Varaha Purana - Adhyaya 84
Varaha PuranaAdhyaya 847 Shlokas

Adhyaya 84: Description of the Northern Regions: Ramyaka, Hiraṇmaya, Uttarakuru, Candradvīpa, Sūryadvīpa, and Rudrākara

Uttaravarṣa-varṇana (Ramyaka–Hiraṇmaya–Uttarakuru–Candradvīpa–Sūryadvīpa–Rudrākara)

Ancient-Geography (Purāṇic Cosmography and Ethno-ecology)

Dans le cadre pédagogique Varāha–Pṛthivī, le chapitre rapporte l’exposé de Rudra sur les varṣas du nord et du sud, en mettant l’accent sur les contrées septentrionales et leurs habitants. Il dresse l’inventaire des régions situées par rapport aux monts Śveta et Nīla et à Triśṛṅga : Ramyaka, où les hommes sont décrits comme d’esprit affiné, exempts de vieillesse et d’impureté corporelle, nourris par l’essence des fruits du grand nyagrodha Rohita, qui confère une longévité prodigieuse. Vient ensuite Hiraṇmaya, avec la rivière Hiraṇvatī et de puissants Yakṣas capables de changer de forme, dont la durée de vie est chiffrée. Suit une vaste enquête cosmographique : Uttarakuru, où vêtements et parures naissent spontanément des arbres, où des arbres donnent du lait, où le sol est de gemmes et les sables d’or ; puis Candradvīpa et Sūryadvīpa avec leurs montagnes et rivières nommées ; enfin Rudrākara, où Vāyu se manifeste sur un siège serti de joyaux, reliant la géographie à l’abondance du milieu et à des existences réglées par une mesure.

Primary Speakers

VarāhaPṛthivīRudra

Key Concepts

Purāṇic varṣa/dvīpa cosmographyMountain-based spatial orientation (Śveta, Nīla, Triśṛṅga)Ethno-ecology and longevity through vegetal resources (nyagrodha-phala-rasa)Non-agricultural abundance motifs (spontaneous textiles/ornaments, kṣīra-vṛkṣa)Yakṣa and deva-associated populations as ecological guardiansQuantified lifespans as moral-ecological indexing

Shlokas in Adhyaya 84

Verse 1

रुद्र उवाच । उत्तराणां च वर्षाणां दक्षिणानां च सर्वशः । आचक्षते यथान्यायं ये च पर्वतवासिनः । तच्छृणुध्वं मया विप्राः कीर्त्यमानं समाहिताः ॥ ८४.१ ॥

Rudra dit : «Au sujet des contrées du Nord et, de même, de celles du Sud dans leur totalité—selon l’usage légitime tel que le rapportent les habitants des montagnes—écoutez, ô savants brahmanes, mon exposé tel qu’il est récité ; demeurez recueillis.»

Verse 2

दक्षिणेन तु श्वेतस्य नीलस्य चोत्तरेण च । वायव्यां रम्यकं नाम जायन्ते तत्र मानवाः । मतिप्रधानाः विमला जरादौर्गन्ध्यवर्जिताः ॥ ८४.२ ॥

Au sud de Śveta et au nord de Nīla, dans le quartier du nord-ouest, se trouve une contrée nommée Ramyaka. Les hommes qui y naissent sont éminents par l’intelligence, purs, et exempts de vieillesse et de mauvaise odeur.

Verse 3

तत्रापि सुमहान् वृक्षो न्यग्रोधो रोहितः स्मृतः । तत्फलाद् रसपानाद्धि दशवर्षसहस्रिणः । आयुषा सर्वमनुजा जायन्ते देवरूपिणः ॥ ८४.३ ॥

Là aussi, l’on mentionne un arbre très grand : un nyagrodha (banyan) nommé Rohita. En effet, en buvant le suc tiré de son fruit, tous les hommes naissent avec une durée de vie de dix mille ans et une apparence divine.

Verse 4

उत्तरेण च श्वेतस्य त्रिशृङ्गस्य च दक्षिणे । वर्षं हिरण्मयं नाम तत्र हैरण्वती नदी । यक्षाः वसन्ति तत्रैव बलिनः कामरूपिणः ॥ ८४.४ ॥

Au nord de Śveta et au sud de Triśṛṅga s’étend la région nommée Hiraṇmaya. Là coule la rivière Hairaṇvatī, et là même demeurent les Yakṣas, êtres puissants, capables de prendre la forme qu’ils veulent.

Verse 5

एकादशहस्त्राणि समानां तेन जीवते । शतान्यन्यानि जीवन्ते वर्षाणां दश पञ्च च ॥ ८४.५ ॥

Selon cette mesure, on vit onze mille samā (années). D’autres vivent encore des centaines supplémentaires, à savoir dix et cinq années de plus (soit quinze).

Verse 6

लकुचाः क्षुद्रसा वृक्षास्तस्मिन् देशे व्यवस्थिताः । तत्फलप्राशमानाः हि तेन जीवन्ति मानवाः ॥ ८४.६ ॥

Dans cette contrée se tiennent des arbres lakuca, à sève faible (ou à faible production), solidement établis. En vérité, les hommes y vivent en mangeant leurs fruits.

Verse 7

Ainsi, à Trishringga, aux trois sommets, se succèdent selon l’ordre des pics faits de gemmes, d’or et de toutes sortes de joyaux; et depuis son sommet du nord, au bord de l’océan méridional, se trouvent les Uttarakuru. Là, vêtements et parures naissent comme sur les arbres mêmes; il y a des arbres de lait et des breuvages de sève semblable au lait. Le sol est de gemmes et le sable est d’or. Là demeurent des hommes déchus du ciel, dont la durée de vie est de treize mille ans. À l’ouest de cette île, après avoir franchi quatre mille yojanas, depuis le monde des devas apparaît Chandradvipa, circulaire, d’un millier de yojanas de pourtour. En son centre se dressent deux montagnes nommées Chandrakanta et Suryakanta; et entre elles coule le grand fleuve Chandravati, riche de multiples arbres et fruits et mêlé de nombreux cours d’eau: tel est le pays de Kuru. Sur son flanc septentrional, après avoir traversé l’océan orné de guirlandes de vagues sur cinq mille yojanas, depuis le monde des devas apparaît Suryadvipa, circulaire, d’un millier de yojanas. En son centre se tient une montagne excellente, large de cent yojanas et haute d’autant; de là sort le fleuve nommé Suryavarta. Là réside le Soleil; et là vivent des peuples à la couleur du soleil, voués à la divinité solaire, ayant dix mille ans de vie. À l’ouest de cette île, après quatre mille yojanas, se trouve une île circulaire de dix mille yojanas nommée Rudrakara. Là est le siège благоприятный de Vayu, resplendissant de maints joyaux; et Vayu, doté d’une forme, y demeure. Ses habitants, de teinte d’or tapanīya, vivent cinq mille ans.

Frequently Asked Questions

Rather than issuing explicit prescriptive rules, the text models an ecological-cosmographic pedagogy: well-ordered regions are depicted as sustained by abundant, non-extractive natural resources (fruit-essence, milk-yielding trees, spontaneous materials), and longevity is narrated as correlated with purity, restraint, and harmonious dwelling within a landscape.

No tithi, lunar phase, vrata timing, or seasonal ritual calendar is specified in the provided passage. Time is expressed primarily through quantified lifespans (e.g., ten thousand years, thirteen thousand years, five thousand years), functioning as cosmographic indexing rather than ritual scheduling.

Environmental balance is implied through landscapes that provide sustenance without intensive cultivation: humans live on nyagrodha fruit-essence, trees generate garments and ornaments, and terrains are described as inherently rich (maṇibhūmi, suvarṇa-bālukā). Such motifs align with a preservation-oriented imagination of Pṛthivī where abundance arises from stable cosmic order and non-destructive use of terrestrial gifts.

The passage references cosmic and semi-divine figures and groups rather than human dynastic lineages: Rudra as narrator; Yakṣas as inhabitants of Hiraṇmaya; Vāyu as an embodied presence in Rudrākara; and populations described as svargacyuta (fallen-from-heaven) in Uttarakuru. No royal genealogies or named human sages are specified in the excerpt.

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