Adhyaya 366
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Adhyaya 366

Chapter 366 — सामान्यनामलिङ्गानि (Common Noun-Forms and Their Grammatical Genders)

Le Seigneur Agni se détourne des termes liés aux métiers et aux institutions pour aller vers la normalisation de la langue, en offrant un catalogue de type Kośa de noms communs, d’adjectifs et de champs sémantiques, attentif aux synonymes et à l’usage. Le chapitre regroupe les qualificatifs de vertu et d’excellence (sukṛtī, puṇyavān, dhanya, mahāśaya), de compétence et de savoir, de générosité et de largesse, d’autorité et de commandement (nāyaka, adhipa), puis expose des contrastes moraux et comportementaux : rouerie, retard, témérité, paresse, ardeur au travail, avidité, humilité, hardiesse, maîtrise de soi, loquacité, déshonneur, cruauté, tromperie, avarice, orgueil et disposition auspicious. Il propose aussi des gradations lexicales pour la beauté versus le vide, la supériorité, la taille et la corpulence versus la maigreur, la proximité versus l’éloignement, la circularité, l’élévation et la permanence (dhruva, nitya, sanātana), ainsi que des défauts de style dans la récitation. Le texte s’élargit à des descripteurs techniques employés en contextes appliqués (abhiyoga/abhigraha) et culmine avec le vocabulaire épistémique des pramāṇa : śabda-pramāṇa (témoignage verbal), upamāna (analogie), arthāpatti (postulation), parārthadhī et la cognition de l’abhāva ; il se clôt sur un ancrage théologico-philosophique en disant que Hari est « aliṅga » pour l’entendement humain. Ainsi, grammaire, sémantique et théorie des moyens de connaissance deviennent un même savoir divin au service du dharma.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आग्नेये महापुराणे क्षत्रविट्शीद्रवर्गा माम पञ्चषष्ट्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः अथ षट्षष्ट्यधिकत्रिशततमो ऽध्यायः सामान्यनामलिङ्गानि अग्निर् उवाच सामान्यान्य् अथ वक्ष्यामि नामलिङ्गानि तच्छृणु सुकृती पुण्यवान् ध्नयो महेच्छस्तु महाशयः

Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le chapitre trois cent soixante-cinq, sur les classes des kṣatriya, vaiśya et śūdra. Commence maintenant le chapitre trois cent soixante-six : « Noms communs et (leurs) genres grammaticaux ». Agni dit : « À présent j’exposerai les noms communs et leurs genres ; écoute cela, ô homme de mérite : des termes tels que “vertueux”, “méritant”, “fortuné/béni”, “aux grandes aspirations” et “au noble esprit”. »

Verse 2

प्रवीणनिपुणाभिज्ञविज्ञनिष्णातशिक्षिताः स्युर्वदान्यस्थूललक्षदानशौण्डा बहुप्रदे

Ils doivent être accomplis, habiles, bien informés, savants, profondément exercés et bien instruits : des donateurs généreux, hardis à offrir de grands présents valant des lakhs, et prodigues en largesses.

Verse 3

कृती कृतज्ञः कुशल आसक्तोद्युक्त उत्सुकः इभ्य आढ्यः परिवृढो ह्य् अधिभूर्नायको ऽधिपः

Il est capable et accompli; reconnaissant; habile; attaché et pourtant ardemment engagé; vif et empressé. Il est noble et riche; mûr et expérimenté; véritable souverain suprême — chef et suzerain.

Verse 4

लक्ष्मीवान् लक्ष्मणः श्रीलः स्वतन्त्रः स्वैर्यपावृतः खलपूः स्याद्वहुकरो दीर्घसूत्रश्चिरक्रियः

« Celui qui possède la fortune » est appelé lakṣmīvān; « celui qui est pourvu de marques auspiciées » est lakṣmaṇa; « celui qui est splendide et illustre » est śrīla. « Celui qui agit en toute indépendance » est svatantra; « celui que voile l’arbitraire de sa propre volonté » est svairyapāvṛta. « Un scélérat » est khalapū; « celui qui accomplit de nombreuses tâches » est bahukara; « celui qui fait traîner les affaires » est dīrghasūtra; et « celui qui agit lentement » est cirakriya.

Verse 5

जाल्मो ऽसमीक्ष्यकारी स्यात् कुण्ठो मन्दः क्रियासु यः कर्मशूरः कर्मठः स्याद्भक्षको घस्मरो ऽद्मरः

‘Jālma’ est celui qui agit sans examen convenable. ‘Kuṇṭha’ est l’homme engourdi et paresseux — lent à accomplir les tâches. ‘Karmaśūra’ et ‘karmaṭha’ désignent l’homme vigoureux et laborieux dans l’ouvrage. ‘Bhakṣaka’, ‘ghasmara’ et ‘admara’ signifient un mangeur — celui qui dévore avec avidité.

Verse 6

लोलुपो गर्धलो गृध्रुर्विनीतप्रश्रितौ तथा धृष्टे धृष्णुर्वियातश् च निभृतः प्रतिभान्विते

« Cupide » s’exprime aussi par lolupa, gardhala et gṛdhru. De même, celui qui est « humble et bien élevé » est dit vinīta et praśrita. Pour « audacieux », on emploie dhṛṣṭa et dhṛṣṇu; pour « parti, éloigné », viyāta; pour « réservé et silencieux », nibhṛta; et pour « doué d’éclat et d’intelligence », pratibhānvita.

Verse 7

प्रगल्भो भीरुको भीरुर्वन्दारुरभिवादके भूष्णुर्भविष्णुर्भविता ज्ञाता विदुरबिन्दुकौ

Il est hardi et maître de lui; pour les méchants, il apparaît comme celui qui craint et comme ce qui fait craindre. Il est le réceptacle des salutations et celui qu’il convient de saluer avec révérence. Il est le Seigneur qui orne; celui qui devient, celui qui deviendra, et la cause même du devenir. Il est le Connaisseur; le sage (Vidura); et celui qui n’a aucun « point » limitatif — sans tache et sans souillure.

Verse 8

मत्तशौण्डोत्कटक्षीवाश् चण्डस्त्वत्यन्तकोपनः देवानञ्चति देवद्र्यङ्विश्वद्र्यङ्विश्वगञ्चति

Les mots « matta », « śauṇḍa », « utkaṭa » et « kṣīva » désignent celui qui est violemment enivré (ou dans un état de fureur comparable au rut). « Caṇḍa » signifie « extrêmement courroucé ». Le terme « devānañcati » s’emploie pour « celui qui se meut parmi les dieux » ; de même, « devadryaṅ », « viśvadryaṅ » et « viśvaga » désignent « celui qui parcourt partout / se déplace en toutes directions ».

Verse 9

यः सहाञ्चति स सध्र्यङ् स तिर्यङ् यस्तिरो ऽञ्चति वाचोयुक्तिः पटुर्वाग्मी वावदूकश् च वक्तरि

Celui qui se déplace en accompagnant (dans la même direction) est appelé « sadhryaṅ » (allant avec). Celui qui se déplace de travers est « tiryaṅ » (transversal). Et celui qui s’éloigne en biais, comme en se détournant, est dit « tiro’ñcati ». Chez l’orateur, « vācoyukti » est la justesse du tour de phrase ; « paṭu » la dextérité verbale ; « vāgmī » l’éloquence ; et « vāvadūka » celui qui parle beaucoup (bavard).

Verse 10

स्याज्जल्पकस्तु वाचालो वाचाटो बहुगर्ह्यवाक् अपध्वस्तो धिक्कृतः स्याद्बद्धे कीलितसंयतौ

Le bavard est appelé « jalpaka », « vācāla » ou « vācāṭa », c’est-à-dire celui dont la parole est fort blâmable. Celui qui est déshonoré est nommé « apadhvasta » ou « dhikkṛta ». Pour celui qui est lié (retenu), on emploie les termes « kīlita » et « saṃyata ».

Verse 11

वरणः शब्दनो नान्दीवादी नान्वीकरः समाः व्यसनार्तोपरक्रौ द्वौ बद्धे कीलितसंयतौ

« Varaṇa », « Śabdana », « Nandīvādī » et « Nānvīkara » sont des termes synonymes. De même, le couple « Vyasanārta » et « Uparakrau » est synonyme ; et le couple « Baddha » et « Kīlita » l’est aussi (pareillement, « Saṃyata » possède un équivalent).

Verse 12

विहिस्तव्याकुलौ तुल्यौ नृशंसक्रूरघातुकाः पापो धूर्तो वञ्चकः स्यान्मूर्खे वैदेहवालिशौ

« Vihista » et « Ākula » sont équivalents (synonymes). « Nṛśaṃsa », « Krūra » et « Ghātuka » désignent un meurtrier impitoyable et cruel. « Pāpa », « Dhūrta » et « Vañcaka » peuvent désigner un homme pécheur, un fourbe et un trompeur. Pour un sot, on emploie les termes « Vaideha » et « Vāliśa ».

Verse 13

कदर्ये कृपणक्षुद्रौ मार्गणो याचकार्थिनौ अहङ्कारवानहंयुः स्याच्छुभंयुस्तु शुभान्वितः

«Kadar» désigne l’avare; «kṛpaṇa» et «kṣudra» désignent l’être mesquin et vil. «Mārgaṇa» est celui qui recherche (le profit); «yācaka» et «arthin» sont le mendiant et celui qui désire (la richesse). Celui qui est plein d’orgueil est «ahaṅkāravān»; «ahaṃyuḥ» est le présomptueux. Mais «śubhaṃyuḥ» est celui qui possède des dispositions de bon augure.

Verse 14

कान्तं मनोरमं रुच्यं हृद्याभीष्टे ह्य् अभीप्सिते असारं फल्गु शून्यं वै मुख्यवर्यवरेण्यकाः

Quand bien même cela serait charmant, délicieux, plaisant et ravissant le cœur—voire désiré et recherché—cela demeure sans substance, futile et vide : tel est le jugement des plus éminents, des meilleurs, des autorités les plus hautes.

Verse 15

श्रेयान् श्रेष्ठः पुष्कलः स्यात्प्राग्र्याग्र्यग्रीयमग्रिमं वड्रोरु विपुलं पीनपीव्नी तु स्थूलपीवरे

«Śreyān», «śreṣṭha» et «puṣkala» s’emploient au sens d’«excellent/supérieur». «Prāgrya», «agr ya», «agrīya» et «agrima» désignent «le premier/le plus éminent». «Vaḍroru» et «vipula» signifient «large/expansif». «Pīna» et «pīvnī» s’emploient pour «bien en chair», et «sthūla» et «pīvara» pour «robuste/corpulent».

Verse 16

स्तोकाल्पक्षुल्लकाः सूक्ष्मं श्लक्ष्णं दभ्रंकृशन्तनु मात्राकुटीलवकणा भूयिष्ठं पुरुहं पुरु

Ils sont de taille petite et chétive : minuscules, lisses, peu charnus et au corps maigre; leurs proportions sont irrégulières et contournées, leurs cheveux fins et bouclés; et ces traits, le plus souvent, se trouvent nombreux et abondants.

Verse 17

अखण्डं पूर्णसकलमुपकण्ठान्तिकाभितः समीपे सन्निधाभ्यासौ नेदिष्टं सुसमीपकं

«Akhaṇḍa» signifie «sans rupture/entier»; «pūrṇa» signifie «complet», c’est-à-dire «ayant toutes les parties» («sakala»). «Upakaṇṭha», «āntika» et «abhitaḥ» désignent «tout proche»; «samīpa» signifie «en proximité». «Sannidhi» et «abhyāsa» indiquent «présence rapprochée/assistance assidue». «Nediṣṭa» signifie «le plus proche», et «su-samīpaka» signifie «tout près».

Verse 18

सुदूरे तु दविष्ठं स्याद्वृत्तं निस्तलवर्तुले उच्चप्रांशून्नतोदग्रा ध्रुवो नित्यः सनातनः

En vérité, il est extrêmement loin—le plus lointain ; il est circulaire, tel un disque rond et lisse. Haut et élancé, s’élevant avec un sommet saillant—Dhruva (l’Étoile polaire) demeure immobile, éternel et primordial.

Verse 19

आविद्धं कुटिलं भुग्नं वेल्लितं वक्रमित्यपि पाठो ऽयं पुररुक्तिदोषेण दुष्टः चञ्चलं तरलञ्चैव कठोरं जठरं दृढं

«Percé/secoué», «tortueux», «plié», «ondoyant» et «courbe»—ce mode de récitation aussi est vicié, altéré par le défaut de répétition (punaḥ-ukti). De même, une diction fautive est instable, trop fluide, rude, lourde de la gorge, et rigide.

Verse 20

प्रत्यग्रो ऽभिनवो नव्यो नवीनो नूतनो नवः एकतानो ऽनन्यवृत्तिरुच्चण्डमविलम्बितं

Il est toujours frais et nouvellement manifesté—nouveau, plus nouveau, le plus nouveau ; sans cesse renouvelé. Il est d’intention unique et ininterrompue, sans dévier vers une autre voie ; intensément redoutable et sans délai (prompt dans l’action).

Verse 21

उच्चावचं नैकभेदं सम्बाधकलिलं तथा तिमितं स्तिमितं क्लिन्नमभियोगत्वभिग्रहः

«Haut et bas», «de multiples sortes», «serré et confus» ; de même «sombre», «immobile» et «humide/imbibé»—tels sont des termes reçus comme des descripteurs techniques (abhigraha) dans l’usage appliqué (abhiyoga).

Verse 22

स्फातिर्वृद्धौ प्रथा ख्यातौ समाहारः समुच्चयः अपहारस्त्वपचयो विहारस्तु परिक्रमः

«Sphāti» désigne l’accroissement (la croissance). «Prathā» signifie la renommée (la célébrité répandue). «Samāhāra» est une collection, c’est-à-dire une agrégation. «Apahāra» indique la diminution (le déclin). Et «Vihāra» signifie errer, c’est-à-dire faire le tour (pérambulation).

Verse 23

प्रत्याहार उपादानं निर्हारो ऽभ्यवकर्षणं विघ्नो ऽन्तरायः प्रत्यूहः स्यादास्यात्वासना स्थितिः

«Pratyāhāra» est le retrait (des sens) ; «nirhāra» est l’extraction ; «abhyavakarṣaṇa» est l’éloignement par traction. «Vighna» est un obstacle ; «antarāya» un empêchement ; «pratyūha» une contre-obstruction. «Āsyatva» est l’état d’être assis, et «āsana-sthiti» la stabilité dans la posture.

Verse 24

सन्निधिः सन्निकर्षः स्यात्मंक्रमो दुर्गसञ्चरः उपलम्भस्त्वनुभवः प्रत्यादेशो निराकृतिः

«Sannidhi» signifie la proximité ; «sannikarṣa» le contact étroit. «Ātmakrama» désigne une séquence intérieure (intrinsèque), et «durgasañcara» ce qui est difficile à parcourir. «Upalambha» est l’appréhension directe (l’expérience), et «pratyādeśa» la réfutation (contre-énoncé) ; «nirākṛti» est le rejet/la négation.

Verse 25

परिरम्भःपरिष्वङ्गः संश्लेष उपगूहनं अनुमा पक्षहेत्वाद्यैर् डिम्बे भ्रमरविप्लवौ

«Parirambha», «pariṣvaṅga», «saṃśleṣa» et «upagūhana» sont des appellations de l’étreinte et du serrage intime ; de même, il y a «anumāna» (inférence) avec «pakṣa» (proposition), «hetu» (raison) et le reste ; et les termes «ḍimba», «bhramara» et «viplava» doivent aussi être compris comme des désignations techniques en usage poétique et littéraire.

Verse 26

असन्निकृष्तार्थज्ञानं शब्दाद्धि शाब्दमीरितं सादृश्यदर्शनात्तुल्ये बुद्धिः स्यादुपमानकं

La connaissance d’un objet non directement présent aux sens, lorsqu’elle naît des paroles, est déclarée être le «śabda-pramāṇa» (témoignage verbal). Et de la perception de la ressemblance naît la cognition d’une chose comme comparable à une autre : tel est l’«upamāna-pramāṇa» (analogie).

Verse 27

कार्यं दृष्ट्वा विना नस्यादर्थापत्तिः परार्थधीः प्रतियोगिन्यागृहीते भुवि नास्तीत्यभावकः इत्यादिनामलिङ्गो हि हरिरुक्तो नृबुद्धये

«Arthāpatti» (postulation/presomption) est la cognition qui naît lorsque, voyant un effet, on conclut que sans poser une cause (nécessaire) cela ne serait pas possible. «Parārthadhī» est une cognition destinée à autrui (c’est-à-dire une raison énoncée pour convaincre quelqu’un). «Abhāvaka» (cognition de l’absence) est un savoir tel que : «cela n’existe pas ici sur le sol», lorsque le corrélat opposé n’a pas été appréhendé. Et de même, Hari (Viṣṇu) est décrit comme «aliṅga» (sans marques/attributs) pour l’intelligence des hommes.

Frequently Asked Questions

It functions as a semantic-grammar index: dense synonym clusters for traits and states, plus explicit epistemology terms (śabda, upamāna, arthāpatti, abhāva) that connect linguistic usage to valid knowledge.

By refining language and categories of knowing, it disciplines thought and speech—supporting satya, viveka, and pramāṇa-clarity—while grounding the lexicon in a theological horizon (Hari as aliṅga), aligning scholarship with contemplation.