Adhyaya 41
Varaha PuranaAdhyaya 4143 Shlokas

Adhyaya 41: Rite of the Varāha Dvādaśī Vow and an Exemplary Narrative on Expiation for Brahmin-Slaying

Varāha-dvādaśī-vrata-vidhiḥ tathā brahmavadhā-prāyaścitta-itihāsaḥ

Ritual-Manual with Ethical-Discourse (Prāyaścitta/Expiation) and Avatāra-Theology

Dans un cadre didactique attribué à Durvāsas, le chapitre prescrit l’observance de Māgha-śukla-dvādaśī pour Varāha : saṅkalpa et bain préparatoire, culte à Ekādaśī, mise en place d’un kumbha rempli d’eau, et « cartographie » des épithètes divines sur les membres de Viṣṇu. Le rite s’achève par l’installation d’une image de Varāha (or/argent/cuivre selon les moyens), un vase de « toutes les semences », une veille nocturne, puis le don de la divinité avec le kumbha à un Brāhmaṇa vaiṣṇava savant. Le texte illustre ensuite la causalité morale : le roi Vīradhanu tue par erreur des Brāhmaṇas sous forme de cerfs, consulte Devarāta, accomplit le vœu comme prāyaścitta et obtient une haute élévation après la mort. Le geste de Varāha soulevant la Terre est invoqué comme modèle de restauration de l’équilibre terrestre et de l’ordre éthique.

Primary Speakers

VarāhaPṛthivī

Key Concepts

Varāha-dvādaśī-vrata (Māgha śukla pakṣa)Saṅkalpa-snānā and Ekādaśī pūjā sequencingKumbha-sthāpana and bīja-pūrṇa-pātra (all-seed vessel)Aṅga-nyāsa style epithet-mapping (vārāhāya, mādhavāya, kṣetrajñāya, viśvarūpāya, sarvajñāya)Dāna to a Veda-vedāṅga-vid Brāhmaṇa and merit economyPrāyaścitta for brahmavadhā (unintentional killing) via vrataEarth-restoration ethic modeled through Varāha’s uddhāra of dharāAvatāra typology (Matsya, Kūrma, Varāha)

Shlokas in Adhyaya 41

Verse 1

दुर्वासा उवाच । एवं माघे सिते पक्षे द्वादशीं धरणीभृतः । वराहस्य शृणुष्वाद्यां मुने परमधार्मिक ॥ ४१.१ ॥

Durvāsā dit : «Ainsi, au mois de Māgha, durant la quinzaine claire, écoute—ô muni au dharma suprême—l’exposé de l’observance de Dvādaśī dédiée à Varāha, le Soutien de la Terre».

Verse 2

प्रागुक्तेन विधानेन सङ्कल्पस्नानमेव च । कृत्वा देवं समभ्यर्च्य एकादश्यां विचक्षणः ॥ ४१.२ ॥

Selon le rite énoncé plus haut, après avoir accompli le bain rituel avec le saṅkalpa (résolution sacrée) et avoir dûment adoré la Divinité, le pratiquant avisé agit ainsi au jour d’Ekādaśī.

Verse 3

धूपनैवेद्यगन्धैश्चार्चयित्वाऽच्युतं नरः । पश्चात्तस्याग्रतः कुम्भं जलपूर्णं तु विन्यसेत् ॥ ४१.३ ॥

Après avoir adoré Acyuta avec encens, offrandes de nourriture (naivedya) et parfums, l’homme doit ensuite déposer devant Lui un vase (kumbha) rempli d’eau.

Verse 4

ॐ वाराहायेति पादौ तु माधवायेति वै कटिम् । क्षेत्रज्ञायेति जठरं विश्वरूपेत्युरो हरेः ॥ ४१.४ ॥

En prononçant «Oṁ, salut à Varāha», qu’on l’assigne aux pieds ; «à Mādhava», à la taille ; «à Kṣetrajña», au ventre ; et «à Viśvarūpa», à la poitrine de Hari.

Verse 5

सर्वज्ञायेति कण्ठं तु प्रजानां पतये शिरः । प्रद्युम्नायेति च भुजौ दिव्यास्त्राय सुदर्शनम् । अमृतोद्भवाय शङ्खं तु एष देवर्चने विधिः ॥ ४१.५ ॥

Qu’on assigne «Sarvajña» à la gorge ; «Seigneur des créatures» à la tête ; «Pradyumna» aux bras ; à l’arme divine, le Sudarśana (disque) ; et «Né du nectar» à la conque (śaṅkha). Tel est le rite prescrit pour l’adoration de la Divinité.

Verse 6

एवमभ्यर्च्य मेधावी तस्मिन्कुम्भे तु विन्यसेत् । सौवर्णं रौप्यताम्रं वा पात्रं विभवशक्तितः ॥ ४१.६ ॥

Après avoir ainsi rendu le culte, le pratiquant avisé doit déposer dans ce kumbha rituel un récipient—d’or, d’argent ou de cuivre—selon ses moyens et sa capacité.

Verse 7

सर्वबीजैस्तु सम्पूर्णं स्थापयित्वा विचक्षणः । तत्र शक्त्या तु सौवर्णं वाराहं कारयेद्बुधः ॥ ४१.७ ॥

Après avoir établi l’installation de façon complète avec toutes les semences, l’homme avisé doit, selon ses moyens, faire réaliser une image de Varāha en or.

Verse 8

दंष्ट्राग्रेणोद्धृतां पृथ्वीं सपर्वतवनद्रुमाम् । माधवं मधुहन्तारं वाराहं रूपमास्थितम् ॥ ४१.८ ॥

Lui (Viṣṇu), ayant soulevé la Terre à la pointe de sa défense—avec ses montagnes, ses forêts et ses arbres—prit la forme du Sanglier : Mādhava, le destructeur de Madhu.

Verse 9

सर्वबीजभृते पात्रे रत्नगर्भं घटोपरि । स्थापयेत् परमं देवं जातरूपमयं हरिम् ॥ ४१.९ ॥

Sur le récipient qui porte toutes les semences, et au sommet du pot, on doit installer la Divinité suprême—Hari—façonnée en or (jātarūpa).

Verse 10

सितवस्त्रयुगच्छन्नं ताम्रपात्रं तु वै मुने । स्थाप्यार्च्चयेद्गन्धपुष्पैर्नैवेद्यैर्विविधैः शुभैः ॥ ४१.१० ॥

Ô sage, après avoir placé un récipient de cuivre couvert d’une paire de tissus blancs, on doit accomplir le culte avec des substances parfumées et des fleurs, ainsi qu’avec diverses offrandes alimentaires auspicieuses (naivedya).

Verse 11

पुष्पमण्डलिकां कृत्वा जागरं तत्र कारयेत् । प्रादुर्भावान् हरेस्तत्र वाचयेद् भावयेद् बुधः ॥ ४१.११ ॥

Après avoir formé un maṇḍala de fleurs, qu’on y organise une veille; et là, le sage fera réciter les manifestations de Hari et les méditera avec recueillement.

Verse 12

एवं सन्नियमस्यान्तं प्रभाते उदिते रवौ । शुचिः स्नात्वा हरिं पूज्य ब्राह्मणाय निवेदयेत् ॥ ४१.१२ ॥

Ainsi, ayant mené l’observance (niyama) à son terme à l’aube, lorsque le soleil s’est levé, qu’on se purifie par le bain, qu’on adore Hari et qu’on présente l’offrande à un brāhmaṇa.

Verse 13

वेदवेदाङ्गविदुषे साधुवृत्ताय धीमते । विष्णुभक्ताय विप्रर्षे विशेषेण प्रदापयेत् ॥ ४१.१३ ॥

Qu’on donne—tout particulièrement—à un brāhmaṇa-ṛṣi, savant du Veda et des vedāṅga, à la conduite vertueuse, à l’intelligence claire, et dévoué à Viṣṇu.

Verse 14

देवं सकुम्भं तं दत्त्वा हरिं वाराहरूपिणम् । ब्राह्मणाय भवेद्यद्धि फलं तन्मे निशामय ॥ ४१.१४ ॥

Après avoir donné cette Divinité—Hari sous la forme de Varāha—avec un kumbha (vase d’eau) à un brāhmaṇa, quel que soit le mérite (phala) qui en résulte, écoute-le de ma bouche.

Verse 15

इह जन्मनि सौभाग्यं श्रीः कान्तिस्तुष्टिरेव च । दरिद्रो वित्तवान् सद्यः अपुत्रो लभते सुतम् । अलक्ष्मीर् नश्यते सद्यो लक्ष्मीः संविशते क्षणात् ॥ ४१.१५ ॥

En cette vie même naît la bonne fortune : prospérité, éclat et contentement. Le pauvre devient aussitôt riche; celui qui n’a pas de fils obtient un fils. Alakṣmī (l’infortune) est détruite sur-le-champ, et Lakṣmī (la prospérité) entre en un instant.

Verse 16

इह जन्मनि सौभाग्यं परलोके निशामय । अस्मिन्नर्थे पुरावृत्तमितिहासं पुरातनम् ॥ ४१.१६ ॥

En cette vie même, il y a bonne fortune, et dans l’autre monde aussi ; écoute. À ce sujet, je vais rapporter un ancien récit historique, une tradition vénérable.

Verse 17

इह लोकेऽभवद् राजा वीरधन्वेति विश्रुतः । स कदाचिद् वनं प्रायान् मृगहेतोः परंतपः ॥ ४१.१७ ॥

En ce monde, il y eut un roi renommé du nom de Vīradhanvan. Un jour, ce dompteur d’ennemis se rendit dans la forêt pour chasser le gibier.

Verse 18

व्यापादयन् मृगगणान् तत्रार्षिवनमध्यगः । जघान मृगरूपान् सोऽज्ञानतो ब्राह्मणान् नृपः ॥ ४१.१८ ॥

Alors qu’il abattait des hardes de cerfs et, étant entré au cœur de la forêt des sages, le roi—sans le savoir—frappa à mort des brāhmaṇas qui avaient pris la forme de cerfs.

Verse 19

भ्रातरस्तत्र पञ्चाशन्मृगरूपेण संस्थिताः । संवर्तस्य सुता ब्रह्मन् वेदाध्ययनतत्पराः ॥ ४१.१९ ॥

Là se tenaient cinquante frères, établis sous la forme de cerfs. Ô brāhmaṇa, ils étaient les fils de Saṃvarta, voués à l’étude des Veda.

Verse 20

सत्यतपा उवाच । कारणं किं समाश्रित्य ते चक्रुर्मृगरूपताम् । एतन्मे कौतुकं ब्रह्मन् प्रणतस्य प्रसीद मे ॥ ४१.२० ॥

Satyatapā dit : « En s’appuyant sur quelle cause ont-ils pris la forme de cerfs ? Telle est ma curiosité, ô brāhmaṇa ; sois-moi favorable, car je me prosterne devant toi. »

Verse 21

दुर्वासा उवाच । ते कदाचिद्वनं याता दृष्ट्वा हरिणपोतकान् । जातमात्रान् स्वमात्रा तु विहीनान् दृश्य सत्तम । एकैकं जगृहुस्ते हि ते मृताः स्कन्धसंस्थिताः ॥ ४१.२१ ॥

Durvāsā dit : Un jour, ils allèrent dans une forêt. Voyant des faons tout juste nés, privés de leur propre mère, ô le meilleur des êtres, ils les prirent un à un ; et ces faons moururent, demeurant sur leurs épaules.

Verse 22

ततस्ते दुःखिताः सर्वे ययुः पितरमन्तिकम् । ऊचुश्च वचनं छेदं मृगहिंसामृते मुने ॥ ४१.२२ ॥

Alors, tous, accablés de peine, s’approchèrent de leur père et adressèrent au sage des paroles résolues, déclarant leur abstention de couper et de faire violence aux animaux.

Verse 23

ऋषिपुत्रका ऊचुः । जातमात्रा मृगाः पञ्च अस्माभिर्निहता मुने । अकामतस्ततोऽस्माकं प्रायश्चित्तं विधीयताम् ॥ ४१.२३ ॥

Les fils des ṛṣi dirent : «Ô sage, cinq cerfs tout juste nés ont été tués par nous. Puisque ce n’était pas intentionnel, prescris-nous un prāyaścitta, une expiation.»

Verse 24

संवर्त्त उवाच । मत्पिता हिंसकस्त्वासीदहं तस्माद्विशेषतः । भवन्तः पापकर्माणः संजाताः मम पुत्रकाः ॥ ४१.२४ ॥

Saṃvartta dit : «Mon père était violent, et moi, pour cette raison, je le fus plus encore. Ainsi, vous—mes fils—êtes nés comme auteurs d’actes pécheurs.»

Verse 25

इदानीं मृगचर्माणि परिधाय यतव्रताः । चरघ्वं पञ्चवर्षाणि ततः शुद्धा भविष्यथ ॥ ४१.२५ ॥

«À présent, revêtez des peaux de cerf et, observant des vœux de discipline, vivez ainsi pendant cinq ans ; ensuite vous serez purifiés.»

Verse 26

एवमुक्तास्तु ते पुत्रा मृगचर्मोपवीतिनः । वनं विविशुरव्यग्रा जपन्तो ब्रह्म शाश्वतम् ॥ ४१.२६ ॥

Ainsi exhortés, ces fils—revêtus d’une peau de daim comme vêtement sacré—entrèrent dans la forêt, l’esprit sans trouble, récitant sans cesse le Brahman éternel.

Verse 27

तथा वर्षे व्यतिक्रान्ते वीरधन्वा महीपतिः । तत्राजगाम यस्मिंस्ते चरन्ति मृगरूपिणः ॥ ४१.२७ ॥

Puis, une année s’étant écoulée, le roi Vīradhanvā vint en ce lieu où ils—ayant pris la forme de daims—erraient çà et là.

Verse 28

ते चाप्येकतरॊर्मूले मृगचर्मोपवीतिनः । जपन्तः संस्थितास्ते हि राज्ञा दृष्ट्वा मृगा इति । मत्वा विद्धास्तु युगपन्मृतास्ते ब्रह्मवादिनः ॥ ४१.२८ ॥

Eux aussi, revêtus d’une peau de daim comme vêtement sacré, se tenaient au pied d’un certain arbre, absorbés dans la récitation. Mais le roi, les voyant, crut : «Ce sont des daims» ; et, les ayant frappés d’un seul coup, ces docteurs du Brahman moururent ensemble.

Verse 29

तान् दृष्ट्वा तु मृतान् राजा ब्राह्मणान् संहितव्रतान् । भयेन वेपमानस्तु देवराताश्रमं ययौ । तत्रापृच्छद् ब्रह्मवध्याः ममायाता महामुने ॥ ४१.२९ ॥

Mais voyant ces brāhmanes morts, observateurs de vœux rigoureux, le roi, tremblant de peur, se rendit à l’ermitage de Devarāta. Là, il demanda : «Ô grand sage, le péché du meurtre d’un brāhmane est-il venu sur moi ?»

Verse 30

अमूल्य तद्वधं वृत्तं कथयित्वा नराधिपः । भृशं शोकपरीतात्मा रुरोद भृशदुःखितः ॥ ४१.३० ॥

Ô Amūlya, après avoir raconté le déroulement de ce meurtre, le roi—l’âme submergée de chagrin—se mit à pleurer, accablé d’une profonde douleur.

Verse 31

स ऋषिर्देवरातस्तु रुदन्तं नृपसत्तमम् । उवाच मा भैर्नृपतेऽपनेष्यामि पातकम् ॥ ४१.३१ ॥

Alors le sage Devarāta s’adressa au meilleur des rois, qui pleurait : «Ne crains point, ô roi ; j’ôterai ta faute, ton péché.»

Verse 32

पाताले सुतलाख्ये च यथा धात्री निमज्जती । उद्धृता देवदेवेन विष्णुना क्रोडमूर्त्तिना ॥ ४१.३२ ॥

Lorsque la Terre (Dhātrī) s’enfonçait dans Pātāla, au royaume nommé Sutala, elle fut relevée par Viṣṇu—Dieu des dieux—qui avait pris la forme d’un sanglier.

Verse 33

तद्वद् भवन्तं राजेन्द्र ब्रह्मवध्यापरिप्लुतम् । उद्धरिष्यति देवोऽसौ स्वयमेव जनार्दनः ॥ ४१.३३ ॥

De même, ô seigneur des rois, toi qui es submergé par la faute du meurtre d’un brahmane, tu seras délivré par cette même divinité, Janārdana, de son propre mouvement.

Verse 34

एवमुक्तस्ततो राजा हर्षितो वाक्यमब्रवीत् । कतरेण प्रकारेण स मे देवः प्रसीदति । प्रसन्ने चाशुभं सर्वं येन नश्यति सत्तम ॥ ४१.३४ ॥

Ainsi interpellé, le roi, réjoui, prononça ces paroles : «Par quel moyen cette divinité devient-elle favorable envers moi, ô le meilleur des êtres ? Et lorsqu’il est satisfait, par quoi toute inauspiciosité est-elle détruite ?»

Verse 35

दुर्वासा उवाच । एवमुक्तो मुनिस्तेन देवरात इमं व्रतम् । आचख्यौ सोऽपि तं कृत्वा भुक्त्वा भोगान्सुपुष्कलान् ॥ ४१.३५ ॥

Durvāsā dit : Ainsi interrogé par lui, le muni Devarāta exposa ce vœu sacré. Et celui qui l’accomplit, l’ayant pratiqué, jouit de plaisirs abondants.

Verse 36

मृत्युकाले मुनिश्रेष्ठ सौवर्णेन विराजता । विमानेनागमत् स्वर्गमिन्द्रलोकं स पार्थिवः ॥ ४१.३६ ॥

Ô le plus excellent des sages, à l’instant de la mort, ce roi, rayonnant dans un char céleste d’or, s’en alla au ciel, au monde d’Indra.

Verse 37

तस्येन्द्रस्त्वर्घ्यमादाय प्रत्युत्थानेन निर्ययौ । आयान्तमिन्द्रं दृष्ट्वा तु तमूचुर्विष्णुकिङ्कराः । न द्रष्टव्यो देवराजस्त्वद्धीनस्तपसा इति ॥ ४१.३७ ॥

Alors Indra, prenant l’offrande d’arghya, sortit pour l’accueillir en se levant avec respect. Mais lorsque les serviteurs de Viṣṇu virent Indra s’approcher, ils lui dirent : «Le roi des dieux ne doit pas être admis en audience ; par la force de l’austérité, il est sous ton autorité».

Verse 38

एवं सर्वे लोकपालाः निर्ययुस्तस्य तेजसा । प्रत्याख्याताश्च तैर्विष्णुकिंकरैर्हीनकर्मणः । एवं स सत्यलोकान्तं गतो राजा महामुने ॥ ४१.३८ ॥

Ainsi, tous les gardiens des mondes se retirèrent, dominés par son éclat. Et ces serviteurs de Viṣṇu repoussèrent l’auteur d’actes ignobles. De la sorte, ô grand sage, le roi parvint jusqu’au domaine de Satyaloka.

Verse 39

अपुनर्मारके लोके दाहप्रलयवर्ज्जिते । अद्यापि तिष्ठते देवैः स्तूयमानो महानृपः । प्रसन्ने यज्ञपुरुषे किं चित्रं येन तद्भवेत् ॥ ४१.३९ ॥

Dans ce monde où l’on ne retourne plus à la mort, exempt de l’embrasement de la dissolution cosmique, ce grand roi demeure encore aujourd’hui, loué par les dieux. Quand le Yajña-Puruṣa est favorable, qu’y a-t-il d’étonnant à ce que cela advienne ?

Verse 40

इह जन्मनि सौभाग्यमायुरारोग्यसंपदः । एकैका विधिनोपास्ता ददात्यमृतमुत्तमम् ॥ ४१.४० ॥

En cette vie même, une telle observance accorde bonheur, longue vie, santé et prospérité. Chaque pratique, accomplie correctement selon la méthode prescrite, confère l’« amṛta » suprême, c’est-à-dire le bienfait le plus élevé.

Verse 41

किं पुनर्वर्षसंपूर्णे स ददाति स्वकं पदम् । नारायणश्चतुर्मूर्तिः परार्ध्यं च न संशयः ॥ ४१.४१ ॥

De plus, lorsqu’une année entière est accomplie, il accorde sa propre demeure. Nārāyaṇa, manifesté en quatre formes, confère ce qui est suprêmement précieux ; il n’y a là aucun doute.

Verse 42

यथैवोद्धृतवान् वेदान् मत्स्यरूपेण केशवः । क्षीराम्बुधौ मथ्यमाने मन्दरं धृतवान् प्रभुः । तद्वच्च कूर्मरूपाख्या द्वितीया पश्य वैष्णवी ॥ ४१.४२ ॥

De même que Keśava, sous la forme du Poisson (Matsya), sauva les Veda, et que le Seigneur soutint le mont Mandara lorsque l’Océan de Lait était baratté, de même, ô Vaiṣṇavī, contemple la seconde manifestation, dite la forme de la Tortue (Kūrma).

Verse 43

यथा रसातलात् क्ष्मां च धृतवान् पुरुषोत्तमः । वराहरूपी तद्वच्च तृतीया पश्य वैष्णवी ॥ ४१.४३ ॥

De même que Puruṣottama, prenant la forme du Sanglier (Varāha), releva la Terre depuis Rasātala, de même, ô Vaiṣṇavī, contemple cette troisième manifestation.

Frequently Asked Questions

The text frames ritual observance and charitable donation as mechanisms for repairing moral disorder, especially in cases of unintended harm. Through the Vīradhanu episode, it models accountability (seeking counsel, adopting prescribed expiation) and ties personal ethical restoration to Varāha’s cosmic function of re-stabilizing Earth—an implicit ethic of maintaining terrestrial and social balance.

The observance is placed in Māgha during the śukla pakṣa, specifically on dvādaśī, with preparatory worship on ekādaśī and completion at dawn (prabhāte) after a night vigil (jāgara).

Varāha is described as lifting Pṛthivī (with mountains, forests, and trees) from a submerged state, and this terrestrial rescue is used as an analogy for lifting a person from grave impurity or ethical ‘submergence.’ The ritual’s emphasis on water (kumbha) and seeds (sarva-bīja) can be read as a preservation-oriented symbolism: sustaining life systems while restoring order.

The narrative references sages Durvāsas, Satyatapā, Saṃvarta (and his sons), and Devarāta, alongside King Vīradhanu. It also invokes cosmic-polity figures such as Indra and the lokapālas, and identifies the recipients of dāna as Veda- and Vedāṅga-trained Brāhmaṇas devoted to Viṣṇu.