
Cet adhyāya poursuit l’épisode raconté par Sūta autour de Satyavrata et du sage Vasiṣṭha, et, par une suite d’événements moralement tendus, examine l’entrecroisement de la bhakti, de la compassion et de l’action liée aux vœux face à la sanction sociale. Les vers cités montrent Satyavrata soutenant la maisonnée de Viśvāmitra en chassant et en procurant des vivres près de l’āśrama, tandis que la position de Vasiṣṭha est façonnée par l’autorité sacerdotale (relations yājya–upādhyāya), l’abandon paternel et une colère qui s’accumule. Le chapitre introduit aussi une note rituelle technique sur le point d’achèvement des mantras de pāṇigrahaṇa (le « septième pas »), signe d’un souci de validité procédurale en même temps que d’évaluation éthique. Une longue période de dīkṣā est mentionnée, et la tension s’exacerbe lorsque Satyavrata, affamé et épuisé, rencontre une vache exauçant les souhaits, annonçant un acte potentiellement transgressif et un débat sur la nécessité, le dharma et les limites de la compassion. L’adhyāya sert ainsi d’étude de cas de la jurisprudence purānique : l’intention, les circonstances et le statut rituel compliquent le jugement moral dans le récit didactique śaiva.
Verse 1
सूत उवाच । सत्यव्रतस्तु तद्भक्त्या कृपया च प्रतिज्ञया । विश्वामित्रकलत्रं च पोषयामास वै तदा
Sūta dit : Alors Satyavrata, mû par la dévotion, la compassion et son vœu, entretint et soutint aussi l’épouse de Viśvāmitra.
Verse 2
हत्वा मृगान्वराहांश्च महिषांश्च वनेचरान् । विश्वामित्राश्रमाभ्याशे तन्मांसं चाक्षिपन्मुने
Après avoir abattu des cerfs, des sangliers et des buffles sauvages de la forêt, il jeta cette viande près de l’āśrama du sage Viśvāmitra.
Verse 3
तीर्थं गां चैव रात्रं च तथैवांतःपुरं मुनिः । याज्योपाध्यायसंयोगाद्वसिष्ठः पर्य्यरक्षत
Par l’autorité sacrée conjointe du prêtre officiant et du maître précepteur, le sage Vasiṣṭha protégea comme il se doit le lieu saint, les vaches, la garde de nuit et les appartements intérieurs du palais.
Verse 4
सत्यव्रतस्य वाक्याद्वा भाविनोर्थस्य वै बलात् । वसिष्ठोऽभ्यधिकं मन्युं धारयामास नित्यशः
Soit à cause des paroles de Satyavrata, soit sous la force impérieuse de ce qui devait advenir, Vasiṣṭha portait sans cesse en lui une colère plus grande encore.
Verse 5
पित्रा तु तं तदा राष्ट्रात्परित्यक्तं स्वमात्मजम् । न वारयामास मुनिर्वसिष्ठः कारणेन च
Mais lorsque le père, en ce temps-là, chassa de son royaume son propre fils, le sage Vasiṣṭha ne l’en empêcha pas non plus, car il y avait une raison à cela.
Verse 6
पाणिग्रहणमंत्राणां निष्ठा स्यात्सप्तमे पदे । न च सत्यव्रतस्थस्य तमुपांशुमबुद्ध्यत
Les mantras de la prise de main (mariage) trouvent leur accomplissement ferme au septième pas. Mais celui qui demeure dans le vœu de vérité ne doit pas prononcer ce mantra à voix basse, ni le répéter sans pleine lucidité.
Verse 7
तस्मिन्स परितोषाय पितुरासीन्महात्मनः । कुलस्य निष्कृतिं विप्र कृतवान्वै भवेदिति
Par cet acte, ô brāhmane, le noble trouva de quoi satisfaire son père vénérable, se disant : «Oui, j’ai accompli l’expiation et la rédemption dues à ma lignée».
Verse 8
न तं वसिष्ठो भगवान्पित्रा त्यक्तं न्यवारयत् । अभिषेक्ष्याम्यहं पुत्रमस्यां नैवाब्रवीन्मुनिः
Le vénérable Vasiṣṭha ne l’en empêcha pas, bien qu’il eût été rejeté par son père. Le sage ne dit pas non plus : « Je consacrerai (par l’abhiṣeka) ce fils à sa place ».
Verse 9
स तु द्वादश वर्षाणि दीक्षां तामुद्वहद्बली । अविद्यामाने मांसे तु वसिष्ठस्य महात्मनः
Ce vaillant porta cette observance de dīkṣā durant douze années. Mais, lorsque la chair du grand d’âme Vasiṣṭha ne put être trouvée pour le rite, la situation devint une impasse redoutable.
Verse 10
सर्वकामदुहां दोग्ध्रीं ददर्श स नृपात्मजः । तां वै क्रोधाच्च लोभाच्च श्रमाद्वै च क्षुधान्वितः
Le fils du roi aperçut la vache exauçant les vœux, la nourricière dont le lait dispense toutes les jouissances désirées. Vaincu par la colère et l’avidité, accablé de fatigue et de faim, il fixa sur elle son esprit.
Verse 11
दाशधर्मगतो राजा तां जघान स वै मुने । स तं मांसं स्वयं चैव विश्वामित्रस्य चात्मजम्
Ô sage, le roi—s’étant réfugié dans le dharma du pêcheur—la tua la vache. Puis il mangea lui-même cette chair et en donna aussi au fils de Viśvāmitra.
Verse 12
भोजयामास तच्छ्रुत्वा वसिष्ठो ह्यस्य चुक्रुधे । उवाच च मुनिश्रेष्ठस्तं तदा क्रोधसंयुतः
En apprenant qu’il avait fait préparer ce festin, Vasiṣṭha s’embrasa de colère. Alors le plus éminent des sages, rempli d’ire, lui adressa la parole.
Verse 13
वसिष्ठ उवाच । पातयेयमहं क्रूरं तव शंकुमयोमयम् । यदि ते द्वाविमौ शंकू नश्येतां वै कृतौ पुरा
Vasiṣṭha dit : « Ô cruel, je frapperai à bas ton corps fait comme de chevilles. Si tes deux chevilles avaient été détruites jadis, ce mal se serait déjà accompli. »
Verse 14
पितुश्चापरितोषेण गुरोर्दोग्ध्रीवधेन च । अप्रोक्षितोपयोगाच्च त्रिविधस्ते व्यतिक्रमः
En mécontentant ton père, en tuant la vache laitière du guru, et en usant de ce qui n’a pas été purifié rituellement (non aspergé), ta faute est triple.
Verse 15
त्रिशंकुरिति होवाच त्रिशंकुरिति स स्मृतः । विश्वामित्रस्तु दाराणामागतो भरणे कृते
Il dit : « (C’est) Triśaṅku », et ainsi fut-il mémorisé sous le nom de Triśaṅku. Puis Viśvāmitra arriva afin de soutenir et d’entretenir son épouse.
Verse 16
तेन तस्मै वरं प्रादान्मुनिः प्रीतस्त्रिशंकवे । छन्द्यमानो वरेणाथ वरं वव्रे नृपात्मजः
Satisfait, le sage accorda une grâce à Triśaṅku. Puis, invité à choisir une grâce, le fils du roi demanda le don qu’il désirait.
Verse 17
अनावृष्टिभये चास्मिञ्जाते द्वादशवार्षिके । अभिषिच्य पितृ राज्ये याजयामास तं मुनिः
Et lorsqu’une redoutable sécheresse survint—durant douze années—le sage le consacra au royaume de son père et le fit accomplir les sacrifices royaux prescrits.
Verse 18
मिषतां देवतानां च वसिष्ठस्य च कौशिकः । सशरीरं तदा तं तु दिवमारोह यत्प्रभुः
Sous le regard des dieux—et de Vasiṣṭha—Kauśika (Viśvāmitra), sur l’ordre du Seigneur, monta alors au ciel avec ce même corps.
Verse 19
तस्य सत्यरथा नाम भार्या केकयवंशजा । कुमारं जनयामास हरिश्चन्द्रमकल्मषम्
Son épouse, nommée Satyarathā et issue de la lignée des Kekaya, enfanta un fils—Hariścandra—pur, sans souillure et exempt de péché.
Verse 20
स वै राजा हरिश्चन्द्रो त्रैशंकव इति स्मृतः । आहर्ता राजसूयस्य सम्राडिति ह विश्रुतः
Ce roi-là était Hariścandra, tenu pour un descendant de Triśaṅku. Il accomplit le sacrifice royal du Rājasūya et fut, en vérité, renommé comme samrāṭ, souverain universel.
Verse 21
हरिश्चन्द्रस्य हि सुतो रोहितो नाम विश्रुतः । रोहितस्य वृकः पुत्रो वृकाद्बाहुस्तु जज्ञिवान्
Hariścandra eut un fils renommé du nom de Rohita. Le fils de Rohita fut Vṛka, et de Vṛka naquit Bāhu.
Verse 22
हैहयास्तालजंघाश्च निरस्यंति स्म तं नृपम् । नात्मार्थे धार्मिको विप्रः स हि धर्मपरोऽभवत
Les Haihayas et les Tālajaṅghas chassèrent ce roi. Pourtant, le brāhmane vertueux n’agissait pas pour son propre gain, car il était tout entier voué au Dharma.
Verse 23
सगरं ससुतं बाहुर्जज्ञे सह गरेण वै । और्वस्याश्रममासाद्य भार्गवेणाभिरक्षितः
En vérité, Bāhu naquit par l’entremise de Gāra, avec Sagara et son fils. Parvenu à l’ermitage du sage Aurva, il fut protégé et gardé par le Bhārgava (Aurva).
Verse 24
आग्नेयमस्त्रं लब्ध्वा च भार्गवात्सगरो नृपः । जिगाय पृथिवीं हत्वा तालजंघान्सहैहयान
Ayant reçu du Bhārgava (Paraśurāma) le trait de feu, l’Āgneya-astra, le roi Sagara tua Tāla-jaṅgha et les Haihayas, et soumit ainsi la terre à sa victoire.
Verse 25
शकान्बहूदकांश्चैव पारदांतगणान्खशान् । सुधर्मं स्थापयामास शशास वृषतः क्षितिम्
Il soumit à l’ordre les Śakas, les Bahūdakas, les Pāradāntagaṇas et les Khaśas. Ayant établi le Sudharma, la loi droite, il régna sur la terre, inébranlable dans le dharma, tel le Taureau du Dharma lui-même.
Verse 26
शौनक उवाच । स वै गरेण सहितः कथं जातस्तु क्षत्रियात् । जितवानेतदाचक्ष्व विस्तरेण हि सूतज
Śaunaka dit : «Comment est-il né d’un kṣatriya, et comment se trouva-t-il accompagné de ce “Gara” ? Ô fils de Sūta, explique-le en détail : comment devint-il victorieux ?»
Verse 27
सूत उवाच । पारीक्षितेन संपृष्टो वैशंपायन एव च । यदाचष्ट स्म तद्वक्ष्ये शृणुष्वैकमना मुने
Sūta dit : Lorsque le roi Parīkṣit l’interrogea, le sage Vaiśaṃpāyana prit la parole. Je vais maintenant rapporter exactement ce qu’il déclara alors ; écoute, ô muni, l’esprit fixé en un seul point.
Verse 28
पारीक्षितो उवाच । कथं स सगरो राजा गरेण सहितो मुने । जातस्स जघ्निवान्भूयानेतदाख्यातुमर्हसि
Pārīkṣit dit : «Ô sage, comment le roi Sagara naquit-il avec Gara, et comment, plus tard, le tua-t-il ? Je t’en prie, expose-le-moi en entier.»
Verse 29
वैशम्पायन उवाच । बाहोर्व्यसनिनस्तात हृतं राज्यमभूत्किल । हैहयैस्तालजंघैश्च शकैस्सार्द्धं विशांपते
Vaiśampāyana dit : «Ô cher enfant, il est dit en vérité que le royaume de Bāhu — tombé dans le malheur et l’affaiblissement — fut saisi par les Haihayas et les Tālajaṅghas, avec les Śakas, ô seigneur des hommes.»
Verse 30
यवनाः पारदाश्चैव काम्बोजाः पाह्नवास्तथा । बहूदकाश्च पंचैव गणाः प्रोक्ताश्च रक्षसाम्
«Les Yavanas, les Pāradās, les Kāmbojas, les Pāhnavas et les Bahūdakas : ces cinq groupes sont déclarés appartenir aux cohortes des Rākṣasas.»
Verse 31
एते पंच गणा राजन्हैहयार्थेषु रक्षसाम् । कृत्वा पराक्रमान् बाहो राज्यं तेभ्यो ददुर्बलात्
Ô Roi, ces cinq-là—en tant que gaṇas, serviteurs du Seigneur Śiva—déployèrent leur vaillance pour les Haihayas contre les Rākṣasas ; et les Rākṣasas, vaincus et domptés, durent leur remettre le royaume.
Verse 32
हृतराज्यस्ततो विप्राः स वै बाहुर्वनं ययौ । पत्न्या चानुगतो दुःखी स वै प्राणानवासृजत्
Ô brāhmaṇas, alors Bāhu, privé de son royaume, se rendit dans la forêt. Suivi de son épouse et accablé de chagrin, il finit par rendre son souffle de vie.
Verse 33
पत्नी या यादवी तस्य सगर्भा पृष्ठतो गता । सपत्न्या च गरस्तस्यै दत्तः पूर्वं सुतेर्ष्यया
Son épouse Yādavī, enceinte, marchait derrière lui. Jalouse du fils de sa coépouse, cette dernière lui avait auparavant donné une dose de poison.
Verse 34
सा तु भर्तुश्चितां कृत्वा ज्वलनं चावरोहत । और्वस्तां भार्गवो राजन्कारुण्यात्समवारयत्
Après avoir dressé le bûcher funéraire de son époux, elle-même descendit dans le feu flamboyant. Mais Aurva, le sage Bhārgava, ô Roi, la retint par compassion.
Verse 35
तस्याश्रमे स्थिता राज्ञी गर्भरक्षणहेतवे । सिषेवे मुनिवर्यं तं स्मरन्ती शंकरं हृदा
Demeurant dans l’āśrama de ce sage afin de préserver sa grossesse, la reine servit le plus éminent des munis, tout en se souvenant intérieurement de Śaṅkara (Śiva) dans son cœur.
Verse 36
एकदा खलु तद्गर्भो गरेणैव सह च्युतः । सुमुहूर्त्ते सुलग्ने च पंचोच्चग्रहसंयुते
Un jour, en vérité, sa grossesse glissa et fut rejetée avec le poison garā. Cela advint à un muhurta faste et sous un ascendant favorable, lorsque cinq planètes étaient en exaltation.
Verse 37
तस्मिंल्लग्ने च बलिनि सर्वथा मुनिसत्तम । व्यजायत महाबाहुस्सगरो नाम पार्थिवः
Ô le meilleur des sages, en cet ascendant même, si faste et si puissant, naquit un roi aux bras puissants, nommé Sagara.
Verse 38
इति श्रीशिवमहापुराणे पञ्चम्यामुमासंहितायां सत्यव्रतादिसगरपर्यंत वंशवर्णनं नामाष्टत्रिंशोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Śiva Mahāpurāṇa, au Cinquième Livre — l’Umāsaṃhitā — s’achève le trente-huitième chapitre, intitulé : «Description de la dynastie depuis Satyavrata jusqu’à Sagara».
Verse 39
आग्नेयं तं महाभागो ह्यमरैरपि दुस्सहम् । जग्राह विधिना प्रीत्या सगरोसौ नृपोत्तमः
Ce roi Sagara, illustre et le premier des souverains, reçut avec joie, selon le rite prescrit, cette arme ardente (Agneya), difficile à supporter même pour les dieux.
Verse 40
स तेनास्त्रबलेनैव बलेन च समन्वितः । हैहयान्विजघानाशु संकुद्धोऽस्त्रबलेन च
Pourvu de cette même puissance des armes divines, et aussi de vigueur corporelle, lui—saisi de colère—abattit promptement les Haihayas par la force de ses traits.
Verse 41
आजहार च लोकेषु कीर्तिं कीर्तिमतां वरः । धर्मं संस्थापयामास सगरोऽसौ महीतले
Ce Sagara—le plus éminent parmi les illustres—acquit la renommée dans tous les mondes, et sur la face de la terre il établit le dharma (l’ordre juste).
Verse 42
ततश्शकास्सयवनाः काम्बोजाः पाह्नवास्तथा । हन्यमानास्तदा ते तु वसिष्ठं शरणं ययुः
Alors les Śakas, avec les Yavanas, les Kāmbojas et les Pāhnavas—frappés dans ce combat—allèrent chercher refuge auprès du sage Vasiṣṭha.
Verse 43
वसिष्ठो वंचनां कृत्वा समयेन महाद्युतिः । सगरं वारयामास तेषां दत्त्वाभयं नृपम्
Au moment convenu, le sage Vasiṣṭha, d’un éclat majestueux, après avoir usé d’une ruse, retint le roi Sagara—ayant d’abord accordé à ces gens l’assurance de l’absence de crainte (abhaya).
Verse 44
सगरस्स्वां प्रतिज्ञां तु गुरोर्वाक्यं निशम्य च । धर्मं जघान तेषां वै केशान्यत्वं चकार ह
Ayant entendu la parole de son précepteur, Sagara maintint son vœu; agissant selon le dharma, il fit que leurs cheveux fussent altérés et changés.
Verse 45
अर्द्धं शकानां शिरसो मुंडं कृत्वा व्यसर्जयत् । यवनानां शिरस्सर्वं कांबोजानां तथैव च
Après avoir rasé la moitié de la tête des Śakas, il les renvoya; de même, il rasa entièrement la tête des Yavanas, ainsi que celle des Kāmbojas.
Verse 46
पारदा मुंडकेशाश्च पाह्नवाश्श्मश्रुधारिणः । निस्स्वाध्यायवषट्काराः कृतास्तेन महात्मना
Ce grand d’âme les fit vivre en ascètes : les uns portant la marque sacrée (tilaka/bhasma), les autres la tête rasée, d’autres encore aux cheveux et à la barbe en désordre ; et il les priva de l’étude des Veda et de l’exclamation rituelle « vaṣaṭ », les retranchant ainsi des actes sacrificiels védiques.
Verse 47
जिता च सकला पृथ्वी धर्मतस्तेन भूभुजा । सर्वे ते क्षत्रियास्तात धर्महीनाः कृताः पुराः
Par ce roi, la terre entière fut conquise selon le dharma. Et, cher enfant, tous ces kṣatriya avaient jadis été rendus privés de dharma.
Verse 48
स धर्मविजयी राजा विजित्वेमां वसुंधराम् । अश्वं संस्कारयामास वाजिमेधाय पार्थिवः
Ce roi terrestre, victorieux par le dharma, après avoir conquis toute cette terre, prépara selon le rite un cheval pour le sacrifice du Vājimedha (Aśvamedha).
Verse 49
तस्य चास्यतेस्सोऽश्वस्समुद्रे पूर्वदक्षिणे । गतः षष्टिसहस्रैस्तु तत्पुत्रैरन्वितो मुने
Ô sage, lorsqu’il le relâcha, ce cheval du sacrifice se dirigea vers l’océan, en direction du sud-est, accompagné de ses soixante mille fils.
Verse 50
देवराजेन शक्रेण सोऽश्वो हि स्वार्थसाधिना । वेलासमीपेऽपहृतो भूमिं चैव प्रवेशितः
Ce cheval fut en vérité enlevé par Śakra, roi des dieux, agissant pour son propre avantage ; près du rivage, il le déroba puis le fit cacher dans le sein de la terre.
Verse 51
महाराजोऽथ सगरस्तद्धयान्वेषणाय च । स तं देशं तदा पुत्रैः खानयामास सर्वतः
Alors le roi Sagara, afin de retrouver ce cheval, fit creuser cette contrée de tous côtés par ses fils.
Verse 52
आसेदुस्ते ततस्तत्र खन्यमाने महार्णवे । तमादिपुरुषं देवं कपिलं विश्वरूपिणम्
Alors, en ce lieu même, tandis que le grand océan était creusé, ils s'approchèrent de cette Personne primordiale — le Dieu Kapila — qui porte la forme de l'univers entier.
Verse 53
तस्य चक्षुस्समुत्थेन वह्निना प्रतिबुध्यतः । दग्धाः षष्टिसहस्राणि चत्वारस्त्ववशेषिताः
Lorsqu'il fut réveillé, le feu qui jaillit de ses yeux s'embrasa ; soixante mille furent réduits en cendres, et seuls quatre restèrent.
Verse 54
हर्षकेतुस्सुकेतुश्च तथा धर्मरथोपरः । शूरः पंचजनश्चैव तस्य वंशकरा नृपाः
Harṣaketu, Suketu, et aussi Dharmaratha ; Śūra et Pañcajana également — ces rois devinrent les continuateurs de sa lignée royale.
Verse 55
प्रादाच्च तस्मै भगवान् हरिः पंचवरान्स्वयम् । वंशं मेधां च कीर्तिञ्च समुद्रं तनयं धनम्
Alors le Seigneur Hari (Viṣṇu) lui accorda personnellement cinq faveurs : une lignée noble, une intelligence vive, une renommée durable, la seigneurie sur l'océan, un fils et la richesse.
Verse 56
सागरत्वं च लेभे स कर्मणा तस्य तेन वै । तं चाश्वमेधिकं सोऽश्वं समुद्रादुपलब्धवान्
Par cet acte même, il obtint en vérité l’état d’être une mer. Et de l’océan il retrouva ce cheval destiné au sacrifice de l’Aśvamedha.
Verse 57
आजहाराश्वमेधानां शतं स तु महायशाः । ईजे शंभुविभूतीश्च देवतास्तत्र सुव्रताः
Ce roi de grande renommée accomplit cent sacrifices Aśvamedha ; et là, observant des vœux disciplinés, il rendit un culte dû aux manifestations et puissances divines de Śambhu (le Seigneur Śiva) comme à des déités.
It narrates a dharma-crisis episode: Satyavrata sustains Viśvāmitra’s family through hunting and provisioning near the āśrama while Vasiṣṭha’s responses—shaped by priestly authority and paternal abandonment—build toward conflict, culminating in the appearance of a wish-fulfilling cow under conditions of hunger and strain.
The mention that pāṇigrahaṇa mantras reach completion at the seventh step signals the Purāṇic insistence that moral narratives are inseparable from ritual grammar: social legitimacy, vow-status, and karmic evaluation hinge on procedural completion (krama/niṣṭhā), not merely intention.
No distinct Śiva or Umā manifestation is foregrounded in the sampled portion; the chapter’s emphasis is didactic-ethical, using a rishi–royal narrative to articulate how dharma, initiation discipline, and authority operate within a Śaiva Purāṇic framework.