
Pativratāmāhātmya-varṇana
Ethical-Discourse / Social Conduct (Strīdharma, Gṛhastha-ethics)
Dans le cadre didactique du Varāha Purāṇa (Varāha–Pṛthivī), cet adhyāya propose un dialogue secondaire : Nārada demande à Yama par quel moyen les êtres—surtout les dévots de Kṛṣṇa—atteignent l’« uttamā gati » (destination suprême). Yama relativise les austérités extérieures (niyama, tapas, upavāsa, dāna) et élève la discipline éthique du pativratā : l’attention vigilante de l’épouse au bien du mari, à sa parole et au rythme quotidien. Le texte répète qu’une telle constance « ne voit pas la porte de la mort », présentant la fidélité, la maîtrise de soi et l’ordre domestique (śauca-ācāra, gṛha-mārjana) comme des pratiques transformatrices. Il est aussi suggéré que cette éthique soutient la stabilité sociale et l’équilibre de la Terre (Pṛthivī).
Verse 1
अथ पतिव्रतामाहात्म्यवर्णनम् ॥ नारद उवाच ॥ कर्मणा केन राजेन्द्र तपसा वा तपोधनाः ॥ उत्तमां च गतिं यान्ति कृष्णवासः प्रशंस मे ॥
Alors commence le récit de la grandeur des pativratā (épouses vouées à leur mari). Nārada dit : «Ô roi, par quelle action ou par quelle austérité les ascètes atteignent-ils l’état suprême ? Ô Kṛṣṇavāsa, explique-le-moi et fais-en l’éloge.»
Verse 2
एवमुक्तस्तु धर्मात्मा नारदेनाब्रवीत्तदा ॥ यम उवाच ॥ न तस्य नियमो विप्र तपो नैव च सुव्रत ॥
Ainsi sollicité, le juste répondit alors à Nārada. Yama dit : «Pour cette réalisation, ô brāhmaṇa, il n’y a ni observance (niyama) ni même austérité, ô homme aux bons vœux.»
Verse 3
उपवासो न दानं वा न देवो वा महामुने ॥ यादृशी तु भवेद्विप्र शृणु तत्त्वं समासतः ॥
Ce n’est ni le jeûne, ni l’aumône, ni même le culte rendu à la divinité, ô grand sage. Écoute plutôt, ô brāhmaṇa, en bref, le principe : de quelle conduite s’agit-il.
Verse 4
प्रसुप्ते या प्रस्वपिति जागर्ति विबुधे स्वयम् ॥ भुङ्क्ते तु भोजिते विप्र सा मृत्युम् जयति ध्रुवम् ॥
Celle qui dort lorsque (son époux) s’est endormi, qui s’éveille lorsqu’il s’est éveillé, et qui mange lorsqu’il a été nourri—ô brāhmaṇa—vainc assurément la mort.
Verse 5
मौने मौना भवेद्या तु स्थिते तिष्ठति या स्वयम् ॥ सा मृत्युम् जायते विप्र नान्यत्पश्यामि किञ्चन ॥
Celle qui demeure silencieuse lorsqu’il est silencieux, et qui se tient debout lorsqu’il se tient debout—ô brāhmaṇa—vainc la mort ; je ne vois rien d’autre (de décisif).
Verse 6
एकदृष्टिरेकमना भर्त्तुर्वचनकारिणी ॥ तस्या बिभीमहे सर्वे ये तथान्ये तपोधन ॥
D’un seul regard, d’un seul esprit, accomplissant la parole de son époux : devant une telle femme, nous tous éprouvons une crainte révérencielle, ainsi que les autres ascètes, ô riche en austérités.
Verse 7
देवानामपि सा साध्वी पूज्या परमशोभना ॥ भर्त्रा चाभिहिता यापि न प्रत्याख्यायिनी भवेत् ॥
Cette femme vertueuse est digne d’être honorée même parmi les devas, d’un éclat suprême ; et même lorsque son époux s’adresse à elle, elle ne doit pas rejeter ses paroles.
Verse 8
वर्त्तमानापि विप्रेन्द्र प्रत्याख्यातापि वा सदा ॥ न दैवतं सम्प्रयाति पत्युर्न्यं कदाचन ॥
Ô le meilleur des brahmanes, même si elle vit séparée, ou même si elle est sans cesse repoussée, jamais, à aucun moment, elle ne se tourne vers une autre « divinité » que son époux.
Verse 9
सा न मृत्युमुखं याति एवं या स्त्री पतिव्रता ॥ एवं या तु भवेद्नित्यं भर्त्तुः प्रियहिते रता ॥
Une telle femme ne va pas à la « bouche de la mort » : tel est le cas de la femme vouée à son époux. De même, celle qui, toujours, s’applique à ce qui est cher et bénéfique à son mari (est ainsi qualifiée).
Verse 10
एष माता पिता बन्धुरेष मे दैवतं परम् ॥ एवं शुश्रूषते या तु सा मां विजयते सदा ॥
« Il est pour moi mère, père et parent ; il est ma suprême refuge divin. » La femme qui sert (son époux) de cette manière, celle-là me surpasse/me vainc toujours.
Verse 11
पतिव्रता तु या साध्वी तस्यां चाहं कृताञ्जलिः ॥ भर्तारमनुध्यायन्ती भर्तारमनुगच्छती ॥
Mais à cette femme vertueuse, vouée à son époux, moi aussi je rends hommage, les paumes jointes. Méditant sur son mari, elle suit son mari.
Verse 12
भर्तारमनुशोचन्ती मृत्युद्वारं न पश्यति ॥ गीतवादित्रनृत्यानि प्रेक्षणीयान्यनेकशः ॥
Se lamentant (ou aspirant ardemment) après son époux, elle ne voit pas la « porte de la mort ». Chants, instruments de musique et danses — maints spectacles dignes d’être vus—
Verse 13
न शृणोति न पश्येद्या मृत्युद्वारं न पश्यति ॥ स्नान्ती च तिष्ठती वापि कुर्वन्ती वा प्रसाधनम् ॥
Celle qui n’écoute pas et ne regarde pas de tels divertissements—ne voit pas la porte de la mort. Qu’elle se baigne, qu’elle se tienne debout, ou même qu’elle s’orne—
Verse 14
नान्यं या मनसा पश्येन्मृत्युद्वारं न पश्यति ॥ देवतार्चयन्तं वा भुज्यमानमपि द्विज ॥
Celle qui, dans son esprit, ne se tourne pas vers un autre (homme)—ne voit pas la porte de la mort. Que son époux adore les divinités ou même qu’il mange, ô deux-fois-né—
Verse 15
पतिं न त्यजते चित्तान्मृत्युद्वारं न पश्यति ॥ भानौ चानुदिते वापि उत्थाय च तपोधन ॥
Elle n’abandonne pas son époux dans son cœur; elle ne voit pas la porte de la mort. Et même lorsque le soleil n’est pas encore levé, se levant de bonne heure, ô trésor d’ascèse—
Verse 16
गृहं मार्जयते नित्यं मृत्युद्वारं न पश्यति ॥ चक्षुर्देहश्च भावश्च यस्या नित्यं सुसंवृतम् ॥
Elle nettoie la maison chaque jour; elle ne voit pas la porte de la mort. Ses yeux, son corps et son attitude sont toujours bien maîtrisés et gardés.
Verse 17
शौचाचारसमायुक्ता सापि मृत्युम् न पश्यति ॥ भर्तुर्मुखं प्रपश्येद्या भर्त्तुश्चित्तानुसारिणी ॥
Douée de pureté et de bonne conduite, elle non plus ne voit pas la mort. Celle qui contemple le visage de son époux et suit l’intention de son cœur—
Verse 18
वर्तते च हिते भर्त्तुर्मृत्युद्वारं न पश्यति ॥ एवं कीर्त्तिमतां लोके दृश्यन्ते दिवि देवताः ॥
Lorsqu’elle demeure dans ce qui est bénéfique à son époux, elle ne voit pas la « porte de la mort ». Ainsi, dans le monde, ceux qui sont pourvus de renommée apparaissent, tels les divinités au ciel.
Verse 19
मया तस्मात्तु विप्रर्षे यथावृत्तं यथाश्रुतम् ॥ गुह्यमेतत्ततो दृष्ट्वा पूजयामि पतिव्रताः ॥
C’est pourquoi, ô brahmane-voyant, je l’ai rapporté tel que cela s’est produit et tel que cela a été entendu. L’ayant reconnu comme un enseignement secret, j’honore donc les pativratā, les épouses vouées à leur époux.
Verse 20
अनुवेष्टनभावेन भर्त्तारमनुगच्छति ॥ सा तु मृत्युमुखद्वारं न गच्छेद्ब्रह्मसम्भव ॥
Avec une disposition d’assistance proche et d’accompagnement constant, elle suit son époux. Elle, toutefois, ne se rend pas à la porte qui est la bouche de la mort, ô né de Brahmā.
Verse 21
मानुषाणां च भार्या वै तत्र देशे तु दृश्यते ॥ कथितैव पुरा विप्र आदित्येन पतिव्रता ॥
Et, en vérité, dans cette région on voit une épouse parmi les humains. Jadis, ô brahmane, la pativratā, l’épouse vouée, fut exposée par Āditya, le Soleil.
The text prioritizes pativratā-dharma—steady, self-regulated marital fidelity and attention to a spouse’s welfare—over external ascetic markers such as fasting, donations, or formal vows. Yama’s response frames everyday ethical discipline (speech, attention, household order, and restraint) as a decisive cause of elevated post-mortem destiny and moral power.
No tithi, lunar phase, festival calendar, or seasonal timing is specified in the supplied verses. The only temporal cues are daily-routine markers (e.g., rising before sunrise and maintaining continual attentiveness), indicating an ethic of constant practice rather than date-bound ritual performance.
While it does not explicitly discuss rivers, forests, or land-management, it advances a Purāṇic logic in which social order and disciplined household life stabilize the human sphere that rests upon Pṛthivī. By emphasizing cleanliness (śauca), regulated domestic activity, and non-disruptive conduct, the chapter can be read as indirectly supporting terrestrial balance through norms that reduce disorder and promote sustainable household governance.
The chapter references Nārada (sage-messenger figure) and Yama (administrator of death and moral order). It also gestures to a prior exemplum associated with Āditya (the Sun) concerning a pativratā, but no royal genealogy or named human dynasty is provided in the supplied text.
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