Garbha
vedic_generalAtharva5 Verses

Garbha

vedic_generalAtharva

Le Garbha Upanishad (rattaché à l’Atharvaveda) se distingue dans le corpus upanishadique en prenant la conception, le développement embryonnaire et la naissance comme support d’une réflexion sur la différence entre le corps et l’Ātman. Le corps y est décrit comme un composé des cinq éléments (pañca-bhūta), mû par le karma et les tendances (vāsanā), donc fondamentalement impermanent ; cette méditation vise à éveiller viveka (discernement) et vairāgya (détachement). Le sein maternel est présenté comme un « microcosme » où le jīva assume un corps selon les actions passées. L’étroitesse et la fragilité de la condition prénatale, ainsi que l’allusion à l’« oubli » au moment de la naissance, servent d’allégories de l’avidyā (ignorance) et de l’identification aux sens. Sur le plan philosophique, l’enseignement central affirme que le corps-esprit est changeant, tandis que l’Ātman demeure comme témoin. La naissance humaine devient ainsi une occasion décisive pour la connaissance de soi et la libération, en comprenant et en dépassant les causes de l’attachement.

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Key Teachings

- Garbha (womb/embryo) as a microcosm: bodily formation illustrates cosmic principles and karmic causality.

- Pañca-bhūta (five elements) and material causation: the body is compounded

contingent

and impermanent.

- Jīva

karma

and rebirth: embodiment is shaped by prior actions and tendencies (saṃskāra).

- Avidyā and forgetfulness: birth symbolizes the eclipse of innate insight by sensory identification.

- Ātman as witness: the inner knower is distinct from the developing body-mind complex.

- Viveka and vairāgya: contemplation of gestation and suffering cultivates discernment and dispassion.

- Soteriological urgency: human birth is a critical occasion for self-knowledge and liberation.

Verses of the Garbha

5 verses with Sanskrit text, transliteration, and translation.

Verse 1

ॐ पञ्चात्मकं पञ्चसु वर्तमानं षडाश्रयं षड्गुणयोगयुक्तम् । तत्सप्तधातु त्रिमलं द्वियोनि चतुर्विधाहारमयं शरीरं भवति ॥ पञ्चात्मकमिति कस्मात्—पृथिव्यापस्तेजोवायुराकाशमिति । अस्मिन्पञ्चात्मके शरीरे का पृथिव...

Om. Le corps est quintuple (constitué des cinq éléments), demeurant dans les cinq, ayant six appuis, uni à six qualités; il possède sept constituants, trois impuretés, deux sources (les parents) et il est formé de quatre sortes de nourriture. Pourquoi l’appelle-t-on « quintuple » ? Parce qu’il est fait de terre, d’eau, de feu, d’air et d’espace. Dans ce corps quintuple, qu’est-ce que la terre, qu’est-ce que l’eau, qu’est-ce que le feu, qu’est-ce que l’air, qu’est-ce que l’espace ? Ce qui est dur est terre; ce qui est fluide est eau; ce qui est chaud est feu; ce qui se meut est air; ce qui est creux est espace. Là: la terre soutient; l’eau compacte et coagule; le feu illumine; l’air met en mouvement; l’espace donne l’étendue. Séparément: dans l’oreille, la saisie du son; dans la peau, le toucher; dans les yeux, la forme; dans la langue, la saveur; dans le nez, l’odeur; l’organe de génération, dans la jouissance; apāna, dans l’excrétion. Par l’intellect (buddhi) on comprend; par le mental (manas) on forme l’intention; par la parole (vāc) on parle. Pourquoi « six appuis » ? Parce qu’on éprouve les six saveurs: doux, acide, salé, amer, piquant, astringent; et aussi les sept notes: ṣaḍja, ṛṣabha, gāndhāra, madhyama, pañcama, dhaivata, niṣāda. Les désignations sonores agréables et désagréables sont de sept sortes; par l’attention appliquée elles deviennent de dix sortes. Les « sept constituants » sont indiqués comme: blanc, rouge, noir, enfumé, jaune, fauve, pâle, etc.

Anātma-viveka (analysis of the body as composite of elements)

Verse 2

कस्मात् यदा देवदत्तस्य द्रव्यादिविषया जायन्ते ॥ परस्परं सौम्यगुणत्वात् षड्विधो रसो रसाच्छोणितं शोणितान्मांसं मांसान्मेदो मेदसः स्नावा स्नाव्नोऽस्थीन्यस्थिभ्यो मज्जा मज्ज्ञः शुक्रं । शुक्रशोणितसंयोगादा...

Pourquoi et quand les objets matériels et autres surgissent-ils pour Devadatta (l’individu) ? Par la combinaison réciproque, en raison de la qualité « fraîche/humide », l’essence (rasa) est de six sortes; de l’essence naît le sang; du sang, la chair; de la chair, la graisse; de la graisse, les tendons; des tendons, les os; des os, la moelle; de la moelle, le sperme. De la conjonction du sperme et du sang, l’embryon advient et s’établit dans le cœur. Dans le cœur se trouve le feu intérieur; au lieu du feu se trouve la bile (pitta); au lieu de la bile se trouve le vent (vāyu); au lieu du vent se trouve le cœur: telle est la succession ordonnée par Prajāpati.

Śarīra-utpatti (embodiment as causal chain) and viveka between Self and physiological processes

Verse 3

ऋतुकाले सम्प्रयोगादेकरात्रोषितं कलिलं भवति, सप्तरात्रोषितं बुद्बुदं भवति, अर्धमासाभ्यन्तरेण पिण्डो भवति, मासाभ्यन्तरेण कठिनो भवति, मासद्वयेन शिरः सम्पद्यते, मासत्रयेण पादप्रवेशो भवति । अथ चतुर्थे मासे...

Par l’union au temps favorable, après une nuit il devient kalila (masse gélatineuse); après sept nuits il devient budbuda (bulle); en l’espace d’une demi-lune il devient une masse; en un mois il devient ferme; en deux mois la tête se forme; en trois mois advient la formation des pieds. Puis, au quatrième mois se forme la région du ventre et des hanches; au cinquième mois se forme la colonne vertébrale; au sixième mois se forment la bouche, le nez, les yeux et les oreilles; au septième mois il est conjoint au jīva; au huitième mois il est pleinement achevé. Par excès de la semence du père naît un mâle; par excès de la semence de la mère naissent des femelles; par égalité des deux semences naît un être au sexe indéterminé. Par trouble du mental (de la mère), les enfants deviennent aveugles, boiteux, bossus ou nains. Par division du sperme sous la pression réciproque des souffles, le corps devient double; alors naissent des jumeaux. L’être quintuple, apte, dont l’essence est attisée par le feu quintuple, par la connaissance juste et la méditation contemple la syllabe impérissable Oṃ. Ayant connu cette unique syllabe, (se trouvent) les huit prakṛti et les seize transformations dans le corps des êtres incarnés. Ensuite, par le fil-canal des nāḍī portant nourriture et boisson mesurées, le prāṇa est nourri. Au neuvième mois, complet de tous les signes, il se souvient des naissances antérieures, discerne les actes accomplis et non accomplis, et saisit le karma favorable et défavorable.

Karma-saṃskāra and jīva-śarīra sambandha; Oṃ as upāsya leading toward Brahman-knowledge

Verse 4

नानायोनिसहस्राणि दृष्ट्वा चैव ततो मया । आहाराः विविधा भुक्ताः पीताश्च विविधाः स्तनाः ॥ जातस्यैव मृतस्यैव जन्म चैव पुनः पुनः । अहो दुःखोदधौ मग्नः न पश्यामि प्रतिक्रियाम् ॥ यन्मया परिजनस्यार्थे कृतं कर्...

Ayant vu des milliers de matrices diverses, je les ai certes traversées ; des nourritures variées furent mangées, et des seins variés furent bus. Pour celui qui naît comme pour celui qui meurt, la naissance revient encore et encore. Hélas, englouti dans un océan de souffrance, je ne vois aucun remède. Toute action—bonne ou mauvaise—que j’ai accomplie pour l’intérêt des proches, c’est moi seul qui en brûle ; ceux qui en ont goûté les fruits sont partis. Si je suis délivré du sein maternel, je m’appuierai sur le Sāṅkhya et le Yoga—destructeurs de l’inauspice, dispensateurs de la liberté à l’égard des fruits du karma. Si je suis délivré du sein maternel, je prendrai refuge en Maheśvara—destructeur de l’inauspice, dispensateur de la liberté à l’égard des fruits. Si je suis délivré du sein maternel, je prendrai refuge en le Bienheureux Seigneur Nārāyaṇa, le Dieu—destructeur de l’inauspice, dispensateur de la liberté à l’égard des fruits. Si je suis délivré du sein maternel, je méditerai le Brahman éternel. Alors l’être, après avoir traversé cent matrices féminines, parvient à la porte du sein ; pressé par le mécanisme et par une grande douleur, à peine né il est touché par le vent vaiṣṇava ; dès lors il ne se souvient ni de la naissance ni de la mort, ni de ses actes bons et mauvais.

Saṃsāra, karma, vairāgya, and mokṣa through yoga/jñāna and īśvara-prapatti; forgetfulness (avidyā) at birth

Verse 5

शरीरमिति कस्मात् साक्षादग्नयो ह्यत्र श्रियन्ते—ज्ञानाग्निर्दर्शनाग्निः कोष्ठाग्निरिति । तत्र कोष्ठाग्निर्नामाशितपीतलेह्यचोष्यं पचतीति । दर्शनाग्निः रूपादीनां दर्शनं करोति । ज्ञानाग्निः शुभाशुभं च कर्म...

Pourquoi l’appelle-t-on « corps » ? Parce qu’ici, manifestement, des feux y sont établis : le feu de la connaissance, le feu de la perception et le feu gastrique. Parmi eux, le feu gastrique cuit ce qui est mangé, bu, léché et sucé. Le feu de la perception opère la perception des formes et autres. Le feu de la connaissance discerne l’acte bon et l’acte mauvais. Ici se trouvent trois demeures : dans le cœur, le feu Dakṣiṇa ; dans le ventre, le Gārhapatya ; la bouche est l’Āhavanīya. Le Soi est le sacrifiant ; ayant placé l’intellect comme épouse, le mental est Brahmā ; l’avidité et le reste sont les animaux ; la constance est la consécration (dīkṣā), ainsi que le contentement ; les organes de connaissance sont les vases sacrificiels ; les organes d’action sont les oblations ; la tête est le bol-crâne ; les cheveux sont l’herbe darbha ; la bouche est l’autel intérieur. La tête est un crâne à quatre parties ; il y a seize (séries de) dents latérales, lèvres et palais ; cent sept points vitaux ; cent quatre-vingts articulations ; cent neuf ligaments ; sept cents vaisseaux ; cinq cents moelles ; et, en vérité, trois cent soixante os ; et trois crores et demi de poils. Le cœur pèse huit palas ; la langue douze palas ; la bile est d’un prastha ; le flegme d’un āḍhaka ; le sperme d’un kuḍava ; la graisse de deux prasthas ; l’urine et les excréments sont indéterminés, selon la mesure de la nourriture. Le traité de libération de Paippalāda est achevé ; le traité de libération de Paippalāda est achevé.

Adhyātma-yajña (internalization of Vedic ritual), śarīra-anātma-viveka, and the functional ‘fires’ (agni) sustaining embodiment