
Kapilādhenudāna-māhātmya
Ritual-Manual (Dāna-vidhi and Phalaśruti) with Ethical-Discourse on bovine care
Dans le cadre didactique Varāha–Pṛthivī, ce chapitre enseigne le kapilādhenudāna, don méritoire d’une vache kapilā (fauve). Il est prescrit de l’offrir avec son veau, parée d’ornements et de gemmes, selon le vidhāna rituel. Sont ensuite énumérées des pratiques dévotionnelles quotidiennes envers la vache—vénérer l’eau tombée de sa tête, faire la circumambulation (pradakṣiṇā) et se baigner avec son urine—chacune dite effacer des pāpa accumulés sur de longues durées. Le don d’une seule kapilā est déclaré équivalent à celui de mille vaches, et le mérite s’étend à la bonne garde: la brosser, la protéger et nourrir le bétail affamé. Une typologie des formes selon la couleur est donnée, et la conclusion affirme qu’offrir une telle vache à un brāhmaṇa procure jouissance mondaine et libération, reliant le dāna au soin durable du bien-être terrestre.
Verse 1
अथ कपिलाधेनुदानमाहात्म्यम् ॥ होतॊवाच ॥ अथातः सम्प्रवक्ष्यामि कपिलां धेनुमुत्तमाम् ॥ यत्प्रदानान्नरो याति विष्णुलोकमनुत्तमम् ॥
Voici (commence) l’éloge du don de la vache fauve. Le Hotā dit : « À présent j’exposerai l’excellente vache kapilā ; en la donnant, l’homme parvient au séjour incomparable de Viṣṇu ».
Verse 2
पूर्वोक्तेन विधानॆन दद्याद्धेनुं सवत्सकाम् ॥ सर्वालङ्कारसंयुक्तां सर्वरत्नसमन्विताम् ॥
Selon le rite énoncé précédemment, on doit donner une vache avec son veau, parée de tous les ornements et pourvue de toutes sortes de gemmes.
Verse 3
कपिलायाः शिरो ग्रीवा सर्वतीर्थानि भामिनि ॥ पितामहनीयॊगाच्च निवसन्ति हि निश्चयः ॥
Ô toi la rayonnante, dans la tête et le cou de la vache kapilā résident tous les tīrthas, assurément, par l’ordonnance du Grand‑Père (Brahmā).
Verse 4
प्रातरुत्थाय यो मर्त्यः कपिलागलमस्तकात् ॥ च्युतं तु भक्त्या पानीयं शिरसा वन्दते शुचिः ॥
Celui qui, s’étant levé au matin, pur dans sa discipline, vénère avec dévotion —en inclinant la tête— l’eau potable qui a coulé du cou et de la tête de la vache kapilā, acquiert du mérite.
Verse 5
स तेन पुण्यतोयेन तत्क्षणाद्दग्धकिल्बिषः ॥ त्रिंशद्वर्षकृतं पापं दहत्यग्निरिवेन्धनम् ॥
Par cette eau méritoire, à l’instant même, ses fautes sont consumées ; elle brûle le péché amassé durant trente ans, comme le feu brûle le bois.
Verse 6
कल्यमुत्थाय यो मर्त्यः कुर्यात्तासां प्रदक्षिणम् ॥ प्रदक्षिणी कृता तेन पृथिवी स्याद्वसुन्धरे ॥
Celui qui se lève à l’aube et accomplit la circumambulation rituelle de ces (vaches), par lui, ô Vasundharā porteuse de richesses, c’est comme si la Terre elle-même avait été circumambulée.
Verse 7
प्रदक्षिणेन चैकेन श्रद्धायुक्तेन तत्क्षणात् ॥ दशजन्मकृतं पापं तस्य नश्यत्यसंशयम् ॥
Et par une seule circumambulation, accomplie avec foi, à l’instant même, le péché accumulé durant dix naissances est détruit, sans aucun doute.
Verse 8
कपिलायास्तु मूत्रेण स्नायाच्चैव शुचिव्रतः । स गङ्गादिषु तीर्थेषु स्नातो भवति मानवः ॥
Celui qui observe le vœu de pureté doit aussi se baigner avec l’urine de la vache kapilā (fauve) ; cet homme devient comme s’il s’était baigné dans les tīrtha tels que la Gaṅgā.
Verse 9
तेन स्नानेन चैकेन भावयुक्तेन वै नरः ॥ यावज्जीवकृतात्पापान्मुच्यते नात्र संशयः ॥
Et par ce seul bain, accompli avec la juste disposition intérieure, l’homme est délivré des fautes commises tout au long de la vie ; il n’y a là aucun doute.
Verse 10
गवामस्थि ततोऽप्येतन्मृतगन्धेन दूषयेत् ॥ यावज्जिघ्रति तं गन्धं तावत्पुण्यैस्तु पूर्यते ॥
Même l’os des bovins serait (autrement) souillé par l’odeur des morts ; mais tant que l’on respire cette odeur, durant ce temps on se trouve rempli de mérite (puṇya).
Verse 11
गवां कण्डूयनं श्रेष्ठं तथा च परिपालनम् ॥ तुल्यं गोशतदानस्य भयरोगादिपालने ॥
Le plus noble service rendu aux vaches consiste à apaiser leurs démangeaisons, à les protéger et à les entretenir ; les préserver de la peur, des maladies et autres maux est tenu pour l’équivalent du don de cent vaches.
Verse 12
तृणादिकानि यो दद्यात्क्षुधितेन गवाऽह्निकम् ॥ गोमेधस्य फलं दिव्यं लभते मानवोत्तमः ॥
Celui qui donne de l’herbe et autres fourrages comme ration quotidienne à une vache affamée obtient le fruit divin associé au gomedha, ô meilleur des hommes.
Verse 13
विमानैर्विविधैर्दिव्यैः कन्याभिरभितोऽर्पितैः ॥ सेव्यमानः सुगन्धैर्वै दीप्यमान इवाग्नयः ॥
Il est honoré par divers vimānas divins, et par des jeunes filles offertes tout autour ; servi par des parfums, il resplendit tel des feux embrasés.
Verse 14
सुवर्णकपिला पूर्वं द्वितीया गौरपिङ्गला ॥ तृतीया चैव रक्ताक्षी चतुर्थी गुडपिङ्गला ॥
La première est la kapilā au pelage doré ; la seconde, la piṅgalā jaune‑brune ; la troisième, celle aux yeux rouges ; la quatrième, la piṅgalā d’une teinte douce, semblable à la mélasse.
Verse 15
पञ्चमी बहुवर्णा स्यात्षष्ठी च श्वेतपिङ्गला ॥ सप्तमी श्वेतपिङ्गाक्षी त्वष्टमी कृष्णपिङ्गला ॥
La cinquième doit être multicolore ; la sixième est blanche‑piṅgala ; la septième a des yeux blanche‑piṅgala ; la huitième est noire‑piṅgala.
Verse 16
नवमी पाटला ज्ञेया दशमी पुच्छपिङ्गला ॥ एकादशी खुरश्वेता त्वेतासां सर्वलक्षणाः ॥
La neuvième doit être reconnue comme rosée (pāṭalā) ; la dixième, à la queue fauve ; la onzième, aux sabots blancs : tels sont les signes distinctifs complets.
Verse 17
सर्वलक्षणसंयुक्ता सर्वालङ्कृतसुन्दरी ॥ ब्राह्मणाय प्रदातव्या भुक्तिमुक्तिप्रदायिनी ॥
Pourvue de tous les signes et magnifiquement parée, elle doit être donnée à un brāhmaṇa ; on dit qu’elle accorde à la fois la jouissance en ce monde et la délivrance (mokṣa), fruit d’un tel don.
Verse 18
भुक्तिमुक्तिप्रदा तेषां विष्णुमार्गप्रदायिनी ॥
Pour eux, elle accorde à la fois la jouissance et la délivrance, et l’on dit qu’elle confère la voie de Viṣṇu.
Verse 19
गोसहस्रं च यो दद्यादेकां वा कपिलां नरः ॥ सममेतत्पुरा प्राह ब्रह्मा लोकपितामहः ॥
Qu’un homme donne mille vaches, ou même une seule vache kapilā (fauve), cela fut déclaré équivalent jadis par Brahmā, l’aïeul des mondes.
The text instructs that merit is generated not only through formal dāna (donation) but also through sustained go-sevā: protecting, grooming, and feeding cattle. This frames moral action as both ritual correctness (vidhāna) and practical care, presenting an ethics of responsibility toward living beings that indirectly supports terrestrial well-being (Pṛthivī-centered stewardship).
No tithi, nakṣatra, māsa, or seasonal timing is specified. The practices are presented as daily or situational actions (e.g., prātaḥ—morning rising; kalyam utthāya—rising at an auspicious time; feeding when cattle are hungry), indicating a routine discipline rather than calendar-fixed observance.
While not explicitly ecological in modern terms, the chapter valorizes protection and maintenance of cattle (paripālana, kaṇḍūyana, feeding), which implies a model of terrestrial balance: sustaining domesticated animals as part of agrarian life and resource cycles. In a Varāha–Pṛthivī interpretive frame, these prescriptions function as practical stewardship supporting the stability and productivity of the Earth.
The chapter references Brahmā as lokapitāmaha and invokes Pitāmaha-niyoga (assignment by the Grandfather figure) regarding sacred presences associated with the kapilā cow. No royal dynasties or administrative lineages are named in the provided passage.
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