
Śrāddha-kalpa-kathana (Exposition of the Śrāddha Procedure)
Ce chapitre présente une carte dharmique et procédurale du śrāddha, rite censé procurer à la fois bhukti (bien-être, prospérité) et mukti (mérite libérateur). Puṣkara expose la séquence rituelle, depuis l’invitation des brāhmaṇa la veille jusqu’à leur accueil l’après-midi. Le texte précise la logique des places (disposition tournée vers l’est ; nombre pair pour le deva-kārya et impair pour le pitṛ-kārya), étendue aussi aux ancêtres maternels. Il détaille ensuite des étapes gouvernées par les mantras : invocation des Viśve-devas, usage de récipients munis de pavitra, dispersion de grains, ajout de lait et d’orge/sésame, offrande d’arghya, puis passage à l’orientation apasavya pour la circumambulation dédiée aux pitṛ. L’offrande au feu de type pitṛyajña précède la distribution du hutaśeṣa ; les récipients sont consacrés et la nourriture sanctifiée par récitation et contact du pouce. La conclusion traite des restes et des libations d’eau, du piṇḍa-dāna face au sud, de svasti et de l’akṣayya-udaka, de la dakṣiṇā avec formules de svadhā, du visarjana formel et des observances après le repas. Le chapitre distingue encore ekoddiṣṭa et sapiṇḍīkaraṇa, prescrit les cycles de śrāddha (jour du décès, mensuel, annuel), énumère aliments et dons avec leurs effets, met en valeur Gayā et les temps propices, et affirme enfin que les pitṛ sont les śrāddha-devatā, dispensateurs de longévité, richesse, savoir, ciel et libération.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे धर्मशास्त्रं नाम द्विषष्ट्यधिकशततमो ऽध्यायः अथ त्रिषष्ठ्यधिकशततमो ऽध्यायः श्राद्धकल्पकथनं पुष्कर उवाच श्राद्धकल्पं प्रवक्ष्यामि भुक्तिमुक्तिप्रदं शृणु निमन्त्र्य विप्रान् पूर्वेद्युः स्वागतेनापराह्णतः
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, s’achève le chapitre nommé «Dharmaśāstra», le cent-soixante-deuxième (162e). Commence maintenant le chapitre cent-soixante-troisième (163e) : «Exposé de la procédure du Śrāddha». Puṣkara dit : «J’exposerai le rite-procédure du Śrāddha, qui confère à la fois jouissance mondaine et délivrance—écoute. Après avoir invité les brāhmaṇas la veille, on doit les recevoir et les honorer l’après-midi par un accueil convenable»។
Verse 2
प्राच्योपवेशयेत् पीठे युग्मान्दैवे ऽथ पित्रके अयुग्मान् प्राङ्मुखान्दैवे त्रीन् पैत्रे चैकमेव वा
On doit asseoir les brāhmaṇas invités sur des sièges disposés à l’est : pour le rite destiné aux Devas (daiva), en nombre pair; et pour le rite destiné aux Pitṛs (pitṛ), en nombre impair. Dans l’offrande aux Devas, ils doivent faire face à l’est; dans l’offrande aux Pitṛs, on peut asseoir trois brāhmaṇas, ou bien un seul.
Verse 3
मातामहानामप्येवन्तन्त्रं वा वैश्यदेविकं प्राणिप्रक्षालनं दत्त्वा विष्टरार्थं कुशानपि
De même, pour les grands-pères maternels (mātāmahā), on doit accomplir ce même rite—à savoir la procédure Vaiśvadeva—après avoir donné l’offrande appelée «prāṇi-prakṣālana», et en plaçant aussi de l’herbe kuśa pour préparer le siège (viṣṭara).
Verse 4
आवाहयेदनुज्ञातो विश्वे देवास इत्य् ऋचा यवैरन्ववकीर्याथ भाजने सपवित्रके
Après avoir reçu l’autorisation, il doit invoquer (les divinités) par le verset Ṛg-védique commençant « Viśve devāsaḥ… »; puis, dans un récipient muni d’un pavitra (anneau de kuśa/purificateur rituel), il doit asperger ou répandre des grains d’orge tout autour, selon le rite.
Verse 5
शन्नोदेव्या पयः क्षिप्त्वा यवोसीति यवांस् तथा यादिव्या इतिमन्त्रेण हस्ते ह्य् अर्घं विनिक्षिपेत्
En récitant le mantra « śanno devyā », il doit verser le lait dans l’offrande; en récitant « yavo’si », il doit y ajouter de même l’orge. Ensuite, avec le mantra « yā divyā », il doit déposer l’offrande d’arghya dans la main.
Verse 6
दत्वोदकं गन्धमाल्यं धूपदानं प्रदीपकं अपसव्यं ततः कृत्वा पितॄणामप्रदक्षिणं
Après avoir offert l’eau, les parfums et les guirlandes, l’encens et la lampe, il doit ensuite porter le cordon sacré en position inversée (apasavya) et accomplir la circumambulation pour les Pitṛs d’une manière non droitière, c’est‑à‑dire en les gardant à sa gauche.
Verse 7
द्विगुणांस्तु कुशान् कृत्वा ह्य् उशन्तस्त्वेत्यृचा पितॄन् आवाह्य तदनुज्ञातो जपेदायान्तु नस्ततः
Ayant doublé les faisceaux d’herbe kuśa (en nombre ou en longueur), il doit invoquer les Pitṛs par le Ṛk commençant « uśantas tvā… ». Ensuite, après avoir obtenu leur assentiment, il doit réciter : « Qu’ils viennent à nous de là ».
Verse 8
यवार्थास्तु तिलैः कार्याः कुर्यादर्घ्यादि पूर्ववत् दत्त्वार्घ्यं संश्रवान् शेषान् पात्रे कृत्वा विधानतः
Mais les offrandes qui doivent être faites avec l’orge seront, à la place, préparées avec du sésame; et l’arghya ainsi que les rites afférents seront accomplis exactement comme il a été prescrit auparavant. Après avoir offert l’arghya, les restes, avec l’écoulement sanctifié (saṃśrava), doivent être recueillis dans un récipient selon la règle.
Verse 9
पितृभ्यः स्थानमसीति न्युब्जं पात्रं करोत्यधः अग्नौ करिष्य आदाय पृच्छत्यन्नं घृतप्लुतं
En disant : « Tu es le siège des Pères (pitṛs) », il pose le récipient renversé sur le sol. Puis, voulant offrir dans le feu, il le saisit et présente la nourriture imprégnée de ghee, en demandant rituellement la permission/l’acceptation.
Verse 10
कुरुष्वेति ह्य् अनुज्ञातो हुत्वाग्नौ पितृयज्ञवत् हुतशेषं प्रदद्यात्तु भाजनेषु समाहितः
Lorsque l’autorisation est donnée par les mots « Fais-le », après avoir offert dans le feu selon le rite des ancêtres (pitṛyajña), il doit ensuite, l’esprit recueilli, répartir le reste de l’oblation (hutaśeṣa) dans les récipients.
Verse 11
यथालाभोपपन्नेषु रौप्येषु तु विशेषतः दत्वान्नं पृथिवीपात्रमिति पात्राभिमन्त्रणं
Dans des récipients acquis selon ses moyens—surtout en argent—après y avoir déposé la nourriture en offrande, on doit consacrer le récipient en récitant : « Ceci est un récipient de terre (né de la terre) » ; telle est l’invocation de consécration du récipient.
Verse 12
कृत्वेदं विष्णुरित्यन्ने द्विजाङ्गुष्ठं निवेशयेत् सव्याहृतिकां गायत्रीं मधुवाता इति त्यचं
Après avoir récité sur la nourriture : « Ceci, en vérité, est Viṣṇu », on doit poser le pouce du dvija (brahmane) sur l’aliment. Ensuite, on récite la Gāyatrī avec les vyāhṛtis, et aussi le verset du Ṛg commençant par « madhu-vātāḥ … », comme formule de consécration.
Verse 13
जप्त्वा यथासुखं वाच्यं भुञ्जीरंस्ते ऽपि वाग्यताः अन्नमिष्टं हविष्यञ्च दद्याज्जप्त्वा पवित्रकं
Après avoir achevé le japa, on peut parler comme il est aisé ; eux aussi peuvent prendre la nourriture en gardant la retenue de la parole. Après avoir de nouveau fait le japa, on doit donner la nourriture souhaitée et le havis digne d’oblation, avec le pavitraka, l’anneau/l’herbe de purification.
Verse 14
अन्नमादाय तृप्ताः स्थ शेषं चैवान्नमस्य च तदन्नं विकिरेद् भूमौ दद्याच्चापः सकृत् सकृत्
Après avoir pris la nourriture et s’être rassasié, on doit aussi mettre de côté la portion restante de ce repas ; ce reste doit être dispersé sur le sol, et l’on doit offrir de l’eau à plusieurs reprises (encore et encore).
Verse 15
सर्वमन्नमुपादाय सतिलं दक्षिणामुखः उच्छिष्टसन्निधौ पिण्डान् प्रदद्यात् पितृयज्ञवत्
En prenant toute la nourriture préparée avec du sésame et en faisant face au sud, on doit offrir les boulettes de riz (piṇḍa) près des restes (du repas), selon la règle du sacrifice aux ancêtres (pitṛ-yajña).
Verse 16
मातामहानामप्येवं दद्यादाचमनं ततः स्वस्ति वाच्यं ततः कुर्यादक्षय्योदकमेव च
De la même manière, on doit offrir l’eau de gorgée rituelle (ācamana) aux grands-pères maternels ; puis réciter une bénédiction de bon augure (svasti). Ensuite, on accomplira l’offrande dite ‘akṣayya-udaka’, la libation d’eau inépuisable.
Verse 17
दत्वा तु दक्षिणां शक्त्या स्वधाकारमुदाहरेत् वाच्यतामित्यनुज्ञातः स्वपितृभ्यः स्वधोच्यतां
Après avoir donné la dakṣiṇā (rétribution rituelle) selon ses moyens, on doit prononcer la formule Svadhā. Quand l’autorisation est accordée — « Qu’elle soit récitée » — on dira alors « Svadhā » en l’adressant à ses propres Pitṛ (ancêtres).
Verse 18
मातामहानामित्यादिः, स्वपितृभ्यः स्वधोच्यतामित्यन्तः पाठः झ पुस्तके नास्ति कुर्युरस्तु स्वधेत्युक्ते भूमौ सिञ्चेत्ततो जलं प्रीयन्तामिति वा दैवं विश्वे देवा जलं ददेत्
« En commençant par “(aux) grands-pères maternels …” » : la leçon qui se termine par « que “svadhā” soit prononcé pour ses propres ancêtres » ne se trouve pas dans le manuscrit Jha. Quand il est dit : « Qu’ils le fassent ainsi — “svadhā” », on verse alors de l’eau sur le sol. Ou bien l’on peut dire : « Qu’ils soient satisfaits ». Ou encore, comme offrande aux dieux, on donnera de l’eau aux Viśve-devas.
Verse 19
दातारो नो ऽभिवर्धन्तां वेदाः सन्ततिरेव च श्रद्धा च नो माव्यगमद्बहुदेयं च नो स्त्विति
Que nos bienfaiteurs s’accroissent; que les Veda (le savoir sacré) et notre descendance prospèrent également. Que la foi ne nous quitte jamais, et que nous ayons toujours abondance à offrir—telle est la prière à formuler.
Verse 20
इत्युक्त्वा तु प्रिया वाचः प्रणिपत्य विसर्जयेत् वाजे वाज इति प्रीतपितृपूर्वं विसर्जनं
Après avoir prononcé ces paroles agréables, on doit se prosterner puis accomplir la congé rituelle. Le congé doit d’abord être fait pour les Pitṛ (ancêtres) satisfaits, avec le mantra « vāje vāja ».
Verse 21
यस्मिंस्तु संश्रवाः पूर्वमर्घपात्रे निपातिताः पितृपात्रं तदुत्तानं कृत्वा विप्रान् विसर्जयेत्
Lorsque les saṃśravāḥ (restes ou débordements des offrandes) ont d’abord été versés dans le vase d’arghya, alors, après avoir remis le vase destiné aux Pitṛ dans la position correcte (de clôture), on doit congédier formellement les brāhmaṇa.
Verse 22
प्रदक्षिणमनुब्रज्य भक्त्वा तु पितृसेवितं ब्रह्मचारी भवेत्तान्तु रजनीं ब्राह्मणैः सह
Après les avoir suivis dans la pradakṣiṇā (circumambulation révérencieuse vers la droite) et avoir mangé ce qui a été offert au service des Pitṛ, il doit demeurer brahmacārī (observant la continence) ; et cette nuit-là, il doit rester avec les brāhmaṇa.
Verse 23
एवं प्रदक्षिणं कृत्वा वृद्धौ नान्दीमुखान् पितॄन् यजेत दधिकर्कन्धुमिश्रान् पिण्डान् यवैः क्रिया
Ainsi, après avoir accompli la pradakṣiṇā, dans le rite destiné aux aînés on doit vénérer les ancêtres Nandīmukha, en offrant des piṇḍa mêlés de caillé et de jujube (karkandhu) ; l’acte rituel doit être accompli avec de l’orge (yava).
Verse 24
एकोद्दिष्टं दैवहीनमेकार्घैकपवित्रकं आवाहनाग्नौकरणरहितं ह्य् अपसव्यवत्
L’ekoddiṣṭa (śrāddha offert pour un seul défunt) s’accomplit sans offrandes aux dieux ; il comporte un seul arghya et un seul pavitra (anneau rituel de kuśa), se fait sans le rite d’āvāhana-agni (invocation du feu) et doit être exécuté selon la manière apasavya (cordon sacré porté à droite).
Verse 25
उपतिष्ठतामित्यक्षय्यस्थाने पितृविसर्जने अभिरम्यतामिति वदेद् ब्रूयुस्ते ऽभिरताः स्म ह
Au moment de congédier les Pitṛs, dans l’akṣayya-sthāna (le « lieu impérissable »), on doit dire : « upatiṣṭhatām — levez-vous/partez maintenant ». Puis on dira : « abhiramyatām — réjouissez-vous dans votre demeure ». Eux, satisfaits, répondent en conséquence.
Verse 26
गन्धोदकतिलैर् युक्तं कुर्यात् पात्रचतुष्टयं अर्घार्थपितृपात्रेषु प्रेतपात्रं प्रसेचयेत्
On doit préparer un ensemble de quatre vases rituels, pourvus d’eau parfumée (gandhodaka) et de graines de sésame (tila) ; puis verser (une part) du vase du preta (preta-pātra) dans les vases destinés à l’arghya et aux Pitṛs.
Verse 27
ये समाना इति द्वाभ्यां शेषं पूर्ववदाचरेत् एतत् सपिण्डीकरणमेकोद्दिष्टं स्तिया सह
Avec les deux stances commençant par « ye samānāḥ… », on accomplira le reste des procédures exactement comme il a été dit auparavant. Tel est le rite de sapiṇḍīkaraṇa, à savoir l’ekoddiṣṭa (śrāddha à offrande unique pour le défunt récent), à accomplir avec l’épouse.
Verse 28
अर्वाक्सपिण्डीकरणं यस्य संवत्सराद् भवेत् पितृपूर्वं विसर्जयेदिति ख , छ , झ च स्त्र्या अपीति ख , छ च तस्याप्यन्नं सोदकुम्भं दद्यात् संवत्सरं द्विजे
Pour celui dont le sapiṇḍīkaraṇa (rite d’intégration du défunt à la lignée ancestrale) est accompli avant l’achèvement d’une année, on doit d’abord procéder au visarjana (congé) des Pitṛs — ainsi l’enseignent les recensions Kha, Cha et Jha. Même dans le cas d’une femme — selon Kha et Cha — on doit aussi, pour cette personne, donner pendant une année à un brahmane de la nourriture avec un udaka-kumbha (pot d’eau).
Verse 29
मृताहनि च कर्तव्यं प्रतिमासन्तु वत्सरं प्रतिसंवत्सरं कार्यं श्राद्धं वै मासिकान्नवत्
Le jour même du décès, le rite doit être accompli; ensuite, pendant une année, il doit être accompli chaque mois; puis, chaque année, on doit célébrer le śrāddha, le rite annuel étant exécuté selon la manière de l’offrande mensuelle de nourriture.
Verse 30
हविष्यान्नेन वै मासं पायसेन तु वत्सरं मात्स्यहारिणकौरभ्रशाकुनच्छागपार्षतैः
Avec le haviṣyānna, on doit observer (cette règle) pendant un mois; avec le riz au lait (pāyasa), pendant une année; et de même, selon la prescription énoncée, avec poisson, cerf, sanglier, bélier, oiseau, chèvre et lièvre comme aliments autorisés.
Verse 31
ऐणरौरववाराहशाशैर् मांसैर् यथाक्रमं मासवृद्ध्याभितृप्यन्ति दत्तैर् एव पितामहाः
Par les viandes—d’antilope (ena), du cerf ruru, du sanglier et du lièvre—offertes selon l’ordre prescrit, les pitāmahas (aïeux, « grands-pères ») sont pleinement satisfaits; et cette satisfaction croît de mois en mois, précisément grâce à ces offrandes.
Verse 32
खड्गामिषं महाशल्कं मधुयुक्तान्नमेव च लोहामिषं कालशाकं मांसं वार्धीनसस्य च
Viande de rhinocéros; grand poisson à écailles; préparations de riz ou mets mêlés de miel; viande de l’animal à chair rouge (type rohita); verdure à feuilles sombres appelée kāla-śāka; et encore la viande de la créature aquatique nommée vārdhīnasa — tout cela est énuméré ici comme des aliments spécifiques.
Verse 33
यद्ददाति गयास्थञ्च सर्वमानन्त्यमुच्यते तथा वर्षात्रयोदश्यां मघासु च न संशयः
Tout ce que l’on donne en séjournant à Gayā est déclaré procurer un mérite inépuisable à tous égards; de même, un don fait le treizième jour lunaire durant la saison des pluies, et un don fait lorsque la Lune est en Maghā, produit un fruit infaillible — sans aucun doute.
Verse 34
कन्यां प्रजां वन्दिनश् च पशून् मुख्यान् सुतानपि घृतं कृषिं च वाणिज्यं द्विशफैकशफं तथा
Sont énoncés comme dons/boons : une jeune fille, les dépendants (sujets), les bardes panégyristes, le bétail d’élite, voire des fils ; ainsi que le ghee (beurre clarifié), l’agriculture et le commerce ; de même les animaux à sabot fendu et à sabot unique—tout cela est dit être des présents.
Verse 35
ब्रह्मवर्चस्विनः पुत्रान् स्वर्णरूप्ये सकुप्यके ज्ञातिश्रैष्ठ्यं सर्वकामानाप्नोति श्राद्धदः सदा
En offrant au Śrāddha de l’or, de l’argent et même des métaux ordinaires, celui qui accomplit le Śrāddha obtient toujours des fils dotés d’une radiance sacrée, la prééminence parmi les siens et l’accomplissement de tous les désirs.
Verse 36
प्रतिपत्प्रभृतिष्वेतान्वर्जयित्वा चतुर्दशीं शस्त्रेण तु हता ये वै तेषां तत्र प्रदीयते
Pour ces rites/offrandes, à partir du premier jour lunaire—en excluant le quatorzième (caturdaśī)—tout ce qui est offert là est attribué à ceux qui furent réellement tués par les armes.
Verse 37
स्वर्गं ह्य् अपत्यमोजश् च शौर्यं क्षेत्रं बलं तथा पुत्रश्रैष्ठ्यं ससौभाग्यमपत्यं मुख्यतां सुतान्
En vérité, la descendance est cause de ciel ; elle est vigueur et vaillance, un « champ » de lignée (continuité) et aussi force. L’excellence des fils, avec la bonne fortune—la progéniture est proclamée le bien le plus éminent, à savoir les fils eux‑mêmes.
Verse 38
मात्स्याविहारिणौरभ्रशाकुनच्छागपार्षतैर् इति छ दत्तैर् इहेति घ , ङ , ञ च मधुमुद्गान्नमेव वेति ङ सर्वमानन्त्यमश्नुते इति घ , ङ च स्वर्णमिति ख , छ च प्रवृत्तचक्रतां पुत्रान् वाणिज्यं प्रसुतां तथा अरोगित्वं यशो वीतशोकतां परमाङ्गतिं
En donnant en offrande/aumône des aliments tels que poisson, viande, oiseaux, chèvre et autres choses convenables—on obtient la prospérité ici, en ce monde. En offrant miel, haricots mungo et nourriture cuite—on atteint une abondance inépuisable à tous égards. En offrant de l’or—on obtient une activité florissante (la roue de l’action mise en mouvement), des fils, la réussite dans le commerce, une descendance, la santé sans maladie, la renommée, un état sans chagrin et la condition suprême.
Verse 39
घनं विद्यां भिषकसिद्धिं रूप्यं गाश्चाप्यजाविकं अश्वानायुश् च विधिवत् यः श्राद्धं सम्प्रयच्छति
Celui qui, selon le rite prescrit, offre un Śrāddha (oblations aux ancêtres) obtient par là une richesse stable, le savoir, la réussite en l’art médical, de l’argent (métal), des vaches, ainsi que des chèvres et des moutons, des chevaux et la longévité.
Verse 40
कृत्तिकादिभरण्यन्ते स कामानाप्नुयादिमान् वसुरुद्रादितिसुताः पितरः श्राद्धदेवताः
De Kṛttikā jusqu’à Bharaṇī : quiconque accomplit le rite selon cet ordre obtient ces bienfaits désirés. Les Vasus, les Rudras et les Ādityas, avec les Pitṛs, sont les divinités présidant au Śrāddha.
Verse 41
प्रीणयन्ति मनुष्याणां पितॄन् श्राद्धेन तर्पिताः आयुः प्रजां धनं विद्यां स्वर्गं मोक्षं सुखानि च
Lorsque les Pitṛs (ancêtres) des hommes sont rassasiés et satisfaits par le Śrāddha, ils s’en réjouissent et accordent en retour longévité, descendance, richesse, savoir, ciel, délivrance (mokṣa) et bonheurs.
Verse 42
प्रयच्छन्ति तथा राज्यं प्रीता नॄणां पितामहाः
De même, lorsque les aïeux des hommes sont satisfaits, ils accordent la royauté, c’est-à-dire la souveraineté.
Invitation and reception of brāhmaṇas, regulated seating (deva vs pitṛ), mantra-led invocations, arghya and related offerings with pavitra-equipped vessels, apasavya pitṛ-circumambulation, pitṛyajña-style fire offering, distribution of remnants, piṇḍa-dāna facing south, svasti and akṣayya-udaka, dakṣiṇā with svadhā, and formal visarjana/dismissal.
It defines ekoddiṣṭa as deva-hīna (without offerings to gods), with a single arghya and single pavitra, performed without āvāhana-agni, and carried out in apasavya mode—marking it as a focused rite for a single departed person.
It is the rite that integrates the newly departed into the ancestral line, described here as an ekoddiṣṭa-related procedure performed with specific mantras (“ye samānāḥ…”), and stated to be done together with the wife; it also notes variant readings about early performance before one year.
The Vasus, Rudras, and Ādityas, together with the Pitṛs, are declared the presiding deities of śrāddha.
It explicitly frames śrāddha as bhukti-mukti-prada and concludes that satisfied pitṛs grant both worldly goods (āyuḥ, prajā, dhana, vidyā, rājya) and transcendent ends (svarga, mokṣa, sukha).