
Dans ce chapitre, Īśvara s’adresse à Devī et attire l’attention sur un liṅga éminent nommé Citreśvara, situé par rapport à un repère local : à la distance de « sept longueurs d’arc » et du côté āgneya (sud-est). Le discours le qualifie de mahāprabhāva, d’une puissance immense, et l’établit explicitement comme sarva-pātaka-nāśana, le destructeur de toutes les fautes. Le culte (pūjā) de Citreśvara est présenté comme une pratique de protection : le dévot est délivré de la crainte de naraka (l’enfer). Le péché est en outre décrit comme pouvant être « essuyé, purifié » (mārjayati) par Citra (Citreśvara), suggérant que la dévotion persévérante opère une purification rituelle et morale. Īśvara conclut en exhortant à adorer Citreśa avec un effort total ; la phalaśruti affirme que même celui qui porte un lourd fardeau de fautes ne verra pas l’enfer.
Verse 1
ईश्वर उवाच । ततो गच्छेन्महादेवि चित्रेश्वर मनुत्तमम् । धनुषां सप्तके तस्य स्थितमाग्नेयदक्षिणे
Īśvara dit : « Ensuite, ô Grande Déesse, qu’on se rende auprès de Citreśvara, le suprêmement excellent. Il se trouve à sept longueurs d’arc, vers le sud-est. »
Verse 2
लिंगं महाप्रभावं हि सर्वपातकनाशनम् । तत्र चित्रेश्वरं पूज्य नरकान्न भवेद्भयम्
Ce liṅga est, en vérité, d’une grande puissance, détruisant tous les péchés. Après y avoir vénéré Citreśvara, on n’a plus à craindre l’enfer.
Verse 3
पटस्थितं तस्य पापं चित्रो मार्जयति प्रिये । तस्मात्सर्वप्रयत्नेन चित्रेशं पूजयेत्सदा । यः स्यात्पापयुतो वापि नरकं नैव पश्यति
Ô bien-aimée, Citra efface son péché comme s’il n’était qu’une peinture sur une étoffe. C’est pourquoi, de tout son effort, qu’on vénère toujours Citreśa. Même chargé de péchés, l’homme ne voit pas l’enfer.
Verse 142
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे प्रथमे प्रभासक्षेत्रमाहात्म्ये चित्रेश्वर माहात्म्यवर्णनंनाम द्विचत्वारिंशदुत्तरशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le chapitre 142, intitulé « Description de la grandeur de Citreśvara », dans le Prabhāsa Khaṇḍa du Skanda Mahāpurāṇa, au sein de la section Prabhāsakṣetra Māhātmya.