Adhyaya 17
Chaturtha SkandhaAdhyaya 1736 Verses

Adhyaya 17

Pṛthu Pursues the Earth and the Earth Takes the Form of a Cow (Bhūmi as Gauḥ)

Après que les bardes et récitateurs ont glorifié les vertus du roi Pṛthu, celui-ci honore tous les ordres sociaux—brāhmaṇas, administrateurs, prêtres, citoyens et dépendants—manifestant la stabilité d’un pouvoir de rājarṣi. Vidura presse alors Maitreya de précisions théologiques et narratives : pourquoi Bhūmi (la Terre) prend la forme d’une vache, comment le sol fut nivelé, pourquoi Indra vola le cheval sacrificiel, et comment Pṛthu atteignit la destination suprême après l’enseignement de Sanat-kumāra. Maitreya reprend le récit : lors de l’intronisation de Pṛthu, une famine frappe le peuple ; les citoyens viennent à lui comme au protecteur investi par le Divin, demandant nourriture et moyens de subsistance. Cherchant la cause, Pṛthu affronte avec colère la Terre pour avoir retenu les grains. Terrifiée, Bhūmi s’enfuit à travers le cosmos sous forme de vache, mais ne peut échapper. Lorsqu’elle se rend, elle plaide selon le dharma (non-violence envers les femmes), selon la dépendance cosmique (la Terre comme barque portant tous les êtres) et selon la théologie—reconnaissant en Pṛthu la présence investie du Seigneur Suprême, au-delà des guṇa. Ce chapitre prépare la suite : non la destruction, mais une solution dhārmique—traire la Terre correctement afin que la prospérité revienne sous un gouvernement juste.

Shlokas

Verse 1

मैत्रेय उवाच एवं स भगवान् वैन्य: ख्यापितो गुणकर्मभि: । छन्दयामास तान् कामै: प्रतिपूज्याभिनन्द्य च ॥ १ ॥

Maitreya dit : Ainsi Bhagavān Vainya (Pṛthu) fut célébré par le récit de ses qualités et de ses actes chevaleresques. Puis le Mahārāja Pṛthu les honora comme il se doit, les salua avec respect et les combla de présents variés.

Verse 2

ब्राह्मणप्रमुखान् वर्णान् भृत्यामात्यपुरोधस: । पौराञ्जानपदान् श्रेणी: प्रकृती: समपूजयत् ॥ २ ॥

Le roi Pṛthu combla et honora également les chefs des brāhmaṇas et des autres classes, ses serviteurs, ses ministres et ses prêtres; les citadins, les gens des campagnes, les membres d’autres communautés, les corporations et ses admirateurs. Tous en furent réjouis.

Verse 3

विदुर उवाच कस्माद्दधार गोरूपं धरित्री बहुरूपिणी । यां दुदोह पृथुस्तत्र को वत्सो दोहनं च किम् ॥ ३ ॥

Vidura demanda : Ô brāhmaṇa, puisque la Terre-Mère peut prendre bien des formes, pourquoi prit-elle celle d’une vache ? Et lorsque le roi Pṛthu la trait, qui fut le veau, quel fut le procédé de la traite, et quel en fut le récipient ?

Verse 4

प्रकृत्या विषमा देवी कृता तेन समा कथम् । तस्य मेध्यं हयं देव: कस्य हेतोरपाहरत् ॥ ४ ॥

La surface de la terre est naturellement inégale, tantôt haute, tantôt basse. Comment le Mahārāja Pṛthu l’a-t-il rendue plane ? Et pour quelle raison Indra, roi du ciel, déroba-t-il le cheval consacré au sacrifice ?

Verse 5

सनत्कुमाराद्भगवतो ब्रह्मन् ब्रह्मविदुत्तमात् । लब्ध्वा ज्ञानं सविज्ञानं राजर्षि: कां गतिं गत: ॥ ५ ॥

Ô brāhmane, le roi-sage Pṛthu reçut de Sanat-kumāra, le plus éminent connaisseur védique, une connaissance accompagnée de sa mise en pratique; quelle demeure souhaitée atteignit-il?

Verse 6

यच्चान्यदपि कृष्णस्य भवान् भगवत: प्रभो: । श्रव: सुश्रवस: पुण्यं पूर्वदेहकथाश्रयम् ॥ ६ ॥ भक्ताय मेऽनुरक्ताय तव चाधोक्षजस्य च । वक्तुमर्हसि योऽदुह्यद्वैन्यरूपेण गामिमाम् ॥ ७ ॥

Tu es une incarnation śaktyāveśa des puissances du Seigneur Kṛṣṇa; ainsi, tout récit de ses actes est très doux à entendre et confère une bonne fortune sacrée, s’appuyant sur les récits des existences passées. Pour ma part, je suis un dévot attaché à toi et au Seigneur Adhokṣaja; je t’en prie, raconte toutes les histoires du roi Pṛthu qui, sous la forme du fils de Vena, a trait cette terre en forme de vache.

Verse 7

यच्चान्यदपि कृष्णस्य भवान् भगवत: प्रभो: । श्रव: सुश्रवस: पुण्यं पूर्वदेहकथाश्रयम् ॥ ६ ॥ भक्ताय मेऽनुरक्ताय तव चाधोक्षजस्य च । वक्तुमर्हसि योऽदुह्यद्वैन्यरूपेण गामिमाम् ॥ ७ ॥

Tu es une incarnation śaktyāveśa des puissances du Seigneur Kṛṣṇa; ainsi, tout récit de ses actes est très doux à entendre et confère une bonne fortune sacrée, s’appuyant sur les récits des existences passées. Pour ma part, je suis un dévot attaché à toi et au Seigneur Adhokṣaja; je t’en prie, raconte toutes les histoires du roi Pṛthu qui, sous la forme du fils de Vena, a trait cette terre en forme de vache.

Verse 8

सूत उवाच चोदितो विदुरेणैवं वासुदेवकथां प्रति । प्रशस्य तं प्रीतमना मैत्रेय: प्रत्यभाषत ॥ ८ ॥

Sūta Gosvāmī poursuivit : lorsque Vidura fut inspiré à entendre les récits de Vāsudeva, Sūta le loua; puis Maitreya, le cœur joyeux et très satisfait de Vidura, le félicita et parla ainsi.

Verse 9

मैत्रेय उवाच यदाभिषिक्त: पृथुरङ्ग विप्रै-रामन्त्रितो जनतायाश्च पाल: । प्रजा निरन्ने क्षितिपृष्ठ एत्यक्षुत्क्षामदेहा: पतिमभ्यवोचन् ॥ ९ ॥

Maitreya dit : Cher Vidura, lorsque Pṛthu fut oint par les brāhmaṇas et les sages et proclamé protecteur des citoyens, il y avait pénurie de grains sur la terre. Les sujets, amaigris par la faim, vinrent devant le roi et lui exposèrent leur situation réelle.

Verse 10

वयं राजञ्जाठरेणाभितप्तायथाग्निना कोटरस्थेन वृक्षा: । त्वामद्य याता: शरणं शरण्यंय: साधितो वृत्तिकर: पतिर्न: ॥ १० ॥ तन्नो भवानीहतु रातवेऽन्नंक्षुधार्दितानां नरदेवदेव । यावन्न नङ्‍क्ष्यामह उज्झितोर्जावार्तापतिस्त्वं किल लोकपाल: ॥ ११ ॥

Ô roi, de même qu’un arbre dont le tronc creux brûle d’un feu intérieur se dessèche peu à peu, ainsi nous nous consumons sous le feu de la faim dans le ventre. Tu es le refuge des âmes qui se rendent et tu as été établi pour assurer notre subsistance; c’est pourquoi nous venons chercher protection auprès de toi.

Verse 11

वयं राजञ्जाठरेणाभितप्तायथाग्निना कोटरस्थेन वृक्षा: । त्वामद्य याता: शरणं शरण्यंय: साधितो वृत्तिकर: पतिर्न: ॥ १० ॥ तन्नो भवानीहतु रातवेऽन्नंक्षुधार्दितानां नरदेवदेव । यावन्न नङ्‍क्ष्यामह उज्झितोर्जावार्तापतिस्त्वं किल लोकपाल: ॥ ११ ॥

Ô Naradeva, roi semblable à un dieu, prends pitié de nous que la faim tourmente : ordonne une juste distribution des grains afin de l’apaiser. Protège-nous avant que nos forces ne s’éteignent, car tu es le maître de notre subsistance et le gardien du monde.

Verse 12

मैत्रेय उवाच पृथु: प्रजानां करुणं निशम्य परिदेवितम् । दीर्घं दध्यौ कुरुश्रेष्ठ निमित्तं सोऽन्वपद्यत ॥ १२ ॥

Maitreya dit : Entendant la plainte émouvante des sujets et voyant leur état pitoyable, le roi Pṛthu réfléchit longuement afin d’en découvrir la cause profonde.

Verse 13

इति व्यवसितो बुद्ध्या प्रगृहीतशरासन: । सन्दधे विशिखं भूमे: क्रुद्धस्त्रिपुरहा यथा ॥ १३ ॥

Ayant ainsi tranché, le roi saisit arc et flèche et, dans sa colère, les braqua sur la terre, tel Śiva, le vainqueur de Tripura, lorsqu’il s’irrite pour détruire.

Verse 14

प्रवेपमाना धरणी निशाम्योदायुधं च तम् । गौ: सत्यपाद्रवद्भीता मृगीव मृगयुद्रुता ॥ १४ ॥

Voyant le roi lever ses armes, la Terre se mit à trembler de peur. Terrifiée, elle prit la forme d’une vache et s’enfuit, telle une biche qui détale quand un chasseur la poursuit.

Verse 15

तामन्वधावत्तद्वैन्य: कुपितोऽत्यरुणेक्षण: । शरं धनुषि सन्धाय यत्र यत्र पलायते ॥ १५ ॥

Voyant cela, Mahārāja Pṛthu, fils de Vena, s’emporta; ses yeux rougirent comme le soleil de l’aurore. Posant une flèche sur son arc, il poursuivit la Terre sous forme de vache partout où elle s’enfuyait.

Verse 16

सा दिशो विदिशो देवी रोदसी चान्तरं तयो: । धावन्ती तत्र तत्रैनं ददर्शानूद्यतायुधम् ॥ १६ ॥

La déesse Terre, sous forme de vache, courut de tous côtés, jusque dans l’espace entre les mondes célestes et la terre; et partout où elle fuyait, elle voyait le roi la poursuivre, l’arc et les flèches levés.

Verse 17

लोके नाविन्दत त्राणं वैन्यान्मृत्योरिव प्रजा: । त्रस्ता तदा निववृते हृदयेन विदूयता ॥ १७ ॥

De même qu’on ne peut échapper aux mains cruelles de la mort, la Terre sous forme de vache ne trouva pas de refuge contre le fils de Vena. Enfin, saisie de peur et le cœur meurtri, elle fit demi-tour, impuissante.

Verse 18

उवाच च महाभागं धर्मज्ञापन्नवत्सल । त्राहि मामपि भूतानां पालनेऽवस्थितो भवान् ॥ १८ ॥

Alors elle s’adressa au grand et fortuné roi Pṛthu, connaisseur du dharma et plein de tendresse pour les âmes réfugiées : « Sauve-moi aussi. Tu es le protecteur de tous les êtres; désormais tu es établi comme roi de cette planète. »

Verse 19

स त्वं जिघांससे कस्माद्दीनामकृतकिल्बिषाम् । अहनिष्यत्कथं योषां धर्मज्ञ इति यो मत: ॥ १९ ॥

La Terre sous forme de vache poursuivit sa supplique : « Je suis pauvre et n’ai commis aucune faute; pourquoi veux-tu me tuer ? On te tient pour connaisseur du dharma; pourquoi donc m’envier et t’empresser de mettre à mort une femme ? »

Verse 20

प्रहरन्ति न वै स्त्रीषु कृताग:स्वपि जन्तव: । किमुत त्वद्विधा राजन् करुणा दीनवत्सला: ॥ २० ॥

Même si une femme commet une faute, nul ne devrait lever la main sur elle. Que dire alors de toi, ô roi, si compatissant, protecteur et tendre envers les démunis !

Verse 21

मां विपाट्याजरां नावं यत्र विश्वं प्रतिष्ठितम् । आत्मानं च प्रजाश्चेमा: कथमम्भसि धास्यसि ॥ २१ ॥

Ô roi, je suis telle une barque solide et impérissable sur laquelle repose le monde. Si tu me mets en pièces, comment toi et tes sujets échapperez-vous à la noyade ?

Verse 22

पृथुरुवाच वसुधे त्वां वधिष्यामि मच्छासनपराङ्‍मुखीम् । भागं बर्हिषि या वृङ्क्ते न तनोति च नो वसु ॥ २२ ॥

Le roi Pṛthu répondit : Ô Terre, tu as désobéi à mon autorité. Tu reçois ta part dans les yajñas, mais tu ne produis pas assez de grains pour nous ; c’est pourquoi je dois te châtier.

Verse 23

यवसं जग्ध्यनुदिनं नैव दोग्ध्यौधसं पय: । तस्यामेवं हि दुष्टायां दण्डो नात्र न शस्यते ॥ २३ ॥

Bien que tu manges chaque jour de l’herbe verte, tu ne remplis pas ta mamelle pour que nous puissions user de ton lait. Puisque tu offenses volontairement, ce n’est pas parce que tu prends forme de vache que tu es hors de châtiment.

Verse 24

त्वं खल्वोषधिबीजानि प्राक् सृष्टानि स्वयम्भुवा । न मुञ्चस्यात्मरुद्धानि मामवज्ञाय मन्दधी: ॥ २४ ॥

Les semences d’herbes et de céréales créées jadis par Brahmā sont cachées en toi ; mais, l’esprit obtus, tu méprises mon ordre et tu ne les libères pas.

Verse 25

अमूषां क्षुत्परीतानामार्तानां परिदेवितम् । शमयिष्यामि मद्बाणैर्भिन्नायास्तव मेदसा ॥ २५ ॥

Maintenant, à l'aide de mes flèches, je vais te couper en morceaux et, avec ta chair, satisfaire les citoyens affamés qui pleurent par manque de céréales.

Verse 26

पुमान् योषिदुत क्लीब आत्मसम्भावनोऽधम: । भूतेषु निरनुक्रोशो नृपाणां तद्वधोऽवध: ॥ २६ ॥

Toute personne cruelle — qu'il s'agisse d'un homme, d'une femme ou d'un eunuque — qui ne s'intéresse qu'à sa propre subsistance et n'a aucune compassion pour les autres êtres vivants peut être tuée par le roi. Une telle mise à mort n'est pas considérée comme un meurtre.

Verse 27

त्वां स्तब्धां दुर्मदां नीत्वा मायागां तिलश: शरै: । आत्मयोगबलेनेमा धारयिष्याम्यहं प्रजा: ॥ २७ ॥

Tu es très enflée d'orgueil et tu es devenue presque folle. Actuellement, tu as pris la forme d'une vache grâce à tes pouvoirs mystiques. Néanmoins, je te couperai en petits morceaux comme des graines de sésame, et je soutiendrai la population entière par mes propres pouvoirs mystiques.

Verse 28

एवं मन्युमयीं मूर्तिं कृतान्तमिव बिभ्रतम् । प्रणता प्राञ्जलि: प्राह मही सञ्जातवेपथु: ॥ २८ ॥

À ce moment, Pṛthu Mahārāja devint exactement comme Yamarāja, et tout son corps semblait très en colère. En d'autres termes, il était la colère personnifiée. Après l'avoir entendu, la planète terre commença à trembler. Elle se rendit et, les mains jointes, commença à parler ainsi.

Verse 29

धरोवाच नम: परस्मै पुरुषाय मायया विन्यस्तनानातनवे गुणात्मने । नम: स्वरूपानुभवेन निर्धुत द्रव्यक्रियाकारकविभ्रमोर्मये ॥ २९ ॥

La planète terre parla : Mon cher Seigneur, ô Personnalité Suprême de la Divinité, Tu es dans Ta position transcendantale, et par Ton énergie matérielle, Tu T'es étendu sous diverses formes et espèces de vie. Contrairement à d'autres maîtres, Tu restes toujours dans Ta position transcendantale et n'es pas affecté par la création matérielle.

Verse 30

येनाहमात्मायतनं विनिर्मिता धात्रा यतोऽयं गुणसर्गसङ्ग्रह: । स एव मां हन्तुमुदायुध: स्वरा- डुपस्थितोऽन्यं शरणं कमाश्रये ॥ ३० ॥

La Terre dit : Ô Seigneur, par Ta māyā Tu as créé cet univers avec les trois guṇa et Tu m’as faite demeure et support de tous les êtres. Tu es pleinement indépendant ; et voici que Tu te tiens devant moi, armes en main, prêt à me tuer. Dis-moi : auprès de qui dois-je chercher refuge, qui me protégera ?

Verse 31

य एतदादावसृजच्चराचरं स्वमाययात्माश्रययावितर्क्यया । तयैव सोऽयं किल गोप्तुमुद्यत: कथं नु मां धर्मपरो जिघांसति ॥ ३१ ॥

Ô Seigneur, au commencement de la création Tu as engendré tous les êtres mobiles et immobiles par Ton énergie inconcevable, reposant en Toi-même. Par cette même énergie Tu es maintenant prêt à protéger les êtres; Tu es le suprême gardien du dharma. Pourquoi donc veux-Tu me tuer, alors que je suis sous la forme d’une vache ?

Verse 32

नूनं बतेशस्य समीहितं जनै- स्तन्मायया दुर्जययाकृतात्मभि: । न लक्ष्यते यस्त्वकरोदकारयद् योऽनेक एक: परतश्च ईश्वर: ॥ ३२ ॥

Mon Seigneur, bien que Tu sois Un, par Tes puissances inconcevables Tu T’étends en de multiples formes. Par l’entremise de Brahmā, Tu as fait créer cet univers; ainsi Tu es directement la Suprême Personnalité de Dieu. Mais ceux que recouvre Ta māyā, difficile à vaincre, ne comprennent pas Tes actes transcendants.

Verse 33

सर्गादि योऽस्यानुरुणद्धि शक्तिभि- र्द्रव्यक्रियाकारकचेतनात्मभि: । तस्मै समुन्नद्धनिरुद्धशक्तये नम: परस्मै पुरुषाय वेधसे ॥ ३३ ॥

Mon Seigneur, par Tes propres puissances Tu es la cause originelle des éléments, de l’action, des instruments (les sens), des agents (les devas régents), de l’esprit, de l’intelligence et de l’ego, ainsi que de tout le reste. Par Ton énergie, ce cosmos se manifeste, se maintient et se résorbe; tantôt il apparaît, tantôt non. Ainsi Tu es le Purusha suprême, cause de toutes les causes. Je T’offre mes respectueuses prosternations.

Verse 34

स वै भवानात्मविनिर्मितं जगद् भूतेन्द्रियान्त:करणात्मकं विभो । संस्थापयिष्यन्नज मां रसातला- दभ्युज्जहाराम्भस आदिसूकर: ॥ ३४ ॥

Ô Seigneur tout-puissant, ce monde est façonné par Toi-même : en éléments, en sens et en intériorité. Tu es l’Inengendré. Jadis, sous la forme du Varāha primordial, Tu m’as soulevée des eaux de Rasātala afin d’établir le monde.

Verse 35

अपामुपस्थे मयि नाव्यवस्थिता: प्रजा भवानद्य रिरक्षिषु: किल । स वीरमूर्ति: समभूद्धराधरो यो मां पयस्युग्रशरो जिघांससि ॥ ३५ ॥

Ô Seigneur, jadis Tu m’as tirée des eaux et as protégé les êtres; ainsi Ton Nom est glorifié comme Dharādhara, Celui qui soutient la Terre. Mais aujourd’hui, sous la forme d’un grand héros, Tu t’apprêtes à me tuer de flèches acérées; pourtant je suis comme une barque sur l’eau, portant tout pour que rien ne sombre.

Verse 36

नूनं जनैरीहितमीश्वराणा- मस्मद्विधैस्तद्गुणसर्गमायया । न ज्ञायते मोहितचित्तवर्त्मभि- स्तेभ्यो नमो वीरयशस्करेभ्य: ॥ ३६ ॥

Ô Seigneur, les desseins des Souverains —les Tiens— ne sont pas connus de gens comme nous, façonnés par ta māyā des trois guṇas, car notre esprit suit la voie de l’illusion. Même les actes de Tes dévots nous échappent, que dire alors de Tes līlās; ainsi je rends hommage à ceux qui accroissent Ta gloire héroïque.

Frequently Asked Questions

The cow-form communicates that nature is meant to nourish when approached through dharma: like a cow gives milk when properly cared for and milked with the right method, Bhūmi yields grains and prosperity when governance is righteous and yajña-based reciprocity is honored. The imagery also frames the king’s role: not exploitation, but disciplined stewardship that converts latent abundance into sustenance for all beings.

Pṛthu argues from kṣatriya duty: when a powerful agent withholds essential sustenance and causes suffering, the ruler must correct it—even by force—because protecting citizens is primary. The narrative teaches that punishment in dharma is not personal vengeance but restoration of order; yet it also prepares for a higher resolution where coercion yields to cooperation—Bhūmi’s surrender leads to a regulated ‘milking’ rather than destruction.

Vidura asks this here, but the detailed identifications unfold in the subsequent narration: different beings ‘milk’ the earth using various calves and vessels, symbolizing that resources manifest according to the consciousness, method, and purpose of the seeker. The Bhagavata’s point is that nature’s gifts are accessed through qualified instruments and rightful intent, not merely by force.

It establishes the Bhagavata model of kingship: the ruler is accountable for both livelihood and moral order. The citizens address Pṛthu as protector of the surrendered, implying that political authority is legitimate only when it alleviates suffering and organizes society so that food, work, and dharma are sustained.

Because Pṛthu functions as the Lord’s empowered manifestation (śaktyāveśa) to restore dharma. Her theological praise emphasizes Bhagavān’s transcendence—remaining untouched by the guṇas while directing creation, maintenance, and dissolution—thereby framing the episode not as mere mythic conflict but as a revelation of divine governance operating through a righteous king.