Adhyaya 13
Mahesvara KhandaArunachala MahatmyaAdhyaya 13

Adhyaya 13

Ce chapitre poursuit l’enseignement sur le tejaḥstambha, le « pilier de radiance », en recourant au dialogue pour opérer une rectification morale et cognitive. Ketakī s’adresse à Nandikeśvara avec dérision, rappelant que cette Réalité est incommensurable : d’innombrables univers s’y rattachent, et aucune mesure finie ne peut en attester l’étendue. Brahmā s’avance alors avec révérence, renonce à l’orgueil et confesse son ignorance ainsi que sa rivalité avec Viṣṇu — un égarement né de la vanité et de l’oubli de la majesté de Śiva. Il raconte sa tentative de trouver les limites du pilier en prenant diverses formes (dans le vaste cycle mythique apparaissent les images du haṃsa et du sanglier) et reconnaît son épuisement et son échec. Pourtant, même après l’aveu, demeure le désir de rang : Brahmā demande à Ketakī de prononcer devant Viṣṇu une déclaration habilement formulée, affirmant que Brahmā a vu le sommet, afin d’obtenir la supériorité ou du moins l’égalité. Nandikeśvara conclut que Ketakī, touchée par les supplications répétées, va transmettre à Viṣṇu les paroles de Brahmā près du tejaḥstambha. Le chapitre met ainsi en regard confession et quête de prestige, soulignant la critique purānique de l’orgueil et la complexité éthique de la parole et du témoignage.

Shlokas

Verse 1

ब्रह्मोवाच । अथ गौरी पुरारातिं प्रणम्य जगदंबिका । अयाचत्तादृशा शंभुमविनाभावमात्मनः

Brahmā dit : Alors Gaurī, Mère du monde, se prosterna devant l’Ennemi de Tripura et demanda à Śambhu ce don : qu’Il demeurât inséparable d’elle.

Verse 2

इदं विज्ञापयामास लोकानुग्रहकारणात् । कृपया परया पूर्णा गौरी संवादसुंदरी

Pour la bénédiction du monde, Gaurī—pleine de compassion suprême et gracieuse en sa parole—fit connaître cette requête.

Verse 3

न त्याज्यमेतत्ते रूपमत्र दृष्टिमनोहरम् । अहं त्वया न च त्याज्या सापराधापि सर्वदा । मनोहरमिदं रूपमेतत्ते लोकमंगलम्

« Cette forme qui est la Tienne, si enchanteresse à contempler ici, ne doit pas être abandonnée. Et moi non plus, ne m’abandonne jamais, même si je suis en faute. Cette forme si belle de Toi est pour le bienheureux auspice du monde. »

Verse 4

आलोक्यतां सदा सर्वैर्दिव्यगन्धसमन्वितम् । भुजंगगरलब्रह्मकपालशिवभस्मभिः

« Qu’elle soit contemplée sans cesse par tous : cette forme empreinte de parfum divin, parée du serpent, du poison, du crâne de Brahmā et de la cendre sacrée de Śiva. »

Verse 5

भीषणैरलमीशान जय वेषपरिग्रहैः । सुकुमारो भवेर्दिव्यमाल्यगंधांबरादिभिः

«Assez, ô Īśāna, de ces terribles apprêts. Sois gracieux et doux, paré de guirlandes divines, de parfums, de vêtements délicats et autres ornements».

Verse 6

भूषितो रत्नभूषाभिर्विहरस्व महेश्वर । आगता नित्यमीशान देवगन्धर्वकन्यकाः

«Ô Maheśvara, paré d’ornements de joyaux, réjouis-Toi ici. Ô Īśāna, les jeunes filles des Deva et des Gandharva viennent sans cesse (pour Te servir et T’honorer)».

Verse 7

सेवंतामत्र देवेशं नृत्यवादित्रगीतिभिः । गणाश्च मानुषा भूत्वा सेवंतां त्वामहर्निशम्

«Qu’ils servent ici le Seigneur des dieux par la danse, les instruments et le chant. Et que Tes gaṇa aussi, prenant forme humaine, Te servent jour et nuit».

Verse 8

त्वत्प्रसादादयं देव सुगंधिः पुष्टिवर्द्धनः । आवयोः संगमो दृष्टो भूयात्सर्वार्थदायकः

«Par Ta grâce, ô Dieu, ce parfum devient nourrissant et accroît la vigueur. Que l’union de nous deux, désormais accomplie, soit dispensatrice de toutes les bénédictions».

Verse 9

गृहीतमत्र देवेश सर्वमंत्रात्मकं वपुः । चरितं तव कैंकर्यमस्तु भक्तिः सदा तव

«Ô Seigneur des dieux, ici j’ai enlacé Ta forme, qui est l’essence même de tous les mantras. Que ma conduite demeure à jamais un service dévot envers Toi, et qu’une bhakti inébranlable envers Toi réside toujours en moi».

Verse 10

ज्ञानाज्ञानकृतं नित्यमपराधसहस्रकम् । क्षम्यतां तव भक्तानामनन्यशरणेक्षणात्

Que soient pardonnées à Tes dévots les milliers de fautes commises chaque jour, sciemment ou non, puisqu’ils ne tournent leur regard vers nul autre que Toi, leur unique refuge.

Verse 11

इति देव्या वचः श्रुत्वा शम्भुः शोणाचलेश्वरः । तमेव वरदः प्रादाद्वरं सर्वमभीप्सितम्

Ayant entendu les paroles de la Déesse, Śambhu—Seigneur de Śoṇācala—, dispensateur de grâces, lui accorda ce vœu même, comblant tout ce qui était désiré.

Verse 12

आभाष्य गौरीं कुतुकाद्रंतुकामः स्वयं शिवः । धारय त्वं मृगमदं मनोज्ञमिदमूचिवान्

S’adressant à Gaurī, Śiva lui-même—désireux d’errer avec espièglerie—prononça ces paroles charmantes : «Porte ce musc (mṛgamada).»

Verse 13

महादेव उवाच । पुलकाख्यो महान्दैत्यो मृगरूपी तपोधिकम् । कृत्वा प्राप वरं मत्तः सौगन्ध्यं परमाद्भुतम्

Mahādeva dit : «Un grand daitya nommé Pulaka, prenant la forme d’un cerf et accomplissant d’intenses austérités, obtint de Moi une grâce : un parfum tout à fait merveilleux.»

Verse 14

लब्ध्वा वरं स्वगन्धेनामोहयत्सुरयोषितः । तथैवाधर्मसंप्राप्तो बबाधे सकलं जगत्

Ayant obtenu la grâce, il ensorcela par son propre parfum les femmes célestes ; puis, tombant dans l’adharma, il opprima le monde entier.

Verse 15

देवैरभ्यर्थितः सोहमाहूयासुरनायकम् । विमुंच लोकरक्षार्थमासुरं देहमित्यशाम्

Sollicité par les dieux, j'ai convoqué le seigneur des démons et lui ai ordonné : « Pour la protection des mondes, abandonne ton corps démoniaque. »

Verse 16

पुलक उवाच । त्यक्ष्यामि देवदेवेश देहमेतं त्वदाज्ञया । प्रणम्य भक्तिमनसा मामप्यर्चेदमूचिवान्

Pulaka dit : « Ô Dieu des dieux, par ton ordre, j'abandonnerai ce corps. » S'étant incliné avec un esprit dévot, il m'adora également et prononça ces paroles.

Verse 17

मदंगसंभवं दिव्यं सौरभं विश्वमोहनम् । धार्यतां देव देवेश सदा सादरचेतसा

« Ô Seigneur, ô Dieu des dieux, que ce parfum divin, né de mon propre corps et enchantant le monde entier, soit toujours porté par Toi avec bienveillance. »

Verse 18

पुलकस्वेदजातो हि सदा प्रख्यायतां तव । अयं मृगमदो लोके शृङ्गाररसवर्द्धनः

« En effet, que ce musc – né de la transpiration de Pulaka – soit à jamais renommé comme étant le Vôtre. Ce mṛgamada dans le monde rehausse le rasa de la beauté et du charme. »

Verse 19

त्वत्प्रियः कांतिसौभाग्यरूपलावण्यदायकः । विसृजामि निजं देहं देवदेव जगत्पते

« Bien-aimé de Toi, et dispensateur d'éclat, de bonne fortune, de beauté et de grâce, je renonce maintenant à mon propre corps, ô Dieu des dieux, ô Seigneur des mondes. »

Verse 20

सदा बहुमतो देव्या दिव्यसौरभलुब्धया । मदंशसंभवा ये स्युर्मत्तपोलब्धसौरभाः

Que ceux qui naîtront d’une part de moi soient à jamais hautement honorés par la Déesse—éprise du parfum divin—et qu’ils portent la fragrance acquise par mon austérité.

Verse 21

लीयंतां तव देवेश मूर्तावालेपनच्छलात् । तथेति मय्युक्तवति स दैत्यः पुलकाभिधः

«Qu’ils se fondent dans Ta forme, ô Seigneur des dieux, sous le prétexte de T’oindre.» Quand j’eus parlé ainsi, le Daitya nommé Pulaka répondit : «Qu’il en soit ainsi.»

Verse 22

विससर्ज निजं देहं मयिसन्यस्तजीवितः । ततस्तदंगसंभूतं मदं बहुलसौरभम्

Il abandonna son propre corps, ayant remis sa moi sa vie même. Alors, de ses membres naquit un onguent épais, d’un parfum puissant et surabondant.

Verse 23

अधारयमहं प्रेम्णा शतशृंगारवर्द्धनम् । तपसा देवदेवेशि तप्तं तव वपुः कृशम्

«Je l’appliquai avec amour—qui accroît au centuple les parures—sur ton corps, ô Dame du Dieu des dieux, corps que l’austérité avait brûlé et rendu frêle.»

Verse 24

मदंगं च वियोगात्त इदं निर्वापयाधुना । इति प्रशस्य बहुधा पुलकस्नेहमद्भुतम्

«Et maintenant, à cause de la séparation, rafraîchis et apaise ce corps qui est le mien avec cela.» Ainsi, louant maintes fois l’affection merveilleuse de Pulaka, il parla.

Verse 25

आलिलिंप महादेवः पार्वतीं प्रेममंदिराम् । अपृच्छच्च हसन्देवः पार्वतीं ललनाकृतिम्

Mahādeva oignit Pārvatī, demeure même de l’amour ; puis le Seigneur, souriant, interrogea Pārvatī, qui avait pris l’aspect d’une jeune fille.

Verse 26

किमेतदिति हस्तोत्थं दृष्ट्वा तं जगदंबिका । अब्रवीदरुणाद्रीशमानम्य जगदंबिका

Voyant cela levé dans sa main, Jagadambikā dit : « Qu’est-ce donc ? ». S’inclinant devant le Seigneur d’Aruṇādri, la Mère du monde prit la parole.

Verse 27

आगतिं तस्य पुष्पस्य सदा स्वकरवर्तिनः

(Elle s’enquit de) la venue et de l’origine de cette fleur, qui reposait toujours dans sa propre main.

Verse 28

देव्युवाच । अहं कैलासशिखराद्देवदेव त्वदाज्ञया । तपः कर्तुमनुप्राप्ता कांचीं कनकतोरणाम्

La Déesse dit : « Ô Dieu des dieux, sur ton ordre, je suis venue du sommet du Kailāsa à Kāñcī, parée de portails d’or, afin d’accomplir l’austérité ».

Verse 29

अवाप्य मानसोद्भूतं कह्लारमिदमुत्तमम् । आराधयं महादेवमम्लानगुरुसौरभम्

Ayant obtenu cet excellent nénuphar blanc, né de l’esprit, j’adorai Mahādeva, embaumé d’un parfum profond et impérissable.

Verse 30

यदक्षयमविश्रांतमर्चनायोजितं मया । अविच्छिन्नमहादीप्तिः कामधेनुघृताप्लुतः

Cette offrande que j’ai consacrée au culte—impérissable et sans relâche—devint une lampe d’immense clarté ininterrompue, baignée dans le ghee de Kāmadhenu.

Verse 31

अवेक्षणीयो भूपालैरनुपाल्यश्च सर्वदा । धर्मलक्षणमाधेयं लोकरक्षार्थमादरात्

Que les rois le surveillent et le protègent sans cesse ; avec révérence, que soit établi le signe du Dharma, pour la sauvegarde du monde.

Verse 32

सर्वाभीप्सितसिद्ध्यर्थं मत्प्रीतिकरणाय च । मया संस्थापिता धर्मा द्वात्रिंशल्लोकगुप्तये

Afin d’obtenir toute réussite désirée et aussi pour me réjouir, j’ai établi ces dharmas, pour la protection des trente-deux mondes.

Verse 33

रक्षणीया प्रयत्नेन तत्संनिधिमुपागतैः । सर्वालंकारसंयुक्तं सर्वभोगकृतोत्सवम् । आलोक्यतामिदं रूपं कन्यायां मम कांतिमत्

Que ceux qui sont parvenus à sa sainte proximité le protègent avec effort. Contemplez cette forme—rayonnante dans la jeune fille—parée de tous les ornements, célébrant la fête de toute félicité et jouissance.

Verse 34

ब्रह्मोवाच । इति देव्या वचः श्रुत्वा शम्भुः शोणाचलेश्वरः

Brahmā dit : Ayant ainsi entendu les paroles de la Déesse, Śambhu—Seigneur de Śoṇācala—répondit.

Verse 35

तथेति वरदः प्रादाद्वरं सर्वमभीप्सितम् । एष शोणाचलः श्रीमान्दृश्यते लोकपूजितः

« Qu’il en soit ainsi », dit le Donateur de grâces, accordant tous les bienfaits désirés. Ce Śoṇācala de bon augure se laisse voir et le monde entier le vénère.

Verse 36

सर्वदा वरदागौर्या सर्वभोगैश्च संवृतः । य एतच्छांभवं रूपमरुणाद्रितया स्थितम्

Toujours accompagné de Gaurī, dispensatrice de grâces, et enveloppé de toutes bénédictions et félicités, cet aspect de Śaṃbhu demeure là, en tant qu’Aruṇādri lui-même.

Verse 37

संपश्यंति नमस्यंति कृतार्थाः सर्व एव ते । अरुणाचलमाहात्म्यमेतच्छ्रण्वंति ये भुवि

Tous ceux qui le contemplent et s’y prosternent deviennent comblés et accomplis. Oui, tous ceux qui, sur la terre, entendent cette gloire d’Aruṇācala atteignent la plénitude.

Verse 38

भवंति सततं तेषां समग्राः सर्वसंपदः । श्रीमत्त्वं वाक्पतित्वं च रूपमव्याहतं बलम्

Pour eux, toutes les prospérités naissent sans cesse et dans leur plénitude : fortune, maîtrise de la parole, beauté sans tache et force sans entrave.

Verse 39

लभंते पापनाशं च माहात्म्यस्यास्य धारणात् । सर्वतीर्थाभिषवणं सर्वयज्ञक्रियाफलम्

En conservant (en récitant, en gardant en mémoire) ce Māhātmya, les hommes obtiennent la destruction des péchés, ainsi que le mérite d’un bain dans tous les tīrthas sacrés et le fruit de tous les rites sacrificiels.

Verse 40

सदाशिवप्रसादं च दत्ते शोणाद्रिदर्शनम्

Le darśana de Śoṇādri (Aruṇācala) confère aussi la grâce de Sadāśiva.

Verse 41

इति कैलासशिखरात्प्राप्ता देवी शिवाज्ञया । शापमोक्षगतवती शोणाचलनिरीक्षणात्

Ainsi, sur l’ordre de Śiva, la Déesse descendit du sommet du Kailāsa ; et en contemplant Śoṇācala (Aruṇācala), elle obtint la délivrance de sa malédiction.

Verse 42

स्थानेष्वन्येषु देवस्य विद्यमानेषु च क्षितौ । दिवि चात्यंतपुण्येषु शंभुरत्र प्रसेदिवान्

Bien que le Seigneur ait d’autres demeures sur la terre, et même des stations d’une sainteté extrême au ciel, Śambhu a manifesté ici une faveur particulière.

Verse 43

अयं सदाशिवः साक्षादरुणाचलरूपतः । दृश्यते परमं तेजः सर्गस्थित्यंतकारणम्

C’est Sadāśiva lui-même, manifesté directement sous la forme d’Aruṇācala ; on le voit comme la Radiance suprême, cause de la création, du maintien et de la dissolution.

Verse 44

एतत्तु तैजसं लिगं सर्वदेवनमस्कृतम् । दृश्यते कर्मभूरेषा तेन धर्माधिका मता

Ce Liṅga rayonnant, vénéré par tous les dieux, est contemplé en cette terre de l’action (le monde humain) ; c’est pourquoi ce lieu est tenu pour surpasser en dharma.

Verse 45

अरुणाचलनाथस्य तेजसा धूतकल्मषाः । भक्तिमंतो नरा लोके सुखमाप्स्यंति सर्वतः

Lavés de toute souillure par l’éclat du Seigneur d’Aruṇācala, les êtres dévots en ce monde obtiennent le bonheur de toutes parts.

Verse 46

प्रदक्षिणैर्नमस्कारैस्तपोभिर्नियमैरपि । येऽर्चयंत्यरुणाद्रीशं तेषां शंभुर्वशंगतः

Ceux qui vénèrent le Seigneur d’Aruṇādri par les circumambulations, les prosternations, les austérités et les observances, Śambhu leur devient favorable, comme « gagné » par eux.

Verse 47

न तथा तपसा योगैर्दानैः प्रीणाति शंकरः । यथा सकृदपि प्राप्तादरुणाचलदर्शनात्

Śaṅkara n’est pas autant réjoui par l’austérité, le yoga ou les dons, que par le fait d’obtenir ne fût-ce qu’une seule fois la vision d’Aruṇācala.

Verse 48

स्वयंभुवः सदा वेदाः सेतिहासा दिवि स्थिताः । परितो गिरिरूपास्ते स्तुवंत्यरुणपर्वतम्

Les Veda, éternels et autoexistants—avec les Itihāsa—demeurent au ciel ; prenant tout autour la forme de montagnes, ils célèbrent le Mont Aruṇa (Aruṇācala).

Verse 49

एतस्य वैभवं सर्वं न मया न च शार्ङ्गिणा । वचसा शक्यते वक्तुं वर्षकोटिशतैरपि

Toute la majesté de cet Arunācala ne peut être dite pleinement, ni par moi ni par Śārṅgiṇ (Viṣṇu, porteur de l’arc Śārṅga), fût-ce avec des paroles durant des centaines de crores d’années.

Verse 50

देवाश्च हरिमुख्यास्ते कल्पकाद्याः सुरद्रुमाः । प्रच्छन्नरूपाः सेवंते सर्वदैवारुणाचलम्

Les dieux—conduits par Hari (Viṣṇu)—et les arbres divins tels que le Kalpaka, revêtant des formes dissimulées, servent Arunachala continuellement, en tout temps.

Verse 51

न तस्य कलिदोषः स्यान्नाधिव्याधिविजृंभणा । यत्र संपूज्यते लिंगमरुणाचलसंज्ञितम्

Là où l’on adore selon le rite le liṅga nommé «Arunachala», la faute de l’âge de Kali ne domine pas, et ni maux ni maladies ne s’y lèvent.

Verse 52

इत्येतत्कथितं सर्वं तव शंभुपदाश्रयम् । चरितं ह्यरुणस्यास्य कल्पपुण्यदुरासदम्

Ainsi, tout cela t’a été exposé : ce récit qui s’abrite aux pieds de Śambhu (Śiva), l’histoire sacrée de cet Arunachala, accessible seulement par le mérite amassé au fil des âges.

Verse 53

सूत उवाच । इति विधिमुखनिःसृतामुदारामरुणगिरीशकथासुधापगां हि । श्रुतिपुटयुगलात्पिबन्मनोज्ञां सनकमुनिस्तपसां फलं स लेभे

Sūta dit : Ainsi, buvant par ses deux oreilles ce fleuve de nectar délicieux—le noble récit du Seigneur d’Arunagiri, jailli de la bouche de Vidhi (Brahmā)—le sage Sanaka obtint le fruit de ses austérités.