Adhyaya 13
Vidyesvara SamhitaAdhyaya 1385 Verses

Sadācāra–Varṇa-lakṣaṇa and Prātaḥkṛtya (Right Conduct, Social Typologies, and Morning Purification)

L’Adhyāya 13 se déploie comme un échange didactique : les ṛṣi demandent une explication rapide du sadācāra—la juste conduite par laquelle le sage harmonise la société—ainsi que des voies du dharma/adharma menant à des fruits célestes ou infernaux. Sūta répond en définissant les identités socio‑religieuses à partir de marqueurs de comportement et des Veda : le brāhmaṇa se reconnaît à l’érudition et au sadācāra ; les autres groupes sont décrits selon le degré de conduite, le mode de subsistance et le service. Le chapitre passe ensuite du classement à la discipline quotidienne : il prescrit de se lever à l’instant liminaire avant l’aube, de faire face à l’est, de se souvenir des divinités et d’examiner le calcul éthique et économique du jour (dharma, artha, difficultés attendues, revenus et dépenses). Il énumère les « fruits » du lever matinal—longévité, force, prospérité/bonne fortune et évitement du malheur—inscrivant la routine du corps dans un cadre moral et cosmique. Enfin, il détaille la procédure de purification, précisant le moment et l’étiquette de l’espace pour l’évacuation loin de la maison, avec règles de direction et solutions en cas d’obstacle. L’ensemble se lit comme un manuel normatif où la responsabilité métaphysique se traduit en pratique par la conduite, l’emploi du temps et la gestion de la pureté.

Shlokas

Verse 1

ऋषय ऊचुः । सदाचारं श्रावयाशु येन लोकाञ्जयेद्बुधः । धर्माधर्ममयान्ब्रूहि स्वर्गनारकदांस्तथा

Les sages dirent : «Enseigne-nous promptement le sadācāra, la règle de la juste conduite par laquelle l’homme avisé conquiert les mondes. Explique aussi les actes de nature dharma et adharma, et ceux qui accordent le ciel et, de même, l’enfer».

Verse 2

सूत उवाच । सदाचारयुतो विद्वान्ब्राह्मणो नाम नामतः । वेदाचारयुतो विप्रो ह्येतैरेकैकवान्द्विजः

Sūta dit : «L’homme savant, pourvu de sadācāra, est appelé “Brāhmaṇa” : tel est son nom. Et celui dont la conduite est fondée sur les Veda est appelé “Vipra”. Par ces qualités—chacune à sa manière—le “deux-fois-né” devient vraiment digne de ce titre».

Verse 3

अल्पाचारोल्पवेदश्च क्षत्रियो राजसेवकः । किंचिदाचारवान्वैश्यः कृषिवाणिज्यकृत्तया

Le kṣatriya est décrit comme ayant une discipline rituelle et une étude védique limitées, voué au service du roi. Le vaiśya, quant à lui, est dit posséder une certaine mesure de juste conduite, vivant de l’agriculture et du commerce.

Verse 4

शूद्र ब्राह्मण इत्युक्तः स्वयमेव हि कर्षकः । असूयालुः परद्रो ही चंडालद्विज उच्यते

Un brāhmaṇa qui vit comme un śūdra n'est, en vérité, qu'un simple laboureur. Mais un né deux fois qui est envieux et hostile envers autrui est appelé caṇḍāla parmi les dvijas.

Verse 5

पृथिवीपालको राजा इतरेक्षत्रिया मताः । धान्यादिक्रयवान्वैश्य इतरो वणिगुच्यते

Le roi est le protecteur de la terre ; les autres sont considérés comme des kṣatriyas. Celui qui commerce les grains et autres produits semblables est appelé vaiśya ; l'autre est nommé marchand (vaṇik).

Verse 6

ब्रह्मक्षत्रियवैश्यानां शुश्रूषुः शूद्र उच्यते । कर्षको वृषलो ज्ञेय इतरे चैव दस्यवः

Celui qui se voue au service (śuśrūṣā) du Brāhmaṇa, du Kṣatriya et du Vaiśya est appelé Śūdra. Le cultivateur doit être reconnu comme vṛṣala ; et les autres, en vérité, sont dits dasyus.

Verse 7

सर्वो ह्युषःप्राचीमुखश्चिन्तयेद्देवपूर्वकान् । धर्मानर्थांश्च तत्क्लेशानायं च व्ययमेव च

En vérité, à l’aube, tourné vers l’orient, chacun doit méditer—en plaçant d’abord la Divinité—sur le dharma et les buts justes, sur les peines qui suivent leurs contraires, et aussi sur ses gains et ses dépenses.

Verse 8

आयुर्द्वेषश्च मरणं पापं भाग्यं तथैव च । व्याधिः पुष्टिस्तथा शक्तिः प्रातरुत्थानदिक्फलम्

Longévité, inimitié, mort, péché et aussi bonne fortune ; maladie, nourriture (bien-être) et force : tout cela est proclamé comme les effets liés au fait de se lever à l’aube et à l’orientation vers les directions.

Verse 9

निशांत्यायामोषा ज्ञेया यामार्धं संधिरुच्यते । तत्काले तु समुत्थाय विण्मूत्रे विसृजेद्द्विजः

La fin de la nuit est appelée uṣā, l’aurore ; on la nomme « sandhi », le moment de jonction durant un demi-yāma. Alors, s’étant levé, le dvija (deux fois né) doit évacuer selles et urine, selon la purification naturelle.

Verse 10

गृहाद्दूरं ततो गत्वा बाह्यतः प्रवृतस्तथा । उदण्मुखः समाविश्य प्रतिबंधेऽन्यदिण्मुखः

Ensuite, s’étant éloigné de la maison et étant sorti au-dehors, qu’il s’asseye face au nord ; mais s’il y a un empêchement, qu’il se tourne vers une autre direction.

Verse 11

जलाग्निब्राह्मणादीनां देवानां नाभिमुख्यतः । लिंगं पिधाय वामेन मुखमन्येन पाणिना

Lors du culte rendu à Śiva, on ne doit pas faire face à l’eau, au feu, aux brāhmaṇa ni aux devas. Ainsi, couvrant le Liṅga de la main gauche, qu’on couvre son propre visage de l’autre main.

Verse 12

मलमुत्सृज्य चोत्थाय न पश्येच्चैव तन्मलम् । उद्धृतेन जलेनैव शौचं कुर्याज्जलाद्बहिः

Après avoir évacué puis s’être relevé, on ne doit pas regarder ces excréments. Avec de l’eau puisée (dans la main ou un récipient) seulement, qu’on accomplisse la purification hors de l’eau, et non en se tenant dans la source.

Verse 13

अथवा देवपित्रार्षतीर्थावतरणं विना । सप्त वा पंच वा त्रीन्वा गुदं संशोधयेन्मृदा

Ou bien, même sans descendre aux eaux sacrées (tīrtha) des devas, des pitṛs ou des ṛṣis, qu’on purifie la région de l’anus en la nettoyant avec de la terre : sept fois, ou cinq, ou trois.

Verse 14

लिंगे कर्कोटमात्रं तु गुदे प्रसृतिरिष्यते । तत उत्थाय पद्धस्तशौचं गण्डूषमष्टकम्

Pour la purification, on dit que pour l’organe génital la mesure n’est que celle du bout d’un doigt, tandis que pour l’anus elle est celle d’une paume entière. Ensuite, en se relevant, qu’on lave pieds et mains et qu’on fasse huit rinçages de bouche (gandūṣa) en guise de purification.

Verse 15

येन केन च पत्रेण काष्ठेन च जलाद्बहिः । कार्यं संत्यज्य तर्ज्जनीं दंतधावनमीरितम्

Pour le nettoyage des dents, il est prescrit de se rendre hors du lieu d’eau et, délaissant toute autre activité, de frotter les dents avec une feuille convenable ou un petit morceau de bois; et l’on doit éviter l’index (tarjanī) pour cet acte.

Verse 16

जलदेवान्नमस्कृत्य मंत्रेण स्नानमाचरेत् । अशक्तः कंठदघ्नं वा कटिदघ्नमथापि वा

Après s’être d’abord incliné devant les divinités qui président aux eaux, qu’on accomplisse le bain en récitant le mantra. Si l’on n’en a pas la force, qu’on se baigne jusqu’au cou, ou même jusqu’à la taille.

Verse 17

आजानु जलमाविश्य मंत्रस्नानं समाचरेत् । देवादींस्तर्पयेद्विद्वांस्तत्र तीर्थजलेन च

En entrant dans l’eau jusqu’aux genoux, le dévot avisé doit accomplir le bain avec le mantra; et là même, avec cette eau sacrée de tīrtha, offrir aussi le tarpaṇa (satisfaction rituelle) aux Devas et aux autres destinataires divins.

Verse 18

धौतवस्त्रं समादाय पंचकच्छेन धारयेत् । उत्तरीयं च किं चैव धार्यं सर्वेषु कर्मसु

Ayant pris des vêtements purs et bien lavés, qu’on les revête selon la manière aux cinq replis (pañcakaccha). Qu’on porte aussi l’étoffe supérieure (uttarīya), car cette tenue convenable doit être maintenue dans tous les rites sacrés.

Verse 19

नद्यादितीर्थस्नाने तु स्नानवस्त्रं न शोधयेत् । वापीकूपगृहादौ तु स्नानादूर्ध्वं नयेद्बुधः

Lorsqu’on se baigne dans un tīrtha, tel un gué sacré de rivière, qu’on n’y lave ni ne purifie le linge de bain. Mais après s’être baigné dans un bassin à degrés (vāpī), un puits ou une maison de bain, le sage doit emporter l’étoffe et s’en occuper ailleurs.

Verse 20

शिलादार्वादिके वापि जले वापि स्थलेपि वा । संशोध्य पीडयेद्वस्त्रं पितृणां तृप्तये द्विजाः

Que ce soit sur la pierre, le bois et autres supports, dans l’eau ou sur la terre sèche : après l’avoir purifiée, le dvija (né deux fois) doit essorer l’étoffe, pour la satisfaction des Pitṛ (ancêtres).

Verse 21

जाबालकोक्तमंत्रेण भस्मना च त्रिपुंड्रकम् । अन्यथा चेज्जले पात इतस्तन्नरकमृच्छति

On doit tracer le Tripuṇḍra (trois lignes horizontales) avec la bhasma (cendre sacrée), en récitant le mantra enseigné dans la tradition Jābāla. Sinon, après la mort, on tombe dans les eaux infernales ; par cette faute même, on va en enfer.

Verse 22

आपोहिष्ठेति शिरसि प्रोक्षयेत्पापशांतये । यस्येति मंत्रं पादे तु संधिप्रोक्षणमुच्यते

Pour apaiser le péché, on doit asperger d’eau purificatrice la tête en récitant le mantra qui commence par « Āpo hi ṣṭhā… ». Et le mantra qui commence par « Yasya… » s’applique aux pieds : c’est ce qu’on appelle l’aspersion aux articulations (membres) dans le rite.

Verse 23

पादे मूर्ध्नि हृदि चैव मूर्ध्नि हृत्पाद एव च । हृत्पादमूर्ध्नि संप्रोक्ष्य मंत्रस्नानं विदुर्बुधाः

Après avoir aspergé l’eau purificatrice sur les pieds, la tête et le cœur—puis de nouveau sur la tête, le cœur et les pieds—consacrant ainsi, dans l’ordre prescrit, le cœur, les pieds et la tête, les sages reconnaissent ce rite comme le « bain de mantra » (mantra-snāna), la purification intérieure accomplie par le mantra sacré dans le culte de Śiva.

Verse 24

ईषत्स्पर्शे च दौः स्वास्थ्ये राजराष्ट्रभयेऽपि च । अत्यागतिकाले च मंत्रस्नानं समाचरेत्

Lorsqu’il y a eu un léger contact impur, lorsque la santé est atteinte, lorsqu’on craint le roi ou le royaume, et aussi quand le danger est imminent, on doit accomplir selon la règle le « bain de mantra » (mantra-snāna), la purification accompagnée des mantras de Śiva.

Verse 25

प्रातः सूर्यानुवाकेन सायमग्न्यनुवाकतः । अपः पीत्वा तथामध्ये पुनः प्रोक्षणमाचरेत्

Le matin, qu’on accomplisse la purification avec le Sūrya-anuvāka, et le soir avec l’Agni-anuvāka. Après avoir pris l’eau rituelle en gorgées, et de même à midi, qu’on pratique de nouveau l’aspersion purificatrice (prokṣaṇa).

Verse 26

गायत्र् या जपमंत्रांते त्रिरूर्ध्वं प्राग्विनिक्षिपेत् । मंत्रेण सह चैकं वै मध्येऽर्घ्यं तु रवेर्द्विजा

À la fin du japa, le dvija doit, avec la Gāyatrī, offrir l’eau trois fois vers le haut en direction de l’est. Puis, avec le mantra, qu’il présente un unique arghya au milieu au Soleil, ô brāhmaṇas.

Verse 27

अथ जाते च सायाह्ने भुवि पश्चिमदिण्मुखः । उद्धृत्य दद्यात्प्रातस्तु मध्याह्नेंगुलिभिस्तथा

Ensuite, lorsque vient le soir, sur le sol et le visage tourné vers l’ouest, qu’il soulève (la substance sacrée) et l’offre ou l’applique. Le matin, de même; et aussi à midi, en le faisant avec les doigts selon la prescription.

Verse 28

अंगुलीनां च रंध्रेण लंबं पश्येद्दिवाकरम् । आत्मप्रदक्षिणं कृत्वा शुद्धाचमनमाचरेत्

En regardant le Soleil à travers l’interstice entre les doigts, qu’on accomplisse ensuite la pradakṣiṇā de soi-même (circumambulation intérieure), puis qu’on observe l’ācamana pur, en humant l’eau sanctifiée du rite.

Verse 29

सायं मुहूर्तादर्वाक्तु कृता संध्या वृथा भवेत् । अकालात्काल इत्युक्तो दिनेऽतीते यथाक्रमम्

Si la Sandhyā du soir est accomplie avant le muhūrta convenable du crépuscule, elle devient vaine. Mais si elle est faite après que l’heure prescrite est passée, on la dit « accomplie hors du temps », selon l’ordre où s’écoule le jour.

Verse 30

दिवाऽतीते च गायत्रीं शतं नित्ये क्रमाज्जपेत् । आदर्शाहात्पराऽतीते गायत्रीं लक्षमभ्यसेत्

Quand le jour s’est écoulé (au moment convenable après les devoirs diurnes), on doit réciter régulièrement la Gāyatrī cent fois, selon l’ordre prescrit. Et lorsque le délai fixé s’est encore écoulé, on doit entreprendre la pratique disciplinée de la Gāyatrī jusqu’à cent mille récitations.

Verse 31

मासातीते तु नित्ये हि पुनश्चोपनयं चरेत् । ईशो गौरीगुहो विष्णुर्ब्रह्मा चेंद्र श्च वै यमः

Lorsqu’un mois s’est écoulé, on doit assurément accomplir de nouveau, selon la prescription, le rite régulier d’upanayana (l’investiture du cordon sacré). Dans cette observance, les divinités présidantes sont Īśa (Śiva), Gaurī, Guha (Kārttikeya), Viṣṇu, Brahmā, Indra et Yama.

Verse 32

एवं रूपांश्च वै देवांस्तर्पयेदर्थसिद्धये । ब्रह्मार्पणं ततः कृत्वा शुद्धाचमनमाचरेत्

Ainsi, selon les formes prescrites, on doit offrir le tarpaṇa (oblations d’eau de satisfaction) aux divinités pour l’accomplissement du but recherché. Ensuite, l’ayant fait comme brahmārpaṇa—offrande à Brahman (le Suprême)—on doit accomplir l’ācamana pur (le fait de siroter rituellement l’eau pour la purification intérieure et extérieure).

Verse 33

तीर्थदक्षिणतः शस्ते मठे मंत्रालये बुधः । तत्र देवालये वापि गृहे वा नियतस्थले

Les sages déclarent qu’il est louable d’accomplir la pratique au sud d’un tīrtha (lieu sacré), dans un maṭha (monastère), ou dans une salle consacrée au mantra. Là—que ce soit dans un temple ou même à la maison—on doit la réaliser en un lieu fixe, avec discipline.

Verse 34

सर्वान्देवान्नमस्कृत्य स्थिरबुद्धिः स्थिरासनः । प्रणवं पूर्वमभ्यस्य गायत्रीमभ्यसेत्ततः

Après s’être d’abord incliné devant tous les dieux, que le pratiquant—l’esprit stable et assis fermement—s’exerce d’abord au Praṇava (Oṁ) ; puis qu’il s’exerce à la Gāyatrī.

Verse 35

जीवब्रह्मैक्यविषयं बुद्ध्वा प्रणवमभ्यसेत् । त्रैलोक्यसृष्टिकर्त्तारं स्थितिकर्तारमच्युतम्

Ayant compris le sens de l’unité entre l’âme individuelle et la Réalité suprême, qu’on s’exerce au Pranava (Oṁ), en méditant sur l’Immuable, Acyuta, créateur des trois mondes et aussi leur conservateur.

Verse 36

संहर्तारं तथा रुद्रं स्वप्रकाशमुपास्महे । ज्ञानकर्मेंद्रि याणां च मनोवृत्तीर्धियस्तथा

Nous adorons Rudra, le Dissolvant de tout, Lui qui resplendit de sa propre lumière. De Lui procèdent et sont gouvernés les organes de connaissance et d’action, ainsi que les mouvements du mental et les fonctions de l’intellect.

Verse 37

भोगमोक्षप्रदे धर्मे ज्ञाने च प्रेरयेत्सदा । इत्थमर्थं धियाध्यायन्ब्रह्मप्राप्नोति निश्चयः

Qu’on exhorte toujours autrui vers le dharma et vers la connaissance libératrice, qui accordent à la fois le bien-être en ce monde et la délivrance ultime. En méditant ce principe avec une intelligence claire, on atteint assurément Brahman (Śiva), sans aucun doute.

Verse 38

केवलं वा जपेन्नित्यं ब्राह्मण्यस्य च पूर्तये । सहस्रमभ्यसेन्नित्यं प्रातर्ब्राह्मणपुंगवः

Ou bien, pour l’accomplissement même de la véritable condition de brahmane, qu’il fasse chaque jour le japa en solitude, l’esprit unifié. Le plus éminent des brahmanes doit le répéter régulièrement mille fois chaque matin.

Verse 39

अन्येषां च यथा शक्तिमध्याह्ने च शतं जपेत् । सायं द्विदशकं ज्ञेयं शिखाष्टकसमन्वितम्

Les autres, selon leur capacité, doivent accomplir le japa : cent répétitions à midi. Le soir, il est prescrit d’en faire douze, accompagnées de la śikhā octuple (les mantras/appendices de la śikhā) comme partie du rite.

Verse 40

मूलाधारं समारभ्य द्वादशांतस्थितांस्तथा । विद्येशब्रह्मविष्ण्वीशजीवात्मपरमेश्वरान्

En commençant par le Mūlādhāra, et de même pour ceux établis au Dvādaśānta, qu’on contemple Vidyeśa, Brahmā, Viṣṇu, Īśa, l’âme individuelle (jīvātman) et le Seigneur Suprême (Parameśvara).

Verse 41

ब्रह्मबुद्ध्या तदैक्यं च सोहं भावनया जपेत् । तानेव ब्रह्मरंध्रादौ कायाद्बाह्ये च भावयेत्

Avec l’intelligence que (Śiva) est Brahman, qu’on médite l’identité avec Cela et qu’on répète intérieurement la conscience « So’ham ». Qu’on visualise cette même Réalité au brahmarandhra (ouverture du sommet), dans le corps et aussi au-delà du corps.

Verse 42

महत्तत्त्वं समारभ्य शरीरं तु सहस्रकम् । एकैकस्माज्जपादेकमतिक्रम्य शनैः शनैः

En commençant par le Mahat-tattva (principe cosmique de l’intelligence), qu’on parcoure mentalement le « corps aux mille degrés » pas à pas, dépassant chaque niveau par une seule répétition de japa, lentement et avec une patience ferme.

Verse 43

परस्मिन्योजयेज्जीवं जपतत्त्वमुदाहृतम् । शतद्विदशकं देहं शिखाष्टकसमन्वितम्

Unir le jīva (jīvātman) au Suprême (Para) : telle est déclarée la véritable essence du japa. On enseigne que le corps se compose de cent vingt éléments et qu’il est pourvu de la śikhā octuple (huit sommets).

Verse 44

मंत्राणां जप एवं हि जपमादिक्रमाद्विदुः । सहस्रं ब्राह्मदं विद्याच्छतमैंद्र प्रदं विदुः

Ainsi, les sages connaissent la juste gradation du japa, la répétition des mantras, et ses fruits : mille répétitions sont tenues pour conférer le fruit relevant de Brahmā, tandis que cent répétitions sont reconnues comme accordant le fruit relevant d’Indra.

Verse 45

इतरत्त्वात्मरक्षार्थं ब्रह्मयोनिषु जायते । दिवाकरमुपस्थाय नित्यमित्थं समाचरेत्

Afin de préserver l’âme incarnée de la chute vers des états d’existence inférieurs, il convient de naître parmi les nés de Brahmā (lignées nobles et conformes au dharma). Ainsi, après avoir vénéré chaque jour le Soleil (Divākara), qu’on pratique toujours de la sorte.

Verse 46

लक्षद्वादशयुक्तस्तु पूर्णब्राह्मण ईरितः । गायत्र् या लक्षहीनं तु वेदकार्येन योजयेत्

Celui qui est pourvu de douze lakṣa (c’est-à-dire qui a accompli le nombre prescrit de récitations) est proclamé « Brāhmaṇa accompli ». Mais celui à qui manque un lakṣa doit être voué aux devoirs védiques par la récitation de la Gāyatrī.

Verse 47

आसप्ततेस्तु नियमं पश्चात्प्रव्राजनं चरेत् । प्रातर्द्वादशसाहस्रं प्रव्राजीप्रणवं जपेत्

Jusqu’à l’âge de soixante-dix ans, qu’on garde les observances et la discipline; ensuite, qu’on embrasse la vie de renoncement (sannyāsa). Chaque matin, le renonçant doit répéter en japa le Praṇava « Oṁ » douze mille fois.

Verse 48

दिने दिने त्वतिक्रांते नित्यमेवं क्रमाज्जपेत् । मासादौ क्रमशोऽतीते सार्धलक्षजपेन हि

À mesure que chaque jour s’écoule, qu’on accomplisse le japa quotidiennement de cette même manière, pas à pas. Et lorsque le mois (et les autres périodes prescrites) se sont accomplis selon l’ordre requis, la pratique s’achève par cent cinquante mille répétitions du mantra.

Verse 49

अत ऊर्ध्वमतिक्रांते पुनः प्रैषं समाचरेत् । एवं कृत्वा दोषशांतिरन्यथा रौरवं व्रजेत्

Si le temps prescrit est dépassé, qu’on accomplisse de nouveau le rite d’expiation (prāyaścitta) tel qu’il est prescrit. Ainsi la faute est apaisée; autrement, on ira à Raurava, état infernal de souffrance.

Verse 50

धर्मार्थयोस्ततो यत्नं कुर्यात्कामी न चेतरः । ब्राह्मणो मुक्तिकामः स्याद्ब्रह्मज्ञानं सदाभ्यसेत्

Ainsi, celui que pousse le désir doit s’efforcer прежде tout pour le dharma et l’artha, et non pour la seule jouissance. Mais un brāhmaṇa doit aspirer à la délivrance ; qu’il s’exerce sans cesse à la connaissance de Brahman, jusqu’à réaliser Śiva comme Pati, le Seigneur qui accorde le mokṣa.

Verse 51

धर्मादर्थोऽर्थतो भोगो भोगाद्वैराग्यसंभवः । धर्मार्जितार्थभोगेन वैराग्यमुपजायते

Du dharma naît la prospérité légitime; de la prospérité viennent les jouissances de la vie; et de la jouissance mûrie surgit le vairāgya (détachement). En vérité, en goûtant la prospérité acquise par le dharma, le détachement prend naissance.

Verse 52

विपरीतार्थभोगेन राग एव प्रजायते । धर्मश्च द्विविधः प्रोक्तो द्र व्यदेहद्वयेन च

En se livrant à des objets contraires à la juste compréhension, seul le rāga (attachement) naît. Et l’on déclare que le dharma est de deux sortes : par les substances extérieures et par la discipline du corps (c’est-à-dire la pratique intérieure).

Verse 53

द्र व्यमिज्यादिरूपं स्यात्तीर्थस्नानादि दैहिकम् । धनेन धनमाप्नोति तपसा दिव्यरूपताम्

Les offrandes matérielles et le culte sacrificiel s’accomplissent par des substances; les rites du corps, tels le bain aux tīrtha (guéés sacrés), s’accomplissent par le corps lui-même. Par la richesse on obtient la richesse; par le tapas (austérité) on atteint un état de forme divine—raffinée et lumineuse—apte à une réalisation plus haute de Śiva.

Verse 54

निष्कामः शुद्धिमाप्नोति शुद्ध्या ज्ञानं न संशयः । कृतादौ हि तपःश्लोघ्यं द्र व्यधर्मः कलौ युगे

Celui qui est sans désir atteint la pureté; et de la pureté naît la connaissance véritable—sans aucun doute. Dans le Kṛta et les yuga antérieurs, le tapas est loué comme moyen principal; mais dans l’âge de Kali, le dharma s’accomplit surtout par les offrandes et les actes de dāna (don), soutenus par des moyens matériels.

Verse 55

कृतेध्यानाज्ज्ञानसिद्धिस्त्रेतायां तपसा तथा । द्वापरे यजनाज्ज्ञानं प्रतिमापूजया कलौ

Dans le Yuga Kṛta, l’accomplissement de la connaissance spirituelle s’obtient par la méditation ; dans le Yuga Tretā, de même par l’austérité. Dans le Yuga Dvāpara, la connaissance se gagne par le yajña, le sacrifice rituel ; et dans le Yuga Kali, elle se gagne par le culte de l’image sacrée (pratimā) du Seigneur.

Verse 56

यादृशं पुण्यं पापं वा तादृशं फलमेव हि । द्र व्यदेहांगभेदेन न्यूनवृद्धिक्षयादिकम्

Quel que soit le mérite ou le péché, son fruit est assurément de même nature. En vérité, selon les différences de ressources, de corps et de membres, naissent des états tels que manque, accroissement, déclin et autres semblables, sous la juste ordonnance de l’ordre karmique du Seigneur Śiva.

Verse 57

अधर्मो हिंसिकारूपो धर्मस्तु सुखरूपकः । अधर्माद्दुःखमाप्नोति धर्माद्वै सुखमेधते

L’adharma est de nature blessante et cruelle, tandis que le dharma est de nature bienfaisante et joyeuse. De l’adharma, on obtient sûrement la souffrance ; du dharma, le bonheur croît et prospère en vérité.

Verse 58

विद्यादुर्वृत्तितो दुःखं सुखं विद्यात्सुवृत्तितः । धर्मार्जनमतः कुर्याद्भोगमोक्षप्रसिद्धये

Sache que la souffrance naît de la mauvaise conduite, et le bonheur de la bonne conduite. C’est pourquoi il faut se résoudre à acquérir le Dharma, afin que s’accomplissent à la fois la jouissance juste en ce monde et l’obtention, bien connue, de la libération (mokṣa).

Verse 59

सकुटुंबस्य विप्रस्य चतुर्जनयुतस्य च । शतवर्षस्य वृत्तिं तु दद्यात्तद्ब्रह्मलोकदम्

Qu’on assure la subsistance d’un brahmane avec sa famille—quatre personnes en tout—durant cent années entières ; un tel don devient dispensateur de Brahmaloka.

Verse 60

चांद्रा यणसहस्रं तु ब्रह्मलोकप्रदं विदुः । सहस्रस्य कुटुंबस्य प्रतिष्ठां क्षत्रियश्चरेत्

Ils déclarent que l’accomplissement de mille observances de Cāndrāyaṇa confère l’accès à Brahmaloka. Un Kṣatriya doit l’entreprendre afin d’établir l’honneur et la stabilité d’une lignée de mille familles.

Verse 61

इंद्र लोकप्रदं विद्यादयुतं ब्रह्मलोकदम् । यां देवतां पुरस्कृत्य दानमाचरते नरः

Sache que la charité accomplie en prenant Indra pour divinité présidente confère le monde d’Indra; accomplie en prenant le Seigneur de la connaissance pour divinité présidente, elle donne des fruits innombrables; et accomplie en prenant Brahmā pour divinité présidente, elle accorde le monde de Brahmā. Quelle que soit la divinité que l’homme place au premier rang de son esprit en donnant, vers le royaume de cette divinité se dirige le fruit du don.

Verse 62

तत्तल्लोकमवाप्नोति इति वेदविदो विदुः । अर्थहीनः सदा कुर्यात्तपसा मार्जनं तथा

Les connaisseurs du Veda déclarent : « Il atteint le monde correspondant (selon ses actes). » C’est pourquoi celui qui est dépourvu de véritable dessein spirituel doit, lui aussi, entreprendre sans cesse la purification par l’austérité (tapas).

Verse 63

तीर्थाच्च तपसा प्राप्यं सुखमक्षय्यमश्नुते । अर्थार्जनमथो वक्ष्ये न्यायतः सुसमाहितः

Par le pèlerinage aux tīrtha et par l’austérité disciplinée (tapas), on obtient une félicité impérissable. À présent, l’esprit recueilli et attentif, j’exposerai la voie juste, conforme au dharma, pour acquérir la richesse.

Verse 64

कृतात्प्रतिग्रहाच्चैव याजनाच्च विशुद्धितः । अदैन्यादनतिक्लेशाद्ब्राह्मणो धनमर्जयेत्

Un brāhmaṇa doit acquérir la richesse par un labeur honnête, par l’acceptation des dons (pratigraha) et par l’officiation des sacrifices (yājana), uniquement par des moyens purs ; et il doit le faire sans servilité ni peine excessive.

Verse 65

क्षत्रियो बाहुवीर्येण कृषिगोरक्षणाद्विशः । न्यायार्जितस्य वित्तस्य दानात्सिद्धिं समश्नुते

Un kṣatriya atteint la siddhi par la force de ses bras, c’est-à-dire par la protection et le gouvernement selon le dharma. Un vaiśya l’atteint par l’agriculture et la garde des vaches. Et en faisant don, en charité, d’une richesse acquise avec justice et par des moyens droits, on parvient assurément à la siddhi : un accomplissement qui soutient le dharma et mène l’âme vers la grâce de Śiva.

Verse 66

ज्ञानसिद्ध्या मोक्षसिद्धिः सर्वेषां गुर्वनुग्रहात् । मोक्षात्स्वरूपसिद्धिः स्यात्परानन्दं समश्नुते

Par l’accomplissement de la connaissance véritable, tous obtiennent la délivrance (mokṣa) par la grâce du Guru. De la délivrance naît la réalisation de sa propre nature essentielle, et l’on goûte la Béatitude suprême (Paramānanda).

Verse 67

सत्संगात्सर्वमेतद्वै नराणां जायते द्विजाः । धनधान्यादिकं सर्वं देयं वै गृहमेधिना

Ô deux-fois-nés, par le sat-saṅga—la compagnie des vertueux—naissent chez les hommes toutes ces acquisitions bénies. Aussi le maître de maison doit-il donner en aumône : richesses, grains et toutes ressources de ce genre.

Verse 68

यद्यत्काले वस्तुजातं फलं वा धान्यमेव च । तत्तत्सर्वं ब्राह्मणेभ्यो देयं वै हितमिच्छता

Quels que soient les biens qui naissent en leur saison—récoltes, fruits ou grains—celui qui cherche le vrai bien doit offrir tout ce produit venu à point en don aux brāhmaṇas.

Verse 69

जलं चैव सदा देयमन्नं क्षुद्व्याधिशांतये । क्षेत्रं धान्यं तथाऽऽमान्नमन्नमेवं चतुर्विधम्

L’eau doit être donnée en tout temps ; et la nourriture doit être donnée pour apaiser la faim et la maladie. De même, terre, grains et provisions non cuites doivent être offertes : ainsi, le « don de nourriture » est de quatre formes.

Verse 70

यावत्कालं यदन्नं वै भुक्त्वा श्रवणमेधते । तावत्कृतस्य पुण्यस्य त्वर्धं दातुर्न संशयः

Tant que la nourriture consommée continue de nourrir la capacité d’écouter et de comprendre l’enseignement sacré, durant ce même temps, la moitié du mérite ainsi engendré revient sans doute au donateur de cette nourriture.

Verse 71

ग्रहीताहिगृहीतस्य दानाद्वै तपसा तथा । पापसंशोधनं कुर्यादन्यथा रौरवं व्रजेत्

Celui qui s’est emparé de ce qui est interdit, ou celui qui a été saisi par un serpent, doit purifier sa faute par le don (dāna) et aussi par l’austérité (tapas) ; autrement, il ira à Raurava, l’enfer.

Verse 72

आत्मवित्तं त्रिधा कुर्याद्धर्मवृद्ध्यात्मभोगतः । नित्यं नैमित्तकं काम्यं कर्म कुर्यात्तु धर्मतः

Que chacun divise sa richesse en trois parts : pour l’accroissement du dharma, pour la subsistance et la jouissance légitime, et pour les besoins personnels. Selon le dharma, qu’il accomplisse les rites obligatoires quotidiens, les rites occasionnels, et aussi les rites inspirés par un désir.

Verse 73

वित्तस्य वर्धनं कुर्याद्वृद्ध्यंशेन हि साधकः । हितेन मितमे ध्येन भोगं भोगांशतश्चरेत्

Le sādhaka ne doit accroître sa richesse que par un gain juste et modéré. Avec ce qui est bénéfique et mesuré, qu’il se soutienne ; et qu’il ne goûte aux plaisirs qu’en proportion convenable.

Verse 74

कृष्यर्जिते दशांशं हि देयं पापस्य शुद्धये । शेषेण कुर्याद्धर्मादि अन्यथा रौरवं व्रजेत्

De la richesse acquise par l’agriculture, qu’on donne vraiment un dixième pour la purification du péché. Avec le reste, qu’on accomplisse le dharma et les actes qui s’y rattachent ; autrement, on ira à Raurava, l’état infernal.

Verse 75

अथवा पापबुद्धिः स्यात्क्षयं वा सत्यमेष्यति । वृद्धिवाणिज्यके देयष्षडंशो हि विचक्षणैः

Sinon, une intention pécheresse peut naître, ou bien la ruine s’ensuivra à coup sûr. Ainsi, dans le commerce et les affaires lucratives, le sage doit offrir un sixième comme part légitime, afin que la richesse demeure accordée au dharma et ne devienne pas cause de chute.

Verse 76

शुद्धप्रतिग्रहे देयश्चतुर्थांशो द्विजोत्तमैः । अकस्मादुत्थितेऽर्थे हि देयमर्धं द्विजोत्तमैः

Lorsqu’un don est reçu d’une manière pure et légitime, les meilleurs des brāhmanes doivent recevoir un quart comme part due. Mais lorsque la richesse surgit soudainement, alors, en vérité, la moitié doit être donnée à ces brāhmanes éminents.

Verse 77

असत्प्रतिग्रहसर्वं दुर्दानं सागरे क्षिपेत् । आहूय दानं कर्तव्यमात्मभोगसमृद्धये

Qu’on jette dans l’océan tout don impropre et toute richesse acquise par une acceptation indigne. Le don ne doit être accompli qu’après avoir dûment invité un récipiendaire digne, pour l’accroissement véritable du bien-être et des jouissances légitimes.

Verse 78

पृष्टं सर्वं सदा देयमात्मशक्त्यनुसारतः । जन्मांतरे ऋणी हि स्याददत्ते पृष्टवस्तुनि

Tout ce qui est demandé doit être donné sans cesse, selon la force et la capacité de soi. Car si l’on ne donne pas l’objet sollicité, on devient certes débiteur dans une naissance future.

Verse 79

परेषां च तथा दोषं न प्रशंसेद्विचक्षणः । विशेषेण तथा ब्रह्मञ्छ्रुतं दृष्टं च नो वदेत्

L’homme avisé ne doit ni se réjouir ni divulguer les fautes d’autrui. Et surtout, ô Brahmane, qu’il ne dise pas ce qu’il n’a fait qu’entendre, ni même ce qu’il a vu de ses yeux, lorsque cela ne ferait que répandre le blâme.

Verse 80

न वदेत्सर्वजंतूनां हृदि रोषकरं बुधः । संध्ययोरग्निकार्यं च कुर्यादैश्वर्यसिद्धये

Le sage ne doit pas prononcer de paroles qui éveillent la colère dans le cœur d’aucun être vivant. Et aux deux jonctions du crépuscule (aube et soir), qu’il accomplisse le rite sacré du feu, afin d’obtenir prospérité divine et accomplissement spirituel.

Verse 81

अशक्तस्त्वेककाले वा सूर्याग्नी च यथाविधि । तंडुलं धान्यमाज्यं वा फलं कंदं हविस्तथा

Mais si l’on n’en a pas la force (pour l’observance complète), on peut le faire ne fût-ce qu’une fois (dans la journée). Selon le rite prescrit, avec le Soleil et le feu sacré pour témoins, qu’on offre en havis des grains de riz, d’autres céréales, du ghee, ou bien des fruits et des racines comestibles : eux aussi sont des offrandes convenables.

Verse 82

स्थालीपाकं तथा कुर्याद्यथान्यायं यथाविधि । प्रधानहोममात्रं वा हव्याभावे समाचरेत्

Qu’on prépare aussi l’offrande de sthālīpāka selon la règle juste et le rite prescrit. Ou bien, si les oblations font défaut, qu’on accomplisse dûment le seul homa principal, offrant ce qui est possible avec dévotion.

Verse 83

नित्यसंधानमित्युक्तं तमजस्रं विदुर्बुधाः । अथवा जपमात्रं वा सूर्यवंदनमेव च

Les sages savent que la pratique continue, sans rupture, est ce qu’on appelle « l’observance disciplinée quotidienne ». Ou bien, elle peut être accomplie par le seul japa, la répétition du mantra, et aussi par l’hommage rendu au Soleil (Sūrya) dans le rite de chaque jour.

Verse 84

एवमात्मार्थिनः कुर्युरर्थार्थी च यथाविधि । ब्रह्मयज्ञरता नित्यं देवपूजारतास्तथा

Ainsi, ceux qui recherchent le bien du Soi—et de même ceux qui recherchent la prospérité mondaine—doivent agir selon la règle prescrite. Qu’ils demeurent toujours voués au Brahma-yajña (étude védique et récitation sacrée) et, pareillement, constamment appliqués au culte de la Divinité, Śiva.

Verse 85

अग्निपूजापरा नित्यं गुरुपूजारतास्तथा । ब्राह्मणानां तृप्तिकराः सर्वे स्वर्गस्य भागिनः

Ceux qui sont toujours dévoués à l'adoration du feu sacré, qui se plaisent également à honorer le Guru, et qui apportent satisfaction aux brahmanes — tous ces gens deviennent les légitimes bénéficiaires du mérite céleste.

Frequently Asked Questions

It argues that ethical discipline (sadācāra) is not optional social etiquette but a causally binding religious technology: dharma/adharma directly determine svarga–nāraka outcomes, and daily routines (especially dawn practices and purity) are integral to that moral economy.

The liminal pre-dawn interval is treated as a threshold where intention-setting and recollection of the divine reorder the mind; facing east symbolically aligns the practitioner with light/awakening and functions as a ritualized orientation of consciousness toward auspiciousness and disciplined agency.

No specific iconic form (e.g., a named avatāra or mūrti) is foregrounded in the sampled material; the chapter instead emphasizes Śaiva normativity indirectly by embedding Śiva-oriented religiosity in conduct, purity, and accountability (karma-phala) rather than in a discrete theophany narrative.