Adhyaya 40
Varaha PuranaAdhyaya 409 Shlokas

Adhyaya 40: Ritual Procedure for the Kūrma Dvādaśī Observance

Kūrma-dvādaśī-vrata-vidhiḥ

Ritual-Manual

Cet adhyāya présente un cadre prescriptif de vrata attribué à Durvāsā, centré sur la forme Kūrma de Janārdana/Nārāyaṇa et sa place dans le calendrier au mois de Puṣya. Il désigne la dvādaśī pure du śukla-pakṣa comme tithi principale et expose une suite de préparatifs et de culte nocturne commençant à l’ekādaśī : saṅkalpa, bain et rites préliminaires, puis adoration avec mantras des membres/régions (pāda, kaṭi, udara, uraḥ, kaṇṭha, bhuja, śiras). Il prescrit des offrandes de fleurs et de nourriture, l’installation d’un kalaśa, ainsi que la confection et le don d’un objet rituel (une Kūrma au motif de Mandara) posé sur un pot plein. La conclusion énonce les fruits : effacement du pāpa accumulé, délivrance du saṃsāra, accès à l’antique loka de Hari et renforcement du satya-dharma, comme purification morale et rituelle soutenant l’ordre terrestre (la stabilité de Pṛthivī par la conduite dharmique).

Primary Speakers

VarāhaPṛthivīDurvāsā

Key Concepts

Puṣya-māsa śukla-dvādaśī (Kūrma-tithi)Ekādaśī-rātri ārādhana and saṅkalpaAṅga-pūjā with differentiated mantrasKalaśa-sthāpana and dāna to brāhmaṇaKūrma-rūpa of Janārdana/NārāyaṇaPāpa-kṣaya, saṃsāra-cakra-vimokṣa, satya-dharma

Shlokas in Adhyaya 40

Verse 1

दुर्वासा उवाच । तथैव पौषमासे तु अमृतं मथितं सुरैः । तत्र कूर्मो भवेद्देवः स्वयमेव जनार्दनः ॥ ४०.१ ॥

Durvāsā dit : «De même, au mois de Pauṣa, les dieux barattèrent (l’océan) et l’amṛta, le nectar, en fut extrait. Là, Janārdana lui-même se manifeste en Kūrma, la Tortue divine.»

Verse 2

तस्येयं तिथिरुद्दिष्टा हरेर्वै कूर्मरूपिणः । पुष्यमासस्य या शुद्धा द्वादशी शुक्लपक्षतः ॥ ४०.२ ॥

Voici la date (tithi) prescrite pour Hari en sa forme de Kūrma : la Dvādaśī pure (douzième jour lunaire) de la quinzaine claire (śukla-pakṣa) du mois de Puṣya.

Verse 3

तस्यां प्रागेव संकल्प्य प्राग्वत् स्नान्नादिकाः क्रियाः । निर्वर्त्याराधयेद् रात्र्यामेकादश्यां जनार्दनम् । पृथङ्मन्त्रैर्मुनिश्रेष्ठ देवदेवं जनार्दनम् ॥ ४०.३ ॥

En ce jour, après avoir d’abord formulé le saṅkalpa et accompli, comme auparavant, les rites usuels —bain et observances connexes—, on doit, la nuit d’Ekādaśī, ô le meilleur des sages, adorer Janārdana, le Dieu des dieux, au moyen de mantras distincts.

Verse 4

ॐकूर्माय पादौ प्रथमं प्रपूज्य नारायणेत्य् हरेः कटिं च । संकर्षणायेत्युदरं विशोकेत्युरोभवायेत्य् तथैव कण्ठम् । सुबाहवेतेव भुजौ शिरश्च नमो विशालाय रथाङ्गसारम् ॥ ४०.४ ॥

D’abord, en vénérant les pieds par la formule «Oṃ, à Kūrma», puis la taille de Hari par «(à) Nārāyaṇa», qu’on assigne «(à) Saṅkarṣaṇa» au ventre, «(à) Viśoka» à la poitrine et «(à) Urobhava» à la gorge ; et «(à) Subāhu» aux bras et à la tête. Hommage au Vaste, dont l’essence est le disque (rathāṅga).

Verse 5

स्वनाममन्त्रेण सुगन्धपुष्पैर् नानानिवेद्यैर्विविधैः फलैश्च | अभ्यर्च्य देवं कलशं तदग्रे संस्थाप्य माल्यैः सितकण्ठदाम || ४०.५ ||

Après avoir adoré la Divinité au moyen du mantra constitué de Son propre Nom, avec des fleurs parfumées, des offrandes alimentaires variées et des fruits divers, qu’on place ensuite devant Lui un kalaśa (vase d’eau), en l’ornant de guirlandes et d’un ornement semblable à un collier à gorge blanche.

Verse 6

तं रत्नगर्भं तु पुरेव कृत्वा स्वशक्तितो हेममयं तु देवम् । समन्दरं कूर्मरूपेण कृत्वा संस्थाप्य ताम्रे घृतपूर्णपात्रे । पूर्णघटस्योपरि संनिवेश्य श्वो ब्राह्मणायैवमेवं तु दद्यात् ॥ ४०.६ ॥

Après avoir d’abord préparé un « Ratnagarbha » (offrande emplie de joyaux) et, selon ses moyens, une image divine en or, et après avoir façonné avec elle une représentation de l’océan sous la forme de Kūrma (la Tortue), qu’on la place dans un récipient de cuivre rempli de ghee. La déposant sur un kalaśa plein, qu’on la donne le lendemain, de cette même manière, à un brāhmaṇa.

Verse 7

श्वो ब्राह्मणान् भोज्य सदक्षिणांश्च यथाशक्त्या प्रीणयेद् देवदेवम् । नारायणं कूर्मरूपेण पश्चाद् तथा स्वयं भुञ्जीत सभृत्यवर्गः ॥ ४०.७ ॥

Le lendemain, après avoir nourri les brāhmaṇas et leur avoir donné une dakṣiṇā (rétribution rituelle) selon ses moyens, on réjouit ainsi le Dieu des dieux. Ensuite, en contemplant Nārāyaṇa sous la forme de Kūrma (la Tortue), qu’on prenne soi-même le repas avec ses serviteurs et les gens de sa maison.

Verse 8

एवं कृते विप्र समस्तपापं विनश्यते नात्र कुर्याद्विचारम् । संसारचक्रं तु विहाय शुद्धं प्राप्नोति लोकं च हरेः पुराणम् । प्रयान्ति पापानि विनाशमाशु श्रीमांस्तथा जायते सत्यधर्मः ॥ ४०.८ ॥

Lorsque cela est accompli, ô brāhmaṇa, tout péché est détruit ; qu’on n’en doute point. Délaissant la roue du saṃsāra, l’être purifié atteint l’antique domaine de Hari. Les fautes vont promptement à leur ruine, et l’on devient comblé de prospérité ; de même s’élève le dharma fondé sur la vérité.

Verse 9

अनेकजन्मान्तरसंचितानि नश्यन्ति पापानि नरस्य भक्त्या । प्रागुक्तरूपं तु फलं भवेत नारायणस्तुष्टिमायाति सद्यः ॥ ४०.९ ॥

Par la bhakti (dévotion) de l’homme, les péchés amassés au cours de nombreuses naissances sont détruits. Le fruit énoncé plus haut adviendra assurément ; et Nārāyaṇa est aussitôt satisfait.

Frequently Asked Questions

The text frames disciplined observance (vrata), regulated giving (dāna), and truthful conduct (satya-dharma) as mechanisms for moral purification (pāpa-kṣaya) and release from cyclic existence (saṃsāra-cakra). In an ecological-ethical reading consistent with Varāha–Pṛthivī themes, the chapter links personal restraint and reciprocity (feeding brāhmaṇas, ritual order) to sustaining dharmic balance that stabilizes terrestrial life.

The observance is assigned to Puṣya māsa on the śukla-pakṣa dvādaśī (identified as the tithi of Hari in Kūrma form). Worship is initiated with saṅkalpa and preliminaries and performed at night on ekādaśī (ekādaśyāṃ rātryām), followed by gifting on the next day.

Environmental balance is not described through explicit landscape management; instead, the chapter advances a dharma-centered model in which ritual discipline, purification, and generosity reduce harmful moral residues (pāpa) and promote satya-dharma. Within the Varāha Purāṇa’s Earth-centered interpretive horizon, such conduct can be mapped as an early ethical ecology: human self-regulation and social redistribution are presented as prerequisites for stable worldly order affecting Pṛthivī.

Durvāsā is the named sage-speaker in the provided passage. No royal genealogies, administrative lineages, or dynastic references appear in these verses; the other named figures are divine epithets (Janārdana, Nārāyaṇa, Saṃkarṣaṇa) and the mythic Mandara motif.