Upanishads - Arunika
samnyasaYajur5 Verses

Arunika

samnyasaYajur

L’Upaniṣad Āruṇika, rattachée au Kṛṣṇa-Yajurveda, est une Upaniṣad de saṃnyāsa très brève mais décisive pour l’intelligence vedāntique de la renonciation. Elle présente le saṃnyāsa non comme un simple changement de statut social, mais comme une forme de vie particulièrement favorable à la quête directe de la connaissance de Brahman/Ātman. Le renoncement au ritualisme (karmakāṇḍa) n’est pas un rejet du Veda ; il affirme que la visée ultime de la révélation védique s’accomplit dans le jñāna libérateur. Le texte met l’accent sur la renonciation intérieure : non-possession (aparigraha), détachement (vairāgya), regard égal (sama-darśana) et équanimité face au plaisir/douleur et à l’honneur/déshonneur. L’identité du renonçant se déplace du « faiseur-jouisseur » vers le « témoin-conscience ». Ainsi, la mokṣa est comprise comme une liberté réalisable ici et maintenant par la connaissance.

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Key Teachings

- Saṃnyāsa as a direct support for Brahma-jñāna: renunciation protects the inquiry into ātman/brahman.

- Primacy of knowledge (jñāna) over ritual action (karma) for mokṣa

while acknowledging preparatory disciplines.

- Non-possessiveness (aparigraha) and minimal requisites as outward expressions of inner freedom.

- Sama-darśana (equal vision) and equanimity amid honor/dishonor

pleasure/pain.

- Abidance in the Self as the sole refuge: identity shifts from agent (kartā) to witness (sākṣin).

- Inner renunciation is essential; external marks are secondary to dispassion (vairāgya) and discernment (viveka).

- Fearlessness and serenity arise from recognizing the Self as unborn

unchanging

and non-dual.

Verses of the Arunika

5 verses with Sanskrit text, transliteration, and translation.

Verse 1

ॐ आरुणिः प्राजापत्यः प्रजापतेर्लोकं जगाम। तं गत्वोवाच— केन भगवन् कर्माण्यशेषतो विसृजामीति। तं होवाच प्रजापतिः— तव पुत्रान् भ्रातॄन् बन्ध्वादीन् शिखां यज्ञोपवीतं यागं स्वाध्यायं भूर्लोकं भुवर्लोकं स्वर...

Om. Āruṇi, descendant de Prajāpati, se rendit au monde de Prajāpati. Parvenu là, il dit : «Par quel moyen, ô Bienheureux, puis-je abandonner entièrement les actes (karma) ?» Prajāpati lui répondit : «Qu’il renonce à ses fils, à ses frères et à tous ses proches ; à la touffe rituelle (śikhā), au cordon sacré (yajñopavīta), au sacrifice, à la récitation védique ; aux mondes—Bhūḥ, Bhuvaḥ, Svaḥ, Mahas, Jana, Tapas, Satya—ainsi qu’à Atala, Talātala, Vitala, Sutala, Rasātala, Mahātala, Pātāla, et même à l’œuf cosmique (brahmāṇḍa). Qu’il prenne un bâton, un vêtement de couverture et un pagne. Qu’il renonce au reste.»

Sannyāsa (renunciation) as a means to mokṣa; disidentification from loka and karma

Verse 2

गृहस्थो ब्रह्मचारी वा वानप्रस्थो वा उपवीतं भूमावप्सु वा विसृजेत्। लौकिकाग्नीनुदराग्नौ समारोपयेत्। गायत्रीं च स्ववाचाग्नौ समारोपयेत्। कुटीचरो ब्रह्मचारी कुटुम्बं विसृजेत्। पात्रं विसृजेत्। पवित्रं विसृ...

Le maître de maison, ou l’étudiant célibataire (brahmacārin), ou l’habitant de la forêt (vānaprastha) doit déposer le cordon sacré (yajñopavīta) sur la terre ou dans l’eau. Qu’il transfère les feux domestiques dans le feu du ventre. Qu’il place la Gāyatrī dans le feu de sa propre parole. Le brahmacārin vivant en hutte doit abandonner le foyer. Qu’il abandonne le bol d’aumône ; qu’il abandonne le purificateur (pavitra) ; qu’il abandonne les bâtons et les mondes—ainsi fut-il dit. Dès lors, qu’il agisse sans mantras (védiques). Qu’il renonce à la « montée » (les rites visant les mondes supérieurs). Qu’il prenne la nourriture comme un remède. Qu’il se baigne aux trois jonctions (aube, midi, crépuscule). Qu’il pratique la « jonction » (sandhi) comme samādhi dans le Soi. Dans tous les Vedas, qu’il reprenne sans cesse l’Āraṇyaka ; qu’il reprenne sans cesse l’Upaniṣad—qu’il reprenne sans cesse l’Upaniṣad.

Internalization of yajña; amantraka life; nididhyāsana through Upaniṣadic recitation and samādhi

Verse 3

खल्वहं ब्रह्मसूचनात् सूत्रं ब्रह्मसूत्रमहमेव। विद्वान् त्रिवृत्सूत्रं त्यजेत्। विद्वान् य एवं वेद— संन्यस्तं मया, संन्यस्तं मया, संन्यस्तं मयेति— त्रिरुक्त्वाभयं सर्वभूतेभ्यो (दद्यात्)। मत्तः सर्वं प्...

En vérité, par l’indication de Brahman, le « fil » est un fil de Brahman ; je suis moi-même cela. Le connaissant doit abandonner le triple fil. Le connaissant qui comprend ainsi, après avoir dit trois fois : « Renoncé par moi, renoncé par moi, renoncé par moi », doit accorder l’intrépidité (abhaya) à tous les êtres. De moi tout procède. « Ô ami, tu es le déliement (la délivrance) ; tu es ami. Tu es la foudre d’Indra, le tueur de Vṛtra. Sois pour moi protection ; écarte tout péché »—ainsi. Par ce mantra, après avoir préparé un bâton de bambou, il doit prendre un pagne (kaupīna). Qu’il s’exerce à manger comme un remède ; qu’il prenne la nourriture comme un remède ; qu’il mange selon ce qui est obtenu. Célibat, non-violence, non-possession et vérité : protégez, protégez, protégez avec effort.

Brahman as the real ‘sūtra’; jñāna-based renunciation; abhaya (fearlessness) and yama-like vows

Verse 4

अथातः परमहंसपरिव्राजकानामासनशयनादिकं भूमौ, ब्रह्मचर्यं, मृत्पात्रम् अलाम्बुपात्रं दारुपात्रं वा। यतीनां कामक्रोधहर्षरोषलोभमोहदम्भदर्पेच्छासूयाममत्वाहङ्कारादीनपि परित्यजेत्। वर्षासु ध्रुवशीलोऽष्टौ मासा...

À présent, pour les renonçants errants du type « paramahaṁsa » : leur assise, leur couche et le reste sont à même le sol ; (ils observent) le célibat ; (ils peuvent avoir) un bol de terre, un bol de gourde ou un bol de bois. Les yati doivent abandonner même le désir, la colère, l’exaltation, la fureur, l’avidité, l’illusion, l’hypocrisie, l’orgueil, la convoitise, l’envie, la possessivité, l’ego et autres semblables. Pendant la saison des pluies, d’une conduite stable, l’ascète doit errer seul durant huit mois ; ou bien deux peuvent errer ; ou bien deux peuvent errer—ainsi est-il dit.

Paramahaṁsa-sannyāsa; vairāgya and antaḥkaraṇa-śuddhi (purification of mind)

Verse 5

स खल्वेवं यो विद्वान् सोपनयनादूर्ध्वमेतानि प्राग्वा त्यजेत्। पितरं पुत्रम् अग्निम् उपवीतं कर्म कलत्रं चान्यदपीह यत्। यतयो भिक्षार्थं ग्रामं प्रविशन्ति पाणिपात्रम् उदरपात्रं वा। ॐ हि ॐ हि ॐ हीत्येतदुपन...

En vérité, le connaissant ainsi instruit doit abandonner ces choses, après l’initiation (upanayana) ou même avant : père, fils, feu, cordon sacré, action rituelle, épouse, et tout ce qui est ici. Les renonçants entrent au village pour l’aumône avec la main pour bol ou le ventre pour bol. Qu’il dépose cette Upaniṣad : « Oṁ hi, Oṁ hi, Oṁ hi ». En vérité, connaissant ainsi cette Upaniṣad, après avoir abandonné le bâton de bois de palāśa, bilva, aśvattha ou udumbara, la ceinture de muñja et le cordon sacré, le héros qui sait ainsi avance. « Ce pas suprême de Viṣṇu, les voyants le contemplent toujours, tel un œil déployé dans le ciel. Ce (pas), les inspirés, les pénétrants, les éveillés l’attisent : le pas suprême de Viṣṇu. » Ainsi est l’enseignement du nirvāṇa ; l’enseignement du Veda ; l’enseignement du Veda.

Nirvāṇa/mokṣa through radical tyāga and Upaniṣadic knowledge; ‘Viṣṇu’s highest padam’ as the supreme state

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