Adhyaya 79
Varaha PuranaAdhyaya 7926 Shlokas

Adhyaya 79: Description of the Inner Basins (Droṇīs): Śrīsaras, Śrīvana, Bilva Forest, and Tāla Grove

Droṇī-varṇanaṃ: Śrīsaraḥ–Śrīvana–Bilvavana–Tālavana-prasaṅgaḥ

Ancient-Geography (Sacred Ecology and Cosmographic Topography)

Inscrit dans le dialogue didactique du Varāha Purāṇa (Varāha instruisant Pṛthivī), cet adhyāya présente un inventaire topographique et cosmographique des « droṇī » (bassins intérieurs clos) situés près du mont Meru. Dans le passage reçu, la voix est celle de Rudra, qui énumère une suite de zones humides lumineuses, de forêts et d’intervalles montagneux, en donnant des mesures en yojanas et krośas, des repères botaniques tels que le bilva et le tāla, ainsi que la présence de siddhas et d’autres êtres. Un motif central, à la fois écologique et théologique, décrit Śrī (Lakṣmī) demeurant dans un lotus à Śrīsaras et à Śrīvana, reliant la fertilité de la terre à la gestion du paysage sacré. Le chapitre esquisse implicitement une éthique de protection de l’environnement : pureté des eaux, sauvegarde des bosquets et abondance des habitats comme signes d’équilibre cosmique et d’ordre propice.

Primary Speakers

VarāhaPṛthivīRudra

Key Concepts

droṇī (enclosed basin) as a cosmographic landformŚrīsaras and lotus-centered sacral ecologyLakṣmī/Śrī as landscape fertility principlesacred groves (bilvavana, tālavana) and habitat abundancemeasurement discourse (yojana, krośa) in Purāṇic geographysiddha-sevita spaces as indicators of protected environments

Shlokas in Adhyaya 79

Verse 1

रुद्र उवाच । सीतान्तस्याचलेन्द्रस्य कुमुदस्यान्तरेण च । द्रोण्यां विहङ्गपुष्टायां नानासत्त्वनिषेवितम् ॥ ७९.१ ॥

Rudra dit : Entre le seigneur des montagnes Sītānta et (la montagne) Kumuda se trouve une cuvette de vallée—nourrie par les oiseaux—fréquentée et habitée par de nombreuses espèces d’êtres vivants.

Verse 2

त्रियोजनशतायामं शतयोजनविस्तृतम् । सुरसामलपानीयं रम्यं तत्र सुरोचनम् ॥ ७९.२ ॥

Là se trouve une contrée longue de cent yojanas et large de cent yojanas; l’eau à boire y est pure et agréable, telle la surasā et l’āmalā; ce lieu est délicieux, rayonnant et beau.

Verse 3

द्रोणमात्रप्रमाणैश्च पुण्डरीकैः सुगन्धिभिः । सहस्रशतपत्रैश्च महापद्मैरलङ्कृतम् ॥ ७९.३ ॥

Il était orné de lotus blancs parfumés (puṇḍarīka) d’une mesure d’un droṇa, ainsi que de grands lotus (mahāpadma) portant mille ou cent pétales.

Verse 4

देवदानवगन्धर्वैर्महासर्पैरधिष्ठितम् । पुण्यं तच्छ्रीसरो नाम सप्रकाशमिहेह च ॥ ७९.४ ॥

Ce lieu sacré, présidé par les dieux, les dānavas, les gandharvas et les grands serpents, se nomme Śrīsara; il est renommé et se manifeste ici aussi.

Verse 5

प्रसन्नसलिलैः पूर्णं शरण्यं सर्वदेहिनाम् । तत्र त्वेकं महापद्मं मध्ये पद्मवनस्य च ॥ ७९.५ ॥

Empli d’eaux limpides et paisibles, il est un refuge pour tous les êtres incarnés. Là, au cœur même du bosquet de lotus, se dresse un unique grand lotus.

Verse 6

कोटिपत्रप्रकलितं तरुणादित्यवर्चसम् । नित्यं व्याकोशमधुरं चलत्वादतिमण्डलम् ॥ ७९.६ ॥

Façonné de crores de pétales, il possédait l’éclat du jeune soleil; toujours entièrement épanoui, d’une douceur exquise; et, par son mouvement, il avait une forme parfaitement circulaire.

Verse 7

चारुकेसरजालाढ्यं मत्तभ्रमरनादितम् । तस्मिन्मध्ये भगवती साक्षात् श्रीर्नित्यमेव हि । लक्ष्मीस्तु तं तदावासं मूर्त्तिमन्तं न संशयः ॥ ७९.७ ॥

Orné d’un beau réseau de filaments (keśara) et retentissant du bourdonnement d’abeilles enivrées, en son milieu demeure réellement la Dame Bienheureuse—Śrī elle-même—éternellement présente. Et Lakṣmī, sans aucun doute, tient ce lieu pour sa demeure, manifestée en forme incarnée.

Verse 8

सरसस्तस्य तीरे तु तस्मिन् सिद्धनिषेवितम् । सदा पुष्पफलṃ रम्यं तत्र बिल्ववनं महत् ॥ ७९.८ ॥

Sur la rive de ce lac, en ce lieu fréquenté par les siddhas, se trouvait un vaste bosquet de bilva, toujours délicieux, portant sans cesse fleurs et fruits.

Verse 9

शतयोजनविस्तीर्णं द्वियोजनशतायतम् । अर्द्धक्रोशोच्छशिखरैर्महावृक्षैः समन्ततः । शाखासहस्रकलितैर्महास्कन्धैः समाकुलम् ॥ ७९.९ ॥

Il s’étendait sur cent yojanas de largeur et deux cents yojanas de longueur ; de toutes parts il était entouré de grands arbres dont les cimes s’élevaient à une demi-krośa, et il était rempli de troncs massifs portant des milliers de branches.

Verse 10

फलैः सहस्रसङ्काशैः हरितैः पाण्डुरैस्तथा । अमृतस्वादुसदृशैर्भेरीमात्रैः सुगन्धिभिः ॥ ७९.१० ॥

Avec des fruits semblant par milliers—verts et aussi pâles—doux comme l’amṛta, gros comme un tambour et d’un parfum exquis.

Verse 11

शीऱ्यद्भिश्च पतद्भिश्च कीर्णभूमिवनान्तरम् । नाम्ना तच्छ्रीवनं नाम सर्वलोकेषु विश्रुतम् ॥ ७९.११ ॥

Jonché d’arbres qui se décomposaient et d’autres qui tombaient, l’intérieur de cette terre forestière était couvert de débris ; de nom, on l’appelait « Śrīvana », renommé dans tous les mondes.

Verse 12

देवादिभिः समाकीर्णमष्टाभिः ककुभिः शुभम् । बिल्वाशिभिश्च मुनिभिः सेवितं पुण्यकारिभिः । तत्र श्रीः संस्थिता नित्यं सिद्धसङ्घनिषेविता ॥ ७९.१२ ॥

Là, propice dans les huit directions, le lieu est rempli de dieux et d’autres êtres. Il est fréquenté et servi par des munis se nourrissant du fruit du bilva—artisans de mérite. Là demeure à jamais Śrī (Fortune/Prospérité), entourée des troupes de Siddhas.

Verse 13

एकैकस्याचलेन्द्रस्य मणिशैलस्य चान्तरम् । शतयोजनविस्तीर्णं द्वियोजनशतायतम् ॥ ७९.१३ ॥

L’intervalle entre chaque montagne souveraine et le mont Maṇiśaila s’étend sur cent yojanas de largeur et deux cents yojanas de longueur.

Verse 14

विमलं पङ्कजवनं सिद्धचारणसेवितम् । पुष्पं लक्ष्म्या धृतं भाति नित्यं प्रज्वलतीव ह ॥ ७९.१४ ॥

Un bosquet de lotus sans tache, servi par les Siddhas et les Cāraṇas. Là, une fleur tenue par Lakṣmī resplendit sans cesse, comme si elle brûlait éternellement.

Verse 15

अर्द्धक्रोशं च शिखरैर्महास्कन्धैः समावृतम् । प्रफुल्लशाखाशिखरं पिञ्जरं भाति तद्वनम् ॥ ७९.१५ ॥

Cette forêt, s’étendant sur un demi-krośa, est entourée de sommets et de grands troncs. Avec les cimes des branches en pleine floraison, elle paraît d’une teinte fauve et dorée.

Verse 16

द्विबाहुपरिणाहैस्तैस्त्रिहस्तायामविस्तृतैः । मनःशिलाचूर्णनिभैः पाण्डुकेसरशालिभिः ॥ ७९.१६ ॥

Ils avaient une circonférence de deux envergures et s’étendaient sur trois coudées ; pâles, pourvus de filaments blanchâtres, et semblables à de la manaḥśilā (réalgar) réduite en poudre.

Verse 17

पुष्पैर्मनोहरैर्व्याप्तं व्याकोशैर्गन्धशोभिभिः । विराजति वनं सर्वं मत्तभ्रमरनादितम् ॥ ७९.१७ ॥

Toute la forêt resplendit, imprégnée de fleurs ravissantes—pleinement épanouies et splendides de parfum—tandis qu’elle résonne du bourdonnement des abeilles enivrées.

Verse 18

तद्वनं दानवैर्दैत्यैर्गन्धर्वैर्यक्षराक्षसैः । किन्नरैरप्सरोभिश्च महाभोगैश्च सेवितम् ॥ ७९.१८ ॥

Cette forêt était fréquentée par les Dānavas et les Daityas, par les Gandharvas, les Yakṣas et les Rākṣasas, ainsi que par les Kinnaras et les Apsaras : des êtres de grande jouissance et de splendeur.

Verse 19

तत्राश्रमो भगवतः कश्यपस्य प्रजापतेः । सिद्धसाधुगणाकीर्णं नानाश्रमसमाकुलम् ॥ ७९.१९ ॥

Là se trouvait l’āśrama du vénérable Prajāpati Kaśyapa, rempli d’assemblées de siddhas et de sādhus, et animé par de nombreuses demeures ascétiques et diverses disciplines d’austérité.

Verse 20

महानीलस्य मध्ये तु कुम्भस्य च गिरेस्तथा । मध्ये सुखा नदी नाम तस्यास्तीरे महद्वनम् ॥ ७९.२० ॥

Dans la région située entre Mahānīla et la montagne nommée Kumbha, se trouve une rivière appelée Sukhā ; sur sa rive s’étend une grande forêt.

Verse 21

पञ्चाशद्योजनायामं त्रिंशद्योजनमण्डलम् । रम्यं तालवनं श्रीमत् क्रोशार्द्धोच्छ्रितपादपम् ॥ ७९.२१ ॥

Le splendide et délicieux Tālavana s’étend sur cinquante yojanas de longueur et couvre un périmètre de trente yojanas ; ses arbres s’élèvent jusqu’à une hauteur d’un demi-krośa.

Verse 22

महाबलैर्महासारैः स्थिरैरविचलैः शुभैः । महदञ्जनसंस्थानैः परिवृत्तैर्महाफलैः ॥ ७९.२२ ॥

(Ils sont) d’une grande force et d’une grande consistance—fermes, inébranlables et de bon augure—d’une forme massive, semblable à des masses montagneuses sombres comme le collyre (añjana), bien arrondies et portant de grands fruits.

Verse 23

मृष्टगन्धगुणोपेतैरुपेतं सिद्धसेवितम् । ऐरावतस्य करिणस्तत्रैव समुदाहृतम् ॥ ७९.२३ ॥

Pourvu d’un parfum exquis et de qualités éminentes, et servi par les siddhas vénérables; là même est aussi mentionné l’éléphant d’Airāvata.

Verse 24

ऐरावतस्य रुद्रस्य देवशैलस्य चान्तरे । सहस्रयोजनायामा शतयोजनविस्तृता ॥ ७९.२४ ॥

Entre Airāvata, Rudra et la montagne divine Devaśaila, cela s’étend sur mille yojanas de longueur et cent yojanas de largeur.

Verse 25

सर्वा ह्येकशिला भूमिर्वृक्षवीरुधवर्जिता । आप्लुता पादमात्रेण सलिलेन समन्ततः ॥ ७९.२५ ॥

Alors la Terre entière n’était qu’une seule étendue de roche, dépourvue d’arbres et de plantes rampantes, et elle était inondée de toutes parts par une eau d’à peine un pied de profondeur.

Verse 26

इत्येताभ्यन्तरद्रोण्यो नानाकाराः प्रकीर्त्तिताः । मेरोह् पार्श्वेन विप्रेन्द्रा यथावदनुपूर्वशः ॥ ७९.२६ ॥

Ainsi, ces bassins intérieurs aux formes variées ont été décrits—ô le meilleur des brahmanes—le long du flanc du mont Meru, correctement et dans l’ordre requis.

Frequently Asked Questions

Rather than issuing a direct moral injunction, the chapter teaches through description: balanced waters (prasanna-salila), protected groves, and abundant flora/fauna are presented as markers of auspicious cosmic order. The narrative associates Śrī (Lakṣmī) with lotus-lakes and forests, implying that prosperity depends on maintaining terrestrial habitats and water purity—an indirect ecological ethic consistent with Pṛthivī-centered stewardship themes.

No explicit calendrical markers (tithi, nakṣatra, māsa, or ṛtu) are stated in the provided adhyāya passage. The text focuses on spatial measurements and landscape qualities rather than ritual timing.

Environmental balance is conveyed through an idealized geography: clear, full waters; lotus proliferation; fruiting forests; and stable mountains. The repeated emphasis on flourishing groves (bilvavana, tālavana), non-degraded water bodies, and ‘siddha-sevita’ sanctity frames the landscape as something maintained and safeguarded—suggesting that Pṛthivī’s well-being is tied to conserving water systems and forest ecologies.

The chapter references Rudra as the describing authority and mentions the āśrama of Kaśyapa Prajāpati, situating the landscape within a sage-centered cultural geography. It also names Airāvata (associated with Indra’s elephant in broader tradition) and refers to communities such as siddhas, cāraṇas, gandharvas, yakṣas, rākṣasas, kinnaras, apsarases, daityas, and dānavas as inhabitants/visitors, indicating a multi-tiered cosmological population rather than a royal genealogy.