Adhyaya 164
Varaha PuranaAdhyaya 16445 Shlokas

Adhyaya 164: The Efficacy of Circumambulating Annakūṭa (Govardhana)

Annakūṭa-parikramā-prabhāvaḥ

Ritual-Manual / Sacred Geography (Tīrtha-māhātmya)

Sous forme de dialogue, Varāha expose à Pṛthivī la géographie sacrée et l’efficacité rituelle de la région de Govardhana/Annakūṭa, à l’ouest de Mathurā. Il énumère quatre tīrthas selon les directions—Aindra (est), Yama (sud), Vāruṇa (ouest) et Kaubera (nord)—et décrit les fruits sotériologiques posthumes liés au bain et à une conduite disciplinée en chacun : délivrance de vices particuliers et passage vers le « royaume de Varāha ». Pṛthivī demande ensuite la juste procédure de la circumambulation (parikramā) d’Annakūṭa ; Varāha répond par un programme calendaire et pratique centré sur Bhādrapada śukla ekādaśī : jeûne, bain à l’aube à Mānasagaṅgā, culte sur Govardhana, bains successifs dans des kuṇḍas nommés, offrandes de piṇḍa aux ancêtres et veille nocturne (jāgaraṇa). Le paysage est présenté comme un espace moralement réglé, purifiant la conduite humaine et affermissant l’ordre terrestre.

Primary Speakers

VarāhaPṛthivī

Key Concepts

Annakūṭa/Govardhana-parikramā (ritual circumambulation)Tīrtha-māhātmya (sacred-place efficacy)Ekādaśī-vrata and upavāsa (fasting observance)Snāna, tarpaṇa, piṇḍadāna (bathing and ancestral rites)Moral purification (kāma-krodha-lobha-moha control)Landscape sacralization and terrestrial stewardship

Shlokas in Adhyaya 164

Verse 1

अथाऽन्नकूटपरिक्रमप्रभावः ॥ श्रीवराह उवाच ॥ अस्ति गोवर्धनं नाम क्षेत्रं परमदुर्लभम् ॥ मथुरापश्चिमे भागे अदूराद्योजनद्वयम् ॥

Voici maintenant le récit de la puissance de la circumambulation d’Annakūṭa. Śrī Varāha dit : Il existe un lieu sacré nommé Govardhana, extrêmement difficile à obtenir (comme destination bénie), situé à l’ouest de Mathurā, non loin, à deux yojanas de distance.

Verse 2

ह्रदं तत्र महाभागे द्रुमगुल्मलतायुतम् ॥ चत्वारि तत्र तीर्थानि पुण्यानि च शुभानि च ॥

Il s’y trouve un lac, ô bienheureux, orné d’arbres, d’arbustes et de lianes. Il y a là quatre tīrthas — gués sacrés — méritoires et auspices.

Verse 3

ऐन्द्रं पूर्वेण पार्श्वेन यमतीर्थं तु दक्षिणे ॥ पश्चिमे वारुणं तीर्थं कौबेरं चोत्तरेण तु ॥

Sur le côté oriental se trouve le tīrtha Aindra ; au sud, le Yama-tīrtha. À l’ouest est le tīrtha Vāruṇa ; et au nord, le tīrtha Kaubera.

Verse 4

तेषां मध्ये स्थितो भद्रे क्रीडयिष्ये यदृच्छया ॥ तत्र वै शक्रतीर्थे तु स्नानं कुर्याद्दृढ व्रतः ॥

Placée au milieu d’eux, ô noble dame, je m’y ébattrai selon le hasard. Là, en vérité, au Śakra-tīrtha, celui qui est ferme dans son vœu doit accomplir le bain rituel.

Verse 5

मोदते शक्रलोके तु सर्वद्वन्द्वविवर्जितः॥ दक्षिणे यमतीर्थे तु स्नानं कुर्याद्यथाविधि॥

Affranchi de toutes les paires d’opposés, il se réjouit dans le monde d’Indra. Et, au Yama-tīrtha du sud, qu’il accomplisse le bain selon la règle prescrite.

Verse 6

यमस्य भवनं गत्वा मोदते कृतनिश्चयः॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान् लोभमोहविवर्जितः॥॥ यमलोकं परित्यज्य मम लोकं स गच्छति॥ तत्रैव वारुणं तीर्थमासाद्य स्नानमाचरेत्॥

Parvenu à la demeure de Yama, résolu dans son dessein, il se réjouit. Là, exempt d’avidité et d’illusion, il dépose alors ses souffles vitaux. Ayant quitté le monde de Yama, il gagne mon monde. Là même, s’étant approché du Vāruṇa tīrtha, qu’il accomplisse le bain.

Verse 7

वारुणं भवनं गत्वा मुच्यते सर्वकिल्बिषात्॥ तथात्र मुञ्चते प्राणान् कामक्रोधविवर्जितः॥

Parvenu à la demeure de Varuṇa, il est délivré de toute souillure de faute. Et là aussi il dépose ses souffles vitaux, exempt de désir et de colère.

Verse 8

वारुणं लोकमुत्सृज्य मम लोकं स गच्छति॥ तत्र मध्ये च यः स्नाति क्रीडते स मया सह॥

Ayant quitté le monde de Varuṇa, il gagne mon monde. Et quiconque s’y baigne, au milieu de ce lieu, s’y ébat avec moi.

Verse 9

न तस्य पुनरावृत्तिर्देवि सत्यं ब्रवीमि ते॥ स्नात्वा मानसगङ्गायां दृष्ट्वा गोवर्धने हरिम्॥

Ô Déesse, il n’y a pour lui nul retour — je te dis la vérité — après s’être baigné dans la Mānasī Gaṅgā et avoir contemplé Hari sur Govardhana.

Verse 10

अन्नकूटं परिक्रम्य किं पुनः परिशोचति॥ सोमवारे त्वमायां वै प्राप्य गोवर्धनं गिरिम्॥

Après avoir fait la circumambulation d’Annakūṭa, pourquoi s’affligerait-il encore ? En vérité, un lundi, au jour de nouvelle lune, étant parvenu au mont Govardhana…

Verse 11

दत्त्वा पिण्डं पितृभ्यश्च राजसूयफलṃ भवेत्॥ गयायां पिण्डदानेन यत्फलं प्राप्यते नरैः॥

Et en offrant un piṇḍa aux ancêtres, on obtient le fruit du rite du Rājasūya. Le fruit que les hommes acquièrent en offrant des piṇḍa à Gayā…

Verse 12

तत्फलं प्राप्यते तत्र नात्र कार्या विचारणा॥ गोवर्धनं परिक्रम्य दृष्ट्वा देवं परं हरिम्॥

Ce même fruit s’obtient là-bas ; ici, nul besoin de délibération. Ayant fait la circumambulation de Govardhana et ayant contemplé Hari, la Divinité suprême…

Verse 13

राजसूयाश्वमेधानां फलं प्राप्नोत्यसंशयम्॥

Sans aucun doute, il obtient le fruit du Rājasūya et de l’Aśvamedha.

Verse 14

पृथिव्युवाच॥ परिक्रमोऽन्नकूटस्य विधिना क्रियते कथम्॥ प्रभावगुणमाहात्म्यं तद्भवान्वक्तुमर्हति॥

Pṛthivī dit : «Comment accomplit-on, selon la règle rituelle, la circumambulation d’Annakūṭa ? Il te sied d’exposer son efficacité, ses qualités et sa grandeur célébrée.»

Verse 15

श्रीवराह उवाच ॥ मासि भाद्रपदे या तु शुक्ला चैकादशी शुभा ॥ गोवर्धने सोपवासः कुर्यात्तत्र प्रदक्षिणाम् ॥

Śrī Varāha dit : Au mois de Bhādrapada, lors de l’auspicieuse Ekādaśī de la quinzaine claire, qu’on observe le jeûne à Govardhana et qu’on y accomplisse la pradakṣiṇā (circumambulation sacrée).

Verse 16

स्नात्वा मानसगङ्गायां प्रभाते उदिते रवौ ॥ गोवर्धनं प्रसाद्यैवं हरिं चाचलमूर्द्धनि ॥

Après s’être baigné dans la Mānasagaṅgā à l’aurore, lorsque le soleil s’est levé, qu’on apaise et vénère ainsi Govardhana, et aussi Hari au sommet de la colline.

Verse 17

पुण्डरीकं ततो गच्छेत्कुण्डे स्नात्वा विधानतः ॥ देवान्पितॄन्समभ्यर्च्य पुण्डरीकमथार्च्य च ॥

Ensuite, qu’on se rende à Puṇḍarīka ; après s’être baigné dans l’étang selon le rite prescrit, qu’on rende un culte aux dieux et aux ancêtres, puis qu’on vénère aussi Puṇḍarīka.

Verse 18

तत्र स्नानं तर्पणं च कृत्वा फलमवाप्नुयात् ॥ राजसूयाश्वमेधानां धूतपाप्मा न संशयः ॥

Là, après avoir accompli le bain et le tarpaṇa (libations rituelles), on obtient le fruit du mérite : les péchés sont effacés—avec un mérite comparable aux rites du Rājasūya et de l’Aśvamedha—sans aucun doute.

Verse 19

तीर्थं संकर्षणं नाम्ना बलभद्रेण रक्षितम् ॥ गोहत्या पूर्वसंलग्ना उत्तीर्णा तत्र दूरतः ॥

Il est un tīrtha nommé Saṃkarṣaṇa, protégé par Balabhadra. Le péché du meurtre d’une vache, s’il s’était auparavant attaché (à quelqu’un), y est franchi et rejeté au loin.

Verse 20

स्नानाद्गच्छति सा क्षिप्रं नात्र कार्या विचारणा ॥ अन्नकूटस्य सान्निध्ये तीर्थं शक्रविनिर्मितम् ॥

Par le bain, cette souillure ou ce péché s’en va rapidement ; ici, nul besoin de délibération. Près d’Annamkūṭa se trouve un tīrtha, gué sacré, édifié par Śakra (Indra).

Verse 21

तत्र कृष्णेन पूजार्थमिन्द्रस्य विहतो मखः ॥ महदिन्द्रस्य चोत्थानं भक्ष्यभोज्यसमन्वितम् ॥

Là, pour l’acte de culte, Kṛṣṇa entrava le rite sacrificiel d’Indra. Et il y eut un grand soulèvement d’Indra, accompagné de provisions de mets à manger et à savourer.

Verse 22

कृत्वा तुष्टिकरान्साक्षादिन्द्रेण सह संकथा ॥ इन्द्रस्य वर्षतोऽत्यन्तं तासां पीडाकरं जलम् ॥

Après avoir tenu, directement avec Indra, un entretien qui apporta contentement, Indra fit ensuite pleuvoir à l’excès ; cette eau devint pour eux une cause de tourment.

Verse 23

तासां गवां रक्षणाय धृतो गिरिवरस्तदा ॥ सोऽन्नकूट इति ख्यातः सर्वतः शक्रपूजितः ॥

Alors, pour la protection de ces vaches, la montagne excellente fut soutenue. Elle devint célèbre sous le nom d’« Annakūṭa », honorée de toutes parts par Śakra (Indra).

Verse 24

देवा देव्यस्तथा गावो ऋषिभिश्च समन्विताः ॥ पूजितास्तर्पिताः श्रेष्ठाः श्रमतो विष्णुना पुरा ॥

Les dieux, les déesses, ainsi que les vaches, accompagnés des ṛṣis, furent honorés et rassasiés ; jadis, par Viṣṇu, au prix de son effort.

Verse 25

तस्मिन्स्थाने तर्पणेन शतक्रतुफलं लभेत् ॥ ततः कदम्बखण्डाख्यं कुण्डं तु विमलोदकम् ॥

En ce lieu, en accomplissant l’offrande de tarpaṇa, on obtient le fruit attribué à Śatakratu (Indra). Ensuite, (qu’on se rende) à l’étang nommé Kadamba-khaṇḍa, dont les eaux sont limpides et pures.

Verse 26

स्नात्वा पितॄन्समभ्यर्च्य ब्रह्मलोकमवाप्नुयात् ॥ ततो गच्छेद्देवगिरिं शतबाहुसमुच्छ्रितम् ॥

Après s’être baigné et avoir honoré dûment les ancêtres, on peut atteindre le Brahmaloka. Ensuite, qu’on aille à Devagiri, élevé comme (la hauteur de) cent bras.

Verse 27

कुण्डे स्नात्वा पितॄँस्तर्प्य कृतकृत्यो दिवं व्रजेत् ॥ गङ्गायाश्चोत्तरं यावद्देवदेवस्य चक्रिणः ॥

Après s’être baigné dans l’étang et avoir offert le tarpaṇa aux ancêtres, on devient « celui dont les devoirs sont accomplis » et l’on peut gagner le ciel. (Poursuis) au nord de la Gaṅgā, jusqu’au domaine associé au Dieu des dieux, le Cakrin, porteur du disque.

Verse 28

अरिष्टेन समं यत्र महद्युद्धं प्रवर्तितम् ॥ घातयित्वा ततश्चेममरिष्टं वृषरूपिणम् ॥

Là où s’engagea un grand combat avec Ariṣṭa; puis, après avoir terrassé cet Ariṣṭa qui avait pris la forme d’un taureau—

Verse 29

कोपेन पार्ष्णिघातेन मह्यां तीर्थं प्रवर्तितम् ॥ वृषभस्य वधाज्ज्ञेयं तीर्थं सुमहदद्भुतम् ॥

Par la colère et par un coup de talon, un gué sacré (tīrtha) fut suscité sur la terre. Il faut comprendre que ce tīrtha, immensément grand et merveilleux, provient de la mise à mort du taureau.

Verse 30

वृषो हतो मया चायमरिष्टः पापपूरुषः ॥ तत्र राधा समाश्लिष्य कृष्णमक्लिष्टकारिणम् ॥

«J’ai abattu le taureau, et cet Ariṣṭa est un être pécheur.» Là, Rādhā étreignit Kṛṣṇa, l’accomplisseur d’actes sans trouble et sans faute.

Verse 31

स्वनाम्ना विदितं कुण्डं कृतं तीर्थमदूरतः ॥ राधाकुण्डमिति ख्यातं सर्वपापहरं शुभम् ॥

Un étang, connu sous son propre nom, fut établi non loin comme tīrtha. Il est renommé «Rādhākuṇḍa», de bon augure et qui enlève tous les péchés.

Verse 32

अरिष्टराधाकुण्डाभ्यां स्नानात्फलमवाप्नुयात् ॥ राजसूयाश्वमेधानां नात्र कार्या विचारणा ॥

En se baignant dans Ariṣṭa-kuṇḍa et Rādhākuṇḍa, on obtient le fruit (énoncé). À ce sujet, nul examen n’est requis quant aux rites du Rājasūya et de l’Aśvamedha.

Verse 33

गोनरब्रह्महत्यायाः पापं क्षिप्रं विनश्यति ॥ तीर्थं हि मोक्षराजाख्यं नृणां मुक्तिप्रदायकम् ॥

Le péché issu de la gonara-brahmahatyā s’évanouit promptement. Car ce tīrtha, nommé Mokṣarāja, est dit accorder la délivrance aux hommes.

Verse 34

यस्य दर्शनमात्रेण सर्वपापैः प्रमुच्यते ॥ इन्द्रध्वजोच्छ्रयं यत्र पूर्वस्यां दिशि वै कृतम् ॥

Par la seule vision de ce lieu, on est délivré de tous les péchés. Là, un étendard d’Indra (indradhvaja) fut dressé vers la direction de l’est.

Verse 35

ततो हरो निवेद्याशु यात्राफलमनुत्तमम् ॥ चक्रतीर्थे नरः स्नात्वा पञ्चतीर्थाख्यकुण्डके ॥

Alors Hara énonce aussitôt le fruit incomparable du pèlerinage : l’homme qui s’est baigné à Cakratīrtha et dans l’étang nommé Pañcatīrtha obtient ce mérite sacré.

Verse 36

समाप्य तीर्थयात्रां च रात्रौ जागरणं तथा ॥ गोवर्धने च कर्तव्यं महापातकनाशनम् ॥

Après avoir achevé le pèlerinage aux tīrtha, on doit aussi observer une veille durant toute la nuit ; et c’est à Govardhana qu’il convient de l’accomplir, car on dit qu’elle anéantit les grands péchés.

Verse 37

एकादश्यां तदा रात्रौ कृत्वा जागरणं शुभम् ॥ द्वादश्यामुषसि स्नात्वा पिण्डं निर्वाप्य शक्तितः ॥

Ensuite, dans la nuit du onzième jour lunaire, après avoir accompli une veille propice, à l’aube du douzième jour—après le bain—on doit offrir un piṇḍa selon ses moyens.

Verse 38

पितॄणां मुक्तिदं तेषां य एवṃ कुरुते नरः ॥ सर्वपापविनिर्मुक्तः परं ब्रह्माधिगच्छति ॥

Celui qui agit ainsi accorde la délivrance à ces ancêtres ; et lui, affranchi de toute faute, parvient au Brahman suprême.

Verse 39

य एतच्छृणुयाद्भक्त्या तीर्थानुक्रमणं हरेः ॥ गोवर्धनस्य माहात्म्यं गङ्गास्नानफलं भवेत् ॥

Quiconque écoute avec dévotion cet exposé ordonné des tīrtha de Hari—cette grandeur de Govardhana—obtient un mérite égal à celui du bain dans la Gaṅgā.

Verse 40

एतत्ते कथितं भद्रे अन्नकूटपरिक्रमम् ॥ यथानुक्रमयोगेन तथाषाढेपि चोच्यते ॥

Ô noble dame, je t’ai exposé la circumambulation sacrée d’Annakūṭa ; de même, elle est enseignée pour Āṣāḍha, selon le même ordre successif.

Verse 41

स्नातस्तत्र तदा कृष्णो वृषं हत्वा महासुरम् ॥ वृषहत्यासमायुक्तः कृष्णश्चिन्तान्वितोऽभवत् ।

S’étant baigné en ce lieu, Kṛṣṇa tua alors le grand asura Vṛṣa ; et Kṛṣṇa, chargé de la souillure du « meurtre d’un taureau », fut saisi d’inquiétude.

Verse 42

अथात्र मुञ्चते प्राणान्मम लोके स गच्छति ॥ अन्नकूटं ततः प्राप्य तस्य कुर्यात्प्रदक्षिणम् ॥

Or, si l’on y rend le souffle, on va dans mon monde. Puis, parvenu à Annakūṭa, on doit accomplir sa pradakṣiṇā, la circumambulation révérencieuse.

Verse 43

सर्वपापविनिर्मुक्तः प्रयाति भवनं हरेः ॥ कुण्डं चाप्सरसं नाम प्रसन्नसलिलाशयम् ॥

Délivré de toute faute, on se rend à la demeure de Hari ; et là se trouve aussi un bassin nommé Āpsarasa, réservoir d’eaux limpides et paisibles.

Verse 44

यत्र स्नानाद्दर्शनाच्च वाजपेयफलं लभेत् ॥ महादेवं ततो दृष्ट्वा गत्वा ध्यात्वा फलं लभेत् ॥

Là, par le bain rituel et par la vision, on obtient le fruit du sacrifice Vājapeya. Ensuite, après avoir vu Mahādeva, en s’y rendant et en méditant, on reçoit le mérite correspondant.

Verse 45

इन्द्रध्वजमिति ख्यातं तीर्थं चैवातिमुक्तिदम् ॥ तत्र स्नाता दिवं यान्ति ये मृतास्तेऽपुनर्भवाः ॥

Il est renommé « Indradhvaja », un tīrtha, gué sacré qui confère une délivrance exceptionnelle. Ceux qui s’y baignent montent au ciel ; et ceux qui y meurent sont dits ne pas renaître.

Frequently Asked Questions

The chapter links ritual movement through a sacralized landscape with ethical self-regulation: bathers are repeatedly described as abandoning kāma (desire), krodha (anger), lobha (greed), and moha (delusion). The internal logic presents tīrtha practice as a pedagogy of conduct, where disciplined actions (fasting, orderly pilgrimage, ancestral offerings, night vigil) produce moral purification and social responsibility within a protected terrestrial space (Pṛthivī’s domain).

Varāha specifies Bhādrapada māsa, śukla ekādaśī as the auspicious time for the main observance, including upavāsa (fasting), prātaḥ-snānā at sunrise (udite ravau), and jāgaraṇa during the ekādaśī night, followed by dvādaśī morning bathing and piṇḍa offerings.

Through Pṛthivī’s inquiry and Varāha’s response, the narrative frames Earth as a morally responsive environment: specific water bodies (kuṇḍas/tīrthas), groves, and hills are treated as regulated ecological nodes where human behavior is disciplined (vrata, cleanliness, controlled emotions). The implied stewardship model is that preserving and ritually maintaining terrestrial features sustains social-ethical order and reduces harmful conduct.

The chapter references Varāha and Hari/Viṣṇu/Kṛṣṇa in relation to Govardhana; Indra (Śakra) and the Indra-yajña disruption motif; Yama and Varuṇa as directional tīrtha-lords; Kubera by the Kaubera tīrtha; Saṃkarṣaṇa/Balabhadra as guardian of a tīrtha; Rādhā in the Rādhākuṇḍa etiological passage; and the Ariṣṭa (vṛṣa-form) episode used to explain a tīrtha’s origin.