Adhyaya 156
Varaha PuranaAdhyaya 15619 Shlokas

Adhyaya 156: The Manifest Sacred Landscape of Mathurā: Merits of Vatsakrīḍanaka, Bhāṇḍīraka, Vṛndāvana, Keśītīrtha, and the Sūrya-Tīrthas

Mathurāprādurbhāvaḥ (Vatsakrīḍanaka–Bhāṇḍīraka–Vṛndāvana–Keśītīrtha–Sūryatīrtha Māhātmya)

Ancient-Geography (Tīrtha-māhātmya) and Ritual-Manual (snāna/dāna/homa phalaśruti)

Dans un échange didactique où Varāha s’adresse à Pṛthivī, le chapitre dessine la géographie sacrée autour de Mathurā par une suite de tīrthas et de leurs fruits rituels. Varāha nomme d’abord Vatsakrīḍanaka, orné de raktaśilā et de raktacandana, et affirme que le simple bain y donne accès à Vāyuloka, tandis que mourir en ce lieu élève au loka de Varāha. Il décrit ensuite Bhāṇḍīraka et l’écologie de son bosquet (śāla, tāla, tamāla, arjuna, iṅguda, pīluka, karīra, raktapuṣpaka), déclarant que le bain observé selon la règle et une alimentation maîtrisée effacent les fautes et procurent Indraloka, puis finalement le loka de Varāha. Vṛndāvana est présenté comme un rare bois de jeux des vaches et des vachers; y séjourner une nuit et se baigner dans un kuṇḍa mène aux délices auprès des gandharvas et des apsaras, puis à l’ascension après la mort. Le récit s’intensifie à Keśītīrtha, où Keśin fut abattu et où Hari repose: son mérite est exalté, le piṇḍadāna y vaut celui de Gayā, et snāna/dāna/homa y sont comparés à l’Agniṣṭoma. Enfin, les Sūryatīrthas liés aux douze Ādityas et à l’épisode de Kāliya sont introduits; les Ādityas demandent que le bain leur soit accordé, Varāha confirme la délivrance du démérite par le bain et proclame que mourir entre Harideva et Kāliya conduit à l’apunarbhava, le non-retour.

Primary Speakers

VarāhaPṛthivī

Key Concepts

tīrtha-māhātmya (sacred-place eulogy as ritual instruction)snāna (purificatory bathing) as soteriological practiceniyama/niyatāśana (regulated conduct and diet)phalaśruti (graded merit: Vāyuloka, Indraloka, Varāhaloka, apunarbhava)piṇḍadāna and ancestral rites (Gayā-tulya phala)homa and sacrifice equivalence (Agniṣṭoma-phala)sacred grove ecology (catalogue of tree species as landscape markers)solar theology (dvādaśāditya; Sūryatīrtha network)riverine sacredness (Kālimdī / Yamunā context; Kāliya episode)

Shlokas in Adhyaya 156

Verse 1

अथ मथुराप्रादुर्भावः ॥ श्रीवराह उवाच ॥ वत्सक्रीडनकं नाम तीर्थं वक्ष्ये परं मम ॥ तत्र रक्तशिलाबद्धं रक्तचन्दनभूषितम्

Voici maintenant le récit de la manifestation de Mathurā. Śrī Varāha dit : «Je vais décrire un tīrtha suprême qui m’appartient, nommé Vatsakrīḍanaka. Là, il est établi de pierre rouge et orné de santal rouge.»

Verse 2

स्नानमात्रेण तत्रैव वायुलोकं व्रजेन्नरः ॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान्मम लोके महीयते

Par le seul fait de s’y baigner, un homme irait au monde de Vāyu. Et si là il dépose le souffle vital, il est honoré dans mon monde.

Verse 3

पुनरन्यत्प्रवक्ष्यामि तच्छृणुष्व वसुन्धरे ॥ अस्ति भाण्डीरकं नाम यत्तीर्थं परमुत्तमम् ॥

Je vais de nouveau exposer autre chose ; écoute, ô Vasundharā. Il existe un gué sacré nommé Bhāṇḍīraka, tenu pour un tīrtha d’excellence suprême.

Verse 4

सालैस्तालैश्च तरुभिस्तमालैरर्जुनैस्तथा ॥ इङ्गुदैः पीलुकैश्चैव करीैरक्तपुष्पकैः ॥

Il est rempli d’arbres śāla et tāla, ainsi que de tamāla et d’arjuna ; d’iṅguda et de pīluka aussi, et d’arbustes karīra aux fleurs rouges.

Verse 5

तस्मिन्भाण्डीरके स्नातो नियतो नियताशनः ॥ सर्वपापविनिर्मुक्तश्चेन्द्रलोकं स गच्छति ॥

Celui qui se baigne en ce Bhāṇḍīraka, discipliné et modéré dans sa nourriture, est délivré de toute faute et se rend au monde d’Indra.

Verse 6

तत्राथ मुञ्चते प्राणान्मम लोकं च गच्छति ॥ पुनरन्यत्प्रवक्ष्यामि क्षेत्रं वृन्दावनं मम ॥

Là, alors, on dépose le souffle vital et l’on va en mon monde. Je vais de nouveau exposer une autre région sacrée : mon kṣetra, Vṛndāvana.

Verse 7

तत्राहं क्रीडयिष्यामि गोभिर्गोपालकैः सह ॥ रम्यं च सुप्रतीतं च देवदानवदुर्लभम् ॥

Là, je jouerai avec les vaches et les gardiens de vaches. C’est un lieu charmant et très renommé, difficile à obtenir même pour les devas et les dānavas.

Verse 8

तत्र कुण्डे महाभागे बहुगुल्मलतावृते ॥ तत्र स्नानं प्रकुर्वीत चैकरात्रोषितो नरः ॥

Là, dans l’étang de bon augure, couvert de nombreux arbustes et lianes, l’homme doit s’y baigner après y avoir séjourné une seule nuit.

Verse 9

गन्धर्वैरप्सरोभिश्च क्रीडमानः स मोदते ॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान्मम लोकं च गच्छति ॥

Jouant avec les gandharvas et les apsaras, il se réjouit ; puis, là même, il dépose le souffle vital et se rend en mon monde.

Verse 10

तीर्थं शतगुणं पुण्यं यत्र केशी निपातितः ॥ केश्यः शतगुणं पुण्यं यत्र विश्रमते हरिः ॥

Un tīrtha est cent fois méritoire là où Keśī fut terrassé. Cent fois méritoire est le Keśī-tīrtha où Hari se repose.

Verse 11

तस्माच्छतगुणं पुण्यं नात्र कार्या विचारणा ॥ तत्रापि च विशेषोऽस्ति केशितीर्थे वसुन्धरे ॥

Ainsi, c’est cent fois méritoire : nul besoin ici de délibérer. Et même parmi ceux-là, il existe une distinction particulière au Keśī-tīrtha, ô Vasundharā.

Verse 12

तस्मिन्पिण्डप्रदानेन गयातुल्य फलं भवेत् ॥ स्नाने दाने तथा होमे अग्निष्टोमफलं भवेत् ॥

Là, par l’offrande d’un piṇḍa, le fruit est dit égal à celui de Gayā. Et par le bain, le don, et de même par l’oblation au feu (homa), le fruit est dit être celui du sacrifice Agniṣṭoma.

Verse 13

सूर्यतीर्थेषु वसुधे द्वादशादित्यसंज्ञके ॥ कालियो रमते तत्र कालिन्द्याः सलिले शुभे ॥

Ô Terre, aux gués sacrés du Soleil, connus sous le nom des « Douze Āditya », Kāliya s’y ébat, dans les eaux de bon augure de la Kāliṇdī (Yamunā).

Verse 14

आदित्या ऊचुः ॥ वरं ददासि नो देव वरार्हा यदि वा वयम् ॥ अस्मिंस्तीर्थवरे स्नानमस्माकं सम्प्रदीयताम् ॥

Les Āditya dirent : Ô dieu, accorde-nous une grâce, si nous en sommes dignes. Dans ce tīrtha excellent, que le rite du bain nous soit dûment attribué (comme observance/privilège).

Verse 15

आदित्यानां वचः श्रुत्वा क्रीडां कृत्वा वसुन्धरे ॥ स्नानमात्रेण तत्रैव मुच्यते सर्वकिल्बिषैः ॥

Ô Terre, après avoir entendu les paroles des Āditya et s’y être ébattu, par le seul fait de s’y baigner on est délivré de toutes les souillures de faute.

Verse 16

अथात्र मुञ्चते प्राणान्मम लोकं स गच्छति ॥ उत्तरे हरिदेवस्य दक्षिणे कालियस्य तु ॥

Alors, si l’on y rend le souffle vital, on gagne mon monde ; ce lieu se trouve au nord de Harideva et au sud de Kāliya.

Verse 17

कालियो दमितस्तत्र आदित्याḥ स्थापिताः मया ॥ वरं वृणुध्वं भद्रं वो यद्वो मनसि वर्त्तते ॥

Là, Kāliya fut dompté, et les Āditya furent établis par moi. Choisissez une grâce — que le bien soit sur vous — tout ce qui demeure en votre esprit.

Verse 18

अनयोर्देवयोर्मध्ये ये मृतास्तेऽपुनर्भवाः ॥

Ceux qui meurent dans l’espace entre ces deux divinités deviennent des « non-retournants » (non soumis à la renaissance).

Verse 19

पुनरन्यत्प्रवक्ष्यामि महापातकनाशनम् ॥ तत्र वृन्दावने तीर्थे यत्र केशी निपातितः ॥

Je vais de nouveau proclamer un autre récit—destructeur des grandes transgressions : là, au tīrtha de Vṛndāvana où Keśī fut terrassé.

Frequently Asked Questions

The chapter frames sacred geography as a pedagogy of conduct: the text instructs that disciplined practice (snāna paired with niyama/niyatāśana, and optionally dāna/homa) aligns human behavior with a ritually ordered landscape. Its internal logic links moral purification (release from pāpa/kilbiṣa) to respectful engagement with specific terrestrial zones (tīrthas), implying that caring for and properly using designated natural spaces (groves, river waters, boundary sites) sustains a stable human–earth relationship.

No explicit tithi, nakṣatra, lunar phase, or seasonal timing is stated in the provided verses. The only time-bound practice specified is a vrata-like duration: “ekarātroṣitaḥ” (staying for one night) in Vṛndāvana in connection with bathing at the kuṇḍa.

Environmental balance is implied through sacralized place-management: Bhāṇḍīraka is characterized via a detailed grove-species list, treating vegetation as an identifying and valued feature of the tīrtha. The repeated emphasis on regulated behavior (niyama, controlled diet) and non-destructive ritual acts (snāna, dāna, homa) positions the landscape—rivers, groves, ponds, and boundary markers—as a protected infrastructure of meaning. The text thereby models an early ecological ethic where Earth (Pṛthivī) is taught through mapped sites that require disciplined, low-impact engagement.

The chapter references primarily mythic/cultic figures rather than human dynasties: Varāha and Pṛthivī as interlocutors; Hari (Viṣṇu) associated with Keśītīrtha; Keśin (the slain adversary marking the tīrtha); the twelve Ādityas (solar deities) requesting bathing rights; Gandharvas and Apsarases as post-ritual enjoyment figures; Kāliya (serpent figure) linked to the Kālimdī waters; and local divine markers Harideva and Kāliya used to define a liminal zone whose death-result is described as apunarbhava.