
Vividhadharmotpattiḥ
Ethical-Discourse (Bhakti-oriented Dharma and Social Conduct)
En réponse à l’interrogation de Pṛthivī sur les actes menant au bien-être céleste et à une conduite humaine stable, Varāha (en tant que Nārāyaṇa) expose une éthique centrée sur la bhakti, minimisant la richesse, la charité de masse ou la multiplicité des sacrifices lorsqu’ils sont accomplis sans dévotion concentrée. Il enseigne que le critère décisif est la connaissance et l’adoration de Viṣṇu d’un esprit unifié. Le chapitre prescrit aussi le jeûne de dvādaśī et une séquence rituelle simple—offrande d’eau, mantra, contemplation du soleil, fleurs, parfum et encens—avec des mérites énoncés. Varāha décrit ensuite la conduite des quatre varṇas—brāhmaṇa, kṣatriya, vaiśya et śūdra—en soulignant l’humilité, la maîtrise de soi, une parole non malveillante et la constance dans le devoir. L’enseignement s’achève sur des disciplines d’allure ascétique et des restrictions de vie comme voie vers une réalisation de type yogique, présentée comme le soutien de l’ordre moral sur la Terre (Pṛthivī).
Verse 1
अथ विविधधर्मोत्पत्तिः ॥ ततो महीवचः श्रुत्वा देवो नारायणोऽब्रवीत् ॥ कथयिष्यामि ते देवि कर्म स्वर्गसुखावहम्
Voici (commence) l’apparition de divers dharmas (pratiques). Alors, ayant entendu les paroles de Mahī (la Terre), le dieu Nārāyaṇa déclara : «Je te dirai, ô Déesse, la pratique qui apporte la félicité associée au ciel».
Verse 2
यत्त्वया पृच्छ्यते देवि तच्छृणुष्व वसुन्धरे ॥ स्थितिं सत्तां तु मर्त्यानां भक्त्या ये च व्यवस्थिताः
Ce que tu demandes, ô Déesse—écoute, ô Vasundharā. J’exposerai l’état et la manière d’être des mortels, ainsi que ceux qui sont fermement établis dans la dévotion.
Verse 3
नाहं दानसहस्रेण नाहं यज्ञशतैरपि ॥ तुष्यामि न तु वित्तेन ये नराः स्वल्पचेतसः
Je ne suis pas satisfait par mille dons, ni même par cent sacrifices; ni par la richesse, telle que la recherchent les hommes à l’intelligence étroite.
Verse 4
एकचित्तं समाधाय यो मां जानाति माधवि ॥ नित्यं तुष्यामि तस्याहं पुरुषं बहुदोषकम्
Celui qui, ayant rassemblé l’esprit en un seul point, me connaît, ô Mādhavī—je suis sans cesse satisfait de cet homme, même s’il porte de nombreux défauts.
Verse 5
यच्च पृच्छसि मां भद्रे कर्म स्वर्गसुखावहम् ॥ तच्छृणुष्व वरारोहॆ गदतो मे शुचिस्मिते
Et ce que tu me demandes, ô bienveillante—au sujet de la pratique qui apporte la félicité du ciel—écoute, ô aux hanches gracieuses, tandis que je parle, ô au sourire pur.
Verse 6
ये नमस्यति मां नित्यं पुरुषा बहुचेतसः ॥ अर्द्धरात्रेऽन्धकारे च मध्याह्ने वापराह्णके
Ces hommes qui se prosternent devant moi sans cesse—bien que l’esprit éparpillé en maintes pensées—le font à minuit, dans l’obscurité, à midi ou dans l’après-midi.
Verse 7
यस्य चित्तं न नश्येत मम भक्तिव्यवस्थितम् ॥ द्वादश्यामुपवासं तु यः कुर्यान्मम तत्परः ॥
Celui dont l’esprit ne déchoit pas, fermement établi dans la dévotion envers Moi—si un tel être, tout entier tourné vers Moi, observe le jeûne de Dvādaśī,
Verse 8
ते मामेव प्रपश्यन्ति मयि भक्तिपरायणाः ॥ लब्धचेतो गुणज्ञश्च नरो भक्तिव्यवस्थितः ॥
Ceux qui, voués à Moi par une bhakti d’un seul élan, ne contemplent que Moi; l’homme établi dans la dévotion a l’esprit apaisé et discerne justement les qualités.
Verse 9
इच्छया अपि भवेद्भद्रे स्वर्गे वसति सुन्दरि ॥ स्वल्पकेन न गम्यन्ते दुष्प्राप्योऽहं वरानने ॥
Même par le seul désir, ô bienheureuse—ô belle—on peut venir demeurer au ciel; mais Moi, l’on ne M’atteint pas par de faibles moyens, car Je suis difficile à obtenir, ô au visage gracieux.
Verse 10
द्वादश्यामुपवासं तु ये च कुर्वन्ति ते नराः ॥ तेषामेव प्रपश्यन्ति मम भक्तिपरायणाः ॥
Ces hommes qui observent réellement le jeûne de Dvādaśī—Mes dévots voués à la bhakti—c’est pour eux seuls qu’est accordée la vision (de Moi).
Verse 11
कृत्वा चैवोपवासं प्रगृह्य चैव जलाञ्जलिम् ॥ नमो नारायणेत्युक्त्वा आदित्यं चावलोकयेत् ॥
Et après avoir accompli le jeûne, et ayant pris dans les mains jointes (añjali) une offrande d’eau, après avoir prononcé «Namo Nārāyaṇa» («Hommage à Nārāyaṇa»), qu’il contemple le Soleil.
Verse 12
यावन्तो बिन्दवः किञ्चित्पतन्त्येवाञ्जलेर्जलात् ॥ तावद्वर्षसहस्राणि स्वर्गलोके महीयते ॥
Autant de gouttes tombent, fût-ce en petite quantité, de l’eau tenue dans les mains jointes : autant de milliers d’années il est honoré dans le monde céleste.
Verse 13
अथ चैव तु द्वादश्यां पुरुषा धर्मवादकाः ॥ विधिना च प्रयत्नेन ये मां कुर्वन्ति मानुषाः ॥
Et de plus, au jour de Dvādaśī, ces personnes—prédicateurs du dharma—qui, en tant qu’êtres humains, m’adorent selon la règle et avec effort,
Verse 14
पाण्डुरैश्चैव पुष्पैश्च मृष्टैर्धूपैस्तु धूपयेत् ॥ यो मे धारयते भूमौ तस्यापि शृणु या गतिः ॥
Qu’on offre aussi de l’encens exquis et des fleurs pâles (blanches) ; et quant à celui qui m’établit ou me soutient (mon image ou mon emblème) sur la terre, écoute aussi la destinée qui lui échoit.
Verse 15
दत्त्वा शिरसि पुष्पाणि इमं मन्त्रमुदीरयेत् ॥ हृदि कृत्वा तु मन्त्रांश्च शुक्लाम्बरधरो धरे ॥
Après avoir posé des fleurs sur la tête, qu’on récite ce mantra ; et, ayant établi les mantras dans le cœur, vêtu de blanc, qu’on accomplisse le rite.
Verse 16
सुमान्यः सुमना गृह्य प्रीयतां भगवान्हरिः ॥
Prenant de belles fleurs avec un esprit paisible : «Que le Bienheureux Hari soit satisfait».
Verse 17
नमोऽस्तु विष्णवे व्यक्ताव्यक्तगन्धिगन्धान्सुगन्धान्वा गृह्ण गृह्ण नमो भगवते विष्णवे ॥ अनेन मन्त्रेण गन्धं दद्यात् ॥ श्रुत्वा प्रत्यागतमाधारसवनं पतये भवं प्रविष्टं मे धूप धूपनं गृह्णातु मे भगवाञ्च्युतः ॥ अनेन मन्त्रेण धूपं दद्यात् ॥
Hommage à Viṣṇu : reçois, reçois les fragrances, qu’elles soient manifestes ou non manifestes, parfumées ou autrement ; hommage au Seigneur bienheureux Viṣṇu. Par ce mantra, on doit offrir le parfum. Après avoir entendu et être revenu au support du rite, que le Seigneur Acyuta accepte mon encens et l’acte de fumigation entré dans cette offrande pour le Seigneur ; par ce mantra, on doit offrir l’encens.
Verse 18
श्रुत्वा चैवं च शास्त्राणि यो मामेव तु कारयेत् ॥ मम लोकं च गच्छेत जायेतैव चतुर्भुजः ॥
Ainsi, après avoir entendu les enseignements des śāstra, quiconque fait accomplir ces prescriptions en ne se référant qu’à moi, va en mon monde et naît véritablement avec quatre bras.
Verse 19
श्यामाकं स्वस्तिकं चैव गोधूमं मुद्गकं तथा ॥ शालयस्तु यवाश्चैव तथा नीवारकाङ्गुकाः ॥
Le millet śyāmāka, le grain dit svastika, le blé et le mudga (haricot mungo) ; de même des variétés de riz, l’orge, ainsi que le riz sauvage nīvāra et les grains aṅguka.
Verse 20
एतानि यस्तु भुञ्जीत मम कर्मपरायणः ॥ शङ्खं चक्रं लाङ्गलं च मुसलं स च पश्यति ॥
Mais quiconque mange ces grains, voué aux pratiques que j’ai prescrites, contemple la conque, le disque, la charrue et le pilon.
Verse 21
ब्राह्मणस्य तु वक्ष्यामि शृणु कर्म वसुन्धरे ॥ यानि कर्माणि कुर्वीत मम भक्तिपरायणः ॥
À présent, j’énoncerai les devoirs d’un brāhmaṇa ; écoute, ô Vasundharā : les actes que doit accomplir celui qui est voué à la dévotion envers moi.
Verse 22
षट्कर्मनिरतो भूत्वा अहङ्कारविवर्जितः ॥ लाभालाभं परित्यज्य भिक्षाहारो जितेन्द्रियः ॥
Adonné aux six devoirs, exempt d’orgueil; renonçant au souci du gain et de la perte, il vit d’aumônes et tient ses sens maîtrisés.
Verse 23
मम कर्मसमायुक्तः पैशुन्येन विवर्जितः ॥ शास्त्रानुसारिमध्यस्थो नवृद्धशिशुचेतनः ॥
Uni aux pratiques que j’enseigne, exempt de médisance; suivant les śāstra et demeurant impartial, il a égard pour l’enfant comme pour le vieillard.
Verse 24
एतद्वै ब्रह्मणः कर्म एकचित्तो जितेन्द्रियः ॥ इष्टापूर्तं च कुरुते स मामेति वसुन्धरे ॥
Telle est, en vérité, l’œuvre du brāhmaṇa : l’esprit unifié et les sens maîtrisés, il accomplit iṣṭa et pūrta (rites sacrificiels et œuvres publiques méritoires) ; ainsi vient-il à moi, ô Vasundharā.
Verse 25
क्षत्रियाणां प्रवक्ष्यामि मम कर्मसु तिष्ठताम् ॥ यानि कर्माणि कुर्वीत क्षत्रियो मध्यसंस्थितः ॥
Je vais exposer les devoirs des kṣatriya qui demeurent établis dans les pratiques que j’enseigne : quels actes un kṣatriya, demeurant dans l’équilibre, doit accomplir.
Verse 26
दानशूरश्च कर्मज्ञो यज्ञेषु कुशलः शुचिः ॥ मम कर्मसु मेधावी अहङ्कारविवर्जितः ॥
Héroïque dans le don, connaisseur des devoirs, habile dans les yajña et pur; intelligent dans les pratiques que j’enseigne, et exempt d’orgueil.
Verse 27
अल्पभाषी गुणज्ञश्च नित्यं भागवतप्रियः ॥ गुरुविद्योऽनसूयश्च निन्द्यकर्मविवर्जितः ॥
Il parle peu, discerne la vertu et chérit toujours les dévots du Bhagavat ; il est instruit dans la révérence envers le maître et le savoir, sans envie, et évite les actes blâmables.
Verse 28
भजते मम यो नित्यं मम लोकाय गच्छति ॥ वैश्यानां तु प्रवक्ष्यामि मम कर्मसु तिष्ठताम् ॥
Quiconque m’adore sans cesse parvient à mon monde. À présent, j’exposerai les devoirs des Vaiśyas, ceux qui demeurent établis dans les actes prescrits pour moi.
Verse 29
यानि कर्माणि कुरुते मम भक्तिपथे स्थितः ॥ एतैर्गुणैः स्वधर्मेण लाभालाभविवर्जितः ॥
Quelles que soient les œuvres qu’il accomplit, établi sur la voie de la dévotion envers moi—pourvu de ces qualités et de son propre dharma—il demeure libre de l’attachement au gain et au non-gain.
Verse 30
ऋतुकालाभिगामी च शान्तात्मा मोहवर्जितः ॥ शुचिर्दक्षो निराहारो मम कर्मरतः सदा ॥
Il ne s’approche de l’union conjugale qu’au temps prescrit ; il est paisible d’esprit et exempt d’illusion ; il est pur et compétent, modéré dans la nourriture, et toujours voué aux actes prescrits pour moi.
Verse 31
गुरुसम्पूजको नित्यं युक्तो भक्तानुवत्सलः ॥ वैश्योऽप्येवं सुसंयुक्तो यस्तु कर्माणि कारयेत् ॥
Honorant toujours le maître, discipliné et plein d’affection envers les dévots, un Vaiśya ainsi bien harmonisé doit aussi faire accomplir les œuvres prescrites.
Verse 32
तस्याहं न प्रणश्यामि स च मे न प्रणश्यति ॥ अथ शूद्रस्य वक्ष्यामि कर्माणि शृणु माधवि ॥
Je ne le trahis point, et lui ne me trahit point. À présent, je décrirai les devoirs du Śūdra ; écoute, ô Mādhavī.
Verse 33
कर्माणि यानि कृत्वा ह शूद्रो मह्यं व्यवस्थितः ॥ दम्पती मम भक्तौ यो मम कर्म परायणौ ॥
En accomplissant les devoirs quels qu’ils soient, le Śūdra s’établit fermement en moi. Un couple marié, dévoué à moi et voué aux œuvres que j’ai prescrites—
Verse 34
उभौ भागवतौ भक्तौ मद्भक्तौ कर्मनिष्ठितौ ॥ देशकालौ च वानीतौ रजसा तमसोज्झितौ ॥
Tous deux sont des bhāgavatas, des dévots—mes dévots—fermes dans leurs devoirs ; et, dans l’observance du lieu et du temps, ils sont bien guidés, ayant rejeté le rajas et le tamas.
Verse 35
निरहङ्कारशुद्धात्मा आतिथेयो विनीतवान् ॥ श्रद्धधानोऽतिपूतात्मा लोभमोहविवर्जितः ॥
Ayant écarté l’orgueil et purifié l’âme, hospitalier et plein de retenue ; animé de foi, d’une nature très pure, et exempt d’avidité et d’illusion.
Verse 36
नमस्कारप्रियो नित्यं मम चिन्ताव्यवस्थितः ॥ शूद्रः कर्माणि मे देवि य एवं सममाचरेत् ॥
Toujours porté aux salutations respectueuses, fermement établi dans la contemplation de moi—ô Devī—, le Śūdra qui accomplit ainsi mes devoirs, avec égalité d’âme—
Verse 37
एवं कर्मगुणाश्चैव येन भक्त्या व्यवस्थितः ॥ सर्ववर्णाश्च मां देवि अपरं क्षत्रिये शृणु ॥
Ainsi, par les qualités manifestées dans l’action, on s’établit fermement dans la dévotion. Et toutes les classes sociales, ô Déesse, peuvent suivre cela ; écoute maintenant davantage, ô Kṣatriya.
Verse 38
येन तत्प्राप्यते योगं तच्छृणुष्व वसुन्धरे ॥ त्यक्त्वा लाभमलाभं च मोहं कामं च वर्जयेत् ॥
Écoute, ô Vasundharā, le moyen par lequel ce yoga est atteint : il faut abandonner le gain et le non-gain, et écarter l’illusion ainsi que le désir.
Verse 39
न शीतं च न चोष्णे च लब्धालब्धं विचिन्तयेत् ॥ न तिक्तेनास्ति कटुना मधुराम्लैर्न लावणैः ॥
Qu’on ne rumine ni le froid ni la chaleur, ni ce qui est obtenu ou non obtenu. Qu’on ne soit pas entraîné par des préférences pour l’amer, le piquant, le doux, l’acide ou le salé.
Verse 40
न कषायैः स्पृहा यस्य प्राप्नुयात्सिद्धिमुत्तमाम् ॥ भार्या पुत्राः पिता माता उपभोगार्थसंयुतम् ॥
Celui qui n’a aucun désir, même pour l’astringent, atteindrait l’accomplissement suprême. Pourtant, l’épouse, les fils, le père et la mère sont liés aux fins de la jouissance, et deviennent ainsi source d’attachement.
Verse 41
य एतान् हि परित्यज्य मम कर्मरतः सदा ॥ धृतिज्ञः कुशलश्चैव श्रद्धधानो धृतव्रतः ॥
Car celui qui, les ayant réellement abandonnés, demeure toujours voué à l’action pour moi : il connaît la constance, il est habile, plein de foi et ferme dans ses vœux.
Verse 42
तत्परो नित्यमुद्युक्तः अन्यकार्यजुगुप्सकः ॥ बाले वयसि कल्पश्च अल्पभोगी कुलान्वितः ॥
Tourné vers ce but, toujours appliqué et détourné des autres entreprises, il demeure discipliné dès la jeunesse, modéré dans les jouissances, et solidement enraciné dans une lignée et une communauté honorables.
Verse 43
कारुण्यः सर्वसत्त्वानां प्रत्युत्थायी महाक्षमः ॥ काले मौनक्रियां कुर्याद्यावत्तत्कर्म कारयेत् ॥
Compatissant envers tous les êtres, prompt à se lever pour servir et d’une grande patience, au moment convenable il doit entreprendre la pratique du silence, aussi longtemps que cette discipline doit être observée.
Verse 44
त्रिकालं च दिशो भागं सदा कर्मपथि स्थितः ॥ उपपन्नानभुञ्जानः कर्माण्यभोजनानि च ॥
Observant les trois temps du jour et les divisions des directions, demeurant toujours sur la voie de l’action réglée, il ne mange pas ce qui est impropre et accomplit des observances comprenant l’abstinence de nourriture.
Verse 45
अनुष्ठानपरश्चैव मम पार्श्वे मनश्चरः ॥ काले मूत्रपुरीषाणि विसृज्य स्नानवत्सलः ॥
Dévoué aux observances, l’esprit demeurant près de moi (tourné vers le maître ou la Divinité), au moment convenable il doit évacuer urine et excréments, aimant le bain et la pureté.
Verse 46
पयसा यावकेनापि कदाचिद्वायुभक्षणः ॥ कदाचित्षष्ठकालेन क्वचिद्दृष्टमहाफलः ॥
Parfois il vit de lait, ou même de bouillie d’orge; parfois il se soutient d’air (jeûne extrême); parfois il ne mange qu’au sixième intervalle : ainsi, dit-on, en certains cas on voit de grands fruits.
Verse 47
कदाचित्तु चतुर्थेन कदाचित्फलमेव च ॥ कदाचिद्दशमे भुञ्जेत्पक्षे मासे वसुन्धरे
Parfois, qu’on mange le quatrième jour ; parfois, seulement des fruits. Parfois, qu’on mange le dixième jour—dans une quinzaine ou dans un mois, ô Vasundharā (la Terre).
Verse 48
य एतत्सप्त जन्मानि मम कर्माणि कुर्वते ॥ योगिनस्तान्प्रपश्यन्ति पूर्वोक्तान्कर्मसु स्थितान्
Quiconque accomplit ces actes qui sont miens durant sept naissances—les yogin les contemplent, établis dans les actions précédemment énoncées.
Verse 49
यानि कर्माणि कुर्वन्तु मां प्रपश्यन्ति माधवि ॥ तानि ते कथयिष्यामि येन भक्त्या व्यवस्थिताः
Je te dirai ces actions par lesquelles, en les accomplissant, ils me contemplent, ô Mādhavī ; par elles, ils sont solidement établis dans la dévotion.
Verse 50
एतत्ते कथितं देवि श्रेष्ठं चैव मम प्रियम् ॥ तव चैवं प्रियार्थाय मन्त्रपूजां सुखावहम्
Cela t’a été exposé, ô Devī—excellent et cher à mon cœur ; et de même, pour ton plaisir et ton bien, je décris le culte des mantras, porteur de bien-être.
Verse 51
अभ्युत्थानादिकुशलः पैशुन्येन विवर्जितः ॥ एतैर्गुणैः समायुक्तो यो मां व्रजति क्षत्रियः
Habileté en des actes tels que se lever pour honorer et servir, et exempt de médisance—pourvu de ces qualités, le kṣatriya qui vient à moi est louable.
Verse 52
त्यक्त्वा ऋषिसहस्राणि शूद्रमेव भजाम्यहम् ॥ चातुर्वर्ण्यस्य कर्माणि यत्त्वया परिपृच्छितम्
Laissant de côté des milliers de ṛṣi, je prends en faveur même un seul śūdra ; et maintenant j’expose les devoirs des quatre varṇa, selon ce que tu as demandé.
Verse 53
पुष्पे गन्धे च धूपे च मत्कर्मणि सदा रतः ॥ कदाचित्कन्दमूलानि फलानि च कदाचन
Toujours adonné à mon rite avec des fleurs, des parfums et de l’encens ; parfois (prenant) bulbes et racines, et parfois aussi des fruits.
The chapter prioritizes single-minded bhakti and inner orientation over external scale—stating that wealth, large donations, or numerous sacrifices are not decisive when performed without focused devotion. It presents humility, sense-restraint, avoidance of malicious speech, and steadiness in one’s duty as the practical ethical core across social roles.
The principal marker is dvādaśī (the 12th lunar day), prescribed for upavāsa (fasting). Additional daily time-markers appear for worship (e.g., at midnight—arddharātra, in darkness—andhakāra, at midday—madhyāhna, and in the afternoon—aparāhṇa). The ritual also includes Āditya/Sūrya-darśana (looking toward the sun).
Although it does not describe ecosystems or landscapes directly, the dialogue framework with Pṛthivī (Earth) positions dharma as a stabilizing force for ‘sthiti’ (social and moral stability) among mortals. By prescribing disciplined conduct, reduced greed, and regulated consumption, the text implicitly links ethical self-governance to maintaining terrestrial order and minimizing disruptive human behavior upon Earth.
No specific royal dynasties, sages by name, or administrative lineages are cited in this chapter. The narrative references social categories (brāhmaṇa, kṣatriya, vaiśya, śūdra), generalized ṛṣi-s (e.g., ‘ṛṣi-sahasrāṇi’), and deities/titles such as Nārāyaṇa, Viṣṇu, Hari, and Acyuta.