
प्रयाणवर्णनम् (Departure from Ayodhya; Civic Lament and the Chariot’s Urgency)
अयोध्याकाण्ड
Le Sarga 40 met en scène les mécanismes rituels et l’élan douloureux du départ. Rāma, Sītā et Lakṣmaṇa, les mains jointes, touchent les pieds du roi et tournent autour de lui, accomplissant la prise de congé sacrée au milieu du chagrin. Rāma se prosterne ensuite devant Kauśalyā; Lakṣmaṇa suit, honorant Kauśalyā et sa mère Sumitrā. Par ses paroles, Sumitrā présente la vie en forêt comme la continuité du dharma royal : Lakṣmaṇa doit considérer Rāma comme son père (Daśaratha), Sītā comme sa mère, et la forêt comme Ayodhyā—une charpente éthique pour l’exil. Sumantra, avec l’humilité d’un serviteur de cour, invite Rāma à monter sur le char et rappelle que le compte des quatorze années a déjà commencé. Daśaratha fournit vêtements, parures, ainsi qu’un dépôt d’armes et d’équipements protecteurs placés dans le char. Lorsque le char s’ébranle, la population d’Ayodhyā se rue derrière lui, s’agrippe aux côtés et supplie qu’on avance lentement pour garder le visage de Rāma en vue; le tumulte des cloches, des chevaux et des éléphants devient la mesure de la détresse commune. Daśaratha s’effondre, l’esprit éclipsé comme la pleine lune sous Rāhu; les citoyens crient, et Kauśalyā court après le char. Rāma, ne pouvant supporter la souffrance de ses parents, se retourne sans cesse, tout en pressant le cocher d’aller vite. Pris entre deux ordres contraires—« reste » du roi et « pars » de Rāma—Sumantra obéit à Rāma et, plus tard, face au reproche, dit qu’il n’a pas entendu, car prolonger l’agonie est tenu pour moralement blâmable. Le sarga s’achève sur les ministres conseillant au roi de ne pas suivre trop loin ceux qu’il souhaite voir revenir, tandis que Daśaratha, en sueur et brisé de douleur, fixe son fils qui s’éloigne.
Verse 1
अथ रामश्च सीता च लक्ष्मणश्च कृताञ्जलिः।उपसङ्गृह्य राजानं चक्रुर्दीना: प्रदक्षिणम्।।।।
Alors Rāma, Sītā et Lakṣmaṇa—les paumes jointes et le cœur accablé—rendirent hommage au roi, le touchèrent avec révérence et firent autour de lui la pradakṣiṇa.
Verse 2
तं चापि समनुज्ञाप्य धर्मज्ञस्सीतया सह।राघव श्शोकसम्मूढो जननीमभ्यवादयत्।।।।
Après avoir aussi pris congé de lui, Rāghava, connaisseur du dharma, avec Sītā, bien que accablé de chagrin, salua sa mère avec respect.
Verse 3
अअन्वक्षं लक्ष्मणो भ्रातुः कौशल्यामभ्यवादयत्।अथ मातु स्सुमित्राया जग्राह चरणौ पुनः।।।।
Aussitôt après son frère, Lakṣmaṇa salua avec révérence Kauśalyā ; puis, de nouveau, il saisit les pieds de sa propre mère, Sumitrā.
Verse 4
तं वन्दमानं रुदती माता सौमित्रिमब्रवीत्।हितकामा महाबाहुं मूध्नर्युपाघ्राय लक्ष्मणम्।।।।
Tandis que Lakṣmaṇa, fils de Sumitrā, se prosternait avec vénération, sa mère, en pleurs mais soucieuse de son bien, baisa (respira) son front et s’adressa à ce héros aux bras puissants.
Verse 5
सृष्टस्त्वं वनवासाय स्वनुरक्तस्सुहृज्जने।रामे प्रमादं मा कार्षीः पुत्र भ्रातरि गच्छति।।।।
Bien que tu sois profondément attaché à tes chers compagnons, tu es destiné à la vie de forêt. Mon fils, ne te montre pas négligent envers ton frère Rāma lorsqu’il s’en va.
Verse 6
व्यसनी वा समृद्धो वा गतिरेष तवानघ।एष लोके सतां धर्मो यज्ज्येष्ठवशगो भवेत्।।।।
Dans l’épreuve comme dans l’abondance, il est ton refuge, ô irréprochable. Tel est le dharma des gens de bien en ce monde : demeurer soumis à l’aîné.
Verse 7
इदं हि वृत्तमुचितं कुलस्यास्य सनातनम्।दानं दीक्षा च यज्ञेषु तनुत्यागो मृधेषु च।।।।
Car telle est la tradition antique et convenable de ta lignée : la générosité, la consécration dans les sacrifices (yajñas) et l’offrande de son propre corps — de sa vie — au combat.
Verse 8
लक्ष्मणं त्वेवमुक्त्वा सा संसिद्धं प्रियराघवम्।सुमित्रा गच्छ गच्छेति पुनः पुनरुवाच तम्।।।।
Après avoir ainsi parlé à Lakṣmaṇa, Sumitrā répéta maintes fois à son bien-aimé Rāghava, désormais tout prêt : «Va, va».
Verse 9
रामं दशरथं विद्धि मां विद्धि जनकात्मजाम्।अयोध्यामटवीं विध्दि गच्छ तात यथासुखम्।।।।
«Vois en Rāma Daśaratha ; vois en moi Sītā, fille de Janaka ; vois dans la forêt Ayodhyā. Va, mon enfant, en paix».
Verse 10
ततः सुमन्त्रः काकुत्स्थं प्राञ्जलिर्वाक्यमब्रवीत्।विनीतो विनयज्ञश्च मातलिर्वासवं यथा।।।।
Alors Sumantra—humble et connaisseur des règles de bienséance—s’adressa à Kakutstha (Rāma) les mains jointes, tel Mātali parlant à Vāsava (Indra).
Verse 11
ररथमारोह भद्रं ते राजपुत्र महायशः।क्षिप्रं त्वां प्रापयिष्यामि यत्र मां राम वक्ष्यसि।।।।
«Ô prince à la grande renommée, que le bien soit sur toi : monte sur le char. Je te conduirai promptement là où, Rāma, tu me l’ordonneras.»
Verse 12
चतुर्दश हि वर्षाणि वस्तव्यानि वने त्वया।तान्युपक्रमितव्यानि यानि देव्यासि चोदितः।।।।
En vérité, quatorze années tu dois demeurer dans la forêt ; ces années, prescrites par la reine, doivent dès maintenant être commencées et comptées.
Verse 13
तं रथं सूर्यसङ्काशं सीता हृष्टेन चेतसा।आरुरोह वरारोहा कृत्वालङ्कारमात्मनः।।।।
Sītā, à la grâce exquise, s’orna elle-même ; puis, l’esprit joyeux et résolu, elle monta sur ce char éclatant comme le soleil.
Verse 14
अथो ज्वलनसङ्काशं चामीकरविभूषितम्।तमारुरुहतुस्तूर्णं भ्रातरौ रामलक्ष्मणौ।।।।
Alors les deux frères, Rāma et Lakṣmaṇa, montèrent promptement sur ce char, orné d’or et flamboyant comme le feu.
Verse 15
वनवासं हि संख्याय वासांस्याभरणानि च।भर्तारमनुगच्छन्त्यै सीतायै श्वशुरो ददौ।।।।
Ayant compté les années de séjour en forêt, son beau-père donna à Sītā vêtements et parures, puisqu’elle devait suivre son époux.
Verse 16
तथैवायुधजालानि भ्रातृभ्यां कवचानि च।रथोपस्थे प्रतिन्यस्य सचर्म कठिनं च तत्।।।।सीतातृतीयानारूढान् दृष्ट्वा दृष्टमचोदयत्।सुमन्त्रस्सम्मतानश्वान् वायुवेगसमान्जवे।।।।
De même, il déposa sur le siège du char un faisceau d’armes et des cuirasses pour les deux frères, avec des boucliers et de solides protections.
Verse 17
तथैवायुधजालानि भ्रातृभ्यां कवचानि च। रथोपस्थे प्रतिन्यस्य सचर्म कठिनं च तत्।।2.40.16।।सीतातृतीयानारूढान् दृष्ट्वा दृष्टमचोदयत्। सुमन्त्रस्सम्मतानश्वान् वायुवेगसमान्जवे।।2.40.17।।
Les voyant montés—Sītā en troisième—Sumantra pressa les chevaux bien dressés et choisis, rapides comme le vent, et s’élança vivement en avant.
Verse 18
प्रतियाते महारण्यं चिररात्राय राघवे।बभूव नगरे मूर्छा बलमूर्छा जनस्य च।।।।
Quand Rāghava s’en fut vers la grande forêt pour longtemps, la cité tomba dans une torpeur; le peuple aussi défaillit, ses forces comme épuisées.
Verse 19
तत्समाकुलसम्भ्रान्तं मत्तसङ्कुपितद्विपम्।हयशिञ्जितनिर्घोषं पुरमासीन्महास्वनम्।।।।
La cité devint tumultueuse et bouleversée—les éléphants, en rut, s’y agitaient—tandis que le fracas des hennissements et des grelots des chevaux montait en un vaste rugissement.
Verse 20
तत स्सबालवृद्धा सा पुरी परमपीडिता।राममेवाभिदुद्राव घर्मार्ता सलिलं यथा।।।।
Alors cette cité—jeunes et vieux tout ensemble—tourmentée par l’angoisse, courut vers Rāma seul, comme ceux que brûle la chaleur courent vers l’eau.
Verse 21
पार्श्वतः पृष्ठतश्चापि लम्बमानास्तदुन्मुखाः।बाष्पपूर्णमुखास्सर्वे तमूचुर्भृशनिस्वनाः।।।।
S’agrippant au char par les côtés et par l’arrière, tous—le visage inondé de larmes, la voix étranglée par de profonds sanglots—s’adressèrent à Sumantra.
Verse 22
संयच्छ वाजिनां रश्मीन् सूत याहि शनैश्शनैः।मुखं द्रक्ष्याम रामस्य दुर्दर्शं नो भविष्यति।।।।
«Cocher, retiens les rênes des chevaux; avance lentement, très lentement, afin que nous puissions encore voir le visage de Rāma : bientôt il nous sera difficile de l’apercevoir.»
Verse 23
आयसं हृदयं नूनं राममातुरसंशयम्।यद्देवगर्भप्रतिमे वनं याति न भिद्यते।।।।
Assurément, sans nul doute, le cœur de la mère de Rāma doit être de fer, car il ne se brise pas alors même que lui, tel un enfant des dieux, s’en va vers la forêt.
Verse 24
कृतकृत्या हि वैदेही छायेवानुगता पतिम्।न जहाति रता धर्मे मेरुमर्कप्रभा यथा।।।।
Vaidehī, estimant avoir accompli son vrai devoir et vouée au dharma, n’abandonne pas son époux ; elle le suit comme une ombre, comme la lumière du soleil qui ne quitte pas le mont Meru.
Verse 25
अहो लक्ष्मण सिद्धार्थ स्सततं प्रियवादिनम्।भ्रातरं देवसङ्काशं यस्त्वं परिचरिष्यसि।।।।
«Ah, Lakṣmaṇa, ton dessein est accompli, car tu serviras ton frère, semblable à un dieu, toujours doux dans ses paroles.»
Verse 26
महत्येषा हि ते सिध्दिरेष चाभ्युदयो महान्।एष स्वर्गस्य मार्गश्च यदेनमनुगच्छसि।।।।
C’est vraiment pour toi un grand accomplissement et une grande élévation de mérite, puisque tu le suis ; oui, c’est là le chemin du ciel.
Verse 27
एवं वदन्तस्ते सोढुं न शेकुर्बाष्पमागतम्।नरास्तमनुगच्छन्तः प्रियमिक्ष्वाकुनन्दनम्।।।।
Même en parlant ainsi, ces hommes ne purent retenir les larmes qui montaient en eux, tandis qu’ils suivaient leur bien-aimé Rāma, la joie de la lignée d’Ikṣvāku.
Verse 28
अथ राजा वृत स्त्रीभिर्दीनाभिर्दीनचेतनः।निर्जगाम प्रियं पुत्रं द्रक्ष्यामीति ब्रुवन् गृहात्।।।।
Alors le roi, l’esprit accablé et entouré de femmes en pleurs, sortit du palais en disant : «Je veux voir mon fils bien-aimé».
Verse 29
शुश्रुवे चाग्रतः स्त्रीणां रुदन्तीनां महास्वनः।यथा नादः करेणूनां बद्धे महति कुञ्जरे।।।।
Et devant lui, il entendit la grande clameur des femmes en pleurs, semblable au barrissement des éléphantes quand un puissant éléphant mâle a été entravé.
Verse 30
पिता हि राजा काकुत्स्थः श्रीमान् सन्नस्तदाऽभवत्।परिपूर्णः शशी काले ग्रहेणोपप्लुतो यथा।।।।
Alors le père—le roi de la lignée de Kakutstha—bien que resplendissant, s’assombrit, tel la pleine lune qu’au temps de l’éclipse saisit le graha (Rāhu).
Verse 31
स च श्रीमानचिन्त्यात्मा रामो दशरथात्मजः।सूतं सञ्चोदयामास त्वरितं वाह्यतामिति।।।।
Et Rāma—illustre, à l’âme insondable, fils de Daśaratha—pressa le cocher : «Conduis vite !»
Verse 32
रामो याहीति सूतं तं तिष्ठेति स जनस्तदा।उभयं नाशकत्सूतः कर्तुमध्वनि चोदितः।।।।
«Va, Rāma !» le pressait-il, tandis qu’en même temps les citoyens le sommaient : «Arrête !». Ainsi, poussé sur la route, le cocher ne put accomplir ni l’un ni l’autre.
Verse 33
निर्गच्छति महाबाहौ रामे पौरजनाश्रुभिः।पतितैरभ्यवहितं प्रशशाम महीरजः।।।।
Lorsque Rāma aux grands bras s’en allait, la poussière soulevée de la terre fut apaisée et retombée, mouillée par les larmes des citoyens qui tombaient.
Verse 34
रुदिताश्रुपरिद्यूनं हाहाकृतमचेतनम्।प्रयाणे राघवस्यासीत्पुरं परमपीडितम्।।।।
Au départ de Rāghava, la cité fut accablée au plus haut point : noyée de larmes, retentissant de «Hélas !», comme privée de conscience.
Verse 35
सुस्राव नयनैः स्त्रीणामस्रमायाससम्भवम्।मीनसङ्क्षोभचलितै स्सलिलं पङ्कजैरिव।।।।
Des yeux des femmes coulèrent des larmes nées de l’angoisse, telles des gouttes d’eau glissant des lotus ébranlés par le remous des poissons.
Verse 36
दृष्ट्वा तु नृपति श्श्रीमानेकचित्तगतं पुरम्।निपपातैव दुःखेन हतमूल इव द्रुमः।।।।
Voyant la cité tout entière plongée dans une seule douleur, le roi, comblé de splendeur, s’effondra de chagrin, tel un arbre dont on a tranché les racines.
Verse 37
ततो हलहलाशब्दो जज्ञे रामस्य पृष्ठतः।नराणां प्रेक्ष्य राजानं सीदन्तं भृशदुःखितम्।।।।
Alors, derrière Rāma, s’éleva parmi les hommes un cri tumultueux, lorsqu’ils virent le roi défaillir, accablé d’une douleur extrême.
Verse 38
हा रामेति जनाः केचिद्राममातेति चापरे।अन्तःपुरं समृद्धं च क्रोशन्तः पर्यदेवयन्।।।।
Les uns gémissaient : «Hélas, Rāma !», d’autres : «Ô mère de Rāma !»; et par leurs lamentations retentissantes, ils emplirent de pleurs jusqu’aux appartements intérieurs, pourtant si opulents.
Verse 39
अन्वीक्षमाणो रामस्तु विषण्णं भ्रान्तचेतसम्।राजानं मातरं चैव ददर्शानुगतौ पथि।।।।
Se retournant du regard, Rāma vit le roi et sa mère marcher derrière lui sur la route, abattus, l’esprit en désarroi.
Verse 40
स बद्ध इव पाशेन किशोरो मातरं यथा।धर्मपाशेन सङ्क्षिप्तः प्रकाशं नाभ्युदैक्षत।।।।
Tel un jeune poulain, comme lié par une corde, qui ne peut voir clairement sa mère, ainsi Rāma, retenu par le lien du dharma, ne put contempler ses parents au grand jour.
Verse 41
पदातिनौ च यानार्हावदुःखार्हौ सुखोचितौ।दृष्ट्वा सञ्चोदयामास शीघ्रं याहीति सारथिम्।।।।
Voyant ses parents—faits pour le char et pourtant marchant à pied, accoutumés au bonheur et indignes de la peine—Rāma pressa le cocher : «Va vite !»
Verse 42
न हि तत्पुरुषव्याघ्रो दुःखदं दर्शनं पितुः।मातुश्च सहितुं शक्तस्तोत्रार्दित इव द्विपः।।।।
Rāma, tigre parmi les hommes, ne put supporter cette vue affligeante de son père et de sa mère, tel un éléphant tourmenté par le crochet.
Verse 43
प्रत्यगारमिवायान्ती वत्सला वत्सकारणात्।बद्धवत्सा यथा धेनू राममाताभ्यधावत।।।।
La mère de Rāma courut derrière lui, telle une vache pleine de tendresse qui, son veau attaché, se hâte vers l’étable pour l’amour de son petit.
Verse 44
तथा रुदन्तीं कौसल्यां रथं तमनुधावतीम्।क्रोशन्तीं राम रामेति हा सीते लक्ष्मणेति च।।।।रामलक्ष्मणसीतार्थं स्रवन्तीं वारि नेत्रजम्।असकृत्प्रैक्षत तदा नृत्यन्तीमिव मातरम्।।।।
Tandis que Kauśalyā pleurait et courait derrière ce char, criant : « Rāma, Rāma ! Hélas, Sītā ! Lakṣmaṇa ! », et laissant couler des larmes nées de ses yeux pour Rāma, Lakṣmaṇa et Sītā, Rāma se retournait sans cesse vers sa mère, qui, sous l’angoisse, vacillait comme si elle dansait.
Verse 45
तथा रुदन्तीं कौसल्यां रथं तमनुधावतीम्। क्रोशन्तीं राम रामेति हा सीते लक्ष्मणेति च।।2.40.44।।रामलक्ष्मणसीतार्थं स्रवन्तीं वारि नेत्रजम्। असकृत्प्रैक्षत तदा नृत्यन्तीमिव मातरम्।।2.40.45।।
Le même passage se répète : Kauśalyā pleure et court derrière le char, appelant Rāma, Sītā et Lakṣmaṇa, versant des larmes de détresse ; et Rāma se retourne sans cesse vers elle.
Verse 46
तिष्ठेति राजा चुक्रोश याहि याहीति राघवः।सुमन्त्रस्य बभूवात्मा चक्रयोरिव चान्तरा।।।।
Le roi cria : « Arrête, arrête ! », tandis que Rāghava (Rāma) disait : « Va, va ! ». Et l’esprit de Sumantra fut comme pris entre deux roues.
Verse 47
नाश्रौषमिति राजानमुपालब्धोऽपि वक्ष्यसि।चिरं दुःखस्य पापिष्ठमिति रामस्तमब्रवीत्।।।।
Rāma lui dit : «Même si le roi te fait des reproches, réponds : “Je n’ai pas entendu.” Prolonger la souffrance est la faute la plus blâmable».
Verse 48
रामस्य स वचः कुर्वन्ननुज्ञाप्य च तं जनम्।व्रजतोऽपि हयान् शीघ्रं चोदयामास सारथिः।।।।
Obéissant aux paroles de Rāma, et après avoir pris congé de ces gens, le cocher pressa les chevaux d’aller plus vite, bien qu’ils fussent déjà lancés.
Verse 49
न्यवर्तत जनो राज्ञो रामं कृत्वा प्रदक्षिणम्।मनसाप्यश्रुवेगैश्च न न्यवर्तत मानुषम्।।।।
Le peuple du roi revint, après avoir fait la pradakṣiṇā de Rāma avec vénération, ne fût-ce qu’en son cœur ; mais le flot humain des larmes et la houle du chagrin ne rebroussèrent pas chemin avec eux.
Verse 50
यमिच्छेत्पुनरायान्तं नैनं दूरमनुव्रजेत्।इत्यमात्या महाराजमूचुर्दशरथं वचः।।।।
Celui dont on souhaite le retour ne doit pas être suivi trop loin. Ainsi les ministres adressèrent-ils ces paroles au grand roi Daśaratha.
Verse 51
तेषां वचः सर्वगुणोपपन्नंप्रस्विन्नगात्रः प्रविषण्णरूपः।निशम्य राजा कृपणः सभार्योव्यवस्थितस्तं सुतमीक्षमाणः।।।।
Entendant leurs paroles, pleines de toutes vertus et de bon conseil, le roi, misérable de chagrin, demeura là avec ses reines : le corps en sueur, le visage abattu, le regard fixé sur son fils.
The sarga presents a dharma-tension between compassion and duty: Rāma must not prolong the parents’ and citizens’ agony, so he orders swift travel, while the king and populace plead for delay—placing Sumantra between conflicting moral claims.
Sumitrā’s instruction offers an exile-ethics model: translate relationships into dharmic roles (Rāma as father, Sītā as mother, forest as Ayodhyā), so that hardship is managed through disciplined perception and service to the eldest as a virtuous norm.
Ayodhyā functions as the cultural landmark, defined by civic procession, lament, and royal protocol; the chariot rite (obeisance, pradakṣiṇā, mounting, reins control) and the transition toward the ‘great forest’ mark the chapter’s spatial and ritual geography.
Read Valmiki Ramayana in the Vedapath app
Scan the QR code to open this directly in the app, with audio, word-by-word meanings, and more.