
The Creation of Svāyambhuva (Manu) — Bhuvanakośa, Seven Dvīpas, Varṣas, and Lineages
Le Seigneur Agni passe des enseignements d’architecture (nagarādi-vāstu) à une exposition cosmologique, promettant un récit structuré du « bhuvana-kośa » (l’enveloppe du monde), de la géographie terrestre et des grands progéniteurs. Le chapitre relate comment Priyavrata répartit les sept dvīpas entre ses fils—Jambū, Plakṣa, Śālmalā, Kuśa, Krauñca, Śāka et Puṣkara—présentant ainsi la géographie sacrée comme un ordre d’administration conforme au dharma. Il précise ensuite les divisions internes de Jambūdvīpa (varṣas et montagnes frontières) centrées sur Meru/Ilāvṛta, et décrit les régions du Nord comme affranchies de la crainte de la vieillesse et de la mort, dans une condition égalitaire au-delà des distinctions de yuga. Le récit se tourne vers un modèle de royauté sanctifiée menant au renoncement : Priyavrata, puis Ṛṣabha et Bharata, atteignent Viṣṇu à Śālagrāma, reliant la lignée politique à la délivrance fondée sur les tīrthas. Une chaîne généalogique se poursuit de Bharata, par Sumati, jusqu’à Indradyumna et ses descendants, et s’achève en identifiant cet exposé comme la création de Svāyambhuva, marquée par la succession des yugas (Kṛta, Tretā, etc.).
Verse 1
इत्य् आगेनेये महापुराणे नगरादिवास्तुर्नाम षडधिकशततमो ऽध्यायः अथ सप्ताधिकशततमो ऽध्यायः स्वायम्भुवसर्गः अग्निर् उवाच वक्ष्ये भुवनकोषञ्च पृथ्वीद्वीपादिलक्षणं अग्निध्रश्चाग्निबाहुश् च वपुष्मान्द्युतिमांस् तथा
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le chapitre intitulé «Nagarādi-Vāstu» (les cités et les principes architecturaux connexes). Commence maintenant le chapitre 107, «Svāyambhuva-sarga» (la création de Svāyambhuva Manu). Agni dit : «J’exposerai la structure des mondes (bhuvana-kośa) et les caractères distinctifs de la terre, de ses continents et autres; et aussi Agnidhra, Agnibāhu, Vapuṣmān et Dyutimān».
Verse 2
मेधा मेधातिथिर्भव्यः सवनः पुत्र एव च गृहाणि नगरादिषु इति झ गृहाणि नगराणि तु इति ख विंश एव चेति ख , छ च अष्टाभिर्विभजेदेवमिति छ ईश्वर उवाचेति ख , छ च सवनः क्षय एव च इति क ज्योतिष्मान् दशमस्तेषां सत्यनामा सुतो ऽभवत्
Medhā, Medhātithi, Bhavya et Savana : tels furent, en vérité, les fils. (On trouve des variantes : «maisons et cités, etc.» / «maisons et cités» / «vingt en vérité»; ainsi que «diviser ainsi en huit»; et, dans certaines recensions : «Īśvara dit».) Parmi eux, le dixième fut Jyotiṣmān; et Satyanāmā naquit comme son fils.
Verse 3
प्रियब्रतसुताः ख्याताः सप्तद्वीपान्ददौ पिता जम्बुद्वीपमथाग्नीध्रे प्लक्षं मेधातिथेर्ददौ
Le père attribua aux illustres fils de Priyavrata les sept continents (dvīpa) : il donna Jambūdvīpa à Agnīdhra, et confia Plakṣadvīpa à Medhātithi.
Verse 4
वपुष्मते शाल्मलञ्च ज्योतिष्मते कुशाह्वयं क्रौञ्चद्वीपं द्युतिमते शाकं भव्याय दत्तवान्
Il accorda Śālmaladvīpa à Vapuṣmat ; le continent nommé Kuśa (Kuśadvīpa) à Jyotiṣmat ; Krauñcadvīpa à Dyutimat ; et Śākadvīpa à Bhavya.
Verse 5
पुष्करं सवनायादादग्नीध्रे ऽदात् सुते शतं जम्बूद्वीपं पिता लक्षं नाभेर्दत्तं हिमाह्वयं
À Savanāya il donna Puṣkaradvīpa ; à Agnīdhra il accorda « cent » (mesures). Et à son fils Nābhi, le père concéda Jambūdvīpa—d’une étendue d’« un lakh »—nommée Himāhvaya (« appelée Himā »).
Verse 6
हेमकूटं किम्पुरुषे हरिवर्षाय नैषधं इलावृते मेरुमध्ये रम्ये नीलाचलश्रितं
Dans le Kimpuruṣa-varṣa se trouve le mont Hemakūṭa ; pour Harivarṣa, (la montagne frontière) est Naiṣadha ; et dans Ilāvṛta, au centre délicieux autour de Meru, cela est associé ou borné par Nīlācala (la Montagne Bleue).
Verse 7
हिरण्वते श्वेतवर्षं कुरूंस्तु कुरवे ददौ भद्राश्वाय च भद्राश्वं केतुमालाय पश्चिमं
À Hiraṇvata il assigna Śvetavarṣa ; aux Kurus il donna Kuru ; à Bhadrāśva il assigna Bhadrāśva ; et à Ketumāla il concéda la région occidentale.
Verse 8
मेरोः प्रियव्रतः पुत्रानभिषिच्य ययौ वनं शालग्रामे तपस्तप्त्वा ययौ विष्णोर्लयं नृपः
Priyavrata, fils de Méru, après avoir consacré ses fils comme souverains, se retira dans la forêt ; puis, ayant pratiqué l’ascèse à Śālagrāma, ce roi atteignit la résorption (laya) en Viṣṇu.
Verse 9
यानि कुम्पुरुषाद्यानि ह्य् अष्टवर्षाणि सत्तम तेषां स्वाभाविकी सिद्धिः सुखप्राया ह्य् अयत्नतः
Ô le meilleur des vertueux : chez ceux qui, à commencer par le type nommé « kumpuruṣa », jusqu’à l’âge de huit ans, la siddhi (accomplissement) est innée et se manifeste aisément, sans effort.
Verse 10
जरामृत्युभयं नास्ति धर्माधर्मौ युगादिकं नाधमं मध्यमन्तुल्या हिमाद्देशात्तु नाभितः
Il n’y a ni crainte de la vieillesse ni de la mort ; il n’y a ni mérite ni démérite, ni les divisions commençant par les yuga. Il n’y a ni rang inférieur ni rang moyen : tous sont semblables. Cette région se situe au nord du pays de l’Himālaya.
Verse 11
ऋषभो मेरुदेव्याञ्च ऋषभाद् भरतो ऽभवत् ऋषभो दत्तश्रीः पुत्रे शालग्रामे हरिङ्गतः
Ṛṣabha naquit de Méru-devī ; et de Ṛṣabha naquit Bharata. Ṛṣabha, pourvu d’une prospérité accordée, partit vers Hari (Viṣṇu) à Śālagrāma, laissant son fils.
Verse 12
भरताद् भारतं वर्षं भरतात् सुमतिस्त्वभूत् भरतो दत्तलक्ष्मीकः शालग्रामे हरिं गतः
De Bharata provint la terre appelée Bhārata-varṣa ; et de Bharata naquit, en vérité, Sumati. Bharata — connu sous le nom de Dattalakṣmīka — alla vers Hari (Viṣṇu) à Śālagrāma.
Verse 13
सुतेभ्य उ इति ख , छ च रम्येनीलाचलाश्रियमिति ख , ङ , झ च रम्यं नीलाचले स्थितमिति घ हिमाद्देशान्तनाभित इति छ सुमतिस्तत इति ग स योगी योगप्रस्तावे वक्ष्ये तच्चरितं पुनः सुमतेस्तेजसस्तस्मादिन्द्रद्युम्नो व्यजायत
(Dans certaines recensions on lit) «aux fils, certes…»; (dans d’autres) «la belle prospérité de Nīlācala»; (dans d’autres) «un lieu charmant situé sur Nīlācala»; (dans d’autres) «depuis la région de l’Himālaya, depuis le nombril (centre) d’une autre contrée»; et (dans d’autres) «alors (il y eut) Sumati». Ce yogin—dont je redirai l’histoire dans le cadre de l’exposé sur le Yoga—par l’éclat (tejas, puissance spirituelle) de Sumati, engendra le roi Indradyumna.
Verse 14
परमेष्ठी ततस्तस्मात् प्रतीहारस्तदन्वयः प्रतीहारात् प्रतीहर्ता प्रतिहर्तुर्भुवस्ततः
Puis vint Parameṣṭhī; de lui naquit Pratīhāra, de cette même lignée. De Pratīhāra naquit Pratīhartā; et de Pratīhartā, ensuite, naquit Bhū (Bhūvas).
Verse 15
उद्गीतोथ च प्रस्तारो विभुः प्रस्तारतः सुतः पृथुश् चैव ततो नक्तो नक्तस्यापि गयः सुतः
Puis (vinrent) Udgīta et Prastāra; de Prastāra naquit Vibhu. De lui (vint) Pṛthu; puis (vint) Nakta; et le fils de Nakta, de plus, fut Gaya.
Verse 16
नरो गयस्य तनयः तत्पुत्रो ऽभूद्विराट् ततः तस्य पुत्रो महावीर्यो धीमांस्तस्मादजायत
Nara fut le fils de Gaya. Son fils fut Virāṭ; et ensuite, de lui naquit comme fils Mahāvīrya, le sage à la grande vaillance.
Verse 17
महान्तस्तत्सुतश्चाभून्मनस्यस्तस्य चात्मजः त्वष्टा त्वष्टुश् च विरजारजस्तस्याप्यभूत् सुतः
Mahāntas fut son fils; et Manasya fut le fils de Mahāntas. Et de Manasya naquit Tvaṣṭṛ, l’artisan divin; et Virajā-rajas naquit aussi comme fils de Tvaṣṭṛ.
Verse 18
सत्यजिद्रजसस्तस्य जज्ञे पुत्रशतं मुने विश्वज्योतिःप्रधानास्ते भारतन्तैर् विवर्धितं
Ô sage, de ce Rajas naquit Satyajit ; et il eut cent fils—dont Viśvajyoti fut le plus éminent—élevés et prospérant grâce aux lignées Bhārata.
Verse 19
कृतत्रेतादिसर्गेण सर्गः स्वायम्भुवः स्मृतः
La création marquée par la succession de Kṛta, Tretā et des autres yuga est tenue pour la création dite Svāyambhuva.
A classificatory cosmography: the allocation of the seven dvīpas to Priyavrata’s sons, followed by Jambūdvīpa’s internal varṣa/mountain markers centered on Meru and Ilāvṛta, with attention to recensional variants (pāṭhabheda).
It frames geography and dynasty as dharmic pedagogy: righteous rulership culminates in renunciation, and Śālagrāma functions as a tīrtha where kings attain Viṣṇu-laya—integrating worldly order (bhukti) with liberation-oriented discipline (mukti).
Priyavrata as allocator; key recipients include Agnīdhra (Jambūdvīpa), Medhātithi (Plakṣa), Vapuṣmat (Śālmalā), Jyotiṣmat (Kuśa), Dyutimān (Krauñca), Bhavya (Śāka), and Savana (Puṣkara).
It identifies the account as Svāyambhuva-sarga, a creation remembered through the yuga-sequence beginning with Kṛta and Tretā.