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Sarga 25

ताटकावृत्तान्तः — The Account of Tāṭakā and the Royal Duty to Protect

बालकाण्ड

Dans le Sarga 25, Viśvāmitra et Rāma dialoguent à des fins d’enseignement. Rāma, avec déférence, reçoit l’exhortation du sage et formule un doute rationnel : si l’on dit que les yakṣas ont une puissance limitée, comment une femme pourrait-elle posséder la force de mille éléphants ? Viśvāmitra répond par un récit de généalogie et de causalité : le yakṣa Suketu accomplit des tapas ; Brahmā lui accorde une fille, Tāṭakā, et la dote d’une force prodigieuse, comparable à celle d’un éléphant. Tāṭakā épouse Sunda et met au monde Mārīca, qui devient plus tard un rākṣasa à la suite d’une malédiction. Après la mort de Sunda, Tāṭakā et Mārīca tentent d’attaquer Agastya ; le sage maudit Mārīca pour qu’il prenne une forme démoniaque et maudit Tāṭakā afin qu’elle abandonne sa forme de yakṣī et devienne une redoutable rākṣasī mangeuse d’hommes. Viśvāmitra énonce alors l’instruction éthique centrale : un prince ne doit pas hésiter à éliminer une menace adharmique, même si l’offenseur est une femme, car le devoir éternel (sanātana-dharma) de la royauté est de protéger les sujets et l’ordre social—le cāturvarṇya, les vaches et les brāhmaṇas. Des exemples sont cités—Indra tuant Mantharā et Viṣṇu détruisant Kāvya (l’épouse de Bhṛgu)—pour montrer que des femmes injustes ont été mises à mort pour le bien commun. Ainsi, le chapitre expose une justification quasi juridique de la force au sein du mandat royal de protection.

Shlokas

Verse 1

अथ तस्याप्रमेयस्य मुनेर्वचनमुत्तमम्।श्रुत्वा पुरुषशार्दूल: प्रत्युवाच शुभां गिरम्।।।।

Alors, ayant entendu les paroles excellentes de ce sage incommensurable, Rāma —tigre parmi les hommes— répondit d’une voix douce et de bon augure.

Verse 2

अल्पवीर्या यदा यक्षा श्श्रूयन्ते मुनिपुङ्गव।कथन्नागसहस्रस्य धारयत्यबला बलम्।।।।

Ô le meilleur des sages, si l’on dit que les Yakṣas ont peu de vaillance, comment une femme—tenue pour faible—pourrait-elle porter la force de mille éléphants ?

Verse 3

विश्वामित्रोऽब्रवीद्वाक्यं शृण येन बलोत्तरा।वरदानकृतं वीर्यं धारयत्यबला बलम्।।।।

Viśvāmitra dit : Écoute comment elle devint d’une force surpassante ; comment, par l’octroi d’une grâce, cette femme en vint à porter une telle puissance.

Verse 4

पूर्वमासीन्महायक्षस्सुकेतुर्नाम वीर्यवान्।अनपत्यश्शुभाचारस्स च तेपे महत्तप:।।।।

Autrefois vivait un puissant Yakṣa nommé Suketu, vaillant et de conduite pure, mais sans enfant ; il entreprit alors de grandes austérités.

Verse 5

पितामहस्तु सुप्रीतस्तस्य यक्षपते स्तदा।कन्यारत्नं ददौ राम ताटकां नाम नामत:।।।।

Ô Rāma, alors le Pitāmaha, Brahmā, pleinement satisfait, accorda à ce seigneur des Yakṣas un joyau de fille, renommée sous le nom de Tāṭakā.

Verse 6

ददौ नागसहस्रस्य बलं चास्या: पितामह:।नत्वेव पुत्रं यक्षाय ददौ ब्रह्मा महायशा:।।।।

Le glorieux Pitāmaha, Brahmā, lui accorda la force de mille éléphants ; mais il ne donna pas de fils à ce Yakṣa.

Verse 7

तां तु जातां विवर्धन्तीं रूपयौवनशालिनीम्।झर्झपुत्राय सुन्दाय ददौ भार्यां यशस्विनीम्।।।।

Et lorsqu’elle naquit et grandit, rayonnante de beauté et de jeunesse, elle, la renommée, fut donnée pour épouse à Sunda, fils de Jharjha.

Verse 8

कस्यचित्त्वथ कालस्य यक्षी पुत्रमजायत।मारीचं नाम दुर्धर्षं यश्शापाद्राक्षसोऽभवत्।।।।

Après quelque temps, cette Yakṣī enfanta un fils, invincible, nommé Mārīca ; et, par l’effet d’une malédiction, il devint un Rākṣasa.

Verse 9

सुन्दे तु निहते राम सागस्त्यमृषिसत्तमम्।ताटका सह पुत्रेण प्रधर्षयितुमिच्छति।।।।

Ô Rama, lorsque Sunda fut tué, Tataka, accompagnée de son fils, voulut assaillir Agastya, le plus éminent des sages.

Verse 10

भक्षार्थं जातसंरम्भा गर्जन्ती साभ्यधावत।0आपतन्तीं तु तां दृष्ट्वा अगस्त्यो भगवानृषि:।।।।राक्षसत्वं भजस्वेति मारीचं व्याजहार स:। 1

Rugissante, enflammée du désir de dévorer, elle se précipita. La voyant fondre sur lui, le vénérable ṛṣi Agastya dit à Mārīca : «Prends la condition et la nature d’un rākṣasa».

Verse 11

अगस्त्य: परमक्रुद्धस्ताटकामपि शप्तवान्।।।।पुरुषादी महायक्षी विरूपा विकृतानना।इदं रूपं विहायाथ दारुणं रूपमस्तु ते।।।।

Agastya, saisi d’une colère extrême, maudit aussi Tāṭakā.

Verse 12

अगस्त्य: परमक्रुद्धस्ताटकामपि शप्तवान्।।1.25.11।।पुरुषादी महायक्षी विरूपा विकृतानना।इदं रूपं विहायाथ दारुणं रूपमस्तु ते।।1.25.12।।

«Deviens mangeuse d’hommes, ô grande yakṣī, difforme au visage hideux. Abandonne cette apparence ; désormais, qu’une forme terrible soit la tienne».

Verse 13

सैषा शापकृतामर्षा ताटका क्रोधमूर्छिता।देशमुत्सादयत्येनमगस्त्यचरितं शुभम्।।।।

Cette même Tāṭakā, rendue furieuse par la malédiction et comme ivre de colère, ravage cette contrée sacrée, jadis fréquentée par Agastya.

Verse 14

एनां राघव दुर्वृत्तां यक्षीं परमदारुणाम्।गोब्राह्मणहितार्थाय जहि दुष्टपराक्रमाम्।।।।

Ô Rāghava, abats cette yakṣī, dépravée et d’une cruauté extrême, à la puissance perverse, pour le bien des vaches et des brāhmaṇas.

Verse 15

न ह्येनां शापसम्स्पृष्टां कश्चिदुत्सहते पुमान्।निहन्तुं त्रिषु लोकेषु त्वामृते रघुनन्दन।।।।

Car nul homme, dans les trois mondes, n’ose la tuer, elle qui a été atteinte par une malédiction, hormis toi, ô joie de la lignée de Raghu.

Verse 16

न हि ते स्त्रीवधकृते घृणा कार्या नरोत्तम।चातुर्वण्यहितार्थाय कर्तव्यं राजसूनुना।।।।

Ô meilleur des hommes, ne te retiens pas par pitié sous prétexte qu’il s’agit de tuer une femme ; un fils de roi doit accomplir ce qui est requis pour le bien des quatre varṇa.

Verse 17

नृशंसमनृशंसं वा प्रजारक्षणकारणात्।पातकं वा सदोषं वा कर्तव्यं रक्षता सता।।।।

Pour la sauvegarde du peuple, un protecteur vertueux doit accomplir ce qui est nécessaire, que cela paraisse cruel ou clément, fût-ce tenu pour péché ou sujet à blâme.

Verse 18

राज्यभारनियुक्तानामेष धर्मस्सनातन:।अधर्म्यां जहि काकुत्स्थ धर्मोह्यस्या न विद्यते।।।।

Telle est la loi éternelle pour ceux à qui incombe le fardeau du règne : ô Kakutstha, abats cette impie, car en elle il n’y a point de dharma.

Verse 19

श्रूयते हि पुरा शक्रो विरोचनसुतां नृप।पृथिवीं हन्तुमिच्छन्तीं मन्थरामभ्यसूदयत्।।।।

On raconte en vérité qu’autrefois Śakra (Indra), ô prince, mit à mort Mantharā, fille de Virocana, lorsqu’elle voulut anéantir la terre.

Verse 20

विष्णुनापि पुरा राम भृगुपत्नी दृढव्रता।अनिन्द्रं लोकमिच्छन्ती काव्यमाता निषूदिता।।।।

Et même par Viṣṇu, ô Rāma, jadis fut mise à mort l’épouse de Bhṛgu, ferme dans ses vœux—la mère de Kāvya—lorsqu’elle voulut un monde sans Indra.

Verse 21

एतैश्चान्यैश्च बहुभी राजपुत्र महात्मभि:।अधर्मसहिता नार्यो हता: पुरुषसत्तमै:।।।।

Ainsi, ô prince, par ceux-ci et par bien d’autres grands d’âme, les meilleurs des hommes, furent mises à mort des femmes liées à l’adharma, pour la sauvegarde du dharma.

Verse 22

Viśvāmitra dit : Écoute comment elle devint d’une force surpassante ; comment, par l’octroi d’une grâce, cette femme en vint à porter une telle puissance.

Frequently Asked Questions

The dilemma is Rāma’s hesitation about slaying a female offender. Viśvāmitra resolves it by defining the king’s protective mandate: when a being is adharmic and harms the land and its people, the prince may (and should) neutralize the threat for prajā-rakṣaṇa and the welfare of cows and brāhmaṇas.

Upadeśa: governance is an ethical office where compassion must be integrated with public protection. For those bearing royal burden, dharma is “sanātana” in the sense of enduring civic obligation—decisive action is justified when it prevents systemic harm and restores order.

The sarga highlights the sacred region associated with Agastya’s presence (“agastyacaritaṃ śubham”) as a cultural marker of ascetic sanctity being violated. It also references the cultural-legal ideal of cāturvarṇya welfare and the protection of go-brāhmaṇa as a standard of righteous kingship.