Adhyaya 30
Uma SamhitaAdhyaya 3054 Verses

स्वायम्भुव-मन्वन्तर-वंशवर्णनम् (Genealogy of Svāyambhuva Manu and the Dhruva Episode)

Cet Adhyāya, rapporté par Sūta, résume la généalogie cosmique des origines et un modèle d’accomplissement ascétique dans une suite à visée didactique. Il s’ouvre sur le Prajāpati (Āpava/figure de progéniteur associée dans cette recension) et l’apparition de Śatarūpā par le dharma et le tapas, montrant que la descendance et l’ordre du monde naissent d’une droiture disciplinée plutôt que de la seule génération biologique. Le texte nomme Svāyambhuva Manu et situe son Manvantara comme une ère cosmologique mesurable au sein du temps cyclique. Il passe ensuite par des descendants majeurs—Priyavrata et Uttānapāda—et introduit Dhruva, dont la mère Sunīti est reliée à Dharma, conférant une légitimité morale à la lignée. L’austérité prolongée de Dhruva dans la forêt (trois mille années divines) devient le paradigme de l’ascèse : le désir inébranlable d’un « avyaya sthāna » (demeure/position impérissable). Brahmā, administrateur du cosmos, lui accorde une place sublime et immobile devant les Sept Ṛṣi, illustrant un principe purānique : un tapas soutenu sous le dharma mène à une réalisation stable, cosmique et spirituelle. Ésotériquement, la station stellaire fixe reflète la fixité (acalatā) de la conscience yogique.

Shlokas

Verse 1

सूत उवाच । संसृष्टासु प्रजास्वेव आपवोऽथ प्रजाप्रतिः । लेभे वै पुरुषः पत्नीं शतरूपामयो निजाम्

Sūta dit : Lorsque la progéniture eut ainsi été produite, alors Prajāpati Āpava, Seigneur des créatures, obtint pour ce Puruṣa sa propre épouse, Śatarūpā, pourvue de formes innombrables.

Verse 2

आपवस्य महिम्ना तु दिवमावृत्य तिष्ठतः । धर्मेणैव महात्मा स शतरूपाप्यजायत

Par la grandeur de cette austérité, il demeura, enveloppant jusqu’au ciel ; et par le seul dharma, ce grand être renaquit en cent formes.

Verse 3

सा तु वर्षशतं तप्त्वा तपः परमदुश्चरम् । भर्तारं दीप्ततपसं पुरुषं प्रत्यपद्यत

Après avoir accompli durant cent années entières une austérité d’une difficulté extrême, elle atteignit son Seigneur—le Puruṣa rayonnant de la puissance du tapas—en se réfugiant en Lui et en Le recevant pour époux.

Verse 4

स वै स्वायंभुवो जज्ञे पुरुषो मनुरुच्यते । तस्यैकसप्ततियुगं मन्वंतरमिहोच्यते

Ainsi naquit le Procréateur né de lui-même, que l’on nomme Manu. Il est déclaré ici que son Manvantara se compose de soixante et onze yuga.

Verse 5

वैराजात्पुरुषाद्वीरा शतरूपा व्यजायत । प्रियव्रतोत्तानपादौ वीरकायामजायताम्

Du Virāja-Puruṣa naquit l’illustre Śatarūpā. Et de Vīrakā, en tant que mère, naquirent les deux fils héroïques—Priyavrata et Uttānapāda.

Verse 6

काम्या नाम महाभागा कर्दमस्य प्रजापतेः । काम्यापुत्रास्त्रयस्त्वासन्सम्राट्साक्षिरविट्प्रभुः

Kāmyā, la très fortunée, épouse du Prajāpati Kardama, eut trois fils : Samrāṭ, Sākṣi et Aviṭprabhu.

Verse 7

उत्तानपादोऽजनयत्पुत्राञ्छक्रसमान्प्रभुः । ध्रुवं च तनयं दिव्यमात्मानंदसुवर्चसम्

Le seigneur Uttānapāda engendra des fils égaux à Indra en vaillance ; et il engendra aussi Dhruva, son fils divin, dont l’éclat rayonnait de la splendeur née de la béatitude intérieure.

Verse 8

धर्मस्य कन्या सुश्रोणी सुनीतिर्नाम विश्रुता । उत्पन्ना चापि धर्म्मेण धुवस्य जननी तथा

De Dharma naquit une fille renommée, nommée Sunīti, à la taille gracieuse ; et elle, engendrée par Dharma, devint aussi la mère de Dhruva.

Verse 9

ध्रुवो वर्षसहस्राणि त्रीणि दिव्यानि कानने । तपस्तेपे स बालस्तु प्रार्थयन्स्थानमव्ययम्

Dans la forêt, l’enfant Dhruva accomplit des austérités durant trois mille années divines, priant pour un état impérissable, infaillible et durable.

Verse 10

तस्मै ब्रह्मा ददौ प्रीतस्स्थानमात्मसमं प्रभुः । अचलं चैव पुरतस्सप्तर्षीणां प्रजापतिः

Satisfait de lui, Brahmā — le Seigneur, le Prajāpati — lui accorda une demeure égale à la sienne ; et il lui conféra aussi un siège d’honneur, immuable, en la présence des Sept Sages.

Verse 11

तस्मात्पुष्टिश्च धान्यश्च ध्रुवात्पुत्रौ व्यजायताम् । पुष्टिरेवं समुत्थायाः पञ्चपुत्रानकल्मषान्

Ainsi, de Dhruva naquirent deux fils : Puṣṭi et Dhānya. Et Puṣṭi, en son temps, engendra cinq fils, tous purs, sans aucune souillure.

Verse 12

रिपुं रिपुंजयं विप्रं वृकलं वृषतेजसम् । रिपोरेवं च महिषी चाक्षुषं सर्वतोदिशम्

«Il est l’ennemi du mal, le vainqueur des ennemis, le brahmane-sage ; tel un loup, Il flamboie de la splendeur du Taureau du Dharma. Ainsi encore, Il dompte même les puissances adverses ; Il est l’Omnivoyant, dont le regard s’étend en toutes directions.»

Verse 13

अजीजनत्पुष्करिण्यां वरुणं चाक्षुषो मनुः । मनोरजायन्त दश नड्वलायां महौजसः

De Puṣkariṇī, le Manu Cākṣuṣa engendra Varuṇa ; et de Naḍvalā naquirent dix fils nommés Manoraja, tous d’un éclat et d’une puissance immenses.

Verse 14

कन्यायां हि मुनिश्रेष्ठ वैश्यजन्म प्रजायतेः । पुरुर्मासः शतद्युम्नस्तपस्वी सत्यवित्कविः

Ô le meilleur des sages, de cette jeune fille naquit en vérité un fils de l’ordre vaiśya : Purūrmāsa, appelé aussi Śatadyumna ; ascète, connaisseur de la vérité et poète-sage.

Verse 15

अग्निष्टोमोऽतिरात्रश्चातिमन्युस्सुयशा दश । पूरोरजनयत्पुत्रान्षडाग्नेयी महाप्रभान्

De Puru, par Agneyī, naquirent six fils d’une grande puissance : Agniṣṭoma, Atirātra, Atimanyu et Suyaśā—illustres comme « dix » par le nom et la renommée.

Verse 16

अङ्गं सुमनसं ख्यातिं सृतिमंगिरसं गयम् । अङ्गात्सुनीथा भार्य्या वै वेनमेकमसूयत

Du roi Aṅga naquirent Sumanas, Khyāti, Sṛti, Aṅgirasa et Gaya. Et de l’épouse d’Aṅga, Sunīthā, naquit en vérité un seul fils : Vena.

Verse 17

अपचारेण वेनस्य कोपस्तेषां महानभूत् । हुंकारेणैव तं जघ्नुर्मुनयो धर्मतत्पराः

À cause de l’offense de Vena, une grande colère s’éleva chez ces sages. Dévoués au dharma, les munis l’abattirent par la seule clameur retentissante « huṃ ».

Verse 18

अथ प्रजार्थमृषयः प्रार्थिताश्च सुनीथया । सारस्वतास्तदा तस्य ममंथुर्दक्षिणं करम्

Alors, pour le bien de la descendance, les sages—pressés par Sunīthā—se mirent, en ce temps-là, à baratter sa main droite, en acte sacré, afin que la continuité de la création advînt selon l’ordonnance divine.

Verse 19

वेनस्य पाणौ मथिते संबभूव ततः पृथुः । स धन्वी कवची जातस्तेजसादित्यसन्निभः

Lorsque la main de Vena fut barattée par les sages, Pṛthu en naquit. Il surgit, arc en main et cuirasse au corps, rayonnant d’un éclat pareil à celui du Soleil.

Verse 20

अवतारस्य विष्णोर्हि प्रजापालनहे तवे । धर्मसंरक्षणार्थाय दुष्टानां दंडहेतवे

En vérité, la descente (avatāra) du Seigneur Viṣṇu a pour but de protéger et de gouverner les êtres, afin de préserver le dharma et de châtier les méchants.

Verse 21

पृथुर्वैन्यस्तदा पृध्वीमरक्षत्क्षत्रपूर्वजः । राजसूयाभिषिक्तानामाद्यस्स वसुधापतिः

Alors Pṛthu, fils de Vena, né dans la lignée guerrière des kṣatriya, protégea la Terre. Parmi les rois consacrés par le sacrifice du Rājasūya, il fut le premier, le seigneur primordial du monde, soutenant la royauté juste au service du dharma.

Verse 22

तस्माच्चैव समुत्पन्नौ निपुणौ सूतमागधौ । तेनेयं गौर्मुनिश्रेष्ठ दुग्धा सर्वहिताय वै

De cette source sacrée naquirent en vérité deux êtres accomplis : le Sūta et le Māgadha. Ainsi, ô le meilleur des sages, cette Vache a été traitée, assurément, pour le bien de tous.

Verse 23

सर्वेषां वृत्तिदश्चाभूद्देवर्षिसुर रक्षसाम् । मनुष्याणां विशेषेण शतयज्ञकरो नृपः

Il devint l’ordonnateur des moyens de subsistance et le régulateur de la conduite pour tous — deva-ṛṣi, dieux et même rākṣasa. Et parmi les humains surtout, ce roi fut renommé comme l’accomplisseur de cent sacrifices.

Verse 24

पृथोः पुत्रौ तु जज्ञाते धर्मज्ञौ भुवि पार्थिवौ । विजिताश्वश्च हर्यक्षो महावीरौ सुविश्रुतौ

Au roi Pṛthu naquirent deux fils, souverains sur la terre et connaisseurs du dharma : Vijitāśva et Haryakṣa. Tous deux furent de grands héros, célèbres en tous lieux.

Verse 25

शिखंडिनी चाजनयत्पुत्रं प्राचीनबर्हिषम् । प्राचीनाग्राः कुशास्तस्य पृथिवीतलचारिणः

Et Śikhaṇḍinī enfanta un fils nommé Prācīnabarhiṣ. Les brins d’herbe kuśa qui le distinguaient avaient des pointes antiques, et ils se mouvaient sur la surface de la terre.

Verse 26

समुद्रतनया तेन धर्मतस्सुविवाहिता । रेजेऽधिकतरं राजा कृतदारो महाप्रभुः

Ainsi, la fille de l’Océan fut unie à lui selon le dharma, comme il se doit. Ayant pris une épouse légitime, ce roi de grande puissance resplendit d’un éclat accru.

Verse 27

समुद्रतनयायास्तु दश प्राचीनबर्हिषः । बभूवुस्तनया दिव्या बहुयज्ञकरस्य वै

De la fille de l’Océan naquirent à Prācīnabarhis dix fils divins, lui qui était renommé pour accomplir de nombreux yajñas (sacrifices).

Verse 28

सर्वे प्राचेतसा नाम्ना धनुर्वेदस्य पारगाः । अपृथग्धर्माचरणास्तेऽतप्यंत महत्तपः

Tous, connus sous le nom de Prācetasa, étaient passés maîtres dans le Dhanurveda, la science de l’arc. Unis dans une conduite conforme au dharma, ils entreprirent de rudes austérités, d’une intensité immense.

Verse 29

दशवर्षसहस्राणि समुद्रसलिलेशयाः । रुद्रगीतं जपंतश्च शिवध्यानपरायणाः

Pendant dix mille ans, ils demeurèrent étendus, immergés dans les eaux de l’océan. Sans relâche, ils récitaient le Rudra-gīta et se consacraient tout entiers à la méditation sur le Seigneur Śiva.

Verse 30

तपश्चरत्सु पृथिव्यामभवंश्च महीरुहाः । अरक्ष्यमाणायां पृथ्व्यां बभूवाथ प्रजाक्षयः

Tandis que les ascètes accomplissaient leurs austérités sur la terre, des arbres et de grandes frondaisons surgirent partout. Mais lorsque la terre fut laissée sans protection ni direction, il s’ensuivit une destruction — un déclin alarmant des êtres vivants.

Verse 31

तान्दृष्ट्वा तु निवृत्तास्ते तपसो लब्धसद्वराः । चुक्रुधुर्मुनिशार्दूल दग्धुकामा स्तपोबलाः

Mais en les voyant, ces ascètes—retirés des voies du monde et gratifiés d’excellents dons par l’austérité—s’irritèrent, ô tigre parmi les sages, désirant les consumer par la force de leur tapas.

Verse 32

प्राचेतसा मुखेभ्यस्ते प्रासृजन्नग्निमारुतौ । वृक्षानुन्मूल्य वायुस्तानदहद्धव्यवाहनः

Alors, des bouches de ces Prācetasas furent libérés le feu et le vent. Le vent déracina les arbres, et le Feu—porteur des oblations—les réduisit en cendres.

Verse 33

वृक्षक्षयं ततो दृष्ट्वा किंचिच्छेषेषु शाखिषु । उपगम्याब्रवीदेतान्राजा सोमः प्रतापवान्

Puis, voyant la destruction des arbres et remarquant qu’il ne restait que quelques branches, le puissant roi Soma s’approcha et s’adressa à ceux-là (les survivants).

Verse 34

सोम उवाच । कोपं यच्छत राजानस्सर्वे प्राचीनबर्हिषः । अनुभूतानुकन्येयं वृक्षाणां वरवर्णिनी

Soma dit : «Ô rois, vous tous descendants de Prācīnabarhis, retenez votre courroux. Cette jeune fille au teint lumineux a déjà subi les conséquences nées des arbres.»

Verse 35

भविष्यं जानता सा तु धृता गर्भेण वै मया । भार्य्या वोऽस्तु महाभागास्सोमवंशविवर्द्धिनी

Sachant ce qui devait advenir, je l’ai véritablement fait concevoir. Ô bienheureux, qu’elle devienne votre épouse : c’est elle qui accroîtra et affermira la Somavaṃśa, la lignée lunaire.

Verse 36

अस्यामुत्पत्स्यते विद्वान्दक्षो नाम प्रजापतिः । सृष्टिकर्ता महातेजा ब्रह्मपुत्रः पुरातनः

D’elle naîtra le sage Prajāpati nommé Dakṣa, ancien fils de Brahmā, d’un éclat immense, établi comme agent de l’œuvre de la création.

Verse 37

युष्माकं तेजसार्द्धेन मम चानेन तेजसा । ब्रह्मतेजोमयो भूपः प्रजा संवर्द्धयिष्यति

Par la part commune de votre rayonnement spirituel et par ce rayonnement qui est aussi le mien, le roi—resplendissant d’une splendeur semblable à celle de Brahmā—fera croître et prospérer les créatures.

Verse 38

ततस्सोमस्य वचनाज्जगृहुस्ते प्रचेतसः । भार्य्यां धर्मेण तां प्रीत्या वृक्षजां वरवर्णिनीम्

Alors, sur la parole de Soma, ces Pracetas l’acceptèrent—née de l’arbre, au teint d’une beauté parfaite—pour épouse, selon le dharma et avec une bienveillante affection.

Verse 39

तेभ्यस्तस्यास्तु संजज्ञे दक्षो नाम प्रजापतिः । सोऽपि जज्ञे महातेजास्सोमस्यांशेन वै मुने

D’eux naquit en vérité Dakṣa, le Prajāpati. Et lui aussi, ô sage, naquit d’un éclat immense, comme une manifestation partielle de Soma (la Lune).

Verse 40

अचरांश्च चरांश्चैव द्विपदोऽथ चतुष्पदः । संसृज्य मनसा दक्षो मैथुनीं सृष्टिमारभत्

Après avoir, par la pensée, produit les êtres immobiles et les êtres mobiles—ceux à deux pieds et ceux à quatre—Dakṣa entreprit ensuite la création qui procède de l’union du mâle et de la femelle (génération sexuelle).

Verse 41

वीरणस्य सुतां नाम्ना वीरणीं स प्रजापतेः । उपयेमे सुविधिना सुधर्मेण पतिव्रताम्

Selon les rites convenables et la coutume droite, il prit pour épouse Vīraṇī, femme vouée à son devoir conjugal, fille du Prajāpati nommé Vīraṇa.

Verse 42

हर्य्यश्वानयुतं तस्यां सुतान्पुण्यानजीजनत् । ते विरक्ता बभूवुश्च नारदस्योपदेशतः

En elle, il engendra les fils saints appelés Haryaśvas. Mais, suivant l’enseignement de Nārada, ils devinrent détachés du monde et tournèrent leur esprit vers le renoncement.

Verse 43

तच्छुत्वा स पुनर्दक्षस्सुबलाश्वानजीजनत् । नामतस्तनयांस्तस्यां सहस्रपरिसंख्यया

L’ayant appris, Dakṣa engendra de nouveau des fils de Subalā, au nombre de mille, chacun distingué par son nom.

Verse 44

तेऽपि भ्रातृपथा यातास्तन्मुनेरुपदेशतः । नागमन्पितृसान्निध्यं विरक्ता भिक्षुमार्गिणः

Selon l’enseignement de ce sage, eux aussi prirent la route suivie par leurs frères. Ayant renoncé aux attaches du monde et adopté la voie du mendiant sacré, ils ne revinrent plus auprès de leur père.

Verse 45

तच्छ्रुत्वा शापमाक्रुद्धो मुनये दुस्सहं ददौ । कुत्रचिन्न लभस्वेति संस्थितिं कलहप्रिय

Entendant cette malédiction, l’ami des querelles s’emporta et, à son tour, lança au sage une malédiction accablante : «Puisses-tu ne trouver nulle part de demeure stable».

Verse 46

सांत्वितोऽथ विधात्रा हि स पश्चादसृजत्स्त्रियः । महाज्वालास्वरूपेण गुणैश्चापि मुनीश्वरः

Alors, consolé par le Créateur (Brahmā), ce grand seigneur parmi les sages créa ensuite les femmes : d’une nature pareille à une flamme immense, et pourvues aussi de qualités distinctes.

Verse 47

ददौ स दश धर्माय कश्यपाय त्रयोदश । द्वे चैवं ब्रह्मपुत्राय द्वे चैवाङ्गिरसे तदा

Puis il accorda dix (filles) à Dharma, treize à Kaśyapa ; et de même, deux au fils de Brahmā et deux à Aṅgiras en ce temps-là.

Verse 48

द्वे कृशाश्वाय विदुषे मुनये मुनिसत्तम । शिष्टास्सोमाय दक्षोऽपि नक्षत्राख्या ददौ प्रभुः

Ô le meilleur des sages ! Dakṣa, l’auguste Prajāpati, donna deux filles au muni savant Kṛśāśva ; et il accorda aussi à Soma (la Lune) les filles restantes, connues sous le nom de Nakṣatra.

Verse 49

ताभ्यो दक्षस्य पुत्रीभ्यो जाता देवासुरादयः । बहवस्तनया ख्यातास्तैस्सर्वैः पूरितं जगत्

De ces filles de Dakṣa naquirent les dieux, les asuras et d’autres catégories d’êtres. Leur descendance devint largement renommée, et par eux tous les mondes furent remplis.

Verse 50

ततः प्रभृति विप्रेन्द्र प्रजा मैथुनसंभवाः । संकल्पाद्दर्शनात्स्पर्शात्पूर्वेषां सृष्टिरुच्यते

Dès lors, ô le meilleur des brahmanes, les êtres naquirent de l’union charnelle. Mais la création des premiers, dit-on, surgit seulement de l’intention (volonté), du regard et du toucher.

Verse 51

शौनक उवाच । अंगुष्ठाद्ब्रह्मणो जज्ञे दक्षश्चोक्तस्त्वया पुरा । कथं प्राचेतसत्वं हि पुनर्लेभे महातपाः

Śaunaka dit : «Tu nous as dit auparavant que Dakṣa naquit du pouce de Brahmā. Comment donc ce grand ascète recouvra-t-il de nouveau l’état de Prācetasa (fils des Pracetas) ?»

Verse 52

एतं मे संशयं सूत प्रत्याख्यातुं त्वमर्हसि । चित्रमेतत्स सोमस्य कथं श्वशुरतां गतः

Ô Sūta, tu es digne de dissiper ce doute en moi. Voilà qui est vraiment étonnant : comment Soma en vint-il à obtenir le rang de beau-père ?

Verse 53

सूत उवाच । उत्पत्तिश्च निरोधश्च नित्यं भूतेषु वर्तते । कल्पेकल्पे भवंत्येते सर्वे दक्षादयो मुने

Sūta dit : «Dans les êtres, la création et la dissolution sont à l’œuvre sans cesse. À chaque kalpa, tous ceux-ci—Dakṣa et les autres—se manifestent de nouveau, ô sage.»

Verse 54

इमां विसृष्टिं दक्षस्य यो विद्यात्सचराचराम् । प्रजावानायुषा पूर्णस्स्वर्गलोके महीयते

Quiconque comprend véritablement cette création établie par Dakṣa—faite du mobile et de l’immobile—obtient une descendance, une vie pleinement accomplie, et est honoré dans les mondes célestes.

Frequently Asked Questions

The chapter presents a compact cosmo-genealogical argument: dharma and tapas generate legitimate cosmic order (Śatarūpā’s emergence; Manu’s epoch), culminating in Dhruva’s austerity and Brahmā’s grant of an imperishable “sthāna,” demonstrating tapas as a lawful means to stable attainment.

“Sthāna” (station) and “acala” (immovable) function as symbols of yogic fixation: the mind made steady through tapas becomes ‘stellar’—i.e., established beyond fluctuation. The Manvantara frame adds the rahasya that inner discipline participates in cosmic time-order rather than opposing it.

No discrete iconographic manifestation (mūrti/avatāra) of Śiva or Gaurī is foregrounded in the sampled verses; instead, Śiva-tattva is indirectly taught through dharma–tapas causality and the doctrine that steadfast austerity yields an enduring spiritual-cosmic status.