Ramayana Yuddha Kanda Sarga 121
Yuddha KandaSarga 12122 Verses

Sarga 121

अग्निपरीक्षासाक्ष्यं (Agni’s Testimony and Sītā’s Revalidation)

युद्धकाण्ड

Ce sarga apporte une clôture juridico-théologique au récit de la guerre par un témoignage public. Après l’allocution de Brahmā, Agni (Vibhāvasu/Havyavāhana/Pāvaka), en tant que « loka-sākṣī » (témoin du monde), s’élève du feu portant Vaidehī et la rend à Rāma, radieuse et intacte. Agni proclame solennellement l’innocence et la fidélité de Sītā—dans la parole, l’esprit, l’intelligence, et même le regard. Il décrit sa captivité sous la surveillance des rākṣasīs, au milieu des tentations et des menaces, sans qu’elle ne dévie jamais de sa dévotion à Rāma. Rāma expose ensuite la logique éthique de la crédibilité publique : bien que la pureté de Sītā soit connue dans les trois mondes, son long séjour dans les appartements intérieurs de Rāvaṇa pourrait susciter le soupçon; c’est donc pour établir la conviction des mondes (loka-pratyaya) qu’il a permis l’entrée dans le feu, et non par doute personnel. Il affirme l’inviolabilité de Sītā—pareille à une flamme inaccessible même à la pensée du méchant—et déclare qu’il ne peut la renier pas plus qu’on ne peut abandonner sa propre renommée ou son propre soi. Le chapitre se conclut par l’acceptation des conseils par Rāma, les louanges qui lui sont adressées, et la joie légitime de la réunion avec son épouse.

Shlokas

Verse 1

एतच्छ्रुत्वाशुभंवाक्यंपितामहसमीरितम् ।अङ्केनादायवैदेहिमुत्पपातविभावसुः ।।।।

Entendant ces paroles de bon augure prononcées par l’Aïeul du monde (Brahmā), Vibhāvasu (Agni) bondit, soulevant Vaidehī dans ses bras.

Verse 2

नविधूयाथचितांतांतुवैदेहींहव्यवाहनः ।उत्तस्थौमूर्तिमानाशुगृहीत्वाजनकात्मजाम् ।।।।

Alors le dieu du Feu, sans disperser ce bûcher funéraire, se dressa aussitôt en forme incarnée, tenant Vaidehī, fille de Janaka, entre ses mains.

Verse 3

तरुणादित्यसङ्काशंतप्तकाञ्चनभूषणाम् ।रक्ताम्बरधरांबालांसीलकुञ्चितमूर्थजाम् ।।।।अक्लिष्टमाल्याभरणांतथारूपामनिन्दिताम् ।ददौरामायवैदेहीमङ्केकृत्वाविभावसुः ।।।।

Éclatante comme le jeune soleil levant, parée d’ornements d’or fin, vêtue de rouge, jeune, aux cheveux noirs et bouclés—portant guirlandes et parures sans souillure, telle qu’auparavant—Vibhāvasu (Agni) prit dans ses bras l’irréprochable Vaidehī et la rendit à Rāma.

Verse 4

तरुणादित्यसङ्काशंतप्तकाञ्चनभूषणाम् ।रक्ताम्बरधरांबालांसीलकुञ्चितमूर्थजाम् ।।6.121.3।।अक्लिष्टमाल्याभरणांतथारूपामनिन्दिताम् ।ददौरामायवैदेहीमङ्केकृत्वाविभावसुः ।।6.121.4।।

Enfermée et dissimulée dans les appartements intérieurs, l’esprit fixé sur toi et vouée à toi seul, elle fut gardée par des rākṣasīs, terribles et aux desseins terribles.

Verse 5

अब्रवीत्तुतदारामंसाक्षीलोकस्यपावकः ।एषातेराम वैदेहीपापमस्यां न विद्यते ।।।।

Alors Pāvaka, le dieu du Feu, témoin du monde, dit à Rāma : «Voici ta Vaidehī, ô Rāma ; en elle il n’est point de péché».

Verse 6

नैववाचा न मनसानैवबुद्ध्या न चक्षुषा ।सुवृत्तावृत्तशौण्डीरन त्वामत्यचरच्छुभा ।।।।

«Ni par la parole, ni par la pensée, ni par l’intelligence, ni même par le regard, la vertueuse et bienheureuse Sītā ne t’a offensé, ô héros ferme dans la droiture».

Verse 7

रावणेनापनीतैषावीर्योसतिक्तेनरक्षसा ।त्वयाविरहितादीनाविवशानिर्जनाद्वनात् ।।।।

Cette femme fut enlevée par Rāvaṇa, le rākṣasa enivré de sa propre vaillance ; séparée de toi, désemparée et accablée, elle fut arrachée à la forêt déserte.

Verse 8

रुद्धाचान्तःपुरेगुप्तात्वच्छित्तात्वत्परायणा ।रक्षिताराक्षसीभिश्चघोराभिर्घोरबुद्धिभिः ।।।।

Enfermée et dissimulée dans les appartements intérieurs, l’esprit fixé sur toi et vouée à toi seul, elle fut gardée par des rākṣasīs, terribles et aux desseins terribles.

Verse 9

प्रलोभ्यमानाविविधंभर्त्स्यमाना च मैथिली ।नाचिन्तयततद्रक्षस्त्वद्गतेनान्तरात्मना ।।।।

Bien qu’on l’ait tentée de mille façons et aussi menacée, Maithilī — l’âme intérieure fixée sur toi — ne tourna nullement son esprit vers ce rākṣasa.

Verse 10

विशुद्धभावांनिष्पापांप्रतिगृह्णीष्वमैथिलीम् ।न किञ्चिरभिधातव्याअहमाज्ञापयामिते ।।।।

Reçois de nouveau Maithilī : son être est pur et elle est sans faute. Tu ne dois rien répondre ; tel est mon ordre.

Verse 11

ततःप्रीतिमानारामःश्रुत्यैवंवदतांवरः ।दध्यौमुहूर्तंधर्मात्माबाष्पव्याकुललोचनः ।।।।

Alors le juste Rāma, le meilleur des orateurs, entendant ces paroles, se réjouit au fond de lui ; pourtant, les yeux troublés de larmes, il médita un moment.

Verse 12

एवमुक्तोमहातेजाधृतिमान्दृढविक्रमः ।उवाचत्रिदशश्रेष्ठंरामोधर्मभृतांवरः ।।।।

Ainsi interpellé, Rāma—rayonnant, maître de lui et ferme en vaillance—le plus éminent des gardiens du dharma, s’adressa au premier des dieux.

Verse 13

अवश्यंत्रिषुलोकेषु न सीतापापमर्हति ।दीर्घकालोषिताहीयंरावणान्तःपुरेशुभा ।।।।

Assurément, dans les trois mondes on sait que l’auspicieuse Sītā n’encourt aucun péché ; et pourtant, longtemps elle demeura dans les appartements intérieurs de Rāvaṇa.

Verse 14

बालिशोखलुकामात्मारामोदशरथात्मजः ।इतिवक्ष्यन्तिमांसन्तोजानकीमविशोध्यहि ।।।।

«Rāma, fils de Daśaratha, est vraiment insensé, gouverné par le désir» : ainsi parleraient de moi les gens, si j’acceptais Jānakī sans éprouver sa pureté.

Verse 15

अनन्यहृदयांभक्तांमच्चित्तपरिवर्तिनीम् ।अहमप्यवगच्छामिमैथिलींजनकात्मजाम् ।।।।

Moi aussi, je connais Maithilī, fille de Janaka : dévouée, au cœur sans partage, dont l’esprit se tourne sans cesse vers moi seul.

Verse 16

इमामपिविशालाक्षींरक्षितांस्वेनतेजसा ।रावणोनातिवर्तेतवेलामिवमहोदधिः ।।।।

Même cette dame aux vastes yeux, protégée par son propre éclat, Rāvaṇa ne pouvait la franchir, comme le grand océan ne peut dépasser la limite de son rivage.

Verse 17

प्रत्ययार्थंतुलोकानांत्रयाणांसत्यसंश्रयः ।उपेक्षेचापिवैदेहींप्रविशन्तींहुताशनम् ।।।।

Mais, pour convaincre les trois mondes—car je m’appuie sur la vérité—j’ai même laissé Vaidehī entrer dans le feu, témoin sacré.

Verse 18

न हिशक्तःसुदुष्टात्मामनसापिहिमैथिलीम् ।प्रधर्षयितुमप्राप्यांदीप्तामग्निशिखामिव ।।।।

Cet être à l’âme profondément perverse ne put, même en pensée, outrager Maithilī, l’inaccessible, flamboyante telle une langue de feu.

Verse 19

नेयमर्हतिचैश्वर्यंरावणान्तःपुरेशुभा ।अनन्याहिमयासीताभास्करेणप्रभायथा ।।।।

La bienheureuse Sītā ne saurait désirer aucune splendeur dans le gynécée de Rāvaṇa ; car Sītā est inséparable de moi, comme l’éclat l’est du soleil.

Verse 20

विशुद्धात्रिषुलोकेषुमैथिलीजनकात्मजा ।न विहातुंमयाशक्याकीर्तिरात्ववतायथा ।।।।

Maithilī, fille de Janaka, est pure dans les trois mondes. Je ne puis l’abandonner, tout comme un homme maître de lui ne saurait renoncer à sa propre renommée.

Verse 21

अवश्यं च मयाकार्यंसर्वेषांवोवचोहितम् ।स्निग्धानांलोकनाधानामेवं च वदतांहितम् ।।।।

Et je dois assurément agir selon vos paroles salutaires — paroles prononcées pour le bien — par vous, pleins d’affection, seigneurs dignes du respect du monde.

Verse 22

इत्येवम्विजयीमहाबलःप्रशस्यमानःस्वकृतेनकर्मणा ।समेत्यरामःप्रिययामहायशाःसुखंसुखार्होऽनुबभूवराघवः ।।।।

Ainsi, victorieux et d’une grande force, Rāma—illustre et loué pour ses propres actes—retrouva son aimée ; et, digne du bonheur, il goûta la félicité.

Frequently Asked Questions

The dilemma is legitimacy versus private knowledge: Rāma acknowledges Sītā’s purity yet permits the fire-entry so that the wider world cannot accuse him of accepting her without verification, preserving royal and social trust.

Dharma in leadership includes accountability to collective perception when it safeguards social order; truth is upheld not only internally but also through credible witness and transparent validation.

The key cultural-ritual landmark is the sacrally charged fire/pure-fire setting (agni, citā) functioning as a public witness; the narrative references Rāvaṇa’s antaḥpura (inner quarters) as the contested space of captivity and suspicion.

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