
Daṣṭa-cikitsā (Treatment for Bites) — Mantra-Dhyāna-Auṣadha Protocols for Viṣa
Le Seigneur Agni ouvre un enseignement ayurvédique spécialisé sur la daṣṭa-cikitsā (traitement des morsures et piqûres), en exposant une thérapeutique triple : mantra (énonciation sacrée), dhyāna (visualisation et fixation méditative) et auṣadha (administration de remèdes). Le chapitre relie l’urgence clinique à l’efficacité dévotionnelle : le japa de « Oṃ namo bhagavate Nīlakaṇṭhāya » est dit atténuer le poison et protéger la vie ; puis le viṣa est classé en jaṅgama (d’origine animale, serpents et insectes) et sthāvara (d’origine végétale ou minérale). Agni décrit ensuite un système rituel-thérapeutique centré sur le mantra Viyati/Tārkṣya (Garuḍa) : distinctions tonales et phonétiques, mantras de kavaca et d’astra, visualisation du yantra/maṇḍala (lotus mātṛkā) et nyāsa détaillé sur les doigts et les articulations. Les schémas des cinq éléments (terre, eau, feu, vent, éther), avec couleurs, formes et divinités présidantes, soutiennent une logique de « renversement/échange » pour immobiliser, transférer et détruire le poison. La conclusion rassemble des mantras de Garuḍa et de Rudra/Nīlakaṇṭha, le murmure à l’oreille (karṇa-jāpa), la ligature protectrice (upānahāva) et le culte selon le Rudra-vidhāna, faisant de l’anti-venin un acte médical et un rite dharmique.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे नागलक्षणदिर्नाम त्रिनवत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ चतुर्नवत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः दष्टचिकित्सा अग्निर् उवाच मन्त्रध्यानौषधैर् दष्टचिकित्सां प्रवदामि ते ॐ नमो भगवते नीलकण्ठायेति जपनाद्विषहानिः स्यदौषधं जीवरक्षणं
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa s’achève le deux-cent-quatre-vingt-quatorzième chapitre, intitulé « Les caractéristiques des Nāga (serpents) ». Commence maintenant le deux-cent-quatre-vingt-quinzième chapitre : « Traitement des morsures ». Agni dit : « Par les mantras, la concentration méditative et les remèdes, je t’enseignerai le traitement de la morsure de serpent. Par la récitation (japa) : “Oṃ, hommage au Bienheureux Seigneur Nīlakaṇṭha”, l’effet du poison diminue ; cela devient un remède pour la sauvegarde de la vie. »
Verse 2
साज्यं सकृद्रसं पेयं द्विविधं विषमुच्यते जङ्गमं सर्पभूषादि शृङ्ग्यादि स्थावरं विषं
On dit que le poison est de deux sortes : (à administrer comme antidote) celui que l’on boit mêlé de ghee, et celui que l’on prend sous forme de suc exprimé en une seule dose. Le poison mobile (d’origine animale) est celui des serpents, des insectes et autres ; le poison immobile (d’origine végétale ou minérale) provient de Śṛṅgī et de sources semblables.
Verse 3
शान्तस्वरान्वितो ब्रह्मा लोहितं तारकं शिवः वियतेर्नाममन्त्रो ऽयं तार्क्षः शब्दमयः स्मृतः
Brahmā doit être compris comme pourvu de l’accent tonal śānta (pacifique) ; Śiva est associé au ton tāraka (libérateur) de teinte lohita (rougeâtre). Tel est un mantra nommé « Viyati » ; on s’en souvient comme « Tārkṣya », constitué de son.
Verse 4
ख र्दय विमर्दय कवचाय अप्रतिहतशामनं वं हूं फट् अस्त्राय उग्ररूपवारक सर्वभयङ्कर भीषय सर्वं दह दह भस्मीकुरु कुरु स्वाहा नेत्राय सप्तवर्गान्तयुग्माष्टदिग्दलस्वर केशरादिवर्णरुद्धं वह्निराभूतकर्णकं मातृकाम्बुजं कृत्वा हृदिस्थं तन्मन्त्री वामहस्ततले स्मरेत् अङ्गष्ठादौ न्यसेद्वर्णान्वियतेर्भेदिताः कलाः
« Kha—(pour le Cœur) : broie, broie ! Pour l’armure protectrice (kavaca) : l’apaisant de ce qui est irrésistible. Vaṁ, hūṁ, phaṭ—(comme mantra-projectile, astra) : le repousseur des formes farouches. Que tout ce qui est terrifiant, avec toute crainte, soit saisi de crainte ; brûle, brûle tout ; réduis en cendres—fais, fais—svāhā. Pour les Yeux (netra) : après avoir formé le “lotus des lettres” (mātṛkā-ambuja)—dont le péricarpe est de nature ignée, dont les pétales sont les huit directions, dont les sons sont disposés en paires aux terminaisons des sept groupes varga, et dont les couleurs sont contenues depuis le safran et autres teintes—celui qui maîtrise ce mantra doit le visualiser demeurant dans le cœur, sur la paume de la main gauche. En commençant par le pouce, qu’il pose (nyāsa) les lettres ; les kalā sont différenciées selon Viyati (l’étendue de l’espace). »
Verse 5
पीतं वज्रचतुष्कोणं पार्थिवं शक्रदैवतं वृत्तार्धमाप्यपद्मार्धं शुक्लं वरूणदैवतं
Le principe de la terre est jaune, de forme quadrangulaire à quatre angles (semblable à un losange), et a Śakra (Indra) pour divinité présidente. Le principe de l’eau est blanc, formé comme un demi-cercle et comme un demi-lotus, et a Varuṇa pour divinité présidente.
Verse 6
त्र्यस्त्रं स्वस्तिकयुक्तञ्च तैजसं वह्निदैवतं वृत्तं विन्दुवृतं वायुदैवतं कृष्णमालिनम्
Le Tryastra doit être marqué du svastika. Le Taijasa est présidé par le Feu, Agni. Le (diagramme d’arme) circulaire est un cercle portant un point central ; il est présidé par Vāyu et entouré d’une guirlande noire (anneau ou bordure noire).
Verse 7
अङ्गुष्ठाद्यङ्गुलीमध्ये पर्यस्तेषु स्ववेश्मसु सुवर्णनागवाहेन वेष्ठितेषु न्यसेत् क्रमात्
Ensuite, selon l’ordre prescrit, on doit accomplir le nyāsa sur les « demeures » respectives (emplacements assignés) situées au milieu des doigts à partir du pouce, lesquelles sont enserrées par le courant-serpent d’or (nāga-vāha).
Verse 8
वियतेश् चतुरो वर्णान् सुमण्डलसमत्विषः अरूपे रवतन्मात्रे आकाशेशिवदेवते
Dans le viyat (l’éther), se trouvent les quatre classes (varṇa), rayonnantes d’un éclat égal à celui d’un orbe splendide. Dans l’informe—dont la seule mesure subtile est le son (rava)—la divinité présidant à l’ākāśa est Śiva.
Verse 9
कनिष्ठामध्यपर्वस्थे न्यसेत्तस्याद्यमक्षरम् नागानामादिवर्णांश् च स्वमण्डलगतान्न्यसेत्
Sur la phalange médiane de l’auriculaire, on doit placer (par nyāsa) sa première syllabe ; et l’on doit aussi placer les lettres initiales des Nāgas, telles qu’elles sont ordonnées dans son propre maṇḍala.
Verse 10
भूतादिवर्णान् विन्यसेदङ्गुष्टाद्यन्तपर्वसु तन्मात्रादिगुणाभ्यर्णानङ्गुलीषु न्यसेद्बुधः
Le pratiquant avisé doit assigner (par nyāsa) les syllabes commençant par les bhūtas sur les articulations, du pouce jusqu’aux articulations terminales ; et il doit placer sur les doigts les syllabes correspondant aux qualités (guṇa) commençant par les tanmātras.
Verse 11
स्पर्शनादेवतार्क्षेण हस्ते हन्याद्विषद्वयं मण्डलादिषु तान् वर्णान् वियतेः कवयो जितान्
Par le seul toucher, grâce à Tārkṣya (Garuḍa), on doit abattre de la main la paire de poisons ; et, dans des figures rituelles telles que les maṇḍala, on inscrira ces lettres-syllabes—vaincues par les sages—relevant de l’élément de l’espace.
Verse 12
श्रेष्ठद्व्यङ्गुलिभिर्देहनाभिस्थानेषु पर्वसु भेदिकास्तथेति ख वरतन्मत्रे इति ख आजानुतः सुवर्णाभमानाभेस्तुहिनप्रभम्
Selon la meilleure mesure, de deux aṅgula, les articulations du corps—aux endroits du nombril (la région médiane)—doivent être marquées comme points de division (bhedikā). Des genoux vers le bas, le teint idéal est doré ; dans la région du nombril, il rayonne comme la neige, clair et lumineux.
Verse 13
कुङ्कुमारुणमाकण्ठादाकेशान्तात् सितेतरं ब्रह्माण्डव्यापिनं तार्क्षञ्चन्द्राख्यं नागभूषणम्
De la gorge jusqu’au sommet de la tête, qu’on le contemple rouge vermillon, tel le safran ; de là vers le bas, d’une autre teinte, blanchâtre. Cette forme est omniprésente, emplissant le Brahmāṇḍa (l’œuf cosmique, l’univers) ; elle est connue sous le nom de Tārkṣya et de « Candrākhya » (“nommée Lune”), et elle est parée de serpents en guise d’ornements.
Verse 14
नीलोग्रनाशमात्मानं महापक्षं स्मरेद्बुधः एवन्तात्क्षात्मनो वाक्यान्मन्त्रः स्यान्मन्त्रिणो विषे
Le pratiquant savant doit se représenter en lui-même le Grand Ailé, destructeur du farouche poison « bleu ». De cette contemplation et des paroles proférées par soi-même naît un mantra efficace, pour le connaisseur des mantras, contre le poison.
Verse 15
सुष्टिस्तार्क्षकरस्यान्तःस्थिताङ्गुष्ठविषापहा तार्क्षं हस्तं समुद्यम्य तत्पञ्चाङ्गुलिचालनात्
La (mudrā/mantra) nommée Suṣṭi, établie dans la « main de Tārkṣa » avec le pouce placé à l’intérieur, ôte le poison. Ayant levé la main de Tārkṣa, en remuant (secouant) ses cinq doigts, le poison est dissipé.
Verse 16
कुर्याद्विषस्य स्तम्भादींस्तदुक्तमदवीषया आकाशादेष भूवीजः पञ्चार्णाधिपतिर्मनुः
Il faut accomplir les rites en commençant par l’immobilisation (stambhana) du poison, ainsi qu’il a été exposé, au moyen de la formule mantrique « ada-vīṣā ». Ce mantra est la semence de la Terre (bhū-bīja) issue d’Ākāśa, et il préside aux cinq syllabes.
Verse 17
संस्तम्भयेतिविषतो भाषया स्तम्भ्येद्विषम् व्यत्यस्तभूषया वीजो मन्त्रो ऽयं साधुसाधितः
En prononçant, dans la parole appropriée, la formule commençant par « saṃstambhaye », on doit arrêter le poison. C’est un bīja-mantra dûment accompli, à employer avec un agencement inversé ou modifié (des syllabes/ornements).
Verse 18
संप्लवः प्लावय यमः शब्दाद्यः संहरेद्विषं दण्डमुत्थापयेदेष सुजप्ताम्भो ऽभिषेकतः
« Saṃplava » provoque l’inondation ; « Plāvaya » fait dériver (les forces ennemies) ; « Yama » les contraint. Le mantra « Śabdādya », commençant par le son mystique, détruit l’adversaire. Ce rite « dresse le bâton » (établit l’autorité punitive) par une onction-aspersion (abhiṣeka) avec une eau parfaitement consacrée par la récitation mantrique.
Verse 19
सुजप्तशङ्खभेर्यादिनिस्वनश्रवणेन वा संदहत्येव संयुक्तो भूतेजोव्यत्ययात् स्थितः
Ou encore, en entendant la résonance d’une conque (śaṅkha), d’un tambour (bherī) et d’instruments semblables, dûment consacrés par le japa, l’entité affligeante—se trouvant dans un état né de l’inversion (opposition mutuelle) des éléments et de l’énergie du feu—semble, pour ainsi dire, être brûlée lorsqu’elle est affrontée par ce rite.
Verse 20
भूवायुव्यत्ययान्मन्त्रो विषं संक्रामयत्यसौ अन्तस्थो निजवेश्मस्थो वीजाग्नीन्दुजलात्मभिः
Par l’échange réglé (maîtrise et inversion) de la terre et du vent, ce mantra fait transférer le poison. Que le pratiquant soit « à l’intérieur » (du corps du patient) ou établi dans sa propre demeure, il agit par les syllabes-semences, et par le feu, la lune et l’eau comme puissances opératives.
Verse 21
एतत् कर्म नयेन्मन्त्री गरुडाकृतिविग्रहः तार्क्षवर्णगेहस्थस्तज्जपान्नाशयेद्विषम्
Le pratiquant du mantra doit accomplir ce rite en prenant une forme (ou posture) à l’image de Garuḍa ; établi dans un espace marqué par la couleur/le signe de Tārkṣya (Garuḍa), par la récitation de ce (mantra) il doit anéantir le poison.
Verse 22
जामुदण्डीदमुदितं स्वधाश्रीवीजलाञ्छितं स्नानपानात्सर्वविषं ज्वरातोगापमृत्युजित्
Cette (formule) nommée Jāmudaṇḍī, proclamée ici et marquée des (puissances de) Svadhā, Śrī et Vījalā — par le bain et l’absorption (d’une eau consacrée par elle), elle triomphe de tous les poisons, de la fièvre, des maladies et de la mort prématurée.
Verse 23
पक्षि पक्षि महापक्षि महापक्षि विधि स्वाहा यश इति ञ पक्षि पक्षि महापक्षि महापक्षि क्षि क्षि स्वाहा
« Ô Oiseau, ô Oiseau ; ô Grand Oiseau, ô Grand Oiseau — selon le vidhi (prescription rituelle), svāhā. “Yaśas” (gloire/renommée) — ainsi est-il dit, avec la syllabe ña. De nouveau : ô Oiseau, ô Oiseau ; ô Grand Oiseau, ô Grand Oiseau — kṣi kṣi, svāhā. »
Verse 24
द्वावेतौ पक्षिराड्मन्त्रौ विषघ्नावभिमन्त्रणात् पक्षिराजाय विध्महे पक्षिदेवाय धीमहि तत्रो गरुड प्रचोदयात् वह्निस्थौ पार्श्वतत्पूर्वौ दन्तश्रीकौ च दण्डिनौ सकालो लाङ्गली चेति नीलकण्ठाद्यमीरितं वक्षःकण्ठशिखाश्वेतं न्यसेत्स्तम्भे सुसंस्कृतौ
Ces deux mantras du « Roi des oiseaux » (liés à Garuḍa), lorsqu’ils sont employés pour la récitation consacratoire (abhimantraṇa), deviennent destructeurs de poison : « Nous contemplons le Roi des Oiseaux ; nous méditons sur la Divinité-Oiseau ; que ce Garuḍa nous inspire/impulse. » Ensuite, il doit les installer (nyāsa) sur un pilier dûment consacré : (en visualisant/plaçant) la paire « Dantaśrīka » et « Daṇḍin » demeurant dans le feu, avec « Sa-kāla » et « Lāṅgalī », selon l’enseignement commençant par Nīlakaṇṭha — avec le blanc posé sur la poitrine, la gorge et la crête (śikhā) de la figure/du yantra.
Verse 25
हर हर हृदयाय नमः कपर्दिने च शिरसे नीलकण्ठाय वै शिखां कालकूटविषभक्षणाय स्वाहा अथ वर्म च कण्ठे नेत्रं कृत्तिवासास्त्रिनेत्रं पूर्वाद्यैर् आननैर् युक्तं श्वेतपीतारुणासितैः अभयं वरदं चापं वासुकिञ्च दधद्भुजैः यस्योपरीतपार्श्वस्थगौरीरुद्रो ऽस्य देवता
« Hara, Hara ! Hommage à (Rudra) au cœur. Hommage à Kapardin à la tête. (Hommage) à Nīlakaṇṭha au śikhā (touffe/couronne). Svāhā au Dévoreur du poison Kālakūṭa. Maintenant (place) l’armure (varma) à la gorge — et l’Œil (netra) en ce lieu : Kṛttivāsas, le Seigneur aux Trois Yeux, pourvu de visages commençant par celui de l’Est, (ces visages) blancs, jaunes, fauves-rouges et noirs ; dont les bras portent (les gestes de) l’absence de crainte et du don, ainsi qu’un arc et Vāsuki (le serpent). La divinité de ce kavaca/de cette installation est Rudra avec Gaurī, placée sur son flanc supérieur. »
Verse 26
पादजानुगुहानाभिहृत्कण्ठाननमूर्धसु मन्त्रार्णान्न्यस्य करयोरङ्गुष्ठाद्यङ्गुलीषु च
Après avoir posé (nyāsa) les syllabes du mantra sur les pieds, les genoux, les aines, le nombril, le cœur, la gorge, le visage et la tête, on doit aussi les poser sur les mains, sur le pouce et les autres doigts.
Verse 27
तर्जन्यादितदन्तासु सर्वमङ्गुष्ठयोर् न्यसेत् ध्यात्वैवं संहरेत् क्षिप्रं वद्धया शूलमुद्रया
En plaçant tout (le nyāsa prescrit) sur les extrémités des doigts, à commencer par l’index, on doit ensuite le fixer sur les deux pouces. Ayant ainsi médité, on doit le retirer promptement au moyen de la Śūla-mudrā liée.
Verse 28
कनिष्ठा ज्येष्ठया वद्धा तिश्रो ऽन्याः प्रसृतेर्जवाः विषनाशे वामहस्तमन्यस्मिन् दक्षिणं करं
Le petit doigt lié au pouce et les trois autres doigts vivement étendus, pour détruire le poison on doit appliquer la main gauche (dans ce geste) et, de l’autre côté, la main droite.
Verse 29
ॐ नमो भगवते नीलकण्ठाय चिः अमलकण्ठाय चिः सर्वज्ञकण्ठाय चिः क्षिप ॐ स्वाहा अमलनीलकण्ठाय नैकसर्वविषापहाय नमस्ते रुद्रमन्यव इतिसर्मार्जनाद्विषं विनश्यति न सन्देहः कर्णजाप्या उपानहावा यजेद्रुद्रविधानेन नीलग्रीवं महेश्वरम् विषव्याधिविनाशः स्यात् कृत्वा रुद्रविधानकं
« Om — hommage au Bienheureux Seigneur Nīlakaṇṭha ; (prononcer) “ciḥ” pour Amala-kaṇṭha ; (prononcer) “ciḥ” pour Sarvajña-kaṇṭha ; “kṣipa” ; Om, svāhā. Salutations au Nīlakaṇṭha sans tache, qui ôte les nombreux poisons et tous les poisons. Par la récitation du mantra “namas te rudra manyava” et l’accomplissement du sarmārjana (essuyage/purification rituelle), le poison est détruit — sans aucun doute. Il faut le murmurer à l’oreille (karṇa-jāpa) et l’employer comme upānahāva (rite de ligature protectrice/amulette). Qu’on adore Maheśvara, le Nīlagrīva (au cou bleu), selon le Rudra-vidhāna ; après avoir accompli le rite de Rudra, les maladies nées du poison seront anéanties. »
A structured anti-poison protocol combining (1) poison taxonomy (jaṅgama/sthāvara), (2) mantra sets (kavaca/astra/bīja), (3) mātṛkā-ambuja visualization and maṇḍala inscription, and (4) precise nyāsa placements on finger-phalanxes and bodily joints with elemental color-shape-deity correspondences.
It frames healing as dharma-sādhana: devotion to Nīlakaṇṭha/Rudra and disciplined mantra-dhyāna are presented as life-protecting powers, aligning medical action (bhukti) with purity, restraint, and sacred speech that support inner steadiness and spiritual progress (mukti).