
अश्ववाहनसारः (Aśvavāhana-sāra) — Essentials of Horses as Mounts (and Horse-Treatment)
Ce chapitre, enseigné par Dhanvantari, présente le cheval comme un instrument dharmique de prospérité et de protection : l’acquérir et l’entretenir soutient dharma, kāma et artha. Il s’ouvre sur l’auspiciosité des opérations—nakṣatras Aśvinī, Śravaṇa, Hasta et les trois Uttarā, ainsi que les saisons favorables Hemanta, Śiśira et Vasanta—pour commencer et employer les chevaux. Il passe ensuite à une conduite éthique et pratique : éviter la cruauté, éviter les terrains dangereux, et dresser progressivement par une maîtrise des rênes plutôt que par des coups soudains. Une large section médiane mêle techniques de monte guerrière et protection rituelle, avec l’« installation » des divinités sur le corps (à la manière d’un nyāsa) et l’usage de mantras contre des troubles tels que des hennissements de mauvais augure et l’affection dite sādī. La fin systématise la mécanique de l’entraînement—assiette, coordination des rênes, virages, méthodes de retenue et techniques nommées—et donne des soins vétérinaires précoces (pâte à appliquer contre la fatigue et les piqûres d’insectes ; bouillie pour certaines races). Le chapitre conclut par des typologies (Bhadra, Manda, Mṛgajaṅgha, Saṅkīrṇa), des signes fastes et néfastes, et la promesse d’enseigner les caractéristiques équines selon la tradition de Śālihotra.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे गजचिकित्सा नाम षडशीत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अथ सप्ताशीत्यधिकद्विशततमो ऽध्यायः अश्ववाहनसारः धन्वन्तरिर् उवाच अश्ववाहनसारञ्च वक्ष्ये चाश्वचिकित्सनम् वाजिनां संग्रहः कार्यो धर्मकमार्थसिद्धये
Ainsi s’achève, dans l’Agni Mahāpurāṇa, le deux-cent-quatre-vingt-sixième chapitre intitulé « Traitement des éléphants ». Commence maintenant le deux-cent-quatre-vingt-septième chapitre, « L’essentiel des chevaux comme monture ». Dhanvantari déclara : « J’exposerai l’essentiel des chevaux en tant que moyen de transport, ainsi que la thérapeutique des chevaux. L’acquisition et l’entretien des chevaux doivent être entrepris pour l’accomplissement du dharma, du kāma et de l’artha ».
Verse 2
अश्विनी श्रणं हस्तं उत्तरात्रितयन्तथा नक्षत्राणि प्रशस्तानि हयानामादिवाहने
Aśvinī, Śravaṇa, Hasta, ainsi que les trois Uttarā (Uttaraphalgunī, Uttarāṣāḍhā et Uttarabhādrapadā) : ces demeures lunaires sont favorables à la première mise en service des chevaux et des autres véhicules.
Verse 3
हेमन्तः शिशिरश् चैव वसन्तश्चाश्ववाहने ग्रीष्मेशरदि वर्षासु निषिद्धं वाहनं हये
Pour monter ou employer un cheval, les saisons Hemanta, Śiśira et Vasanta conviennent ; mais en Grīṣma (été), Śarad (automne) et Varṣā (saison des pluies), l’usage du cheval est interdit.
Verse 4
तीव्रैर् न च परैर् दण्डैर् अदेशे न च ताडयेत् कीलास्थिसंकुले चैव विषमे कण्टकान्विते
On ne doit pas frapper avec des châtiments trop durs ou extrêmes, ni battre en un lieu inapproprié : tel un sol jonché de clous et d’ossements, un terrain inégal, ou un endroit couvert d’épines.
Verse 5
वालुकापङ्गसंच्छन्ने गर्तागर्तप्रदूषिते अचित्तज्ञो विनोपायैर् वाहनं कुरुतेतु हः
Lorsque le sol est couvert de sable et de bourbe et rendu perfide par des fosses et des creux, l’homme à l’esprit obtus—sans recourir aux moyens appropriés—tente pourtant d’y mener son véhicule.
Verse 6
स वाह्यते हयेनैव पृष्ठस्थः कटिकां विनाअप्_२८७००६अब्छन्दं विज्ञापयेत् कोपि सकृती धीमतां वरः
Il n’est porté que par un cheval, assis sur son dos sans selle ; de même, quelque personne compétente—la meilleure parmi les intelligents—peut, d’un seul coup, faire connaître le mètre (chandas), c’est‑à‑dire l’identifier et l’expliquer correctement.
Verse 7
अभ्यासादभियोगाच्च विनाशास्त्रं स्ववाहकः स्नातस्य प्रङ्मुखस्याथ देवान् वपुषि योजयेत्
Par l’exercice répété et l’application concentrée, celui qui porte son propre véhicule (c’est‑à‑dire le pratiquant maître de son moyen) doit, après le bain et tourné vers l’est, installer les divinités sur son corps pour la mise en œuvre du sort‑arme destructeur (vināśāstra).
Verse 8
प्रणवादिनमोन्तेन स्ववीजेन यथाक्रमम् ब्रह्मा चित्ते वले विष्णुर्वैनतेयः पराक्रमे
En commençant par le Pranava (Oṁ) et en finissant par la formule de salutation (namaḥ), et en employant sa propre syllabe‑graine (bīja) selon l’ordre prescrit : que Brahmā soit installé dans l’esprit ; Viṣṇu dans la force ; et Vainateya (Garuḍa) dans la vaillance.
Verse 9
पार्श्वे रुद्रा गुरुर्बुद्धौ विश्वेदेवाथ मर्मसु दृगावर्ते दृशीन्द्वर्कौ कर्णयोरश्विनौ तथा
Dans les flancs demeurent les Rudra ; dans l’intellect demeure le Guru (Bṛhaspati). Dans les jonctions vitales (marmas) se tiennent les Viśvedevas. Aux angles de rotation des yeux se trouvent Dṛśī et Indra ; et dans les deux oreilles, de même, les Aśvin.
Verse 10
जठरे ऽग्निः स्वधा स्वेदे वग्जिह्वायां जवे ऽनिलः पृष्ठतो नाकपृष्ठस्तु खुराग्रे सर्वपर्वताः
Agni doit être contemplé comme présent dans le ventre ; Svadhā dans la sueur ; Vāk (la Parole) sur la langue ; et Anila (le Vent) dans la vélocité. Derrière se tient le « nāka-pṛṣṭha », le dos du ciel ; et aux pointes des sabots se trouvent toutes les montagnes.
Verse 11
ताराश् च रोमकूपेषु हृदि चान्द्रमसी कला तेजस्यग्नीरतिः श्रोण्यां ललाटे च जगत्पतिः
Les étoiles sont à contempler dans les pores du corps ; le digit lunaire dans le cœur ; Agnīrati (puissance ou délice du feu) dans le tejas, l’éclat vital ; et Jagatpati, Seigneur de l’univers, dans les hanches et aussi sur le front.
Verse 12
ग्रहाश् च हेषिते चैव तथैवोरसि वासुकिः उपोषितो ऽर्चयेत् सादी हयं दक्षश्रुतौ जपेत्
Lorsqu’il y a un hennissement (de mauvais augure), cela indique l’influence des Grahas ; de même, la douleur ou l’affliction dans la poitrine est liée à Vāsuki. Après avoir jeûné, on doit adorer la divinité correspondante ; et, pour l’état nommé sādī, on doit réciter le mantra de Hayagrīva dans l’oreille droite.
Verse 13
हय गन्धर्वराजस्त्वं शृणुष्व वचनं गम गन्धर्वकुलजातस्त्वं माभूस्त्वं कुलदूषकः
Ô Haya, roi des Gandharvas, écoute mes paroles et va-t’en. Tu es né dans la lignée des Gandharvas ; ne deviens pas celui qui souille ta propre famille.
Verse 14
द्विजानां सत्यवाक्येन सोमस्य गरुडस्य च रुद्रस्य वरुणस्यैव पवनस्य बलेन च
Par la puissance de la parole véridique des dvija (les « deux-fois-nés »), et par la force de Soma, de Garuḍa, de Rudra, de Varuṇa, et aussi par la vigueur de Pavana (Vāyu).
Verse 15
हुताशनस्य दीप्त्या च स्मर जातिं तुरङ्गम स्मर राजेन्द्रपुत्रस्त्वं सत्यवाक्यमनुस्मर
Par l’éclat de Hutāśana (Agni), souviens-toi de ta véritable naissance, ô cheval. Souviens-toi : tu es le fils du roi des rois ; rappelle-toi les paroles véridiques jadis prononcées et garde-les en ton esprit.
Verse 16
कणिकां विनेति क , ञ च स्मर त्वं वारुणीं कन्यां स्मर त्वं कौस्तुभं मणिं क्षिरोदसागरे चैव मथ्यमाने सुरासुरैः
Souviens-toi des syllabes « ka » et « ña » comme de ce qui ôte l’impureté ; souviens-toi de la jeune Vāruṇī ; souviens-toi du joyau Kaustubha—toutes ces merveilles apparurent lorsque l’Océan de Lait fut baratté par les dieux et les asura.
Verse 17
तत्र देवकुले जातः स्ववाक्यं परिपालय कुले जातस्त्वमश्वानां मित्रं मे भव शास्वतम्
Puisque tu es né là dans une lignée noble (divine), observe fidèlement ta propre parole donnée. Né dans cette lignée des chevaux, deviens mon ami durable.
Verse 18
शृणु मित्र त्वमेतच्च सिद्धो मे भव वाहन विजयं रक्ष माञ्चैव समरे सिद्धिमावह
Écoute, ô ami, ceci : deviens pour moi accompli, ô ma monture (vāhana). Protège ma victoire et protège-moi aussi dans le combat ; apporte-moi la siddhi, l’accomplissement.
Verse 19
तव पृष्ठं समारुह्य हता दैत्याः सुरैः पुरा अधुना त्वां समारुह्य जेष्यामि रिपुवाहिनीं
Autrefois, montés sur ton dos, les dieux abattirent les Daitya ; aujourd’hui, monté sur toi, je vaincrai l’armée ennemie.
Verse 20
कर्णजापन्ततः कृत्वा विमुह्य च तथा प्यरीन् पर्यानयेद्धयं सादी वहयेद्युद्धतो जयः
Ensuite, ayant accompli près de l’oreille de l’ennemi une feinte à courte portée—tel un murmure destiné à distraire—et ayant ainsi troublé les adversaires, le cavalier doit faire volte-face avec le cheval et mener le combat jusqu’au bout ; de la bataille surgit la victoire.
Verse 21
सञ्जाताः स्वशरीरेण दोषाः प्रायेण वाजिनां हन्यन्ते ऽतिप्रयत्नेन गुणाः सादिवरैः पुनः
Les défauts qui proviennent du corps même du cheval sont, le plus souvent, supprimés par un effort correctif intense ; et ses bonnes qualités, à leur tour, sont rétablies par d’excellents dresseurs (palefreniers/cavaliers).
Verse 22
सहजा इव दृश्यन्ते गुणाः सादिवरोद्भवाः नाशयन्ति गुणानन्ये सादिनः सहजानपि
Les qualités issues de causes « ayant un commencement » (acquises ou conditionnées) paraissent comme si elles étaient innées. Pourtant, ces qualités acquises, lorsqu’elles sont contrariées, peuvent détruire d’autres qualités, même celles qui sont véritablement natives.
Verse 23
गुणानेको विजानाति वेत्ति दोषांस् तथापरः धन्यो धीमान् हयं वेत्ति मन्दधीः
L’un discerne les mérites ; un autre, de même, connaît les défauts. Bienheureux est l’homme intelligent qui connaît les deux ; l’esprit obtus n’en connaît aucun.
Verse 24
अकर्मज्ञो ऽनुपायज्ञो वेगासक्तो ऽतिकोपनः घनदण्डरतिच्छिद्रे यः ममोपि न शस्यते
Celui qui ignore l’action juste, ignore les moyens appropriés, s’attache à l’élan téméraire, se met en colère à l’excès, aime les châtiments sévères et exploite les faiblesses : un tel homme ne doit pas être recommandé, pas même par moi.
Verse 25
उपायज्ञो ऽथ चित्तज्ञो विशुद्धो दोषनाशनः गुणार्जनपरो नित्यं सर्वकर्मविशारदः
Il est versé dans les moyens et les procédures du sacrifice; il comprend l’esprit et l’intention; il est pur et dissipe les fautes; toujours voué à l’acquisition des vertus, il excelle en tout acte rituel.
Verse 26
प्रग्रहेण गृहीत्वाथ प्रविष्टो वाहभूतलम् सव्यापसव्यभेदेन वाहनीयः स्वसादिना
Puis, ayant saisi fermement la rêne et étant monté sur le dos de la monture, le cavalier doit la maîtriser et la guider en distinguant les mouvements à gauche et à droite, selon son assise et sa tenue.
Verse 27
तथासुरनिति ज , ञ , ट च सह जाताः शरीरेणेति ञ आरुह्य सहसा नैव ताड्नीयो हयोत्तमः ताडनादुभयमाप्नोति भयान्मोहश् च जायते
Ainsi, le cavalier doit noter ces signes : lorsque la disposition corporelle du cheval manifeste les marques indiquées, une fois en selle il ne faut pas frapper soudainement l’excellent coursier. Du coup naît un double dommage; de la peur surgit aussi la confusion (perte de maîtrise).
Verse 28
प्रातः सादी प्लुतेनैव वल्गामुद्धृत्य चालयेत् मन्दं मन्दं विना नालं धृतवल्गो दिनान्तरे
Le matin, le cavalier doit, par un léger mouvement de ressort, relever la bride et mettre le cheval en marche. Doucement, doucement—sans frapper avec le fer du sabot—tenant la rêne, il doit l’exercer de nouveau vers la fin du jour.
Verse 29
प्रोक्तमाश्वसनं सामभेदो ऽश्वेन नियोज्यते कषादिताड्नं दण्डो दानं कालसहिष्णुता
La conciliation (sāma) est énoncée comme la première mesure. La persuasion et la division (sāma et bheda) doivent être mises en œuvre par l’entremise d’un émissaire. La flagellation au fouet et l’application du châtiment constituent daṇḍa; l’octroi de présents est dāna; et l’endurance patiente, attendant le moment juste, est la tolérance à l’égard du temps.
Verse 30
पर्वपूर्वविशुद्धौ तु विदध्यादुत्तरोत्तरम् जिह्वातले विनायोगं विदध्याद्वाहने हये
Mais lorsqu’on procède à la purification (du patient) étape par étape, il faut accomplir les opérations de manière progressive, chacune succédant à la précédente. On appliquera la préparation prescrite dans la région sous la langue, et on l’administrera aussi au moyen d’un véhicule, à savoir le cheval comme support de transmission.
Verse 31
गुणेतरशतां वल्गां सृक्कण्या सह गाहयेत् विस्मार्य वाहनं कुर्याच्छिथिलानां शनैः शनैः
On fera entrer le cheval dans l’exercice avec une bride à nombreuses lanières et la courroie de joue; puis, en lui faisant peu à peu « oublier » sa résistance ou sa crainte, on l’entraînera à la monte en desserrant les entraves progressivement.
Verse 32
हयं जिह्वाङ्गमाहीने जिह्वाग्रन्थिं विमोचयेत् गाटतां मोचयेत्तावद्यावत् स्तोभं न सुञ्चति
Pour un cheval souffrant d’un défaut de l’organe de la langue, on doit relâcher (desserrer ou sectionner) le nœud de la langue, c’est-à-dire le frein. Il faut continuer à soulager la raideur et la tension de la langue jusqu’à ce que l’animal ne produise plus de bégaiement ou de voix bloquée (stobha).
Verse 33
कुर्याच्छतमुरस्त्राणमविलालञ्च मुञ्चति ऊर्धाननः स्वभाद्यस्तस्योरस्त्राणमश्लथम्
Il doit préparer une cuirasse de poitrine de cent couches et la dégager sans qu’elle prenne de jeu. Le visage levé, faisant retentir son propre instrument de guerre, sa cuirasse demeure ferme, sans se relâcher.
Verse 34
विधाय वाहयेद्दृष्ट्या लीलया सादिसत्तमः तस्य सव्येन पूर्वेण संयुक्तं सव्यवल्गया
Ainsi disposé, le meilleur des cavaliers doit faire mouvoir le cheval par le seul regard, avec une aisance sans effort; et il maintiendra l’avant gauche en coordination avec la rêne gauche.
Verse 35
यः कुर्यात्पश्चिमं पादं गृहीतस्तेन दक्षिणः क्रमेणानेन यो सेवां कुरुते वामवल्गया
Celui qui pose (ou retire) le pied occidental—étant retenu par cela—se déplace ensuite vers la droite selon cet ordre; et quiconque accomplit le service suivant cette séquence le fait par une rotation vers la gauche, c’est‑à‑dire à rebours du mouvement dextrogyre auspicious.
Verse 36
पादौ तेनापि पादः स्याद्गृहीतो वाम एव हि अग्रे चेच्चरणे त्यक्ते जायते सुदृढासनं
Selon cette disposition, l’autre pied aussi doit être saisi—à vrai dire, le pied gauche d’abord. Lorsque le pied est relâché vers l’avant et posé, il naît une posture (āsana) très ferme.
Verse 37
यौ हृतौ दुष्करे चैव मोटके नाटकायनं सव्यहीनं खलीकारो हनेन गुणने तथ
‘Yau’ et ‘hṛtau’ sont des termes employés au sens de « tâches difficiles ». ‘Moṭaka’ désigne le passage ou la section théâtrale (nāṭakāyana). Celui qui est « dépourvu du côté/de la main gauche » est appelé ‘khalīkāra’. De même, ‘hanena’ s’emploie au sens de compter, d’énumérer (guṇana).
Verse 38
स्वहावं हि तुरङ्गस्य मुखव्यावर्तनं पुरः न चैवेत्थं तुरङ्गाणां पादग्रहणहेतवः
En vérité, le fait pour le cheval de tourner la tête vers l’avant est sa disposition naturelle; et, en un tel cas, ce n’est pas un motif valable pour saisir ou retenir le cheval par les pieds.
Verse 39
विश्वस्तं हयमालोक्य गाढमापीड्य चासनं रोकयित्वा मुखे पादं ग्राह्यतो लोकनं हितं
Après avoir constaté que le cheval est devenu confiant, on doit presser fermement le siège de la selle; puis, l’ayant contenu, on saisira le pied antérieur près de la bouche (c’est‑à‑dire en relevant l’antérieur vers l’avant, près de la tête) pour l’examiner : cette inspection est salutaire pour la sûreté et la bonne conduite.
Verse 40
गाढमापीड्य रागाभ्यां वल्गामाकृष्य गृह्यते तद्वन्धनाद् युग्मपादं तद्वद्वक्वनमुच्यते
En pressant fermement les deux rênes et en ramenant le mors en arrière, on retient le cheval et on le met sous contrôle. En l’attachant ainsi, la paire des antérieurs est contenue ; de même, l’appel ou l’ordre de contrainte correspondant est nommé « vakvana ».
Verse 41
संयोज्य वल्गया पादान् वल्गामामोच्य वाञ्छितम् वाह्यपार्ष्णिप्रयोगात्तु यत्र तत्ताडनं मतम्
Après avoir mis les pieds du cheval en bonne coordination au moyen des rênes, puis relâché les rênes selon le souhait, l’acte où la maîtrise s’obtient par l’application du talon extérieur est tenu pour « tāḍana » (frappe/correction), c’est-à-dire une aide de conduite corrective.
Verse 42
प्रलयाविप्लवे ज्ञात्वा क्रमेणानेन बुद्धिमान् मोटनेन चतुर्थेन विधिरेष बिधीयते
Sachant qu’au temps du pralaya (dissolution) survient un viplava, une calamité, le sage doit avancer selon cet ordre même. Par la quatrième méthode, appelée « moṭana », le rite prescrit doit être accompli.
Verse 43
नाधत्ते ऽधश् च पादं यो ऽश्वो लघुनि मण्डले मोटनोद्वक्कनाभ्यान्तु ग्राहयेत् पादमीशितं
Si le cheval ne pose pas correctement le sabot dans le petit cercle (aire d’exercice), on doit lui faire placer le sabot maîtrisé en le saisissant et en le guidant aux points moṭana et udvakka, près de la région du nombril.
Verse 44
वटयित्वासने गाटं मन्दमादाय यो ब्रजेत् ग्राह्यते संग्रहाद्यत्र तत्संग्रहणमुच्यते
Lorsqu’un bandage/une sangle est roulé en coussinet et, posé sur le siège ou la base, on avance en tenant d’une prise ferme mais douce—là où la partie est ainsi assurée par ce rassemblement et cette tenue—, cette procédure est appelée « saṃgrahaṇa », c’est-à-dire fixation/ligature thérapeutique.
Verse 45
हत्वा पर्श्वे प्रहारेण स्थानस्थो व्यग्रमानसम् वल्गामाकृष्य पादेन ग्राह्यकण्टकपायनम्
En demeurant fermement en place, on frappera le flanc afin de troubler (la monture ou l’adversaire) ; puis, en tirant la bride avec le pied, on saisira et retiendra celui qui s’emballe dans une course entravée comme par des pointes.
Verse 46
उत्थितो यो ऽङ्घ्रणानेन पार्ष्ण्निपादात्तुरङ्गमः गृह्यते यत् खलीकृत्य खलीकारः स चेष्यते
Le cheval qui, s’étant cabré, est maîtrisé par la pression du talon et du pied, puis saisi après l’avoir rendu soumis (comme s’il acceptait le mors), est appelé « khalīkāra » ; c’est un cheval docile et de bon service.
Verse 47
गतित्रये पियः पादमादत्ते नैव वाञ्छितः हत्वा तु यत्र दण्डेन ग्राह्यते गहनं हि तत्
Dans les trois modes de décision juridique, le fautif n’obtient qu’un quart de la conséquence, non ce qu’il souhaite. Mais là où, même après un meurtre, l’on doit encore statuer par le châtiment, l’affaire est véritablement profonde, c’est-à-dire difficile à trancher.
Verse 48
खलीकृत्य चतुष्केण तुरङ्गो वल्गयान्यया उच्छास्य ग्राह्यते ऽन्यत्र तत्स्यादुच्छासनं पुनः
Après avoir muni le cheval de la khalī (licol) au moyen de l’attirail quadruple, on doit le contenir par une autre rêne ou courroie de conduite. Lorsqu’on le fait expirer fortement ou renâcler et qu’on le saisit ailleurs (par une prise alternative), cette procédure est de nouveau appelée « ucchāsana ».
Verse 49
भठकालाद्यनुत्पादमिति ज बाह्यपार्श्वे प्रयोगात्त्विति ख वण्टयित्वासने इति ख ग्राहकण्टकपायनमिति ख स्वभावं बहिरस्यन्तं तस्यां दिशि पदायनं नियोज्य ग्राहयेत्तत्तु मुखव्यापर्तनं मतम्
Lorsque l’adversaire (ou le cheval), par son mouvement naturel, se jette vers l’extérieur en s’écartant de la ligne, on doit orienter un pas d’avance (pādāyana) vers ce même côté et le saisir ; cela est tenu pour la technique dite « retournement du visage » (mukha-vyāpartana), c’est-à-dire contraindre la tête/le visage à se tourner et à être maîtrisé.
Verse 50
ग्राहयित्वा ततः पादं त्रिविधासु यथाक्रमम् साधयेत् पञ्चधारासु क्रमशो मण्डलादिषु
Ensuite, après avoir fait établir le « pāda » (quart/segment) dans les trois dispositions, selon l’ordre prescrit, on doit accomplir la sādhana successivement à travers les cinq dhārā, en commençant par le maṇḍala et les autres étapes.
Verse 51
आजनोर्धाननं वाहं शिथिलं वाहयेत् सुधीः अङ्गेषु लाघवं यावत्तावत्तं वाहयेद्धयं
Le sage doit monter avec douceur et relâchement, depuis les genoux vers le haut (en gardant une assise et une posture aisées). Il ne doit poursuivre la monte que tant qu’une légèreté apparaît dans les membres ; jusqu’à ce point, qu’il fasse avancer le cheval (et la monte).
Verse 52
मृदुः स्कन्धे लघुर्वक्त्रे शिथिलः सर्वसन्धिषु यदा ससादिनो वश्यः सङ्गृह्णीयात्तदा हयं
Lorsque le cheval est souple aux épaules, léger dans la bouche et relâché dans toutes les articulations, alors, devenu docile et réceptif aux aides du cavalier, on doit le rassembler (le collecter et le contenir).
Verse 53
न त्यजेत् पश्चिमं पादं यदा साधुर्भवेत्तदा तदाकृष्टिर्विधातव्या पाणिभ्यामिह बल्गया
Quand le pied arrière est bien posé et stable, il ne faut pas le lever ; à cet instant, dans cette technique appelée balgayā, l’action de tirer vers soi (l’adversaire) doit être exécutée avec les deux mains.
Verse 54
तत्रत्रिको यथा तिष्ठेदुद्ग्रीवोश्वः समाननः धरायां पश्चिमौ पादौ अन्तरीक्षे यदाश्रयौ
Là, le cheval doit se tenir dans la posture « trika » (à trois points), le cou dressé et la tête maintenue droite. Ses deux pieds arrière doivent être posés au sol, tandis que les antérieurs sont tenus comme soutenus dans l’air (légers/levés pour la préparation).
Verse 55
तदा सन्धरणं कुर्याद्गाठवाहञ्च मुष्टिना सहसैवं समाकृष्टो यस्तुरङ्गो न तिष्ठति
Alors, il faut exercer une retenue ferme (saṃdharaṇa) ; et, du poing, contenir aussi la sangle ou le trait du cheval, afin que, même tiré brusquement en arrière, il ne s’arrête pas net.
Verse 56
शरीरं विक्षिपन्तञ्च साधयेन्मण्डलभ्रमैः क्षिपेत् स्कन्धञ्च यो वाहं स च स्थाप्यो हि वल्गया
Il faut maîtriser l’adversaire qui projette son corps en tous sens au moyen de rotations circulaires (maṇḍala-bhrama). Et celui qui jette (l’assaillant) sur l’épaule doit assurément être contré et ramené sous contrôle par un bond soudain (valgayā).
Verse 57
गोमयं लवणं मूत्रं क्वथितं मृत्समन्वितम् अङ्गलेपो मक्षिकादिदंशश्रमविनाशनः
Un onguent corporel préparé avec de la bouse de vache, du sel et de l’urine—bouillis puis mêlés à de l’argile—dissipe la fatigue et apaise les effets des piqûres ou morsures des mouches et d’insectes semblables.
Verse 58
मध्ये भद्रादिजातीनां मण्डो देयो हि सादिना दर्शनं भोततीक्षस्य निरुत्साहः क्षुधा हयः
Pour les chevaux de la lignée Bhadrā et des races apparentées, le cavalier doit donner à midi une bouillie claire (maṇḍa). Une apparence terne ou affaiblie, la perte d’ardeur et la faim sont des signes de l’état (débilité) du cheval.
Verse 59
यथा वश्यस् तथा शिक्षा विनश्यन्त्यतिवाहिताः अवाहिता न मिध्यन्ति तुङ्गवक्त्रांश् च वाहयेत्
L’entraînement doit être dispensé selon la docilité du cheval ; poussé à l’excès, il ruine la discipline. Lorsqu’on ne les surmène pas, ils ne s’égarent point ; aussi faut-il exercer et conduire comme il convient les chevaux fougueux et à la bouche dure.
Verse 60
सम्पीड्य जानुयुग्मेन स्थिरमुष्टिस्तुरङ्गमं गोमूत्राकुटिला वेणी पद्ममण्डलमालिका
En pressant fermement avec les deux genoux et en gardant une prise du poing stable sur le cheval—telle est la prescription. Les styles de tressage de la crinière sont : la «courbe d’urine de vache» (ondulation serpentine), la tresse «en spirale», le motif «cercle de lotus» et la disposition «en guirlande».
Verse 61
पञ्चोलूखलिका कार्या गर्वितास्ते ऽतिकीर्तिताः संक्षिप्तञ्चैव विक्षिप्तं कुञ्चितञ्च यथाचितम्
Cinq (types) appelés olūkhalikā doivent être employés; parmi eux, la «garvitā» est déclarée la plus renommée. (Ces mouvements sont :) le «saṃkṣipta» (contracté), le «vikṣipta» (déployé), le «kuñcita» (courbé/enroulé) et le mode «yathā-citam» (selon ce qui convient).
Verse 62
वल्गितावल्गितौ चैव षोटा चेत्थमुदाहृतम् वीथीधनुःशतं यावदशीतिर् नवतिस् तथा
«Valgita» et «Avalgita» portent aussi ces noms; et «Ṣoṭā» est ainsi énoncé. De même, la mesure appelée «Vīthī» s’étend jusqu’à cent arcs, et (d’autres mesures) vont aussi jusqu’à quatre-vingts et quatre-vingt-dix.
Verse 63
भद्रः सुसाध्यो वाजी स्यान्मन्दो दण्डैकमानसः मृगजङ्घो मृगो वाजी सङ्कीर्णस्तत्समन्वियात्
Le cheval «Bhadra» est facile à dresser. Le cheval «Manda» n’a l’esprit fixé que sur le fouet (c’est-à-dire qu’il ne répond qu’au châtiment). Le «Mṛgajaṅgha» («aux jambes de cerf») est un cheval du type «Mṛga»; et le type «Saṅkīrṇa» (mêlé) doit être compris comme réunissant ces traits.
Verse 64
शर्करामधुलाजादः सुगन्धो ऽश्वः शुचिर्द्विजः तेजस्वी क्षत्रियश्चाश्बो विनीतो बुद्धिमांश् च यः
Celui qui est issu de sucre, de miel et de grain grillé (une préparation douce), qui est parfumé; qui est cheval; qui est pur; qui est «deux fois né» (Brāhmaṇa); qui est rayonnant; et qui est Kṣatriya; qui est bien dressé et intelligent—telles sont les appellations/caractéristiques auspicieuses énoncées.
Verse 65
शूद्रो ऽशुचिश् चलो मन्दो विरूपो विमतिः खलः वल्गया धार्यमाणो ऽश्वो लालकं यश् च दर्शयेत्
Un Śūdra—s’il est impur, instable, obtus, difforme, au jugement dévoyé et malveillant—et de même un cheval qu’il faut tenir en bride, ainsi que tout (cheval) qui bave à la bouche—doivent être compris comme des signes de mauvais augure.
Verse 66
धारासु योजनीयो ऽसौ प्रग्रहग्रहमोक्षणैः अश्वादिलक्षणम् वक्ष्ये शालिहोत्रो यथावदत्
Il convient de l’employer correctement dans les rangs de l’entraînement/de la monte, par la prise et le relâchement des rênes. J’exposerai maintenant les caractéristiques des chevaux et des semblables, ainsi que Śālihotra l’a enseigné avec justesse.
It names Aśvinī, Śravaṇa, Hasta, and the three Uttarā nakṣatras as auspicious for first putting horses (and conveyances) into use, and recommends Hemanta, Śiśira, and Vasanta as suitable seasons while discouraging Grīṣma, Śarad, and Varṣā.
It frames horse-keeping and training as a dharma-governed discipline: auspicious timing, restraint from cruelty, ritual protection (deity-installation and mantra), and skilled method (upāya) align technical success with ethical conduct, thereby supporting the puruṣārthas and the larger Agneya synthesis of bhukti with mukti-oriented order.