
Chapter 156 — द्रव्यशुद्धिः (Dravya-śuddhi) / Purification of Substances
Ce chapitre, qui s’ouvre juste après la fin de la section Ācāra, traite de la dravya-śuddhi : la manière dont des matières souillées retrouvent leur aptitude rituelle. Puṣkara y énumère des protocoles de purification selon la nature des substances, établissant une taxinomie dharmaśāstrique des souillures et de leurs remèdes : la poterie se rétablit par une nouvelle cuisson ; les métaux reçoivent des nettoyants spécifiques (eau acidulée pour le cuivre ; solutions alcalines pour le bronze et le fer) ; les gemmes telles que les perles se purifient par lavage. Les règles s’étendent aux ustensiles, objets de pierre, produits nés de l’eau, légumes, cordes, racines, fruits, ainsi qu’aux objets en bambou ou en roseau, montrant que la pureté est une discipline pratique du foyer comme du sacrifice (yajña). Dans le yajña, les vases se purifient par essuyage et manipulation ; les objets gras exigent de l’eau chaude ; l’espace domestique demeure pur par le balayage. Les tissus se nettoient avec argile et eau ; plusieurs vêtements par aspersion ; le bois par rabotage ; les objets compactés par aspersion ; les liquides par débordement. Le texte consigne aussi les conventions de pureté concernant la bouche des animaux, les observances après avoir mangé, éternué, dormi, bu, ou s’être baigné, l’ācamana après être entré sur les voies publiques, et les délais de pureté liés aux menstrues. Enfin, il précise le nombre d’applications d’argile après l’excrétion, des règles particulières pour les ascètes, des agents de nettoyage pour la soie, le lin et le poil de cerf, et conclut que fleurs et fruits se purifient par aspersion d’eau, reliant la propreté extérieure à l’éligibilité rituelle et à l’ordre du dharma.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे आचाराध्यायो नाम पञ्चपञ्चाशदधिकशततमो ऽध्यायः अथ षट्पञ्चाशदधिकशततमो ऽध्यायः द्रव्यचुद्धिः पुष्कर उवाच द्रव्यशुद्धिं प्रवक्ष्यामि पुनःपाकेन मृण्मयं शुद्ध्येन् मूत्रपुरीषाद्यैः स्पृष्टाम्रं सुवर्णकं
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le chapitre nommé « Ācāra », le cent cinquante-cinquième. Commence maintenant le chapitre cent cinquante-sixième, « Purification des substances ». Puṣkara dit : « J’exposerai la purification des matières. La poterie se purifie en la recuisant; le cuivre et l’or touchés par l’urine, les excréments et autres impuretés doivent être purifiés selon les règles prescrites ».
Verse 2
आवर्तितञ्चान्यथा तु वारिणाम्ल्लेन ताम्रकं क्षारेण कांस्यलोहानां मुक्तादेः क्षालनेन तु
Le cuivre se purifie avec une eau aigre (liquide acidulé) ; le bronze et le fer, avec une solution alcaline ; et les perles et gemmes semblables, par le lavage.
Verse 3
अब्जानां चैव भाण्डानां सर्वस्याश्ममयस्य च शाकरज्जुमूलफलवैदलानां तथैव च
De même, cette règle s’applique aux produits nés de l’eau, aux récipients et ustensiles, à tout ce qui est de pierre, ainsi qu’aux légumes, cordes, racines, fruits et objets faits de bambou ou de roseau.
Verse 4
मार्जनाद्यज्ञपात्राणां पाणिना यज्ञकर्मणि उष्णाम्बुना सस्नेहानां शुद्धिः सम्मार्जनाद्गृहे
Au cours des rites du yajña, la purification des vases rituels se fait par essuyage et par la main. Les objets gras se purifient avec de l’eau chaude; et dans la maison, la pureté se maintient par un balayage et un nettoyage soigneux.
Verse 5
दुष्टानामिति ट शोधनान्म्रक्षणाद्वस्त्रे मृत्तिकाद्भिर्विशोधनं बहुवस्त्रे प्रोक्षणाच्च दारवाणाञ्च तक्षणात्
Pour les objets souillés : purification par le nettoyage et l’essuyage. Pour le tissu, purification par la terre (argile) et l’eau; pour de nombreux vêtements, par aspersion; et pour les objets en bois, par rabotage ou grattage.
Verse 6
प्रोक्षणात् संहतानान्तु द्रवाणाञ्च तथोत्प्लवात् शयनासनयानानां शूर्पस्य शकटस्य च
Pour les substances compactées ou agglomérées, la purification s’accomplit par l’aspersion d’eau consacrée ; pour les liquides, de même, en faisant déborder l’eau afin qu’elle les recouvre. Le même procédé purificatoire s’applique aux lits, sièges, véhicules, vanneuses (paniers à vanner) et charrettes.
Verse 7
शुद्धिः सम्प्रोक्षणाज् ज्ञेया पलालेन्धनयोस् तथा शुद्धार्थकानाङ्कल्केन शृङ्गदन्तमयस्य च
Il faut savoir que la purification s’obtient par l’aspersion d’eau consacrée ; de même pour la paille/le son et pour le bois de feu. Quant aux objets faits de corne ou de dent (ivoire), on les purifie en les frottant avec le dépôt (kalkā) de substances destinées au nettoyage.
Verse 8
गोबालैः पलपात्राणामस्थ्नां स्याच्छृङ्गवत्तथा निर्यासानां गुडानाञ्च लवणानां च शोषणात्
En utilisant des poils de vache comme lien, on peut fabriquer, à partir d’os, des récipients mesurés selon l’unité pala ; de même, on peut les façonner à la manière d’une corne. Par le séchage, on obtient des formes solides des exsudats (résines), du jaggery (sucre brut) et des sels.
Verse 9
कुशुम्भकुसुमानाञ्च ऊर्णाकार्पासयोस् तथा शुद्धन्नदीगतं तोयं पुण्यन्तद्वत् प्रसारितं
De même, les fleurs de kuśumbha (carthame), la laine et le coton, ainsi que l’eau pure puisée dans une rivière—lorsqu’ils sont étendus ou disposés pour l’usage—sont tenus pour purifiants (pavitrīkara) de la même manière.
Verse 10
मुखवर्जञ्च गौः शुद्धा शुद्धमश्वाजयोर्मुखं नारीणाञ्चैव वत्सानां शकुनीनां शुनो मुखं
La vache est tenue pour pure, sauf sa bouche. La bouche du cheval et de l’éléphant est également regardée comme pure ; de même, la bouche des femmes, des veaux, des oiseaux et des chiens est tenue pour pure.
Verse 11
मुखैः प्रस्रवणे वृत्ते मृगयायां सदा शुचि भुक्त्वा क्षुत्वा तथा सुप्त्वा पीत्वा चाम्भो विगाह्य च
Lorsque des excrétions s’écoulent des orifices du corps, et durant la chasse, on doit demeurer constamment pur; de même après avoir mangé, après avoir éternué, après avoir dormi, après avoir bu et après s’être immergé dans l’eau.
Verse 12
रथ्यामाक्रम्य चाचामेद्वासो विपरिधाय च मार्जारश् चङ्क्रमाच्छुद्धश् चतुर्य्थे ऽह्नि रजस्वला
Après avoir foulé la rue (voie publique), elle doit accomplir l’ācamana et revêtir des vêtements propres et neufs; de même, lorsqu’un chat a marché sur quelque chose, cela est tenu pour pur. La femme en menstruation devient pure le quatrième jour.
Verse 13
स्नाता स्त्री पञ्चमे योग्या दैवे पित्र्ये च कर्मणि पञ्चापाने दशैकस्मिन्नुभयोः सप्त मृत्तिकाः
Une femme, après s’être baignée, devient apte (aux observances) le cinquième jour. Elle est qualifiée pour les rites divins comme pour les rites aux ancêtres. Pour la purification après l’excrétion : employer cinq portions d’argile après la selle, dix après l’urine; si les deux ont lieu ensemble, en employer sept.
Verse 14
एकां लिङ्गे मृदं दद्यात् करयोस्त्रिद्विमृत्तिकाः ब्रह्मचारिवनस्थानां यतीनाञ्च चतुर्गुणं
On appliquera une portion de terre purificatrice sur l’organe génital; pour les mains, trois et deux portions (respectivement). Pour les brahmacārins, les habitants de la forêt (vānaprastha) et les renonçants (yatins), la quantité est quadruplée.
Verse 15
श्रीफलैर् अंशुपट्टानां क्षौमाणाङ्गौरसर्षपैः शोधनाभ्युक्षणाद्वस्त्रे इति घ , ङ च शुद्धिः पर्युक्ष्य तोयेन मृगलोम्नां प्रकीर्तिता
Les étoffes de soie (aṃśupaṭṭa) se purifient au moyen du śrīphala (noix de coco) ; les vêtements de lin (kṣauma) se purifient avec des graines de moutarde pâle (gaura-sarṣapa), par le nettoyage et l’aspersion d’eau (consacrée). De même, pour les objets en poil de cerf (mṛga-loma), il est enseigné que la purification s’accomplit par l’aspersion d’eau.
Verse 16
पुष्पाणाञ्च फलानाञ्च प्रोक्षणाज्जलतो ऽखिलं
Pour les fleurs comme pour les fruits, tout est purifié rituellement par l’aspersion d’eau.
It specifies substance-by-substance purification methods (re-firing earthenware; acidulated water for copper; alkali for bronze/iron; washing for pearls; hot water for greasy items; planing for wood; sprinkling for compacted items; overflow for liquids) and gives numeric clay counts for post-excretion cleansing, including increased quantities for brahmacārins, vānaprasthas, and renunciants.
By codifying śauca as actionable discipline in both yajña and household life, it protects ritual efficacy and ethical order; external purification (materials, spaces, bodies) is presented as a prerequisite for eligibility in divine and ancestral rites and as a support for inner restraint and dharmic living.