Adhyaya 130
Varaha PuranaAdhyaya 13024 Shlokas

Adhyaya 130: Expiation and Dietary Discipline Concerning the Consumption of Royal Food (rājānna)

Rājānna-bhojane Prāyaścitta-vidhiḥ

Ritual-Manual / Ethical-Discourse

Dans l’Adhyāya 130, sous forme de dialogue d’enseignement, Pṛthivī (Vasundharā) interroge Varāha/Nārāyaṇa après le récit de la dīkṣā : comment purifier ceux qui commettent des offenses (aparādhas) et quelle est la faute (doṣa) liée à la consommation de rājānna, nourriture fournie par les rois. Varāha avertit que même les dévots qui en mangent par avidité ou par crainte subissent de lourdes conséquences et une longue souffrance en naraka. Il explique que les śubha-bhāgavatas doivent généralement s’en abstenir, l’activité royale pouvant être rājasa/tāmasa ou moralement entachée. Il accorde toutefois une condition : si la nourriture est préparée par des bhāgavatas après l’installation et le culte appropriés de Viṣṇu, et soutenue par des dons justes, elle ne souille pas celui qui la mange. Pour ceux qui ont consommé du rājānna, il prescrit des expiations : un cāndrāyaṇa, un taptakṛcchra rigoureux et un sāntapana, tout en réaffirmant que l’évitement demeure la discipline la plus sûre pour viser le but suprême.

Primary Speakers

VarāhaPṛthivī

Key Concepts

rājānna (royal provisions) and ritual impurityprāyaścitta (cāndrāyaṇa, taptakṛcchra, sāntapana)bhāgavata-śuddhi (purity of devotees) and food ethicsrājasa/tāmasa karma and moral risk in state-linked consumptionconditional sanctification through Viṣṇu-sthāpana and bhāgavata-preparationPṛthivī’s inquiry as a terrestrial-ethical frame (earthly order and restraint)

Shlokas in Adhyaya 130

Verse 1

अथ राजान्नभोगे प्रायश्चित्तम् ॥ सूत उवाच ॥ एवं दीक्षां ततः श्रुत्वा नारायणमुखान्मही ॥ विशुद्धमानसा देवी नारायणमथाब्रवीत् ॥

Voici maintenant l’expiation concernant la consommation de la nourriture royale. Sūta dit : Ayant ainsi entendu la dīkṣā de la bouche de Nārāyaṇa, la déesse Terre—l’esprit purifié—s’adressa alors à Nārāyaṇa.

Verse 2

धरण्युवाच ॥ अहो ते दीक्षामाहात्म्यं यस्य वै व्युष्टिरुत्तमा ॥ श्रुत्वाहं तु महाभाग जातास्मि विमला विभो ॥

Dharaṇī dit : « Ah, la grandeur de ta dīkṣā (initiation sacrée), par laquelle l’aurore de l’auspice est suprême ! En l’entendant, ô bienheureux, je suis devenue pure, ô Puissant ».

Verse 3

अहो देवस्य माहात्म्यं लोकनाथस्य तत्त्वतः ॥ येन सा कारिता दीक्षा चातुर्वर्ण्यसुखावहा ॥

«Ah, la véritable grandeur du Dieu, Seigneur du monde ! C’est par lui que fut instituée cette initiation, apportant le bien-être aux quatre varṇa (ordres sociaux)».

Verse 4

एकं मे परमं गुह्यं यदीश हृदि वर्त्तते ॥ भव भक्तसुखार्थाय तत्त्वं मे वक्तुमर्हसि ॥

«Une chose suprêmement secrète demeure en mon cœur, ô Seigneur. Pour le bien des dévots, tu dois m’en dire la vérité».

Verse 5

देव पूर्वापराधास्ते द्वात्रिंशदपि कीर्तिताः ॥ एवं कृत्वापराधानि मनुजा ह्यल्पचेतसः ॥

«Ô Dieu, les fautes antérieures ont été énumérées, au nombre de trente-deux. Ayant ainsi commis des fautes, les humains, au discernement limité, (tombent dans la faute)…».

Verse 6

कर्मणा केन शुद्ध्यन्ति अपराधस्य कारिणः ॥ तन्ममाचक्ष्व तत्त्वेन मम प्रीत्या च माधव ॥

«Par quelle action ceux qui commettent une offense sont-ils purifiés ? Dis-le-moi selon la vérité, aussi par affection pour moi, ô Mādhava».

Verse 7

तद्वै भूम्याः वचः श्रुत्वा हृषीकेशो महामनाः ॥ दिव्यं ध्यानं समादाय प्रत्युवाच वसुन्धराम् ॥

Ayant entendu les paroles de la Terre, Hṛṣīkeśa, au vaste esprit, entra dans une méditation divine puis répondit à Vasundharā.

Verse 8

श्रीवराह उवाच ॥ शुद्धा भागवता भूत्वा मम कर्मपरायणाः ॥ ये तु भुञ्जन्ति राजान्नं लोभेन च भयेन वा ॥

Śrī Varāha dit : «Bien qu’ils soient devenus purs, en tant que bhāgavata, et voués à l’accomplissement de mes observances, ceux qui pourtant consomment le rājānna par avidité ou par crainte—».

Verse 9

आपद्गता हि भुञ्जन्ति राजान्नं तु वसुन्धरे ॥ दशवर्षसहस्राणि पच्यन्ते नरके नराः ॥

«Car, ô Vasundharā, ceux qui sont tombés dans la détresse consomment le rājānna ; pourtant, on dit que les hommes “cuisent” (souffrent) en enfer durant dix mille ans».

Verse 10

ततो दीनमना भूत्वा सा मही संशितव्रता ॥ उवाच मधुरं वाक्यं सर्वलोकसुखावहम् ॥

Alors, l’esprit abattu, cette Terre, ferme dans son vœu, prononça de douces paroles, porteuses du bien de tous les mondes.

Verse 11

धरण्युवाच ॥ शृणु तत्त्वेन मे देव हृदये हि व्यवस्थितम् ॥ को नु दोषोऽस्ति राज्ञां हि तन्मे त्वं वक्तुमर्हसि ॥

Dharaṇī dit : «Écoute, ô Seigneur, ce qui est véritablement établi dans mon cœur : quelle est donc la faute des rois ? Il te sied de me l’exposer».

Verse 12

ततो भूम्याः वचः श्रुत्वा सर्वधर्मविदां वरः ॥ प्राह नारायणो वाक्यं धर्मकामां वसुन्धराम् ॥

Alors, ayant entendu les paroles de la Terre, Nārāyaṇa—le plus éminent parmi ceux qui connaissent tout dharma—adressa une réponse à Vasundharā, désireuse de dharma.

Verse 13

श्रीवराह उवाच ॥ शृणु सुन्दरि तत्त्वेन गुह्यमेतदनिन्दिते ॥ राजान्नं तु न भोक्तव्यं शुभैर्भागवतैः सदा ॥

Śrī Varāha dit : «Écoute, ô belle, ô irréprochable, ce secret tel qu’il est en vérité : le rājānna ne doit jamais être consommé par les bhāgavatas vertueux».

Verse 14

यद्यप्येष समत्वेन राजा लोके प्रवर्तते ॥ राजसं तामसं वापि कुर्वन्कर्म सुदारुणम् ॥

«Même si un roi se conduit dans le monde avec une apparence d’impartialité, il peut néanmoins accomplir des actes durs, de nature rājasiques ou même tāmasiques».

Verse 15

अपि वा गर्हितं तेन राजान्नं तु वसुन्धरे ॥ धर्मसन्धानार्थाय न तु मे रोचते भुवि ॥

«Ou bien, ô Vasundharā, ce rājānna devient blâmable à cause de lui (du souverain). Même pour préserver l’ordre du dharma, cela ne m’agrée pas sur la terre».

Verse 16

ततो यद्यत्प्रवक्ष्यामि तच्छृणुष्व वसुन्धरे ॥ यथा राज्ञां तु भोज्यं वै शुद्धैर्भागवतैर्नरैः ॥

«C’est pourquoi, écoute, ô Vasundharā, ce que je vais exposer : de quelle manière la nourriture du roi peut réellement être consommée par des personnes bhāgavatas purifiées».

Verse 17

स्थापयित्वा तु मां देवि विधिदृष्टेन कर्मणा ॥ धनधान्यसमृद्धानि दत्त्वा भागवतैरपि

«M’ayant établi, ô Déesse, par un rite prescrit selon la juste procédure, et ayant aussi offert—par l’entremise des dévots du Bhagavān—des dons abondants en richesses et en grains…»

Verse 18

सिद्धं भागवतैश्चान्नं मम प्रापणशेषकम् ॥ भुञ्जानस्तु वरारोहे न स पापेन लिप्यते

«Et la nourriture préparée par les dévots—le reste après avoir été offerte à Moi—lorsqu’on la mange, ô toi aux belles hanches, on n’est pas souillé par le péché.»

Verse 19

धरण्युवाच ॥ राजान्नं तु नरो भुक्त्वा शुद्धो भागवतः शुचिः ॥ कर्मणा केन शुद्ध्येत तन्मे ब्रूहि जनार्दन

La Terre dit : «Après qu’un homme a mangé la nourriture du roi, fût-il un dévot pur et lui-même propre, par quel acte peut-il être purifié ? Dis-le-moi, ô Janārdana.»

Verse 20

श्रीवराह उवाच ॥ शृणु तत्त्वेन मे देवि यन्मां त्वं भीरु भाषसे ॥ तरन्ति पुरुषा येन राजान्नस्योपभुञ्जकाः

Śrī Varāha dit : «Écoute-Moi en vérité, ô Déesse, quant à ce que tu demandes avec crainte. Par ce moyen, ceux qui consomment la nourriture du roi franchissent au-delà de la faute.»

Verse 21

एकं चान्द्रायणं कृत्वा तप्तकृच्छ्रं च पुष्कलम् ॥ कुर्यात्सान्तपनं चैव शीघ्रं मुच्यन्ति किल्बिषात्

«Ayant accompli une observance de Cāndrāyaṇa, ainsi qu’un Taptakṛcchra complet, qu’il accomplisse aussi un Sāntapana ; ainsi sont-ils promptement délivrés de la transgression.»

Verse 22

न तस्य चापराधोऽस्ति वसुधे वै वचो मम ॥ एवमेव न भोक्तव्यं राजान्नं वै कदाचन ॥ ममात्र पूजाकामेन यदीच्छेत्परमां गतिम्

«Il n’y a pour lui aucune faute, ô Vasudhā : telle est ma parole. Pourtant, la nourriture du roi ne doit jamais être consommée, si quelqu’un—désireux de m’adorer ici—recherche la suprême destinée.»

Verse 23

भगवद्वचनं श्रुत्वा कम्पिता च वसुन्धरा ॥ दिनानि सप्त दश च भयं तीव्रमजायत

Ayant entendu les paroles du Seigneur, Vasundharā trembla ; et, durant dix-sept jours, une peur intense s’éleva en elle.

Verse 24

एवं विष्णुवचः श्रुत्वा धरणी संशितव्रता ॥ वराहरूपिणं देवं प्रत्युवाच वरानना

Ainsi, après avoir entendu les paroles de Viṣṇu, Dharaṇī—ferme dans son vœu—répondit au dieu qui avait pris la forme de Varāha, elle au visage gracieux.

Frequently Asked Questions

The text frames rājānna as ethically risky because royal conduct may involve rājasa or tāmasa motivations and potentially blameworthy actions; therefore, devotees (bhāgavatas) are instructed to avoid such food. If consumption occurs, the chapter emphasizes purification through defined prāyaścittas and allows a conditional exception when the food is ritually aligned—prepared by bhāgavatas with Viṣṇu properly installed/worshipped and supported by righteous giving—so that the eater is not stained by pāpa.

The chapter does not specify seasons or calendrical festivals, but it explicitly names a lunar-based expiation, cāndrāyaṇa, whose discipline is traditionally structured around the waxing and waning of the moon. No tithi, māsa, or ṛtu markers are directly stated in the provided verses.

Although it does not discuss ecology explicitly, the terrestrial-ethical framing is carried by Pṛthivī/Vasundharā as the questioning voice concerned with dharma and the consequences of human conduct. The chapter links social consumption patterns (state-linked food, coercion, greed, fear) to moral pollution and purification, presenting restraint and ritual accountability as mechanisms for maintaining orderly life on earth (bhūmi-dharma) rather than destabilizing it through ethically compromised sustenance.

No specific dynasties, royal lineages, or named sages are cited in this adhyāya beyond the narrative speakers (Sūta as narrator; Varāha/Nārāyaṇa; Pṛthivī/Vasundharā). The term rājā is used generically to denote kingship as an institution rather than a particular historical ruler.