Varaha Purana - Adhyaya 140
Varaha PuranaAdhyaya 14097 Shlokas

Adhyaya 140: The Greatness of Kokāmukha (Badarī): Varāha’s Hidden Abode and the Sacred Waters

Kokāmukha (Badarī) Māhātmya

Tīrtha-Māhātmya (Sacred Geography & Ritual Soteriology)

Sous forme de dialogue, Pṛthivī (Dharā) demande à Varāha où il demeure sans cesse, quel est son lieu suprême et quelles actions mènent les êtres à un état « excellent » après la mort. Varāha magnifie Kokāmukha, aussi nommé Badarī, comme son kṣetra le plus cher et d’une pureté exceptionnelle : un site caché où l’on perçoit sa « forme suprême ». Il donne ensuite un ensemble structuré d’instructions rituelles, centrées sur le bain sacré (snāna), le jeûne et les observances nocturnes ou d’un jour et d’une nuit (rātri-upoṣita ; ahorātra), ainsi que sur une conduite disciplinée auprès de diverses eaux nommées, chutes (dhārā), lacs (saras), arbre vaṭa et pierres (śilā), souvent liés à la rivière Kauśikī. Chaque pratique est associée à la purification du karma, à des renaissances dans des dvīpas ou lokas précis, puis au passage vers le séjour de Varāha/Vişṇu, comme une pédagogie d’écologie sacrée de la Terre et de retenue morale.

Primary Speakers

VarāhaPṛthivī (Dharā)

Key Concepts

tīrtha-māhātmya and sacred topography (kṣetra, tīrtha, saras, dhārā)snāna and vrata-like observance (ahorātra, ekarātra, trirātra, pañcarātra, saptarātra; upoṣita)guhya (esoteric/hidden) sanctity and the perception of Varāha’s “paramā mūrti”karmic purification and graded afterlife/rebirth (dvīpa/loka progression toward Viṣṇu/Varāha-loka)Earth-centered ethics: detachment (sarva-saṅga-parityāga) and disciplined conduct in landscape

Shlokas in Adhyaya 140

Verse 1

अथ कोकामुख(बदरी) माहात्म्यम्॥ धरण्युवाच॥ श्रुतानि देवस्थानानि त्वया प्रोक्तानि यान्युत॥ कस्मिंस्तिष्ठसि नित्यं त्वं तद्भवान्वक्तुमर्हति॥

Voici maintenant la grandeur de Kokāmukha (Badarī). Dharaṇī dit : « J’ai entendu les lieux divins que tu as décrits. En quel endroit demeures-tu sans cesse ? Il te convient de le déclarer ».

Verse 2

किं च ते परमं स्थानं यत्र मूर्त्याकृतिर्भवान्॥ कस्मिन्स्थाने कृतं कर्म येन यात्युत्तमां गतिम्॥

Et quelle est ta demeure suprême, où tu es présent sous une forme incarnée ? En quel lieu accomplit-on l’acte par lequel on atteint la plus haute destinée ?

Verse 3

श्रीवराह उवाच॥ शृणु तत्त्वेन मे देवि भक्तानां भक्तवत्सले॥ येषु स्थानेषु तिष्ठामि कथ्यमानानिमाञ्छृणु॥

Śrī Varāha dit : «Écoute en vérité, ô Déesse, toi qui chéris les dévots. Entends ces récits des lieux où je demeure».

Verse 4

तव कोकामुखं नाम यन्मया पूर्वभाषितम्॥ बदरीति च विख्यातं गिरिराजशिलातलम्॥

Ce lieu nommé Kokāmukha, dont j’ai parlé auparavant, est aussi renommé sous le nom de Badarī : un terrain rocheux sur le roi des montagnes.

Verse 5

स्थानं लोहर्गलं नाम म्लेच्छराजसमाश्रितम्॥ क्षणं चापि न मुञ्चामि एवमेतन्न संशयः॥

Il est un lieu nommé Lohārgala, lié à un roi mleccha ; je ne l’abandonne pas même un instant : il en est ainsi, sans aucun doute.

Verse 6

सचैत्यम् पश्य मे स्थानं जगदेतच्चराचरम्॥ सर्वत्राहं वरारोहे न मन्न्यूनं हि जानते॥

Vois ma demeure avec son enceinte sacrée : ce monde tout entier, mobile et immobile. Je suis partout, ô toi aux beaux membres ; en vérité, qu’on ne me tienne pour déficient en aucun lieu.

Verse 7

ये तु जानन्ति मां देवि गुह्यां कामगतिं मम॥ शीघ्रं कोकामुखं यान्तु मम कर्मपरायणाः॥

Mais ceux, ô Déesse, qui me connaissent—ma voie secrète de l’intention—qu’ils aillent promptement à Kokāmukha, voués aux actes prescrits pour moi (rites et observances éthiques).

Verse 8

ततो देववचः श्रुत्वा पृथिवी वाक्यमब्रवीत्॥ शिरस्यञ्जलिमाधाय निर्वृतेनान्तरात्मना॥

Alors, ayant entendu les paroles de la divinité, Pṛthivī parla ; posant ses paumes jointes sur sa tête, l’âme intérieure apaisée et comblée.

Verse 9

धरण्युवाच॥ सर्वतो लोकनाथेश परं कौतूहलं हि मे॥ कथं कोकामुखं श्रेष्ठं तद्भवान्वक्तुमर्हसि॥

Dharāṇī dit : Ô Seigneur, protecteur des mondes de toutes parts—grande est vraiment ma curiosité. En quoi Kokāmukha est-il le plus éminent ? Il te sied de l’expliquer.

Verse 10

यस्तु कोकामुखं गत्वा भूयो विनिवर्तते॥ कर्माणि तत्र कुर्वीत चेष्टं भवति चात्मनि॥

Mais quiconque, étant allé à Kokāmukha, revient ensuite, doit y accomplir les actes prescrits ; et l’effet spirituel désiré s’accomplit en soi-même.

Verse 11

यानि यानि च क्षेत्राणि त्वया पृष्टानि वै धरे। कोकामुखसमं स्थानं न भूतं न भविष्यति॥

Quels que soient les lieux sacrés sur lesquels tu as interrogé, ô Dharā, il n’y a pas eu et il n’y aura pas de lieu égal à Kokāmukha.

Verse 12

मम सा परमा मूर्तिर्यां न जानन्ति गोपिताम्॥ स्थितं कोकामुखं नाम एतत्ते कथितं मया॥

Telle est ma manifestation suprême, cachée et non connue de tous. Là se tient un lieu nommé Kokāmukha ; je te l’ai ainsi enseigné.

Verse 13

श्रीवराह उवाच॥ शृणु तत्त्वेन मे देवि यन्मां त्वं परिपृच्छसि॥ तस्मिन्कोकामुखं रम्यं कथ्यमानं मया।अनघे॥

Śrī Varāha dit : Écoute de moi selon la vérité, ô Déesse, ce que tu me demandes. À ce sujet, je décris le charmant Kokāmukha, ô irréprochable.

Verse 14

जलबिन्दुरिति ख्यातात्पर्वतात्पत्तनाद्भुवि॥ तत्तु गुह्यतमं देवि कृत्वा कर्म महौजसम्॥

Du mont connu sous le nom de Jalabindu, par sa chute sur la terre—cela, ô Déesse, est le plus secret ; (qu’on) y accomplisse un rite d’une grande puissance.

Verse 15

सर्वसङ्गान्परित्यज्य मम लोकं स गच्छति॥ विष्णुधारेति विख्याता कोकायां मम मण्डले॥

Ayant renoncé à tout attachement, il se rend en mon séjour. Là, à Kokā, dans mon domaine sacré, cela est renommé «Viṣṇudhārā».

Verse 16

पर्वतात्पतिता भूमौ धारा मुसलसन्निभा॥ अहोरात्रोषितो भूत्वा स्नायात्तत्र प्रयत्नतः॥

Un courant tombant de la montagne sur la terre, semblable à un pilon par sa force et sa forme—après y avoir demeuré un jour et une nuit, qu’on s’y baigne avec application.

Verse 17

जम्बूद्वीपे प्रजायेत जम्बूर्यत्र प्रतिष्ठिता ॥ जम्बूद्वीपं परित्यज्य जायते मम पार्श्वगः ॥

On naît en Jambūdvīpa, où l’arbre Jambū est établi ; puis, quittant Jambūdvīpa, on renaît comme celui qui demeure à mon côté.

Verse 18

अग्निष्टोमसहस्राणां फलं प्राप्नोति मानवः । न मुह्यति स कर्तव्ये फलं प्राप्नोति चोत्तमम् ॥

L’homme obtient le mérite équivalent à des milliers de rites Agniṣṭoma ; il ne s’égare pas quant à ce qu’il faut accomplir, et il atteint un fruit suprême.

Verse 19

पश्यते परमां मूर्त्तिमेतां मम न संशयः ॥ तत्र विष्णुपदं नाम स्थानं कोकामुकाश्रितम् ॥

Il contemple cette forme suprême qui est la mienne, sans aucun doute. Là se trouve un lieu nommé Viṣṇupada, établi à (ou rattaché à) Kokāmukā.

Verse 20

एतत्कश्चिन्न जानाति धरे वाराहसंश्रितम् ॥ तस्मिन्कृतोदको देवि नरो रात्रावुपोषितः ॥

Bien peu connaissent cela, ô Dhara (Terre) : c’est rattaché à Varāha. Ô Déesse, l’homme qui y accomplit le rite de l’eau et jeûne durant la nuit...

Verse 21

क्रौञ्चद्वीपे प्रजायेत मम भक्तिपरायणः ॥ तत्राथ मुञ्चति प्राणान्गुह्यस्थाने परे मम ॥

Entièrement voué à ma bhakti, il naît en Krauñcadvīpa ; et là, ensuite, il dépose ses souffles vitaux dans mon lieu secret suprême.

Verse 22

सर्वसङ्गान्परित्यज्य मम लोके स गच्छति ॥ अस्ति विष्णुसरो नाम क्रीडितं यत्त्वया सह ॥

Ayant renoncé à tout attachement, il se rend en mon monde. Il est un lac nommé Viṣṇusara, lieu où se déroula le jeu avec toi.

Verse 23

यत्र दंष्ट्राप्रहारेण चाहृतासि वसुन्धरे ॥ तत्र स्नानं तु कुर्वीत प्रातःकाले वसुन्धरे ॥

Ô Vasundharā (Terre), là où tu fus soulevée par le coup de la défense, c’est là qu’il faut se baigner au matin, ô Terre.

Verse 24

सर्वपापविशुद्धात्मा मम लोकं स गच्छति ॥ सोमतीर्थमिति ख्यातं कोकायां मम मण्डले ॥

L’âme purifiée de tous les péchés, il se rend en mon monde. Ce lieu est renommé ‘Soma-tīrtha’ à Kokā, dans mon domaine.

Verse 25

यत्र पञ्चशिलाभूभिर्विष्णुनाम्ना तथाङ्किता ॥ यस्तत्र कुरुते स्नानं पञ्चरात्रोषितो नरः ॥

Là où le sol est marqué de cinq pierres portant le nom de Viṣṇu : quiconque s’y baigne, après avoir observé une discipline durant cinq nuits...

Verse 26

गोमेदे जायते द्वीपे मम मार्गानुसारकः ॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान्गुह्यक्षेत्रे परे मम ॥

Celui qui suit ma voie naît sur l’île/continent nommé Gomeda ; et là, ensuite, il abandonne ses souffles vitaux dans mon suprême sanctuaire secret (guhya-kṣetra).

Verse 27

सर्वपापविनिर्मुक्तः शुद्धात्मा मां स पश्यति ॥ तुङ्गकूटेतिविख्यातं कोकायां मम मण्डले ॥

Délivré de tous les péchés et l’âme purifiée, il me contemple. Il est un lieu renommé Tuṅgakūṭa, à Kokā, au sein de mon domaine sacré.

Verse 28

कुशद्वीपं समासाद्य मम लोकेषु तिष्ठति ॥ अनित्यमाश्रमं नाम क्षेत्रकर्मसुखावहम् ॥

Ayant atteint Kuśadvīpa, il demeure dans mes mondes. Il est un āśrama nommé Anityamāśrama, un lieu sacré qui procure la joie issue des actes méritoires accomplis là.

Verse 29

देवाश्च यं न जानन्ति किंपुनर्मनुजादयः ॥ तत्र स्नात्वा वरारोहे अहोरात्रोषितो नरः ॥

Ce lieu que même les dieux ne connaissent pas — à plus forte raison les hommes et les autres —, s’y étant baigné, ô toi aux belles hanches, l’homme qui y demeure un jour et une nuit…

Verse 30

जायते पुष्करद्वीपे मम कर्मपरायणः ॥ अथ तत्र मृतो भूमे पुण्यक्षेत्रे महाशुचिः ॥

Il renaît sur Puṣkaradvīpa, voué aux actes que j’ai prescrits. Et ensuite, ô Terre, s’il y meurt — en ce champ de mérite — il devient grandement purifié.

Verse 31

सर्वपापविनिर्मुक्तो मम लोकं स गच्छति ॥ अस्त्यत्राग्निसरो नाम परं गुह्यं मम स्थितम् ॥

Délivré de tous les péchés, il va vers mon royaume. Ici se trouve un lieu nommé Agnisara, un sanctuaire suprêmement secret, établi comme mien.

Verse 32

पञ्च धाराः पतन्त्यत्र गिरिकुञ्जसमाश्रिताः ॥ तत्र चापि कृतस्नानः पञ्चरात्रोषितो नरः ॥

Ici tombent cinq courants, abrités parmi les fourrés des montagnes. Là aussi, après s’y être baigné, l’homme qui y demeure cinq nuits…

Verse 33

कुशद्वीपे च जायेत मम कर्मपरायणः ॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान्कृत्वा कर्म महौजसम् ॥

Et il renaîtrait à Kuśadvīpa, voué aux actes que Je prescris. Puis, après avoir accompli une œuvre de grande puissance, il y dépose ses souffles vitaux.

Verse 34

कुशद्वीपात्परिभ्रष्टो ब्रह्मलोकं स गच्छति ॥ अस्ति ब्रह्मसरो नाम गुह्यं क्षेत्रं परं मम ॥

Déchu de Kuśadvīpa, il se rend à Brahmaloka. Il est un lieu nommé Brahmasara, un kṣetra sacré et secret—suprême et qui M’appartient.

Verse 35

यत्र धारा पतत्येका पुण्या भूमिशिलातले ॥ तत्र स्नानं प्रकुर्वीत पञ्चरात्रोषितो नरः ॥

Là où un seul courant sacré tombe sur la surface pierreuse du sol, là l’homme qui a demeuré cinq nuits doit accomplir le bain rituel.

Verse 36

वसते सूर्यलोकेषु मम मार्गानुसारकः ॥ अथात्र मुञ्चते प्राणान्सूर्यधारां समाश्रितः ॥

Il demeure dans les mondes du Soleil, en suivant Ma voie. Puis, ici, s’étant réfugié auprès de la « Sūryadhārā » (le Courant du Soleil), il dépose ses souffles vitaux.

Verse 37

एका धारा पतत्यत्र देवि पूर्णा शिलोच्चयात् ॥ तत्र स्नानं प्रकुर्वीत एकमेकं दिनं तथा

Ô Déesse, ici tombe un unique flot d’eau, plein et continu, depuis la hauteur rocheuse. Là, l’on doit s’y baigner, de jour en jour, chaque jour à son tour.

Verse 38

सप्तरा‍त्रोषितो भूत्वा मम कर्म समाश्रितः ॥ स्नात्वा सप्तसमुद्रेषु लब्धसंज्ञः समाहितः

Après avoir demeuré sept nuits, s’appuyant sur les observances que je lui ai enseignées, et s’étant baigné dans les sept océans, il recouvre la pleine conscience et demeure l’esprit recueilli.

Verse 39

सप्तद्वीपेषु विहरेन् मम कर्मपरायणः ॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान् मम भक्तिसमन्वितः

Qu’il parcoure les sept continents, voué aux observances que je lui ai enseignées. Alors, là, pourvu de dévotion envers moi, il dépose son souffle vital.

Verse 40

सप्तद्वीपमत्क्रम्य मम लोकं तु गच्छति ॥ अस्ति धर्मोद्भवं नाम तस्मिन् क्षेत्रे परे मम

Ayant franchi les sept continents, il se rend véritablement en mon monde. Dans cette région sacrée suprême qui est mienne se trouve un lieu nommé Dharmodbhava.

Verse 41

गिरिकुञ्जात् पतत्येका धारा भूमितले शुभा ॥ तत्र स्नानं प्रकुर्वीत एकरात्रोषितो नरः

D’un bosquet de montagne tombe sur le sol un unique courant, de bon augure. Après y avoir passé une nuit, un homme doit s’y baigner.

Verse 42

स वैश्यो जायते शूद्रो मम कर्मपरायणः ॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान् गुह्ये देवि शिलोच्चये

Lui—bien qu’il soit un Vaiśya—vient à renaître comme un Śūdra, voué aux observances que je lui ai enseignées. Alors, là, ô Déesse, au Śiloccaya secret, il abandonne son souffle vital.

Verse 43

साङ्गयज्ञं सदक्षिण्यं भुक्त्वा मां प्रतिपद्यते ॥ अस्ति कोटिवटं नाम क्षेत्रं गुह्यं परं मम

Ayant goûté au fruit équivalant à un sacrifice accompli avec ses membres et avec la dakṣiṇā requise, il parvient à moi. Il existe un lieu sacré nommé Koṭivaṭa, secret, suprême et mien.

Verse 44

एका धारा पतत्यत्र वटमूलमुपाश्रिता ॥ तत्र स्नानं तु कुरुते नरो रात्रावुपोषितः

Ici, un seul filet d’eau tombe, s’appuyant au pied d’un banian. Là, l’homme qui a jeûné durant la nuit accomplit le bain rituel.

Verse 45

यावन्ति वटपत्राणि तस्मिञ्छृङ्गे परे मम ॥ तावद्वर्षसहस्राणि रूपसम्पत्समन्वितः

Autant qu’il y a de feuilles au banian sur ce sommet—suprême et mien—autant de milliers d’années demeure-t-il, pourvu de beauté et de prospérité.

Verse 46

अग्निवर्णस्ततो भूत्वा मम लोकं स गच्छति॥ पापप्रमोचनं नाम गुह्यमस्मिन्परं मम

Alors, devenu d’une splendeur pareille au feu, il se rend en mon monde. Ici se trouve un lieu mien, secret et suprême, nommé Pāpamocana, «Délivrance du péché».

Verse 47

पतत्येकतमा धारा स्थूला कुम्भसमा ततः॥ यस्तत्र कुरुते स्नानमहोरात्रोषितो नरः॥

Là tombe un seul filet d’eau, épais, comme la mesure d’une jarre. L’homme qui s’y baigne, après y avoir demeuré un jour et une nuit entiers,

Verse 48

जायते च चतुर्वेदी मम कर्मपरायणः॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान्कौशिकीमाश्रितो नदीम्॥

—devient versé dans les quatre Veda, voué aux devoirs prescrits par moi. Puis, demeurant auprès de la rivière Kauśikī, il y dépose son souffle vital.

Verse 49

यस्तत्र कुरुते स्नानं पञ्चरात्रोषितो नरः॥ मोदते वासवे लोके मम मार्गानुसारिणि॥

L’homme qui s’y baigne, après y avoir demeuré cinq nuits, se réjouit dans le monde de Vāsava (Indra), en tant que disciple de ma voie.

Verse 50

तत्राथ मुञ्चते प्राणान्मम कर्मपरायणः॥ वासवं लोकमुत्सृज्य मम लोकं च गच्छति॥

Alors, là même, il dépose son souffle vital, voué aux devoirs enseignés par moi; et, quittant le monde de Vāsava, il gagne mon monde.

Verse 51

यमव्यसनकं नाम गुह्यमस्ति परं मम॥ स्रोतॊ वहति तत्रैकं कौशिकीमाश्रितं नदीम्॥

Il est un lieu secret nommé Yamavyasanaka, souverainement cher pour moi. Là coule un seul courant, rattaché à la rivière Kauśikī.

Verse 52

यस्तत्र कुरुते स्नानमेकऱात्रोषितो नरः॥ न स गच्छति दुर्गाणि यमस्य व्यसनं महत्॥

L’homme qui s’y baigne, après y avoir demeuré une nuit, ne va pas vers les passages difficiles — la grande affliction liée à Yama.

Verse 53

अथ तत्र त्यजेत्प्राणान्मम कर्मपरायणः॥ विशुद्धो मुक्तपापोऽसौ मम लोकं स गच्छति॥

Puis, s’il y abandonne son souffle vital, voué aux devoirs que j’ai enseignés — purifié, délivré du péché — il gagne mon monde.

Verse 54

मातङ्गं नाम विख्यातं तस्मिन्क्षेत्रे परं मम॥ स्रोतॊ वहति तत्रैव आश्रितं कौशिकीं नदीम्॥

Dans ce kṣetra se trouve un lieu renommé appelé Mātaṅga, suprêmement cher pour moi. Là même coule un ruisseau, rattaché à la rivière Kauśikī.

Verse 55

विद्वाञ्छुचिश्च जायेत ममकामर्नुसारकः॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान्गुह्ये देवि परे मम॥

Il deviendrait savant et pur, suivant mon intention; puis il y abandonne son souffle vital, ô Déesse, en ce lieu secret qui m’est suprêmement cher.

Verse 56

मुक्त्वा किम्पुरुषं भेदं मम लोकं च गच्छति॥ अस्ति वज्रभवं नाम गुह्ये तस्मिन्परं मम॥

Ayant rejeté la distinction d’être un kimpuruṣa, il gagne mon monde. En ce lieu secret se trouve un site nommé Vajrabhava, suprêmement cher pour moi.

Verse 57

स्रोतो वहति तत्रैकमाश्रितं कौशिकीं नदीम् ॥ स्नानं करोति यस्तत्र एकरात्रोषितो नरः ॥

Là coule un unique courant, rattaché à la rivière Kauśikī. L’homme qui s’y baigne après y avoir séjourné une nuit obtient le fruit prescrit.

Verse 58

जायते शक्रलोके तु मम कर्मानुसारकः ॥ शरीरचक्रसङ्घाते वज्रहस्तस्वरूपकः ॥

Il naît assurément dans le monde de Śakra, conformément à mon ordonnance; et, dans l’assemblage des facultés du corps, il revêt une forme dite «à la main de Vajra».

Verse 59

तत्र स्नानप्रभावेण जायते नात्र संशयः ॥ अथात्र मुच्यते प्राणान्मम चिन्तनतत्परः ॥

Par la puissance du bain accompli là, il naît dans l’état qui lui est destiné — il n’y a là aucun doute. Puis, voué à la contemplation de moi, il est délivré du souffle vital ici (c’est-à-dire qu’il y meurt dans cette concentration).

Verse 60

शक्रलोकमतिच्रम्य मम लोकं प्रपद्यते ॥ तत्र त्रिक्रोशमात्रेण गुह्यं क्षेत्रं परं मम ॥

Ayant dépassé le monde de Śakra, il parvient à mon monde. Là, dans l’étendue de trois krośas, se trouve mon suprême et secret champ sacré (kṣetra).

Verse 61

शक्ररुद्रेति विख्यातं तस्मिन्कोकाशिलातले ॥ स्नानं करोति यस्तत्र त्रिरात्रोपोषितो नरः ॥

Sur la dalle rocheuse appelée Kokāśilā, renommée comme «Śakra-Rudra», l’homme qui s’y baigne après avoir jeûné trois nuits obtient le fruit prescrit.

Verse 62

अस्ति चान्यन्महद्भद्रे क्षेत्रे गुह्ये विशेषितम् ॥ मनुजा येन गच्छन्ति मुक्त्वा संसारसागरम् ॥

Et, ô très propice, il existe encore une autre particularité éminente dans ce kṣetra sacré et secret, par laquelle les hommes s’avancent après avoir franchi l’océan du saṃsāra.

Verse 63

कृतोदकस्तत्र भद्रे अहोरात्रोषितो नरः ॥ जायते शाल्मलिद्वीपे मम कर्मानुसारिणि ॥

Là, ô propice, l’homme qui a accompli le kṛtodaka (rite d’eau) et a demeuré un jour et une nuit, renaît en Śālmalīdvīpa, conformément à mon ordonnance.

Verse 64

तत्राथ मुंचते प्राणान्मम कर्मसु निष्ठितः ॥ शाल्मलिद्वीपमुत्सृज्य मम पार्श्वे स तिष्ठति ॥

Alors, là, il délaisse son souffle vital, établi dans les disciplines que j’ai prescrites ; et, laissant Śālmalīdvīpa, il demeure auprès de moi.

Verse 65

तस्मिन्क्षेत्रे महागुह्ये परमस्ति फलोदयम् ॥ विष्णुतीर्थमिति ख्यातं मम भक्तसुखावहम् ॥

Dans ce kṣetra très secret se manifeste l’éclosion suprême du fruit du mérite. Il est renommé « Viṣṇu-tīrtha », source de bien-être pour mes dévots.

Verse 66

ततः पर्वतमध्यात्तु कोकायां पतते जलम् ॥ त्रिस्रोतसं महाभागे सर्वसंसारमोक्षणम् ॥

Ensuite, du milieu de la montagne, l’eau tombe dans Kokā, ô très fortunée, formant le Tri-srotas, la confluence aux trois courants, dite délivrance de tout saṃsāra.

Verse 67

तस्मिन् कृतोदको भूमे छित्त्वा संसारबन्धनम् ॥ वायोः स भवनं प्राप्य वायुभूतस्तु तिष्ठति ॥

Ô Terre, après y avoir accompli le rite de l’eau et tranché les liens du saṃsāra, il atteint la demeure de Vāyu et y demeure, devenu de la nature du vent.

Verse 68

तत्राथ मुंचते प्राणान् मम कर्मसु निष्ठितः ॥ वायुलोकमतिक्रंय मम लोकं स गच्छति ॥

Alors, établi dans les observances que j’ai prescrites, il y dépose ses souffles vitaux ; puis, dépassant le monde de Vāyu, il se rend en mon monde.

Verse 69

अस्ति तत्र वरं स्थानं सङ्गमं कौशिकोकयोः ॥ सर्वकामिकेति विख्याता शिला तिष्ठति चोत्तरे ॥

Il s’y trouve un lieu excellent : la confluence de la Kauśikī et de l’Okā ; et, au nord, se dresse une pierre renommée ‘Sarvakāmikā’, celle qui accomplit tous les désirs.

Verse 70

तत्र यः कुरुते स्नानमहो रात्रोषितो नरः ॥ विस्तीर्णे जायते वंशे जातिं स्मरति चात्मनः ॥

L’homme qui s’y baigne et y demeure un jour et une nuit renaît dans une lignée plus étendue, et se souvient de sa propre naissance (de son origine antérieure).

Verse 71

स्वर्गे वा यदि वा भूमौ यं यं कामयते नरः ॥ तं तं प्राप्नोति वै कामं स्नातमात्रः शिलातले ॥

Au ciel ou sur la terre, quel que soit le désir qu’un homme souhaite, ce désir-là, en vérité, il l’obtient ; car il l’atteint par le seul bain sur la surface de la pierre.

Verse 72

अस्ति मत्स्यशिला नाम गुह्यं कोकामुखे वरम् ॥ धाराः पतन्ति तिस्रो वै कौशिकीमाश्रिता नदीम् ॥

Il existe un lieu excellent et secret nommé Matsyaśilā à la « bouche » de Kokā ; là, en vérité, trois courants tombent, rattachés à la rivière Kauśikī.

Verse 73

तत्र च स्नायमानस्तु यदि मत्स्यं प्रपश्यति ॥ ततो जानाम्यहं देवि प्राप्तो नारायणः स्वयम् ॥

Et là, pendant le bain, si l’on voit un poisson, alors, ô Déesse, je sais que Nārāyaṇa lui-même est venu, se manifestant.

Verse 74

तत्र मत्स्यं पुनर्दृष्ट्वा यजमानस्तु सुन्दरि ॥ दद्यादर्घ्यं ततो भद्रे मधुलाजसमन्वितम् ॥

Ô belle, ayant revu là le poisson, l’officiant du sacrifice doit offrir l’arghya, ô bienheureuse, accompagné de miel et de grains grillés.

Verse 75

यस्तत्र कुरुते स्नानं देवि गुह्ये ततः परे ॥ तिष्ठते पद्मपत्रे तु सोत्तरे मेरुसंश्रिते ॥

Ô Déesse, celui qui s’y baigne, en ce lieu secret au-delà des autres, demeure sur une feuille de lotus dans la région du nord, appuyé sur le Meru.

Verse 76

अथ संप्राप्य मुच्येत मत्स्यं गुह्यं परं मम ॥ मेरुशृङ्गं समुल्लङ्घ्य गम लोकं च गच्छति ॥

Puis, ayant atteint le poisson secret et suprême qui est mien, il est délivré ; franchissant le sommet du Meru, il gagne le monde nommé « Gama ».

Verse 77

पञ्चयोजनविस्तारं क्षेत्रं कोकामुखं मम ।। यस्त्वेतत्तु विजानाति न स पापेन लिप्यते ॥

Mon champ sacré nommé Kokāmukha s’étend sur cinq yojanas. Celui qui le connaît en vérité n’est pas souillé par le péché.

Verse 78

अन्यच्च ते प्रवक्ष्यामि तच्छृणुष्व वसुन्धरे ।। तस्मिन्कोकामुखे रम्ये तिष्ठामि दक्षिणामुखः ॥

Je t’exposerai encore autre chose ; écoute, ô Vasundharā. Dans ce charmant Kokāmukha, je demeure le visage tourné vers le sud.

Verse 79

शिलाचन्दनसङ्काशं देवानामपि दुर्लभम् ।। वराहरूपमादाय तिष्ठामि पुरुषाकृतिः ॥

Semblable à la pierre et au bois de santal, rare même pour les dieux : prenant la forme de Varāha, je demeure dans une manifestation à figure humaine.

Verse 80

वामोन्नतमुखं कृत्वा वामदंष्ट्रासमुन्नतम् ।। पश्यामि च जगत्सर्वं ये च भक्ताः मम प्रियाः ॥

Tournant mon visage vers la gauche et dressant ma défense gauche, je contemple le monde entier, ainsi que les dévots qui me sont chers.

Verse 81

यदि कोकामुखं गच्छेत् कदाचित्कालपर्यये ।। मा ततो विनिवर्त्तेत यदीच्छेन्मम तुल्यताम् ॥

Si quelqu’un se rend à Kokāmukha lors d’un tournant du temps, qu’il ne s’en retourne pas, s’il désire devenir semblable à moi.

Verse 82

गुह्यानां परमं गुह्यमेतत्स्थानं परं महत् ।। सिद्धानां परमा सिद्धिर्गुह्यं कोकामुखं परम् ॥

Parmi les secrets, voici le secret suprême : ce lieu est transcendant et immense. Pour les siddha, c’est l’accomplissement le plus élevé ; Kokāmukha est le secret suprême.

Verse 83

न च सांख्येन योगेन सिद्धिं यान्ति महापराम् ।। याति कोकामुखं गत्वा रहस्यं कथितं मया ॥

Ni par le Sāṅkhya ni par le Yoga on n’atteint la grande siddhi suprême ; on l’obtient plutôt en allant à Kokāmukha : tel est le secret que j’ai proclamé.

Verse 84

एवं श्रेष्ठे महाभागे यत्त्वया परिपृच्छिम् ।। परमं कथितं सर्वं किमन्यच्छ्रोतुमिच्छसे ॥

Ainsi, ô excellent et bienheureux, ce que tu as demandé a été traité. Tout ce qu’il y a de suprême a été exposé ; que désires-tu encore entendre ?

Verse 85

य एतत्कथितं भूमे कोकामुखमनुत्तमम् ।। तारिताḥ पितरस्तेन दश पूर्वास्तथा पराः ॥

Ô Terre, par celui à qui cet incomparable Kokāmukha a été enseigné, les ancêtres sont menés au-delà : dix générations avant, et de même celles qui suivent.

Verse 86

मृतो वा तत्र जायेत शुद्धे भागवते कुले ।। अनन्यमानसो भूत्वा मम मार्गप्रदर्शकः ॥

Ou bien, après la mort, il peut renaître là dans une famille bhāgavata pure ; devenu d’un esprit sans partage, il devient un guide de ma voie.

Verse 87

यश्चेदं शृणुयान्नित्यं कल्य उत्थाय मानवः ॥ त्यक्त्वा पञ्चशतं जन्म मम भक्तश्च जायते ॥

Si un homme, se levantant à l’aube, écoute ceci régulièrement, alors—ayant rejeté cinq cents naissances—il devient mon dévot.

Verse 88

य एतत्पठते नित्यं कोकाख्यानं तथोषसि ॥ गच्छते परमं स्थानमेवमेतन्न संशयः ॥

Quiconque récite régulièrement ce récit de Kokā, de même à l’aube, atteint la demeure suprême ; il en est ainsi, sans aucun doute.

Verse 89

श्रीवराह उवाच ॥ नास्ति कोकामुखात्क्षेत्रं श्रेष्ठं कोकामुखाच्छुचि ॥ नास्ति कोकामुखात्स्थानं नास्ति कोकामुखात्प्रियम् ॥

Śrī Varāha dit : Ô toi qui es pur, il n’est pas de lieu sacré supérieur à Kokāmukha. Il n’est pas de demeure au-delà de Kokāmukha ; rien n’est plus cher que Kokāmukha.

Verse 90

जायते विपुले शुद्धे मम मार्गानुसारिणि ॥ तत्राथ मुञ्चति प्राणान्विष्णुधारां समाश्रितः ॥

Dans cette contrée vaste et pure, accordée à ma voie, il y abandonne alors le souffle vital, ayant pris refuge dans la Viṣṇudhārā, le «courant de Viṣṇu».

Verse 91

चतुर्धाराः पतन्त्यत्र पर्वतादुच्छ्रयं श्रिताः ॥ यस्तत्र कुरुते स्नानं पञ्चरात्रोषितो नरः ॥

Ici tombent quatre courants, dévalant d’une hauteur montagneuse. L’homme qui s’y baigne, après y avoir séjourné cinq nuits, obtient le mérite énoncé.

Verse 92

सूर्यलोकमतिग्रम्य मम लोकं तु गच्छति ॥ अस्ति धेनुवटं नाम गुह्यं क्षेत्रं परं मम ॥

Ayant dépassé le monde du Soleil, il parvient en vérité à mon monde. Il existe un lieu sacré suprême qui m’appartient, caché, nommé Dhenuvaṭa.

Verse 93

तिष्ठते तु वरारोहे मम मार्गानुसारिणि ॥ तत्राथ मुञ्चते प्राणान्कृत्वा कर्म सुदुष्करम् ॥

Là, ô toi aux belles hanches, il demeure en suivant ma voie. Là ensuite il dépose le souffle vital, après avoir accompli un acte des plus difficiles.

Verse 94

स्नानं कुर्वन्ति ये तत्र एकरात्रोषिता नराः ॥ भेदं किम्पुरुषं प्राप्य जायते नात्र संशयः ॥

Ceux qui s’y baignent, après y avoir séjourné une seule nuit, obtiennent l’état de Kimpuruṣa ; il n’y a là aucun doute.

Verse 95

दंष्ट्राङ्कुरेति विख्यातं यत्र कोका विनिःसृता ॥ एतद्गुह्यं न जानन्ति यतो मुञ्चन्ति जन्तवः ॥

Le lieu est renommé «Daṃṣṭrāṅkura», là où Kokā surgit au-dehors. Les êtres ne connaissent pas ce secret ; c’est pourquoi ils y déposent leur souffle vital.

Verse 96

तत्राथ मुञ्चते प्राणान्मम कर्मण्यवस्थितः ॥ सर्वसङ्गं परित्यज्य मम लोकं स गच्छति ॥

Là ensuite il dépose le souffle vital, établi dans mon rite et mon devoir. Ayant renoncé à tout attachement, il se rend en mon royaume.

Verse 97

ये मां स्मरन्ति वै भूमे पुरुषा मुक्तकिल्बिषाः ॥ तत्र कुर्वन्ति कर्माणि शुद्धाः संसारमोक्षणे ॥

Ô Terre, ceux qui se souviennent de moi sont délivrés du péché ; purifiés, ils accomplissent là des actes tournés vers la délivrance du cycle des renaissances.

Frequently Asked Questions

The chapter frames liberation-oriented practice as disciplined engagement with a sacred landscape: purification through snāna and regulated observance, coupled with detachment (sarva-saṅga-parityāga) and sustained devotion. Philosophically, it presents a graded soteriology where actions performed at specific tīrthas within Kokāmukha produce moral purification, clarity in duty, and eventual access to Varāha/Vişṇu’s realm, emphasizing that hidden (guhya) places and forms require correct knowledge and conduct rather than mere abstract speculation.

No explicit tithi, nakṣatra, lunar month, or seasonal rite is specified. Timing is instead expressed through durational observances: ekarātra (one night), ahorātra (day-and-night), trirātra (three nights), pañcarātra (five nights), and saptarātra (seven nights), often paired with upoṣita (fasting/overnight restraint) and sometimes prātaḥkāla (morning) bathing.

By staging instruction as Varāha’s response to Pṛthivī’s inquiry, the text situates Earth as a moral and pedagogical partner. It treats rivers, falls, stones, trees, and lakes as ethically charged sites where human restraint (fasting, careful bathing, non-attachment) aligns personal conduct with terrestrial sanctity. The implied ecological ethic is that the landscape is not inert property but a living sacred system; correct behavior within it yields purification and social order, while knowledge of ‘guhya’ places encourages careful, non-exploitative engagement with the environment.

The chapter’s narrative is primarily the Varāha–Pṛthivī dialogue and does not foreground dynastic genealogies or named sages. It mentions broad social categories and cosmological populations (e.g., manuṣya, deva, siddha; also varṇa references such as vaiśya and śūdra in outcomes of practice), and it includes a brief reference to a ‘mleccha-rāja’ in connection with Lohārgala, but no detailed lineage lists or royal chronologies are provided.

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