
Prayāga-māhātmya (Conclusion Notice)
Cette section sert de colophon de transition, marquant l’achèvement du Prayāga-māhātmya au sein du corpus des tīrtha de l’Agneya Purāṇa. En clôturant formellement l’exposé précédent, le texte préserve la pédagogie purāṇique où la géographie sacrée est enseignée comme un dharma appliqué : des lieux précis sont présentés comme des moyens de mérite (puṇya), de purification et d’alignement de la vie mondaine sur la délivrance (mokṣa). La conclusion signale aussi la progression systématique propre à l’Agneya Vidyā, passant du profil rituel-théologique d’un tīrtha au suivant, afin de bâtir une carte cohérente des kṣetra, en accord avec la visée encyclopédique du Purāṇa (rituels, iconographie, gouvernement et sciences connexes).
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे प्रयागमाहात्म्यं नाम एकादशाधिकशततमो ऽध्यायः अथ द्वादशाधिकशततमो ऽध्यायः वाराणसीमाहात्म्यम् अग्निर् उवाच वाराणसी परं तीर्थं गौर्यै प्राह महेश्वरः भुक्तिमुक्तिप्रदं पुण्यं वसतां गृणतां हरिं
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le chapitre 112 intitulé « La grandeur de Prayāga ». Commence maintenant le chapitre 113, « La grandeur de Vārāṇasī ». Agni dit : « Vārāṇasī est le tīrtha suprême ; Maheśvara l’a déclaré à Gaurī. Ce lieu est saint : il accorde à ceux qui y demeurent et à ceux qui louent Hari à la fois la jouissance mondaine (bhukti) et la délivrance (mukti). »
Verse 2
रुद्र उवाच गौरीक्षेत्रं न मुक्तं वै अविमुक्तं ततः स्मृतं अन्नदानाद्दिवमिति ख , ग , घ , ङ , छ , ज च तीर्थं वानरकं परमिति ख , ग , घ , ङ च वाराणसीमिति ख , घ च वसतां शृणुतां हरिमिति ग , घ , ङ च जप्तं तप्तं दत्तममविमुक्ते विलाक्षयं
Rudra dit : «Voici le domaine sacré de Gaurī ; il n’est véritablement pas “délaissé”, c’est pourquoi on s’en souvient sous le nom d’Avimukta. “Par le don de nourriture, on atteint le ciel.” C’est le tīrtha suprême appelé Vānaraka, et il est aussi nommé Vārāṇasī. Pour ceux qui y demeurent et pour ceux qui y écoutent, le fruit est Hari. Tout japa (récitation), toute tapas (austérité) et tout dāna (don) accomplis à Avimukta deviennent impérissables.»
Verse 3
अश्मना चरणौ हत्वा वसेत्काशीन्न हि त्यजेत् हरिश् चन्द्रं परं गुह्यं गुह्यमाम्नातकेश्वरं
Même si l’on a frappé (les) pieds (de quelqu’un) avec une pierre, on doit demeurer à Kāśī et ne jamais l’abandonner — car s’y trouvent Hariścandra, tīrtha suprêmement secret, et le liṅga secret Āmnātakeśvara.
Verse 4
जप्येश्वरं परं गुह्यं गुह्यं श्रीपर्वतं तथा महालयं परं गुह्यं भृगुश् चण्डेश्वरं तथा
Japyeśvara — suprêmement secret —, et de même Śrīparvata, lieu saint secret ; Mahālaya, suprêmement secret ; ainsi que le tīrtha de Bhṛgu et Caṇḍeśvara.
Verse 5
केदारं परमं गुह्यमष्टौ सन्त्यविमुक्तके गुह्यानां परमं गुह्यमविमुक्तं परं मम
Kedāra est le secret suprême ; à Avimukta se trouvent huit (mystères sacrés) de cette sorte. Parmi tous les secrets, Avimukta est le plus haut secret : c’est Ma demeure suprême.
Verse 6
द्वियोजनन्तु पूर्वं स्याद् योजनार्धं तदन्यथा वरणा च नदी चासीत् तयोर्मध्ये वाराणसी
Du côté de l’est, l’étendue est de deux yojanas ; de l’autre côté, d’une yojana et demie. Il y a les rivières Varaṇā et Asī ; Vārāṇasī se situe entre ces deux cours d’eau.
Verse 7
अत्र स्नानं जपो होमो मरणं देवपूजनं श्राद्धं दानं निवासश् च यद्यत् स्याद्भुक्तिमुक्तिदं
Ici, tout ce qui advient—bain rituel, récitation (japa), oblation au feu (homa), même la mort, culte des dieux, rites de śrāddha, don (dāna) et résidence—devient dispensateur à la fois de jouissance mondaine et de délivrance (mukti).
Purāṇas often preserve transmission markers that close one adhyāya and cue the next; here it signals a curated sequence of tīrthas within the Bhuvanakośa–Tīrtha-māhātmya framework.
It reinforces modular organization—each tīrtha is treated as a discrete knowledge-unit, enabling systematic traversal of sacred geography alongside the Purāṇa’s other vidyās.