
Chapter 38 — देवालयनिर्माणफलं (The Merit of Constructing a Temple)
Agni proclame que fonder une demeure divine—surtout un sanctuaire de Vāsudeva—efface les péchés amassés au fil d’innombrables naissances, et que le mérite s’étend même aux soutiens qui se réjouissent simplement de l’acte. Le chapitre déploie une théologie graduée de la construction sacrée : bâtir, entretenir, enduire, balayer, fournir des briques, et jusqu’au jeu d’un enfant façonnant un « temple de sable » sont tenus pour des actes de dharma menant à Viṣṇuloka et à l’élévation de la lignée. Il avertit que la tromperie ou la pure ostentation ne donnent aucun fruit céleste. Il associe ensuite des degrés architecturaux (formes à une, trois, cinq, huit et seize unités) à des accomplissements cosmiques, culminant en bhukti‑mukti pour les temples supérieurs et en mokṣa par les sanctuaires vaiṣṇava suprêmes. Vient l’instruction éthique : la richesse est transitoire, mais devient signifiante lorsqu’elle sert à bâtir des temples, à faire des dons aux « deux‑fois‑nés » et à pratiquer le kīrtana ; la louange est dite particulièrement puissante. Le discours s’élargit à la métaphysique—Viṣṇu, source et pénétrant de tout—et relie l’établissement d’un temple à la non‑retour (libération de la renaissance). Il compare aussi le mérite de bâtir un temple à celui de façonner des images et de les installer, hiérarchise les matériaux et décrit des fruits sans limite dans les rites de pratimā‑pratiṣṭhā. Enfin, selon l’injonction de Yama, les bâtisseurs de temples et les adorateurs d’images sont exemptés de la saisie infernale, et le chapitre s’ouvre sur les enseignements de consécration attribués à Hayagrīva pour Brahmā et les dieux.
Verse 1
इत्य् आदिमहापुराणे आग्नेये सङ्क्षेपपवित्रारोहणं नाम सप्तत्रिंशो ऽध्यायः अथ अष्टत्रिंशो ऽध्यायः देवालयनिर्माणफलं अग्निर् उवाच वासुदेवाद्यालयस्य कृतौ वक्ष्ये फलादिकं चिकीर्षोर्देवधामादि सहस्रजनिपापनुत्
Ainsi, dans l’Agni Purāṇa, au sein du Mahāpurāṇa primordial, s’achève le trente-septième chapitre, intitulé « Le rite concis de l’élévation du Pavitra (étendard sacré) ». Commence maintenant le trente-huitième chapitre : « Le mérite (phala) de la construction d’un temple ». Agni dit : J’exposerai les fruits et les effets connexes de l’édification d’un sanctuaire—à commencer par celui de Vāsudeva—pour celui qui souhaite établir une demeure divine ; cela efface les péchés accumulés au cours de mille naissances.
Verse 2
मनसा सद्मकर्तॄणां शतजन्माघनाशनं येनुमोदन्ति कृष्णस्य क्रियमाणं नरा गृहं
Même par un simple assentiment intérieur, ceux qui se réjouissent de la construction de la demeure (temple) de Kṛṣṇa—c’est-à-dire qui approuvent et soutiennent les bâtisseurs—obtiennent l’anéantissement des péchés amassés au cours de cent naissances.
Verse 3
तेपि पापैर् विनिर्मुक्ताः प्रयान्त्यच्युतलोकतां समतीतं भविष्यञ्च कुलानामयुतं नरः
Eux aussi, délivrés des péchés, gagnent le séjour d’Acyuta (Viṣṇu). L’homme qui agit ainsi affranchit dix mille lignées, passées et futures tout ensemble.
Verse 4
विष्णुलोकं नयत्याशु कारयित्वा हरेर्गृहं वसन्ति पितरो दृष्ट्वा विष्णुलोके ह्य् अलङ्कृताः
Ayant fait édifier une demeure (temple) de Hari, on mène promptement ses ancêtres au monde de Viṣṇu ; les Pitṛs, voyant ce mérite, résident en Viṣṇuloka, véritablement parés d’une splendeur divine.
Verse 5
विमुक्ता नारकैर् दुःखैः कर्तुः कृष्णस्य मन्दिरं ब्रह्महत्यादिपापौघघातकं देवतालयं
Pour le donateur (qui l’établit), le temple de Kṛṣṇa est un sanctuaire divin qui anéantit des flots de péchés, à commencer par la brahma-hatyā, et délivre des souffrances infernales.
Verse 6
फलं यन्नाप्यते यज्ञैर् धाम कृत्वा तदाप्यते देवागारे कृते सर्वतीर्थस्नानफलं लभेत्
Le fruit qu’on n’obtient pas même par les yajñas (sacrifices) s’obtient en édifiant une demeure sacrée pour la divinité. Lorsqu’un devāgāra (sanctuaire) est construit, on acquiert le mérite égal au bain dans toutes les eaux de pèlerinage (tīrthas).
Verse 7
देवाद्यर्थे हतानाञ्च रणे यत्तत्फलादिकं शाठ्येन पांशुना वापि कृतं धाम च नाकदं
Quel que soit le mérite et les fruits connexes proclamés pour ceux qui tombent au combat pour les dieux et des causes sacrées semblables—si cela est accompli avec tromperie, ou même comme simple simulacre, tel un geste de poussière, alors cet acte ne devient pas une demeure céleste et ne confère pas le ciel.
Verse 8
गृहादिकं ग, घ, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः नन्दन्ति इति ख, ग, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः वल्गन्ति इति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः हृष्टा इति ख, ग, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः एकायतनकृत् स्वर्गी त्र्यगारी ब्रह्मलोकभाक् पञ्चागारी शम्भुलोकमष्टागाराद्धरौ स्थितिः
Celui qui construit une demeure à sanctuaire unique atteint le ciel. Le bâtisseur d’une maison à trois pièces participe au monde de Brahmā; celui d’une maison à cinq pièces parvient au monde de Śambhu (Śiva); et d’une maison à huit pièces procèdent prospérité et stabilité durables sur la terre.
Verse 9
षोडशालयकारी तु भुक्तिमुक्तिमवाप्नुयात् कनिष्ठं मध्यमं श्रेष्ठं कारयित्वा हरेर्गृहं
Mais celui qui construit un temple à seize sanctuaires (seize enceintes) obtient à la fois la jouissance mondaine et la délivrance (mokṣa), pour avoir fait édifier la demeure de Hari (Viṣṇu) au degré inférieur, moyen ou excellent.
Verse 10
स्वर्गं च वैष्णवं लोकं मोक्षमाप्नोति च क्रमात् श्रेष्ठमायतनं विष्णोः कृत्वा यद्धनवान् लभेत्
Après avoir fait construire le sanctuaire suprême du Seigneur Viṣṇu, un riche donateur atteint le ciel, puis le monde vaiṣṇava et, en son temps, même la délivrance (mokṣa).
Verse 11
कनिष्ठेनैव तत् पुण्यं प्राप्नोत्यधनवान्नरः समुत्पाद्य धनं कृत्या स्वल्पेनापि सुरालयं
Même avec l’offrande la plus modeste, l’homme pauvre obtient ce même mérite. Ayant acquis des biens par un effort juste, il doit établir ou soutenir un sanctuaire divin, fût-ce avec très peu.
Verse 12
कारयित्वा हरेः पुण्यं सम्प्राप्नोत्यधिकं वरं लक्षणाथ सहस्रेण शतेनार्धेन वा हरेः
Celui qui fait accomplir pour Hari un rite pieux ou un don méritoire obtient une grâce supérieure et un mérite accru — le mérite de Hari se mesure comme un lakh, ou comme mille, ou comme cent cinquante.
Verse 13
कारयन् भवनं याति यत्रास्ते गरुडध्वजः बाल्ये तु क्रीडमाणा ये पांशुभिर्भवनं हरेः
Celui qui fait bâtir une demeure (temple/abri sacré) parvient au monde où réside le Seigneur au drapeau de Garuḍa (Viṣṇu). Même ceux qui, dans l’enfance, en jouant, édifient avec du sable une maison pour Hari obtiennent ce mérite.
Verse 14
वासुदेवस्य कुर्वन्ति तेपि तल्लोकगामिनः तीर्थे चायतने पुण्ये सद्धक्षेत्रे तथाष्टमे
Même ceux qui accomplissent le culte et le service de Vāsudeva deviennent des voyageurs vers Son monde — surtout lorsque cela se fait dans un tīrtha, dans un sanctuaire sacré, en un lieu méritoire, dans un kṣetra véritablement juste, et de même dans la huitième catégorie du sacré.
Verse 15
कर्तुरायतनं विष्णोर्यथोक्तात्त्रिगुणं फलं बन्धूकपुष्पविन्यासैः सुधापङ्केन वैष्णवं
Pour le constructeur ou le donateur, le sanctuaire de Viṣṇu, édifié selon la règle énoncée, donne un fruit triple ; et le lieu vaiṣṇava (temple ou installation de l’image) doit être orné par la disposition de fleurs de bandhūka et par l’application d’un enduit de chaux (sudhā).
Verse 16
ये विलिम्पन्ति भवनं ते यान्ति भगवत्पुरं पतितं पतमानन्तु तथार्धपतितं नरः
Ceux qui enduisent et entretiennent la demeure du Seigneur vont à la cité du Bienheureux. Même un homme déchu — qu’il soit en train de tomber dans la faute ou à demi déchu — obtient aussi ce mérite.
Verse 17
समुद्धृत्य हरेर्धाम प्राप्नोति द्विगुणं फलं पतितस्य तु यः कर्ता पतितस्य च रक्षिता
Celui qui relève et sauve celui qui est tombé atteint la demeure de Hari (Viṣṇu) et reçoit un mérite doublé ; en vérité, quiconque devient le bienfaiteur et le protecteur du déchu obtient cette récompense.
Verse 18
विष्णोरायतनस्येह नरो विष्णुलोकभाक् इष्टकानिचयस्तिष्ठेद् यावदायतने हरेः
Ici même, un homme devient participant au monde de Viṣṇu ne fût-ce qu’en établissant un amas de briques pour le sanctuaire de Viṣṇu ; le mérite demeure tant que ce sanctuaire de Hari reste debout.
Verse 19
सकुलस्तस्य वै कर्ता विष्णुलोके महीयते षोडशागारकारी तु इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः स्वल्पेनैवेति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः स एव पुण्यवान् पूज्य इह लोके परत्र च
Le bienfaiteur qui accomplit ce don est honoré dans le monde de Viṣṇu avec toute sa lignée. En vérité, celui qui fait seize maisons (selon un manuscrit marqué), ou même par un don modeste (selon un autre manuscrit marqué), lui seul est méritant et digne d’honneur, en ce monde et dans l’au-delà.
Verse 20
कृष्णस्य वासुदेवस्य यः कारयति केतनं जातः स एव सुकृती कुलन्तेनैव पावितं
Quiconque fait confectionner l’étendard (ketana) de Kṛṣṇa Vāsudeva, lui seul est véritablement méritant dès la naissance ; par cet acte même, toute sa lignée est purifiée.
Verse 21
विष्णुरुद्रार्कदेव्यादेर्गृहकर्ता स कीर्तिभाक् किं तस्य वित्तनिचयैर् मूढस्य परिरक्षितः
Celui qui établit (bâtit ou entretient) une demeure sacrée pour Viṣṇu, Rudra, Sūrya, la Déesse et autres, devient détenteur d’une renommée durable. À quoi servent des amas de richesses thésaurisées, gardées par un homme abusé ?
Verse 22
दुःखार्जितैर् यः कृष्णस्य न कारयति केतनं नोपभोग्यं धनं यस्य पितृविप्रदिवौकसां
Celui qui, avec une richesse acquise dans la peine, ne fait pas édifier une demeure ou un sanctuaire (ketana) pour Kṛṣṇa, et dont les biens ne sont pas employés pour les Pitṛs (ancêtres), les brāhmanes et les dieux, est blâmé pour n’avoir pas usé de sa fortune selon le dharma.
Verse 23
नोपभोगाय बन्धूनां व्यर्थस्तस्य धनागमः यथा ध्रुवो नृणां मृत्युर्वित्तनाशस् तथा ध्रुवः
Pour celui qui n’emploie pas sa richesse au plaisir et au soutien de ses proches, l’acquisition des biens est vaine. De même que la mort est certaine pour les hommes, de même la perte des richesses est certaine.
Verse 24
मूढस्तत्रानुबध्नाति जीवितेथ चले घने यदा वित्तं न दानाय नोपभोगाय देहिनां
L’insensé s’attache à la vie au sein d’une incertitude épaisse et changeante, lorsque sa richesse n’est employée ni pour le don, ni pour la jouissance légitime des êtres incarnés.
Verse 25
नापि कीर्त्यै न धर्माथं तस्य स्वाम्येथ को गुणः तस्माद्वित्तं समासाद्य दैवाद्वा पौरुषादथ
Sa possession ne porte aucun fruit : ni pour la renommée ni pour les fins du dharma ; quelle valeur a donc une telle maîtrise ? C’est pourquoi il faut acquérir des richesses, soit par la faveur du destin, soit par l’effort personnel.
Verse 26
दद्यात् सम्यग् द्विजाग्र्येभ्यः कीर्तनानि च कारयेत् दानेभ्यश्चाधिकं यस्मात् कीर्तनेभ्यो वरं यतः
Il faut donner comme il convient aux plus éminents des dvijas (les «deux fois nés») et faire aussi accomplir des kīrtanas, des récitations de louange ; car le kīrtana est dit supérieur aux dons et plus excellent encore que les actes de donation.
Verse 27
अतस्तत्कारयेद्धीमान् विष्ण्वादेर्मन्दिरादिकं विनिवेश्य हरेर्धाम भक्तिमद्भिर् नरोत्तमैः
Ainsi, l’homme sage doit faire édifier un temple et les constructions qui s’y rattachent pour Viṣṇu et les autres divinités ; après avoir dûment établi la demeure sacrée de Hari, l’ouvrage doit être accompli par les meilleurs des hommes, animés de dévotion.
Verse 28
निवेशितं भवेत् कृत्स्नं त्रैलोक्यं सचराचरं भूतं भवयम् भविष्यञ्च स्थूलं सूक्ष्मं तथेतरत्
L’ensemble des trois mondes—le mobile et l’immobile—serait pénétré par Lui : ce qui fut, ce qui devient et ce qui sera ; le grossier et le subtil, ainsi que ce qui dépasse de telles classifications.
Verse 29
आब्राह्मस्तम्बपर्यन्तं सर्वं विष्णोः समुद्भवं तस्य देवादिदेवस्य सर्वगस्य महात्मनः
De Brahmā jusqu’à un brin d’herbe, tout provient de Viṣṇu : le Dieu des dieux, l’Omniprésent, le Grand-Âme.
Verse 30
निवेश्य भवनं विष्णोर् न भूयो भुवि जायते यथा विष्णोर्धामकृतौ फलं तद्वद्दिवौकसां
Après avoir établi (consacré) une demeure de Viṣṇu, on ne renaît plus sur la terre ; tel est le fruit de la création de la résidence sacrée de Viṣṇu, et il en va de même, dit-on, pour les habitants du ciel (les dieux).
Verse 31
तथैव च इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः सर्वेशस्य इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः शिवब्रह्मार्कविघ्नेशचण्डीलक्ष्म्यादिकात्मनां देवालयकृतेः पुण्यं प्रतिमाकरणेधिकं
Pour ceux dont les formes sont Śiva, Brahmā, le Soleil, Vighneśa (Gaṇeśa), Caṇḍī, Lakṣmī et autres semblables, le mérite né de la construction d’un temple est surpassé par celui qui provient de la confection de leurs images (mūrti).
Verse 32
प्रतिमास्थापने यागे फलस्यान्तो न विद्यते मृण्मयाद्दारुजे पुण्यं दारुजादिष्ट्काभवे
Dans le rite sacrificiel accompli pour l’installation d’une pratima (image sacrée), le fruit du mérite n’a pas de limite. Le mérite obtenu en installant une image de bois dépasse celui d’une image d’argile; et celui d’une image de brique ou de maçonnerie dépasse celui d’une image de bois.
Verse 33
इष्टकोत्थाच्छैलजे स्याद्धेमादेरधिकं फलं सप्तजन्मकृतं पापं प्रारम्भादेव नश्यति
Le mérite issu d’ouvrages faits de brique est supérieur à celui de la pierre; et celui de la pierre est supérieur à celui de l’or et autres matières semblables. Le péché accumulé durant sept naissances est détruit dès le commencement même d’une telle œuvre pieuse.
Verse 34
देवालयस्य स्वर्गी स्यान्नरकं न स गच्छति कुलानां शतमुद्धृत्य विष्णुलोकं नयेन्नरः
Celui qui se voue au temple est destiné au ciel et ne va pas en enfer; ayant relevé cent générations de sa lignée, il les conduit au monde de Viṣṇu.
Verse 35
यमो यमभटानाह देवमन्दिरकारिणः यम उवाच प्रतिमापूजादिकृतो नानेया नरकं नराः
Yama dit à ses serviteurs (les Yamabhaṭa) : « Les hommes qui ont bâti des temples pour les dieux, et ceux qui ont accompli des actes tels que le culte des images sacrées, ne doivent pas être conduits en enfer. »
Verse 36
देवालयाद्यकर्तार आनेयास्ते तु गोचरे विसारध्वं यथान्यायन्नियोगो मम पाल्यतां
Que soient mandés en ma présence ceux qui sont responsables de l’administration du temple et des devoirs connexes. Examinez et tranchez l’affaire selon la loi et la procédure convenables ; que mon ordre soit dûment exécuté.
Verse 37
नाज्ञाभङ्गं करिष्यन्ति भवतां जन्तवः क्वचित् केवलं ते जगत्तातमनन्तं समुपाश्रिताः
Tes créatures ne transgresseront jamais, en aucun temps, ton commandement; car elles ont pris refuge uniquement en Ananta, le Père de l’univers.
Verse 38
भवद्भिः परिहर्तव्यास्तेषां नात्रास्ति संस्थितिः ये च भगवता लोके तच्चित्तास्तत्परायणाः
Vous devez les éviter, car pour eux il n’y a ici ni place ni assise. Mais ceux qui, dans le monde, sont dévoués au Seigneur Bienheureux—l’esprit fixé sur Lui et Le prenant pour unique refuge—doivent être accueillis et honorés.
Verse 39
पूजयन्ति सदा विष्णुं ते वस्त्याज्याः सुदूरतः यस्तिष्ठन् प्रस्वपन् गच्छन्नुत्तिष्ठन् स्खलिते स्थिते
Ils vénèrent sans cesse Viṣṇu; aussi leur demeure (vāstu) doit-elle être évitée de très loin. Pour un tel être, qu’il soit debout, endormi, en marche, se levant, trébuchant ou demeurant immobile, il reste engagé en Viṣṇu.
Verse 40
सङ्कीर्तयन्ति गोविन्दं ते वस्त्याज्याः सुदूरतः नित्यनैमित्तिकैर् देवं ये यजन्ति जनार्दनम्
Ceux qui chantent les noms de Govinda doivent être tenus loin des interdits relatifs au Vāstu; tandis que ceux qui vénèrent le Seigneur Janārdana par les rites quotidiens et les rites occasionnels, vénèrent véritablement la Divinité.
Verse 41
नावलोक्या भवद्भिस्ते तद्गता यान्ति तद्गतिम् आनेयास्त्वविशेषत इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः नियमो मे ऽनुपाल्यतामिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः जन्तवः क्वचिदिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः ये पुष्पधूपवासोभिर्भूषणैश्चातिवल्लभैः
«Vous ne devez pas les regarder avec mépris; ceux qui s’y sont réfugiés atteignent la destinée même de cela (divinité/domaine). En vérité, ils doivent être amenés (accueillis) sans discrimination»—telle est la variante marquée. «Que ma règle soit dûment observée»—autre lecture marquée. «Les êtres vivants, parfois…»—autre lecture marquée. (Ce sont) ceux qui rendent un culte avec des fleurs, de l’encens, des vêtements parfumés et des ornements extrêmement chers.
Verse 42
अर्चयन्ति न ते ग्राह्या नराः कृष्णालये गताः उपलेपनकर्तारः सम्मार्जनपराश् च ये
Les hommes qui se sont rendus au temple de Kṛṣṇa ne doivent pas être appréhendés lorsqu’ils sont engagés dans l’adoration : à savoir ceux qui enduisent ou replâtrent le sanctuaire, et ceux qui se vouent au balayage et au nettoyage.
Verse 43
कृष्णालये परित्यज्यास्तेषां पुत्रास् तथा कुलम् येन चायतनं विष्णोः कारितं तत्कुलोद्भवम्
S’agissant du sanctuaire de Kṛṣṇa (Viṣṇu), leurs fils ainsi que leur lignée doivent être écartés ; mais celui qui a fait édifier un temple de Viṣṇu, né dans cette même famille, doit être admis et tenu pour éligible.
Verse 44
पुंसां शतं नावलोक्यं भवद्भिर्दुष्टचेतसा यस्तु देवालयं विष्णोर्दारुशैलमयं तथा
Même si, l’esprit souillé, on ne daigne pas regarder cent hommes, pourtant quiconque contemple le temple de Viṣṇu — qu’il soit de bois ou de pierre — obtient du mérite.
Verse 45
कारयेन् मृण्मयं वापि सर्वपापैः प्रमुच्यते अहन्यहनि यज्ञेन यजतो यन् महाफलम्
Même si l’on fait réaliser (un objet sacré ou un rite) simplement en argile, on est délivré de tous les péchés. On obtient ainsi le grand fruit que reçoit l’officiant en accomplissant, jour après jour, le yajña du feu.
Verse 46
प्राप्नोति तत् फलं विष्णोर्यः कारयति केतनं कुलानां शतमागामि समतीतं तथा शतं
Quiconque fait édifier une demeure (sanctuaire/temple) de Viṣṇu obtient ce même fruit ; et cent générations futures de sa lignée, ainsi que cent générations passées, en sont pareillement bénéficiaires.
Verse 47
कारयन् भगवद्धाम नयत्यच्युतलोकतां सप्तलोकमयो विष्णुस्तस्य यः कुरुते गृहं
Celui qui fait bâtir la demeure du Seigneur conduit (lui-même et les autres) au monde d’Acyuta. Viṣṇu—qui pénètre les sept mondes—devient, pour ainsi dire, la demeure même de celui qui lui construit une maison.
Verse 48
तारयत्यक्षयांल्लोकानक्षयान् प्रतिपद्यते इष्टकाचयविन्यासो यावन्त्यब्दानि तिष्ठति
Aussi longtemps que dure, durant autant d’années, l’empilement ordonné des briques de l’autel (iṣṭakā-caya), pour cette même durée on délivre des mondes impérissables et l’on atteint soi-même des domaines impérissables.
Verse 49
तावद्वर्षसहस्राणि तत्कर्तुर्दिवि संस्थितिः प्रतिमाकृद्विष्णुलोकं स्थापको लीयते हरौ देवसद्मप्रतिकृतिप्रतिष्ठाकृत्तु गोचरे
Pendant autant de milliers d’années, l’auteur de cet acte demeure au ciel. Le fabricant d’une icône atteint le monde de Viṣṇu ; celui qui l’installe (pratiṣṭhā) se fond en Hari. Mais celui qui établit et consacre la réplique d’un temple divin atteint la sphère de Go-loka/Go-gati, le domaine céleste auspiceux associé à la Vache sacrée.
Verse 50
अग्निर् उवाच यमोक्ता नानयंस्तेथ प्रतिष्ठादिकृतं हरेः हयशीर्षः प्रतिष्ठार्थं देवानां ब्रह्मणे ऽब्रवीत्
Agni dit : Alors ces dieux, guidés par l’instruction de Yama, mirent en avant le rite d’installation (pratiṣṭhā) et les procédures connexes pour Hari (Viṣṇu). Afin d’établir la consécration conforme, Hayagrīva s’adressa à Brahmā au nom des dieux.
That temple-building and its allied services (support, maintenance, cleaning, supplying materials, icon-making and installation) are powerful forms of dharma that destroy accumulated sin, uplift ancestors and lineages, and lead the patron toward Viṣṇuloka and even mokṣa when performed sincerely and according to prescription.
It frames architectural acts—design grades, material choices, construction, and consecration—as sacramental disciplines. When aligned with devotion and right intention, these technical works become vehicles of purification, lineage uplift, and ultimately freedom from rebirth through the establishment of Viṣṇu’s abode.
Yes. It explicitly cautions that acts done with deceit or as mere token gestures do not yield the promised heavenly results, emphasizing intention and dharmic integrity alongside ritual correctness.
Wealth is portrayed as inherently unstable; it becomes meaningful when used for dharma—temple-building, support of kin, gifts to worthy recipients, and especially kīrtana—rather than hoarded without charitable or righteous enjoyment.