तेभ्यो ऽपरे तु ये ऽप्यन्ये संकीर्णाः कर्मयोनिषु / भ्रष्टाश्चाश्रमधर्मेभ्यः स्वधास्वाहाविवर्जिताः

Mais d’autres, mêlés aux naissances issues du karma, sont déchus des devoirs des āśrama et se trouvent privés des offrandes avec « svadhā » et « svāhā ».

Verse 80

भिन्नदेहा दुरात्मानः प्रेतभूता यमक्षये / स्वकर्माण्य नुशोचन्तो यातनास्थानमागताः

Ces âmes mauvaises, séparées du corps, deviennent des preta dans le domaine de Yama ; pleurant leurs propres actes, elles parviennent au lieu des tourments.

Verse 81

दीर्घायुषो ऽतिशुष्काश्च श्मश्रुलाश्च विवाससः / क्षुत्पिपासापरीताश्च विद्रवन्तस्ततस्ततः

Ils vivent longtemps, mais sont desséchés à l’excès, barbus et sans vêtements ; accablés par la faim et la soif, ils courent çà et là.

Verse 82

सरित्सरस्तडागानि वापीश्चाप्युपलिप्सवः / परान्नानि च लिप्संतः काल्यमानास्ततस्ततः

Ils convoitent rivières, lacs, étangs et puits ; désirant la nourriture d’autrui, ils sont repoussés et errent de lieu en lieu.

Verse 83

स्थानेषु पात्यमानाश्च यातनाश्च पुनः पुनः / शाल्मले वैतरण्यां च कुंभीपाके तथैव च

Ils sont précipités sans cesse en divers lieux et subissent des supplices—dans les enfers Śālmali, Vaitaraṇī et Kuṃbhīpāka également.

Verse 84

करंभवालुकायां च असिपत्रवने तथा / शिला संपेषणे चैव पात्यमानाः स्वकर्मभिः

Dans Karaṃbha-vālukā, dans la forêt aux feuilles-épées (Asipatravana) et dans l’écrasement par les rochers (Śilā-saṃpeṣaṇa), ils sont précipités par leurs propres actes.

Verse 85

तत्रस्थानां हि तेषां वै दुः खितानामनाशिनाम् / तेषां लोकान्तरस्थानां बान्धवैर्नाम गोत्रतः

Ceux qui demeurent là, bien que souffrants, ne périssent pas ; ceux qui sont dans un autre monde sont évoqués par leurs proches selon leur nom et leur lignée (gotra).

Verse 86

भूमावसव्यं दर्भेषु दत्ताः पिण्डास्त्रयस्तु वै / यान्ति तास्तर्पयन्ते च प्रेतस्थानेष्वधिष्ठितान्

Les trois piṇḍa offerts sur l’herbe darbha, à même la terre, selon le rite apasavya, parviennent à ceux qui résident au lieu des preta et les rassasient (tarpana).

Verse 87

अप्राप्ता यातनास्थानं प्रभ्रष्टा य च पञ्चधा / पश्चाद्ये स्थावरान्ते वै जाता नीचैः स्वकर्मभिः

Ceux qui n’atteignent même pas le lieu des supplices chutent de cinq manières ; puis, par leurs actes inférieurs, ils renaissent jusqu’à l’état des êtres immobiles (sthāvara).

Verse 88

नानारूपासु जायन्ते तिर्यग्योनिष्वयोनिषु / यदाहारा भवन्त्येते तासु तास्विह योनिषु

Ils naissent sous des formes multiples, dans les matrices des êtres animaux et dans d’autres naissances. Dans chaque yoni, selon la nourriture qui s’y trouve, ils deviennent ici même consommateurs de cette nourriture.

Verse 89

तस्मिंस्तस्मिंस्तदाहारे श्राद्धं दत्तं प्रतिष्ठते / काले न्यायागतं पात्रे विधिना प्रतिपादितम्

Le śrāddha offert s’établit fermement comme cette nourriture même, lorsqu’il est remis selon le rite, au moment opportun, à un récipiendaire digne selon la justice.

Verse 90

प्राप्नोत्यन्नं यथादत्तं जन्तुर्यत्रावतिष्ठते / यथा गोषु प्रनष्टामु वत्सो विन्दति मातरम्

Là où l’être demeure, là même il reçoit la nourriture telle qu’elle a été donnée ; comme le veau, même perdu parmi les vaches, retrouve sa mère.

Verse 91

तथा श्राद्धेषु दत्तान्नं मन्त्रः प्रापयते पितॄन् / एवं ह्यविफलं श्राद्धं श्रद्धादत्तं तु मन्त्रतः

De même, la nourriture offerte dans les śrāddha est portée par le mantra jusqu’aux Pitṛ. Ainsi, le śrāddha donné avec foi et selon les mantras n’est jamais sans fruit.

Verse 92

तत्तत्कुमारः प्रोवाच पश्यन्दिव्येन चक्षुषा / गतागतज्ञः प्रेतानां प्राप्तिं श्राद्धस्य तैः सह

Ce kumāra parla en voyant par l’œil divin ; il connaissait l’aller et le retour des preta, ainsi que, avec eux, l’atteinte du śrāddha.

Verse 93

बाह्लीकाश्चोष्मपाश्चैव दिवाकीर्त्याश्च ते स्मृताः / कृष्णपक्षस्त्वहस्तेषां शुक्लः स्वप्नाय शर्वरी

On se souvient d’eux comme des Bāhlīka, des Uṣmapa et des Divākīrtya. Pour eux, le jour est la quinzaine sombre (Kṛṣṇapakṣa) et la nuit la quinzaine claire (Śuklapakṣa), vouée au songe.

Verse 94

इत्येते पितरो देवा देवाश्च पितरश्च वै / ऋत्वर्तवार्द्धमासास्तु अन्योन्यं पितरः स्मृताः

Ainsi, les Pitṛ sont des dieux, et les dieux sont aussi, en vérité, des Pitṛ. Les saisons (ṛtu), les cycles saisonniers (artava) et les demi-mois (arddhamāsa) sont rappelés réciproquement comme Pitṛ.

Verse 95

इत्येत पितरो देवा मनुष्यपितरश्च ये / प्रीतेषु तेषु प्रीयन्ते श्राद्धयुक्तेषु कर्मसु

Ainsi, les Pitṛ qui sont des dieux et les Pitṛ des hommes : lorsqu’ils sont satisfaits, ils se réjouissent des actes accomplis avec le Śrāddha.

Verse 96

इत्येष विचयः प्रोक्तः पितॄणां सोमपायिनाम् / एवं पितृसतत्त्वं हि पुराणे निश्चयं गतम्

Voici l’exposé concernant les Pitṛ buveurs de Soma. Ainsi, la réalité des Pitṛ est fixée avec certitude dans le Purāṇa.

Verse 97

इत्यर्कपितृसोमानामैलस्य च समागमः / सुधामृतस्य च प्राप्तिः पितॄणां चैव तर्प्पणम्

Ainsi est dit la rencontre d’Arka, des Pitṛ et de Soma, ainsi que l’assemblée d’Aila (Purūravas) ; l’obtention du nectar Sudhā-amṛta et le tarpaṇa offert aux Pitṛ.

Verse 98

पूर्णा मावास्ययोः कालो यातनास्थानमेव च / समासात्कीर्तितस्तुभ्यमेष सर्गः मनातनः

Le temps de la pleine lune et de la nouvelle lune, ainsi que le lieu des tourments—je te l’ai dit en bref. Ce sarga est ancien, sans commencement.

Verse 99

वैश्वरूप्यं तु सर्गस्य कथितं ह्येकदैशिकम् / न शक्यं परिसंख्यातुं श्रद्धेयं भूतिमिच्छता

La forme universelle du sarga, je ne l’ai dite que partiellement. On ne peut l’énumérer en entier; que celui qui cherche la prospérité l’accueille avec foi.

Verse 100

स्वायंभुवस्य हि ह्येष सर्गः क्रान्तो मया तु वै / विस्तरेणानुपूर्व्या च भूयः किं वर्णयाम्यहम्

J’ai déjà exposé ce sarga de Svayambhuva Manu. À le redire en détail et dans l’ordre, que pourrais-je encore ajouter?

Frequently Asked Questions

He is identified as Aila (of the Ilā lineage), signaling a dynastic anchor (vaṃśa-marker) while the chapter uses his practice as an exemplar for monthly ancestral rites rather than narrating a full genealogy.

Amāvasyā is described as the Sun and Moon meeting in the same nakṣatra and residing as a single sphere for one night; this junction is treated as the optimal temporal gateway for pitṛ-oriented offerings and tarpaṇa.

No. Its focus is śrāddha/pitṛ-tarpaṇa theology grounded in lunar cosmology—Soma’s amṛta, pakṣa dynamics, and Pitṛ classifications—rather than Śākta vidyā/yantra narratives of Lalitopākhyāna.