
The Pracetās Meet Lord Viṣṇu—Benedictions, Pure Prayer, and the Birth of Dakṣa
Vidura demande à Maitreya ce que les Pracetās ont obtenu en chantant la prière de Śiva et en satisfaisant Viṣṇu. Maitreya raconte leur austérité de dix mille ans dans l’océan, puis l’apparition du Seigneur sur Garuḍa, dans une forme resplendissante à huit bras. Touché surtout par leur amitié fraternelle et leur bhakti à l’unique but, Viṣṇu accorde des bénédictions : renommée, la naissance future d’un fils extraordinaire, et une longue jouissance des commodités terrestres et célestes—puis, inévitablement, la purification vers la dévotion sans alliage et le retour auprès de Dieu. Les Pracetās répondent par une stuti riche en théologie : ils ne demandent pas la richesse, mais la satisfaction du Seigneur et l’association des dévots vie après vie, exaltant le saṅkīrtana et la valeur incomparable du sādhu-saṅga. Après le départ du Seigneur, les frères émergent et trouvent la terre envahie d’arbres ; dans leur colère, ils les brûlent par le feu et le vent sortant de leurs bouches. Brahmā les apaise ; les arbres restants offrent Māriṣā, que les Pracetās épousent. D’elle naît Dakṣa (renaissance due à une offense envers Śiva), qui reprend l’œuvre de peuplement, ouvrant l’arc suivant sur la descendance, la puissance rituelle et sa purification.
Verse 1
विदुर उवाच ये त्वयाभिहिता ब्रह्मन् सुता: प्राचीनबर्हिष: । ते रुद्रगीतेन हरिं सिद्धिमापु: प्रतोष्य काम् ॥ १ ॥
Vidura demanda : Ô brāhmana, tu as jadis parlé des fils de Prācīnabarhi, disant qu’ils avaient satisfait Śrī Hari en chantant un hymne composé par Rudra (Śiva). Quelle perfection ont-ils ainsi obtenue ?
Verse 2
किं बार्हस्पत्येह परत्र वाथ कैवल्यनाथप्रियपार्श्ववर्तिन: । आसाद्य देवं गिरिशं यदृच्छया प्रापु: परं नूनमथ प्रचेतस: ॥ २ ॥
Ô Bārhaspatya, après avoir rencontré par hasard Girīśa (Śiva), si cher au Seigneur, dispensateur de la délivrance, qu’obtinrent les Pracetās en ce monde ou dans l’autre ? Ils atteignirent certes la demeure suprême, mais qu’obtinrent-ils encore ?
Verse 3
मैत्रेय उवाच प्रचेतसोऽन्तरुदधौ पितुरादेशकारिण: । जपयज्ञेन तपसा पुरञ्जनमतोषयन् ॥ ३ ॥
Maitreya dit : Les Pracetās, pour exécuter l’ordre de leur père, pratiquèrent de rudes austérités dans les eaux de l’océan. Par le sacrifice du japa des mantras donnés par Śiva, ils satisfirent Purañjana, Śrī Viṣṇu, le Seigneur Suprême.
Verse 4
दशवर्षसहस्रान्ते पुरुषस्तु सनातन: । तेषामाविरभूत्कृच्छ्रं शान्तेन शमयन् रुचा ॥ ४ ॥
Au terme de dix mille ans d’austérités rigoureuses, le Puruṣa éternel, le Seigneur Suprême, apparut devant eux sous une forme très agréable ; et par Son éclat paisible Il apaisa la peine de leur pénitence.
Verse 5
सुपर्णस्कन्धमारूढो मेरुशृङ्गमिवाम्बुद: । पीतवासा मणिग्रीव: कुर्वन्वितिमिरा दिश: ॥ ५ ॥
Le Seigneur, juché sur l’épaule de Garuḍa, semblait tel un nuage posé au sommet du mont Meru. Vêtu de jaune, le cou orné du joyau Kaustubha, l’éclat de Son corps dissipait les ténèbres dans toutes les directions de l’univers.
Verse 6
काशिष्णुना कनकवर्णविभूषणेन भ्राजत्कपोलवदनो विलसत्किरीट: । अष्टायुधैरनुचरैर्मुनिभि: सुरेन्द्रै- रासेवितो गरुडकिन्नरगीतकीर्ति: ॥ ६ ॥
Le visage du Seigneur était d’une beauté exquise, illuminé par des ornements d’or et un casque étincelant. De Ses huit bras, Il tenait diverses armes, et Il était entouré de devas, de grands sages et d’Indra et d’autres, tous voués à Son service. Garuḍa, battant des ailes, chantait des hymnes védiques pour glorifier Sa renommée, tel un habitant de Kinnaraloka.
Verse 7
पीनायताष्टभुजमण्डलमध्यलक्ष्म्या स्पर्धच्छ्रिया परिवृतो वनमालयाद्य: । बर्हिष्मत: पुरुष आह सुतान् प्रपन्नान् पर्जन्यनादरुतया सघृणावलोक: ॥ ७ ॥
Au cou du Bhagavān pendait une guirlande sylvestre descendant jusqu’à Ses genoux; elle ornait Ses huit bras robustes et allongés, comme si elle rivalisait avec la beauté de la déesse Lakṣmī. D’un regard miséricordieux et d’une voix semblable au tonnerre, le Seigneur s’adressa aux fils du roi Prācīnabarhiṣat, entièrement abandonnés à Lui.
Verse 8
श्रीभगवानुवाच वरं वृणीध्वं भद्रं वो यूयं मे नृपनन्दना: । सौहार्देनापृथग्धर्मास्तुष्टोऽहं सौहृदेन व: ॥ ८ ॥
Le Seigneur Suprême dit : Ô fils du roi, que le bien vous advienne. Je suis grandement satisfait de l’amitié qui vous unit ; vous êtes tous engagés dans un seul dharma : le service de bhakti. Touché par votre affection mutuelle, demandez-Moi à présent une bénédiction.
Verse 9
योऽनुस्मरति सन्ध्यायां युष्माननुदिनं नर: । तस्य भ्रातृष्वात्मसाम्यं तथा भूतेषु सौहृदम् ॥ ९ ॥
Celui qui se souvient de vous chaque jour au crépuscule développera une égalité fraternelle envers ses frères et une amitié envers tous les êtres vivants.
Verse 10
ये तु मां रुद्रगीतेन सायं प्रात: समाहिता: । स्तुवन्त्यहं कामवरान्दास्ये प्रज्ञां च शोभनाम् ॥ १० ॥
À ceux qui, recueillis, Me louent matin et soir par les prières composées par le seigneur Rudra, Je donnerai des bénédictions selon leurs désirs ainsi qu’une intelligence belle et noble.
Verse 11
यद्यूयं पितुरादेशमग्रहीष्ट मुदान्विता: । अथो व उशती कीर्तिर्लोकाननु भविष्यति ॥ ११ ॥
Puisque, avec joie, vous avez accueilli dans votre cœur l’ordre de votre père et l’avez exécuté avec une fidélité parfaite, vos qualités admirables seront célébrées dans le monde entier.
Verse 12
भविता विश्रुत: पुत्रोऽनवमो ब्रह्मणो गुणै: । य एतामात्मवीर्येण त्रिलोकीं पूरयिष्यति ॥ १२ ॥
Vous aurez un fils illustre, en rien inférieur à Brahmā par ses qualités; par sa propre puissance il remplira les trois mondes, et sa descendance peuplera la triloka.
Verse 13
कण्डो: प्रम्लोचया लब्धा कन्या कमललोचना । तां चापविद्धां जगृहुर्भूरुहा नृपनन्दना: ॥ १३ ॥
La jeune fille aux yeux de lotus, née de l’union du sage Kaṇḍu et de l’apsarā Pramlocā, fut laissée par Pramlocā sous la garde des arbres de la forêt, puis elle retourna au ciel. Ô princes, les arbres recueillirent l’enfant abandonnée.
Verse 14
क्षुत्क्षामाया मुखे राजा सोम: पीयूषवर्षिणीम् । देशिनीं रोदमानाया निदधे स दयान्वित: ॥ १४ ॥
Ensuite, l’enfant laissée aux arbres se mit à pleurer de faim. Alors le roi de la forêt, le dieu Lune, par compassion, plaça dans sa bouche son doigt d’où coulait le nectar; ainsi fut-elle élevée par la miséricorde du roi Lune.
Verse 15
प्रजाविसर्ग आदिष्टा: पित्रा मामनुवर्तता । तत्र कन्यां वरारोहां तामुद्वहत मा चिरम् ॥ १५ ॥
Puisque vous suivez mes ordres et que votre père vous a prescrit de susciter une descendance, épousez sans tarder cette jeune fille belle et vertueuse, et engendrez par elle une lignée.
Verse 16
अपृथग्धर्मशीलानां सर्वेषां व: सुमध्यमा । अपृथग्धर्मशीलेयं भूयात्पत्न्यर्पिताशया ॥ १६ ॥
Vous, frères, êtes tous d’une même nature : Mes dévots et des fils obéissants à votre père. De même, cette jeune fille à la taille fine est du même caractère et a voué son intention à vous tous ; ainsi, vous, fils de Prācīnabarhiṣat, et elle, demeurez sur un même plan, unis par un principe commun de dharma.
Verse 17
दिव्यवर्षसहस्राणां सहस्रमहतौजस: । भौमान् भोक्ष्यथ भोगान् वै दिव्यांश्चानुग्रहान्मम ॥ १७ ॥
Ô princes ! Par Ma miséricorde, vous jouirez sans obstacle, avec une pleine vigueur, des plaisirs de ce monde et de ceux des cieux, durant un million d’années divines.
Verse 18
अथ मय्यनपायिन्या भक्त्या पक्वगुणाशया: । उपयास्यथ मद्धाम निर्विद्य निरयादत: ॥ १८ ॥
Ensuite, vous développerez envers Moi une bhakti pure et ininterrompue, et vous serez délivrés de toute souillure matérielle. Alors, entièrement détachés des jouissances du ciel comme des états infernaux, vous regagnerez Ma demeure.
Verse 19
गृहेष्वाविशतां चापि पुंसां कुशलकर्मणाम् । मद्वार्तायातयामानां न बन्धाय गृहा मता: ॥ १९ ॥
Pour ceux qui accomplissent des actes propices dans le service dévotionnel et passent leur vie dans les sujets du Seigneur, la maison n’est pas tenue pour un lien d’asservissement, même s’ils vivent en famille.
Verse 20
नव्यवद्धृदये यज्ज्ञो ब्रह्मैतद्ब्रह्मवादिभि: । न मुह्यन्ति न शोचन्ति न हृष्यन्ति यतो गता: ॥ २० ॥
Les dévots, toujours engagés dans les activités du service dévotionnel, éprouvent dans leur cœur une fraîcheur sans cesse renouvelée, car le Paramātmā omniscient, demeurant intérieur, rend tout toujours nouveau. Les tenants de la Vérité Absolue nomment cela la position de Brahman ; dans cet état libéré, on n’est ni troublé, ni affligé, ni inutilement exalté.
Verse 21
मैत्रेय उवाच एवं ब्रुवाणं पुरुषार्थभाजनं जनार्दनं प्राञ्जलय: प्रचेतस: । तद्दर्शनध्वस्ततमोरजोमला गिरागृणन् गद्गदया सुहृत्तमम् ॥ २१ ॥
Maitreya dit : Après que Janārdana, la Personne Suprême, eut parlé ainsi, les Pracetas, les mains jointes, commencèrent à Lui offrir des prières. Il est le dispensateur de toute réussite et le bienfaiteur suprême, l’ami le plus intime du dévot. Le voyant face à face, leurs ténèbres et leurs souillures furent dissipées, et, d’une voix tremblante d’extase, ils Le glorifièrent.
Verse 22
प्रचेतस ऊचुः । नमो नमः क्लेशविनाशनाय । निरूपितोदारगुणाह्वयाय । मनोवचोवेगपुरोजवाय । सर्वाक्षमार्गैरगताध्वने नमः ॥ २२ ॥
Les Pracetas dirent : Hommage, hommage au Seigneur qui détruit toute souffrance ! Ton saint Nom et Tes qualités transcendantes, vastes et magnanimes, sont entièrement auspiciieux ; cela est déjà établi. Tu dépasses la vitesse du mental et des paroles, et Tu es inaccessible aux sens matériels. Ainsi, nous T’offrons nos prosternations encore et encore.
Verse 23
शुद्धाय शान्ताय नम: स्वनिष्ठया मनस्यपार्थं विलसद्द्वयाय । नमो जगत्स्थानलयोदयेषु गृहीतमायागुणविग्रहाय ॥ २३ ॥
Ô Seigneur pur et paisible, nous T’offrons nos hommages. Pour celui dont l’esprit demeure fixé en Toi avec constance, le monde de la dualité —bien qu’il semble objet de jouissance— devient sans valeur. Pour créer, maintenir et dissoudre l’univers, Tu Te manifestes comme Brahmā, Viṣṇu et Śiva, assumant des formes liées aux guṇa de la māyā ; à Toi nos prosternations.
Verse 24
नमो विशुद्धसत्त्वाय हरये हरिमेधसे । वासुदेवाय कृष्णाय प्रभवे सर्वसात्वताम् ॥ २४ ॥
Hommage à Hari, de sattva parfaitement pur, et au Seigneur Hari-medhas, dont l’intelligence sait enlever la misère du dévot. Hommage à Vāsudeva, présent partout ; à Kṛṣṇa, fils de Vasudeva ; et à Prabhava, qui accroît l’influence et la grâce de tous les dévots sātvata.
Verse 25
नम: कमलनाभाय नम: कमलमालिने । नम: कमलपादाय नमस्ते कमलेक्षण ॥ २५ ॥
Hommage au Seigneur au nombril de lotus ; hommage à Celui qui porte une guirlande de lotus. Hommage à Celui dont les pieds sont des lotus ; ô Toi aux yeux semblables aux pétales de lotus, hommage à Toi.
Verse 26
नम: कमलकिञ्जल्कपिशङ्गामलवाससे । सर्वभूतनिवासाय नमोऽयुङ्क्ष्महि साक्षिणे ॥ २६ ॥
Ô Seigneur, Ton vêtement est jaunâtre comme le safran du lotus, sans être matériel. Tu demeures dans le cœur de tous et Tu es le témoin direct de tous les actes; nous Te rendons hommage encore et encore.
Verse 27
रूपं भगवता त्वेतदशेषक्लेशसङ्क्षयम् । आविष्कृतं न: क्लिष्टानां किमन्यदनुकम्पितम् ॥ २७ ॥
Ô Bhagavān, cette forme transcendante anéantit sans reste toutes les souffrances. Pour délivrer nous, âmes conditionnées et tourmentées, Tu T’es manifesté ainsi : preuve de Ta miséricorde illimitée et sans cause. Que dire alors de Ta faveur envers les dévots !
Verse 28
एतावत्त्वं हि विभुभिर्भाव्यं दीनेषु वत्सलै: । यदनुस्मर्यते काले स्वबुद्ध्याभद्ररन्धन ॥ २८ ॥
Ô Seigneur, destructeur de tout malheur : les grands, pleins de tendresse pour les humbles, estiment ceci essentiel—qu’au moment voulu on se souvienne de Toi par Ton expansion en arcā-vigraha. Considère-nous comme Tes serviteurs éternels.
Verse 29
येनोपशान्तिर्भूतानां क्षुल्लकानामपीहताम् । अन्तर्हितोऽन्तर्हृदये कस्मान्नो वेद नाशिष: ॥ २९ ॥
Même si nous sommes insignifiants, lorsque le Seigneur, par compassion naturelle, pense à Son dévot, par ce seul acte les désirs du dévot novice s’apaisent et s’accomplissent. Le Seigneur demeure caché dans le cœur de chaque être; comment ne connaîtrait-Il pas nos souhaits ?
Verse 30
असावेव वरोऽस्माकमीप्सितो जगत: पते । प्रसन्नो भगवान् येषामपवर्गगुरुर्गति: ॥ ३० ॥
Ô Seigneur de l’univers, Tu es le véritable maître de la science de la bhakti. La grâce que nous désirons n’est que celle-ci : que Tu sois satisfait de nous, car Tu es le guide de la délivrance et le but suprême. Nous ne voulons rien d’autre que Ta pleine satisfaction.
Verse 31
वरं वृणीमहेऽथापि नाथ त्वत्परत: परात् । न ह्यन्तस्त्वद्विभूतीनां सोऽनन्त इति गीयसे ॥ ३१ ॥
Ô Seigneur, nous implorons Ta bénédiction, car Tu es le Suprême, au-delà de toute transcendance. Tes opulences sont sans fin; c’est pourquoi Tu es glorifié sous le nom d’Ananta.
Verse 32
पारिजातेऽञ्जसा लब्धे सारङ्गोऽन्यन्न सेवते । त्वदङ्घ्रिमूलमासाद्य साक्षात्किं किं वृणीमहि ॥ ३२ ॥
Ô Seigneur, lorsque l’abeille atteint l’arbre céleste pārijāta, elle ne cherche plus ailleurs. De même, ayant trouvé refuge à Tes pieds de lotus, quelle autre grâce pourrions-nous Te demander ?
Verse 33
यावत्ते मायया स्पृष्टा भ्रमाम इह कर्मभि: । तावद्भवत्प्रसङ्गानां सङ्ग: स्यान्नो भवे भवे ॥ ३३ ॥
Ô Seigneur, tant que, touchés par Ta māyā, nous devrons errer en ce monde sous l’emprise du karma—de corps en corps et de monde en monde—accorde-nous, vie après vie, la compagnie des dévots qui évoquent Tes līlā.
Verse 34
तुलयाम लवेनापि न स्वर्गं नापुनर्भवम् । भगवत्सङ्गिसङ्गस्य मर्त्यानां किमुताशिष: ॥ ३४ ॥
Même un instant d’association avec un dévot pur ne saurait être comparé au séjour dans les mondes célestes ni même à la fusion dans l’effulgence de Brahman. Pour les êtres mortels, la compagnie des dévots purs est la bénédiction suprême.
Verse 35
यत्रेड्यन्ते कथा मृष्टास्तृष्णाया: प्रशमो यत: । निर्वैरं यत्र भूतेषु नोद्वेगो यत्र कश्चन ॥ ३५ ॥
Là où l’on célèbre et goûte les récits purs et exquis du Seigneur, la soif du désir s’apaise. Là, il n’y a nulle inimitié entre les êtres, et nul ne souffre d’angoisse ni de peur.
Verse 36
यत्र नारायण: साक्षाद्भगवान्न्यासिनां गति: । संस्तूयते सत्कथासु मुक्तसङ्गै: पुन: पुन: ॥ ३६ ॥
Là où des dévots affranchis de tout attachement glorifient, dans les récits sacrés, le Saint Nom de Bhagavān Nārāyaṇa encore et encore, là Nārāyaṇa est présent en personne; Il est le but suprême des sannyāsīs.
Verse 37
तेषां विचरतां पद्भ्यां तीर्थानां पावनेच्छया । भीतस्य किं न रोचेत तावकानां समागम: ॥ ३७ ॥
Ô Seigneur, Tes compagnons dévots parcourent le monde pour purifier même les lieux de pèlerinage. Pour celui qui craint réellement l’existence matérielle, la rencontre avec les tiens ne serait-elle pas délicieuse?
Verse 38
वयं तु साक्षाद्भगवन् भवस्य प्रियस्य सख्यु: क्षणसङ्गमेन । सुदुश्चिकित्स्यस्य भवस्य मृत्यो- र्भिषक्तमं त्वाद्य गतिं गता: स्म ॥ ३८ ॥
Ô Bhagavān, grâce à un seul instant d’association avec Śambhu (Śiva), Ton ami le plus intime et si cher, nous avons eu la fortune de Te rejoindre. Tu es le médecin suprême, capable de guérir la maladie presque incurable du samsāra; nous prenons refuge à Tes pieds de lotus.
Verse 39
यन्न: स्वधीतं गुरव: प्रसादिता विप्राश्च वृद्धाश्च सदानुवृत्त्या । आर्या नता: सुहृदो भ्रातरश्च सर्वाणि भूतान्यनसूययैव ॥ ३९ ॥ यन्न: सुतप्तं तप एतदीश निरन्धसां कालमदभ्रमप्सु । सर्वं तदेतत्पुरुषस्य भूम्नो वृणीमहे ते परितोषणाय ॥ ४० ॥
Ô Seigneur, nous avons étudié les Védas, satisfait les maîtres spirituels, servi les brāhmaṇas et les anciens avancés; nous nous sommes inclinés devant les nobles, amis et frères, sans jalousie envers aucun être. Ô Purusottama, nous offrons tout cela uniquement pour Ta satisfaction.
Verse 40
यन्न: स्वधीतं गुरव: प्रसादिता विप्राश्च वृद्धाश्च सदानुवृत्त्या । आर्या नता: सुहृदो भ्रातरश्च सर्वाणि भूतान्यनसूययैव ॥ ३९ ॥ यन्न: सुतप्तं तप एतदीश निरन्धसां कालमदभ्रमप्सु । सर्वं तदेतत्पुरुषस्य भूम्नो वृणीमहे ते परितोषणाय ॥ ४० ॥
Ô Īśa, nous avons accompli de rudes austérités dans l’eau, longtemps sans nourriture, sans l’orgueil du temps ni l’illusion. Ô Purusottama, nous offrons tout cela uniquement pour Te satisfaire; nous ne demandons rien d’autre.
Verse 41
मनु: स्वयम्भूर्भगवान् भवश्च येऽन्ये तपोज्ञानविशुद्धसत्त्वा: । अदृष्टपारा अपि यन्महिम्न: स्तुवन्त्यथो त्वात्मसमं गृणीम: ॥ ४१ ॥
Ô Seigneur, ni Manu, ni Brahmā le Svayambhū, ni le Bhagavān Śiva, ni même les grands yogīs purifiés par l’austérité et la connaissance ne peuvent saisir pleinement Ta gloire et Tes puissances. Pourtant, ils Te louent selon leur mesure; de même, nous aussi, bien moindres, T’offrons nos prières selon notre capacité.
Verse 42
नम: समाय शुद्धाय पुरुषाय पराय च । वासुदेवाय सत्त्वाय तुभ्यं भगवते नम: ॥ ४२ ॥
Ô Bhagavān, Tu es égal envers tous, parfaitement pur, et Tu es le Purusha suprême. Parce que Tu demeures partout au sein de l’existence, Tu es connu comme Vāsudeva; Tu es de nature sattva et au-delà de toute souillure matérielle. Nous T’offrons nos respectueuses prosternations.
Verse 43
मैत्रेय उवाच इति प्रचेतोभिरभिष्टुतो हरि: प्रीतस्तथेत्याह शरण्यवत्सल: । अनिच्छतां यानमतृप्तचक्षुषां ययौ स्वधामानपवर्गवीर्य: ॥ ४३ ॥
Maitreya dit : Ô Vidura, ainsi loué par les Pracetās, Hari, protecteur des âmes abandonnées et tendre envers Ses bhaktas, fut comblé et répondit : « Tathāstu : que vos prières s’accomplissent. » Puis le Seigneur, invaincu en Sa puissance, regagna Sa demeure. Les Pracetās, dont les yeux n’étaient pas encore rassasiés de Le voir, ne voulaient pas s’en séparer.
Verse 44
अथ निर्याय सलिलात्प्रचेतस उदन्वत: । वीक्ष्याकुप्यन्द्रुमैश्छन्नां गां गां रोद्धुमिवोच्छ्रितै: ॥ ४४ ॥
Ensuite, les Pracetās sortirent des eaux de l’océan. Ils virent que les arbres sur la terre avaient poussé démesurément, comme s’ils se dressaient pour barrer la route vers les mondes célestes. Toute la surface du monde était couverte d’arbres; à cette vue, les Pracetās s’irritèrent vivement.
Verse 45
ततोऽग्निमारुतौ राजन्नमुञ्चन्मुखतो रुषा । महीं निर्वीरुधं कर्तुं संवर्तक इवात्यये ॥ ४५ ॥
Ô roi, de même qu’au temps de la dévastation Rudra, dans sa colère, projette feu et vent de sa bouche, ainsi les Pracetās, irrités, firent jaillir feu et air de leurs bouches afin de rendre la terre entièrement dépourvue d’arbres et de végétation.
Verse 46
भस्मसात्क्रियमाणांस्तान् द्रुमान्वीक्ष्य पितामह: । आगत: शमयामास पुत्रान् बर्हिष्मतो नयै: ॥ ४६ ॥
Voyant que les arbres à la surface de la terre étaient réduits en cendres, le Grand-Père Brahmā vint aussitôt et apaisa les fils du roi Barhiṣmān par des paroles empreintes de raison.
Verse 47
तत्रावशिष्टा ये वृक्षा भीता दुहितरं तदा । उज्जह्रुस्ते प्रचेतोभ्य उपदिष्टा: स्वयम्भुवा ॥ ४७ ॥
Les arbres restés sur place, saisis de peur devant les Pracetās, sur le conseil de Brahmā le Né-de-Lui-même, livrèrent aussitôt leur fille.
Verse 48
ते च ब्रह्मण आदेशान्मारिषामुपयेमिरे । यस्यां महदवज्ञानादजन्यजनयोनिज: ॥ ४८ ॥
Sur l’ordre de Brahmā, les Pracetās prirent Māriṣā pour épouse. De son sein naquit Dakṣa, fils de Brahmā; pour avoir désobéi et méprisé Mahādeva (Śiva), il dut naître du ventre de Māriṣā et abandonner son corps à deux reprises.
Verse 49
चाक्षुषे त्वन्तरे प्राप्ते प्राक्सर्गे कालविद्रुते । य: ससर्ज प्रजा इष्टा: स दक्षो दैवचोदित: ॥ ४९ ॥
Dans le manvantara de Cākṣuṣa, bien que son corps précédent eût été détruit par le cours du temps lors de la création antérieure, ce même Dakṣa, poussé par la volonté divine, engendra les êtres désirés.
Verse 50
यो जायमान: सर्वेषां तेजस्तेजस्विनां रुचा । स्वयोपादत्त दाक्ष्याच्च कर्मणां दक्षमब्रुवन् ॥ ५० ॥ तं प्रजासर्गरक्षायामनादिरभिषिच्य च । युयोज युयुजेऽन्यांश्च स वै सर्वप्रजापतीन् ॥ ५१ ॥
À peine né, Dakṣa, par l’excellence de l’éclat de son corps, éclipsa la splendeur de tous les êtres lumineux. Comme il était très habile dans l’accomplissement du karma, on l’appela ‘Dakṣa’, « le très expert ».
Verse 51
यो जायमान: सर्वेषां तेजस्तेजस्विनां रुचा । स्वयोपादत्त दाक्ष्याच्च कर्मणां दक्षमब्रुवन् ॥ ५० ॥ तं प्रजासर्गरक्षायामनादिरभिषिच्य च । युयोज युयुजेऽन्यांश्च स वै सर्वप्रजापतीन् ॥ ५१ ॥
Dès sa naissance, Dakṣa, par l’excellence de l’éclat de son corps, éclipsa la splendeur de tous les autres. Parce qu’il était très habile dans l’accomplissement des actes karmiques, on l’appela « Dakṣa », le très expert. Le seigneur Brahmā l’engagea donc à engendrer et à protéger les êtres; et, en son temps, Dakṣa associa aussi d’autres Prajāpatis à l’œuvre de création et de maintien.
Their unity shows purified consciousness: no envy, one purpose, and cooperative devotional service. In Bhāgavata theology, such non-envious harmony is a sign of sattva refined by bhakti; it is especially pleasing to the Lord because it mirrors the spiritual world’s relational fabric, where devotion is expressed through loving cooperation rather than competition.
The Lord frames their enjoyment as non-obstructive because it is granted under His shelter and followed by the rise of unadulterated bhakti. The chapter explicitly states the bhakti principle: one who offers the results of action to Bhagavān is not bound even while living in family life. Thus, enjoyment does not become bondage when detached and dedicated to the Supreme.
It expresses mature bhakti: they value the means that continually awakens love of God—association and hari-kathā—above heaven, mystic success, or even impersonal liberation. The chapter asserts that even a moment with a pure devotee surpasses heavenly promotion and Brahman merging, because sādhu-saṅga directly plants and nourishes devotion.
Māriṣā is the daughter connected to Pramlocā and Kaṇḍu, cared for by the trees and nourished by the Moon’s nectar. Her marriage to the Pracetās fulfills the cosmic order to generate progeny while keeping their shared unity intact; it also becomes the instrument for Dakṣa’s rebirth, linking this chapter to the broader Dakṣa–Śiva narrative tensions in the Purāṇa.
Dakṣa’s rebirth is attributed to disobedience and disrespect toward Śiva (Mahādeva), showing that even powerful administrators are accountable to dharma and Vaiṣṇava principles. The narrative uses Dakṣa to illustrate how pride in ritual power can lead to downfall, and how cosmic administration (visarga/prajā-sarga) must remain aligned with devotion and respect for the Lord’s devotees.