
Le Sarvasāra Upaniṣad, rattaché à l’Atharvaveda, est un court texte conçu comme une « quintessence » de l’enseignement védantique. Son orientation est résolument advaita : l’Ātman n’est pas autre que Brahman et la réalité ultime est une. La servitude (bandha) n’est pas une chaîne ontologique, mais une erreur de connaissance due à avidyā/adhyāsa (ignorance et surimposition). La délivrance (mokṣa) n’est pas produite ; elle est la levée de l’ignorance et la reconnaissance du Soi. Le texte met l’accent sur viveka, la discrimination entre le changeant (corps, sens, mental, intellect) et le témoin immuable (sākṣin). Par l’analyse des cinq enveloppes (pañca-kośa) et des trois états (veille, rêve, sommeil profond), il conduit à la conscience pure qui illumine toute expérience. La méthode « neti neti » nie toute identification objectivable jusqu’à ce que demeure la conscience auto-lumineuse. Sur le plan soteriologique, le Sarvasāra affirme la primauté de la connaissance (jñāna) comme moyen direct de libération, soutenue par le détachement (vairāgya) et la contemplation (śravaṇa–manana–nididhyāsana). Son « essence » est une métaphysique pratique : cesser la méprise identitaire et demeurer dans la non-dualité.
Start Reading- Brahman–Ātman identity: the Self is non-different from the absolute reality
- Avidyā/adhyāsa as the root of bondage; liberation as removal of ignorance
not a new attainment
- Viveka: discrimination between the transient (body–mind) and the changeless witness (sākṣin)
- Neti neti method: negation of all objectifiable phenomena to reveal pure consciousness
- Pañca-kośa and three states analysis as pedagogical tools for Self-inquiry
- Jñāna as the direct means to mokṣa; śravaṇa–manana–nididhyāsana as the contemplative discipline
- Vairāgya and inner renunciation: freedom from identification
desire
and fear
- The world as appearance under māyā: empirical reality is dependent
Brahman alone is ultimate
21 verses with Sanskrit text, transliteration, and translation.
Verse 1
कथं बन्धः कथं मोक्षः का विद्या काऽविद्येति। जाग्रत्स्वप्नसुषुप्तितुरीयं च कथम्। अन्नमयप्राणमयमनोमयविज्ञानमयानन्दमयकोशाः कथम्। कर्ता जीवः पञ्चवर्गः क्षेत्रज्ञः साक्षी कूटस्थोऽन्तर्यामी कथम्। प्रत्यगात्...
Comment y a-t-il servitude? Comment y a-t-il délivrance? Qu’est-ce que la connaissance, et qu’est-ce que l’ignorance? Et comment comprendre les états de veille, de rêve, de sommeil profond, et le quatrième (turīya)? Comment comprendre les enveloppes—faites de nourriture, de souffle vital, de mental, d’intellect et de béatitude? Comment comprendre l’agent, l’âme individuelle (jīva), le groupe quintuple, le connaisseur du champ (kṣetrajña), le Témoin, l’Immuable (kūṭastha) et le Régisseur intérieur? Comment comprendre le Soi tourné vers l’intérieur, le Soi suprême et la māyā?
Bandha–mokṣa viveka; avidyā–vidyā; avasthā-traya/turīya; pañca-kośa; sākṣī–kūṭastha–antaryāmin; māyāVerse 2
आत्मेश्वरजीवः अनात्मनां देहादीनामात्मत्वेनाभिमन्यते सोऽभिमान आत्मनो बन्धः। तन्निवृत्तिर्मोक्षः॥२॥
Le Soi—en tant que Seigneur et en tant que jīva—prend le non-Soi, tel le corps et autres, pour le Soi; cette identification (abhimāna) est la servitude du Soi. La cessation de cela est la délivrance.
Avidyā/adhyāsa (misidentification) as bandha; mokṣa as nivṛtti (sublation)Verse 3
या तदभिमानं कारयति सा अविद्या। सोऽभिमानो यया निवर्तते सा विद्या॥३॥
Ce qui fait naître cette identification est l’ignorance (avidyā). Ce par quoi cette identification cesse est la connaissance (vidyā).
Avidyā vs vidyā; causal account of abhimāna and its cessationVerse 4
मन आदिचतुर्दशकरणैः पुष्कलैरादित्याद्यनुगृहीतैः शब्दादीन् विषयान् स्थूलान् यदोपलभते तदात्मनो जागरणम्। तद्वासनासहितैश्चतुर्दशकरणैः शब्दाद्यभावेऽपि वासनामयाञ्छब्दादीन् यदोपलभते तदात्मनः स्वप्नम्। चतुर्दश...
Lorsque le mental, avec les quatorze instruments (sens et facultés internes), abondants et soutenus par le soleil et autres, appréhende des objets grossiers tels que le son, c’est l’état de veille (jāgrat) du Soi. Lorsque, avec ces mêmes quatorze instruments accompagnés d’impressions latentes (vāsanā), il appréhende des sons et autres faits de vāsanā même en l’absence de son extérieur et semblables, c’est le rêve (svapna) du Soi. Lorsque l’ensemble des quatorze instruments, faute d’une connaissance distincte en dehors du Suprême, n’appréhende ni son ni autres, c’est le sommeil profond (suṣupti) du Soi. Lorsque se tient une conscience continue, témoin de la présence et de l’absence des trois états, sans modification propre, on l’appelle la conscience « quatrième » (turīya).
Avasthā-traya (three states) and Turīya as sākṣī-caitanya (witness-consciousness)Verse 5
अन्नकार्याणां कोशानां समूहोऽन्नमयः कोश उच्यते। प्राणादिचतुर्दशवायुभेदा अन्नमयकोशे यदा वर्तन्ते तदा प्राणमयः कोश इत्युच्यते। एतत्कोशद्वयसंसक्तं मन आदिचतुर्दशकरणैरात्मा शब्दादिविषयसङ्कल्पादीन् धर्मान् य...
L’ensemble des enveloppes qui sont des produits de la nourriture est appelé l’enveloppe faite de nourriture (annamaya kośa). Lorsque les quatorze divisions des souffles vitaux, à commencer par prāṇa, opèrent dans l’enveloppe de nourriture, on l’appelle l’enveloppe faite de souffle vital (prāṇamaya kośa). Lorsque le Soi, conjoint à ces deux enveloppes, par le mental et les autres instruments parmi les quatorze, accomplit des fonctions telles que la volition à l’égard d’objets comme le son, on l’appelle l’enveloppe faite de mental (manomaya kośa). Lorsque, conjoint à ces trois enveloppes, brille le connaisseur des particularités qui s’y trouvent, on l’appelle l’enveloppe faite de connaissance (vijñānamaya kośa). Lorsque, conjoint à ces quatre enveloppes, il demeure dans l’ignorance de sa propre cause—comme l’arbre présent dans la graine du banyan—on l’appelle l’enveloppe faite de béatitude (ānandamaya kośa).
Pañca-kośa (five sheaths) analysis and causal ignorance (kāraṇa-ajñāna)Verse 6
सुखदुःखबुद्ध्या श्रेयोऽन्तः कर्ता यदा तदा इष्टविषये बुद्धिः सुखबुद्धिरनिष्टविषये बुद्धिर्दुःखबुद्धिः। शब्दस्पर्शरूपरसगन्धाः सुखदुःखहेतवः। पुण्यपापकर्मानुसारी भूत्वा प्राप्तशरीरसंयोगमप्राप्तशरीरसंयोगमि...
Lorsque, par la cognition du plaisir et de la douleur, il y a un agent intérieur soucieux de ce qui est salutaire, alors, à l’égard d’un objet désiré, la cognition est cognition de plaisir, et à l’égard d’un objet non désiré, la cognition est cognition de douleur. Le son, le toucher, la forme, la saveur et l’odeur sont des causes de plaisir et de douleur. Lorsqu’on voit quelqu’un suivre le karma de mérite et de démérite, produisant comme s’il y avait conjonction avec un corps déjà obtenu et conjonction avec un corps pas encore obtenu, on l’appelle l’individu conditionné (upahita jīva).
Jīva as upahita (conditioned) by upādhis; karma (puṇya/pāpa) and sukha-duḥkha through sense-objectsVerse 7
मन आदिश्च प्राणादिश्चेच्छादिश्च सत्त्वादिश्च पुण्यादिश्चैते पञ्चवर्गा इति। एतेषां पञ्चवर्गाणां धर्मीभूतात्मा ज्ञानादृते न विनश्यति। आत्मसन्निधौ नित्यत्वेन प्रतीयमान आत्मोपाधिर्यस्तल्लिङ्गशरीरं हृद्ग्र...
« Le mental et le reste, le prāṇa et le reste, le désir et le reste, le sattva et le reste, le mérite et le reste » : tels sont les cinq groupes. L’Ātman, en tant que substrat (dharmin) de ces cinq groupes, ne périt pas, hormis en l’absence de connaissance (jñāna). Cet adjoint de l’Ātman qui, au voisinage de l’Ātman, est saisi comme éternel, est appelé le corps subtil (liṅga-śarīra), et aussi le nœud du cœur (hṛd-granthi).
Liṅga-śarīra (subtle body) and hṛd-granthi; Atman as dharmin (substratum) of mental-vital-ethical functions; jñāna as the means to mokṣaVerse 8
तत्र यत्प्रकाशते चैतन्यं स क्षेत्रज्ञ इत्युच्यते॥८॥
Là, cette conscience (chaitanya) qui resplendit est appelée le « connaisseur du champ » (kṣetrajña).
Kṣetrajña (witness-consciousness) distinct from kṣetra (field: body-mind complex)Verse 9
ज्ञातृज्ञानज्ञेयानामाविर्भावतिरोभावज्ञाता स्वयमाविर्भावतिरोभावरहितः स्वयंज्योतिः साक्षीत्युच्यते॥९॥
Celui qui connaît l’apparition et la disparition du connaissant, de la connaissance et du connu—ce principe même est libre d’apparition et de disparition ; auto-lumineux, il est appelé le Témoin (sākṣin).
Sākṣin (witness), svayaṃ-jyotis (self-luminosity), triad of knower–knowledge–known and its sublationVerse 10
ब्रह्मादिपिपीलिकापर्यन्तं सर्वप्राणिबुद्धिष्ववशिष्टतयोपलभ्यमानः सर्वप्राणिबुद्धिस्थो यदा तदा कूटस्थ इत्युच्यते॥१०॥
Ce qui, de Brahmā jusqu’à la fourmi, est saisi comme le résidu immuable demeurant dans l’intellect de tous les êtres; présent dans l’intellect de chaque vivant—alors et en ce sens on l’appelle « kūṭastha », le Soi immuable et stable.
Atman as kūṭastha (immutable witness-consciousness)Verse 11
कूटस्थोपहितभेदानां स्वरूपलाभहेतुर्भूत्वा मणिगणे सूत्रमिव सर्वक्षेत्रेष्वनुस्यूतत्वेन यदा काश्यते आत्मा तदान्तर्यामीत्युच्यते॥११॥
Lorsque le Soi, devenant la cause de l’obtention (reconnaissance) de la vraie nature des différences conditionnées par le kūṭastha, resplendit comme étant enfilé à travers tous les champs (corps et esprits), tel un fil dans un collier de gemmes—alors on l’appelle « antaryāmin », le Régent intérieur.
Antaryāmin (inner controller) and immanence of Atman/BrahmanVerse 12
सत्यं ज्ञानमनन्तं ब्रह्म । सत्यमविनाशि । अविनाशि नाम देशकालवस्तुनिमित्तेषु विनश्यत्सु यन्न विनश्यति तदविनाशि । ज्ञानं नामोत्पत्तिविनाशरहितं नैरन्तर्यं चैतन्यं ज्ञानमुच्यते । अनन्तं नाम मृद्विकारेषु मृ...
Brahman est Vérité, Connaissance et Infini. La « Vérité » est impérissable. « Impérissable » signifie : lorsque l’espace, le temps, les objets et les causes périssent, ce qui ne périt pas—cela est impérissable. La « Connaissance » signifie : la conscience continue, exempte de naissance et de destruction ; on l’appelle connaissance. L’« Infini » signifie : la conscience plénière et omniprésente—comme l’argile dans les transformations de l’argile, comme l’or dans les transformations de l’or, comme le fil dans les transformations du fil—présente à travers tout le déploiement du cosmos manifesté à partir de l’inmanifesté ; on l’appelle infini. La « Béatitude » signifie : dont la nature est joie-conscience, océan incommensurable d’ānanda, et essence résiduelle du bonheur ; on l’appelle béatitude.
Brahman as satyam-jñānam-anantam (and ānanda); imperishability and all-pervasionVerse 13
एतद्वस्तुचतुष्टयं यस्य लक्षणं देशकालवस्तुनिमित्तेष्वव्यभिचारि तत्पदार्थः परमात्मेत्युच्यते॥१३॥
Ce référent dont le signe distinctif est l’absence de déviation (invariabilité) à l’égard du lieu, du temps, de l’objet et de la cause—tel est le sens du mot « tat » (Cela) ; on l’appelle le Soi suprême (Paramātman).
Paramātman/Brahman as the invariant referent of ‘tat’ (tatpadārtha) beyond deśa-kāla-nimitta upādhisVerse 14
त्वंपदार्थादौपाधिकात्तत्पदार्थादौपाधिकभेदाद्विलक्षणमाकाशवत्सूक्ष्मं केवलसत्तामात्रस्वभावं परं ब्रह्मेत्युच्यते॥१४॥ माया नाम अनादिरन्तवती प्रमाणाप्रमाणसाधारणा न सती नासती न सदसती स्वयमधिका विकाररहिता न...
Ce qui se distingue du sens conditionné de « tvam » et du sens conditionné de « tat », en raison de la différence de leurs upādhi (adjoints limitants)—subtil comme l’espace, de nature de pure existence seule—est appelé le Brahman suprême (Parabrahman). « Māyā » est sans commencement et pourtant a une fin ; elle est impliquée aussi bien dans la connaissance valide que dans la connaissance invalide ; elle n’est ni réelle, ni irréelle, ni à la fois réelle et irréelle ; elle se soutient d’elle-même, sans requérir une autre māyā ; elle est sans modification ; lorsqu’on l’examine, elle est dépourvue de tout caractère définissable, sinon celui d’être « autre que le Réel » : cela s’appelle māyā. Quant à l’ignorance (ajñāna), bien que vaine et irréelle, elle est tenue pour réellement existante par les ignorants dans les trois temps ; pour les gens du monde, elle est indicible comme « ceci est ainsi » : on ne peut l’énoncer de façon définitive.
Nirupādhika Brahman; lakṣaṇā in mahāvākya interpretation; Māyā/Ajñāna as anirvacanīya (indefinable) and beginningless but removableVerse 15
अज्ञानं तुच्छाप्यसती कालत्रयेऽपि पामराणां वास्तवी च सत्त्वबुद्धिर्लौकिकानामिदमित्थमित्यनिर्वचनीया वक्तुं न शक्या॥१५॥
L’ignorance—bien que vaine et irréelle—est tenue pour réellement existante par les ignorants dans les trois temps ; pour les gens du monde, elle est indicible comme « ceci est ainsi » ; on ne peut l’énoncer de façon définitive.
Ajñāna as anirvacanīya and pragmatically compelling despite being ultimately unreal (mithyā)Verse 16
नाहं भवाम्यहं देवो नेन्द्रियाणि दशैव तु । न बुद्धिर्न मनः शश्वन्नाहङ्कारस्तथैव च ॥ अप्राणो ह्यमनाः शुभ्रो बुद्ध्यादीनां हि सर्वदा । साक्ष्यहं सर्वदा नित्यश्चिन्मात्रोऽहं न संशयः ॥ नाहं कर्ता नैव भोक्त...
Je ne suis pas un être en devenir ; je ne suis pas un dieu ; je ne suis pas non plus les dix sens. Je ne suis ni l’intellect ni le mental ; ni même le sentiment d’ego (ahaṅkāra). Sans prāṇa et sans mental, je suis pur, toujours au-delà des modifications de l’intellect et du reste. Je suis à jamais le Témoin, éternel, conscience seule—sans doute. Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur ; je suis par nature le témoin de Prakṛti. Par ma seule présence, le corps et le reste fonctionnent comme s’ils n’étaient pas inertes. Je suis immobile, éternel, toujours béatitude, pur, fait de connaissance, sans tache. Je suis le Soi de tous les êtres, omniprésent, le Témoin—sans doute. Je suis Brahman seul, connaissable par tout le Vedānta ; je ne suis pas un objet de connaissance tel que l’espace, le vent et semblables. Je ne suis ni forme, ni nom, ni action ; je suis Brahman seul, dont la nature est Être–Conscience–Béatitude (Sat–Cit–Ānanda).
Ātman–Brahman identity; sākṣī-caitanya; neti-neti; akartṛtva/abhoktṛtvaVerse 17
नाहं भवाम्यहं देवो नेन्द्रियाणि दशैव तु । न बुद्धिर्न मनः शश्वन्नाहङ्कारस्तथैव च ॥ अप्राणो ह्यमनाः शुभ्रो बुद्ध्यादीनां हि सर्वदा । साक्ष्यहं सर्वदा नित्यश्चिन्मात्रोऽहं न संशयः ॥ नाहं कर्ता नैव भोक्त...
Je ne suis pas un être en devenir ; je ne suis pas un dieu ; je ne suis pas non plus les dix sens. Je ne suis ni l’intellect ni le mental ; ni même le sentiment d’ego (ahaṅkāra). Sans prāṇa et sans mental, je suis pur, toujours au-delà des modifications de l’intellect et du reste. Je suis à jamais le Témoin, éternel, conscience seule—sans doute. Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur ; je suis par nature le témoin de Prakṛti. Par ma seule présence, le corps et le reste fonctionnent comme s’ils n’étaient pas inertes. Je suis immobile, éternel, toujours béatitude, pur, fait de connaissance, sans tache. Je suis le Soi de tous les êtres, omniprésent, le Témoin—sans doute. Je suis Brahman seul, connaissable par tout le Vedānta ; je ne suis pas un objet de connaissance tel que l’espace, le vent et semblables. Je ne suis ni forme, ni nom, ni action ; je suis Brahman seul, dont la nature est Être–Conscience–Béatitude (Sat–Cit–Ānanda).
Neti-neti leading to Brahman-realization; sākṣitva; nirguṇa BrahmanVerse 18
नाहं भवाम्यहं देवो नेन्द्रियाणि दशैव तु । न बुद्धिर्न मनः शश्वन्नाहङ्कारस्तथैव च ॥ अप्राणो ह्यमनाः शुभ्रो बुद्ध्यादीनां हि सर्वदा । साक्ष्यहं सर्वदा नित्यश्चिन्मात्रोऽहं न संशयः ॥ नाहं कर्ता नैव भोक्त...
Je ne suis pas un être en devenir ; je ne suis pas un dieu ; je ne suis pas non plus les dix sens. Je ne suis ni l’intellect ni le mental ; ni même le sentiment d’ego (ahaṅkāra). Sans prāṇa et sans mental, je suis pur, toujours au-delà des modifications de l’intellect et du reste. Je suis à jamais le Témoin, éternel, conscience seule—sans doute. Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur ; je suis par nature le témoin de Prakṛti. Par ma seule présence, le corps et le reste fonctionnent comme s’ils n’étaient pas inertes. Je suis immobile, éternel, toujours béatitude, pur, fait de connaissance, sans tache. Je suis le Soi de tous les êtres, omniprésent, le Témoin—sans doute. Je suis Brahman seul, connaissable par tout le Vedānta ; je ne suis pas un objet de connaissance tel que l’espace, le vent et semblables. Je ne suis ni forme, ni nom, ni action ; je suis Brahman seul, dont la nature est Être–Conscience–Béatitude (Sat–Cit–Ānanda).
Nirupādhika ātman; sākṣī; Brahman as Sat–Cit–Ānanda; dehātma-bhrānti nivṛttiVerse 19
नाहं भवाम्यहं देवो नेन्द्रियाणि दशैव तु । न बुद्धिर्न मनः शश्वन्नाहङ्कारस्तथैव च ॥ अप्राणो ह्यमनाः शुभ्रो बुद्ध्यादीनां हि सर्वदा । साक्ष्यहं सर्वदा नित्यश्चिन्मात्रोऽहं न संशयः ॥ नाहं कर्ता नैव भोक्त...
Je ne suis pas ce devenir; je ne suis pas un dieu, ni les dix sens. Je ne suis ni l’intellect (buddhi) ni le mental (manas); de même je ne suis pas l’ego-sentiment (ahaṅkāra). Je suis sans prāṇa, vraiment sans mental, pur—toujours Témoin de l’intellect et du reste. Je suis toujours le Témoin, éternel, conscience seule—sans doute. Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur; j’ai la forme du Témoin de la Prakṛti. Par ma seule présence, le corps et le reste fonctionnent, comme si l’insentient agissait. Je suis immobile, éternel, toujours béatitude, pur, fait de connaissance, sans tache. Je suis l’Ātman de tous les êtres, omniprésent, le Témoin—sans doute. Je suis Brahman seul, connaissable par tout le Vedānta; je ne suis pas un objet de connaissance ayant la forme de l’espace, du vent et autres. Je ne suis ni forme, ni nom, ni acte; je suis Brahman seul, de nature Être–Conscience–Béatitude (sat–cit–ānanda).
Ātman–Brahman identity; sākṣī-caitanya (witness-consciousness); akartṛtva/abhoktṛtva; neti-netiVerse 20
नाहं भवाम्यहं देवो नेन्द्रियाणि दशैव तु । न बुद्धिर्न मनः शश्वन्नाहङ्कारस्तथैव च ॥ अप्राणो ह्यमनाः शुभ्रो बुद्ध्यादीनां हि सर्वदा । साक्ष्यहं सर्वदा नित्यश्चिन्मात्रोऽहं न संशयः ॥ नाहं कर्ता नैव भोक्त...
Je ne suis pas ce devenir; je ne suis pas un dieu, ni les dix sens. Je ne suis ni l’intellect (buddhi) ni le mental (manas); de même je ne suis pas l’ego-sentiment (ahaṅkāra). Je suis sans prāṇa, vraiment sans mental, pur—toujours Témoin de l’intellect et du reste. Je suis toujours le Témoin, éternel, conscience seule—sans doute. Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur; j’ai la forme du Témoin de la Prakṛti. Par ma seule présence, le corps et le reste fonctionnent, comme si l’insentient agissait. Je suis immobile, éternel, toujours béatitude, pur, fait de connaissance, sans tache. Je suis l’Ātman de tous les êtres, omniprésent, le Témoin—sans doute. Je suis Brahman seul, connaissable par tout le Vedānta; je ne suis pas un objet de connaissance ayant la forme de l’espace, du vent et autres. Je ne suis ni forme, ni nom, ni acte; je suis Brahman seul, de nature Être–Conscience–Béatitude (sat–cit–ānanda).
Ātman–Brahman identity; sākṣī; neti-neti; transcendence of nāma-rūpa-karmaVerse 21
नाहं देहो जन्ममृत्यु कुतो मे नाहं प्राणः क्षुत्पिपासे कुतो मे । नाहं चेतः शोकमोहौ कुतो मे नाहं कर्ता बन्धमोक्षौ कुतो मे इत्युपनिषत् ॥
Je ne suis pas le corps; d’où la naissance et la mort pourraient-elles être pour moi? Je ne suis pas le prāṇa; d’où la faim et la soif pourraient-elles être pour moi? Je ne suis pas la substance mentale (citta); d’où le chagrin et l’illusion pourraient-ils être pour moi? Je ne suis pas l’agent; d’où l’asservissement et la délivrance pourraient-ils être pour moi?—ainsi l’Upaniṣad enseigne.
Neti-neti; asanga-ātman (unattached Self); akartṛtva; transcendence of saṃsāra and even the notion of mokṣa as a changeRead Upanishads in the Vedapath app
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