Adhyaya 5
Patala KhandaAdhyaya 550 Verses

Adhyaya 5

The Meeting with Agastya (Rāma Praised by the Gods; Phalaśruti; Ideal Reign; Prelude to Agastya’s Arrival)

Après le sacre de Śrī Rāma et la mort de Rāvaṇa, les Deva offrent une stuti élevée, identifiant Rāma à Acyuta/Viṣṇu. Ils évoquent sa puissance lors de la dissolution cosmique, la délivrance des peines du saṃsāra et la vertu purificatrice des Noms divins. Le chapitre contient une phalaśruti : la récitation de l’hymne protège de la défaite, de la pauvreté et de la maladie, et éveille la bhakti. Le récit passe ensuite à l’image d’un règne idéal : prospérité, absence de mort prématurée et concorde sociale. Vient ensuite la calomnie du blanchisseur et l’abandon de Sītā ; enfin, le sage Agastya, né d’un vase, arrive dans l’assemblée royale, annonçant la suite du récit.

Shlokas

Verse 1

शेष उवाच । अथाभिषिक्तं रामं तु तुष्टुवुः प्रणताः सुराः । रावणाभिधदैत्येंद्र वधहर्षितमानसाः

Śeṣa dit : Alors, lorsque Rāma eut été consacré, les dieux, prosternés avec révérence, le célébrèrent, le cœur empli de joie pour la mise à mort du roi-démon nommé Rāvaṇa.

Verse 2

देवा ऊचुः । जय दाशरथे सुरार्तिहञ्जयजय दानववंशदाहक । जय देववरांगनागणग्रहणव्यग्रकरारिदारक

Les dieux dirent : « Victoire à toi, ô fils de Daśaratha, toi qui détruis la détresse des dieux ! Victoire, victoire, toi qui consumes la lignée des Dānavas ! Victoire, ô pourfendeur de l’ennemi, dont les mains, promptes et ardentes, s’emploient à saisir les troupes de vierges célestes ! »

Verse 3

तवयद्दनुजेंद्र नाशनं कवयो वर्णयितुं समुत्सुकाः । प्रलये जगतांततीः पुनर्ग्रससे त्वं भुवनेशलीलया

Les poètes brûlent de décrire ta destruction du seigneur des Dānavas ; et, au temps de la dissolution cosmique, tu engloutis de nouveau les multitudes de mondes, ô Seigneur de l’univers, par pur jeu divin.

Verse 4

जय जन्मजरादिदुःखकैः परिमुक्तप्रबलोद्धरोद्धर । जय धर्मकरान्वयांबुधौ कृतजन्मन्नजरामराच्युत

Victoire à Toi, puissant Sauveur qui relèves et délivres ceux qui sont entièrement affranchis des souffrances ardentes de la naissance, de la vieillesse et du reste. Victoire à Toi, Acyuta, sans vieillissement ni mort : bien que Tu prennes naissance, Tu demeures à jamais au-delà du déclin et de la mortalité, océan de dharma pour la lignée des justes.

Verse 5

इति श्रीपद्मपुराणे पातालखंडे शेषवात्स्यायनसंवादे रामाश्वमेधे । अगस्त्यसमागमोनाम पंचमोऽध्यायः

Ainsi, dans le Śrī Padma Purāṇa, dans le Pātāla-khaṇḍa, au sein du dialogue entre Śeṣa et Vātsyāyana, dans la section concernant l’Aśvamedha de Rāma (sacrifice du cheval), s’achève le cinquième chapitre, intitulé « La Rencontre avec Agastya ».

Verse 6

हरविरिंचिनुतं तव पादयोर्युगलमीप्सितकामसमृद्धिदम् । हृदि पवित्रयवादिकचिह्नितैः सुरचितं मनसा स्पृहयामहे

Nous aspirons, l’esprit harmonieusement recueilli dans le cœur, à la paire de Tes pieds—loués par Hara (Śiva) et Viriñci (Brahmā)—qui accordent l’accomplissement et l’abondance des buts désirés, et portent des signes sacrés tels que l’emblème du grain d’orge.

Verse 7

यदि भवान्न दधात्यभयं भुवो मदनमूर्ति तिरस्करकांतिभृत् । सुरगणा हि कथं सुखिनः पुनर्ननुभवंति घृणामय पावन

Si Tu n’accordes pas au monde l’intrépidité—ô incarnation de l’Amour, dont l’éclat surpasse tout—, comment les multitudes des dieux pourraient-elles goûter de nouveau au bonheur, ô compatissant et purificateur ?

Verse 8

यदा यदास्मान्दनुजाहि दुःखदास्तदा तदा त्वं भुवि जन्मभाग्भवेः । अजोऽव्ययोऽपीशवरोऽपि सन्विभो स्वभावमास्थाय निजं निजार्चितः

Chaque fois que les Danujas deviennent pour nous une source de souffrance, alors, à chaque fois, Tu prends naissance sur la terre. Bien que non-né et impérissable, bien que Tu sois le Seigneur, ô Toi qui pénètres tout, Tu assumes Ta propre nature et Tu es adoré par Tes propres dévots.

Verse 9

मृतसुधासदृशैरघनाशनैः सुचरितैरवकीर्य महीतलम् । अमनुजैर्गुणशंसिभिरीडितः प्रविश चाशु पुनर्हि स्वकं पदम्

Après avoir répandu sur la surface de la terre tes nobles actions—semblables à un nectar pour les morts et destructrices du péché—entre promptement de nouveau dans ta propre demeure, loué par des êtres non humains qui chantent tes vertus.

Verse 10

अनादिराद्योजररूपधारी हारी किरीटी मकरध्वजाभः । जयं करोतु प्रसभं हतारिः स्मरारि संसेवितपादपद्मः

Que ce pourfendeur d’ennemis—sans commencement et pourtant source première, portant une forme radieuse et sans vieillesse, paré d’une guirlande et d’une couronne, éclatant tel Makaradhvaja (Kāma)—accorde une victoire irrésistible ; lui dont les pieds de lotus sont servis par Smarāri (Śiva), l’ennemi de Kāma.

Verse 11

इत्युक्त्वा ते सुराः सर्वे ब्रह्मेंद्रप्रमुखा मुहुः । प्रणेमुररिनाशेन प्रीणिता रघुनायकम्

Ayant ainsi parlé, tous les dieux—conduits par Brahmā et Indra—se prosternèrent maintes fois devant Raghunāyaka (Rāma), réjouis par l’anéantissement de l’ennemi.

Verse 12

इति स्तुत्यातिसंहृष्टो रघुनाथो महायशाः । प्रोवाच तान्सुरान्वीक्ष्य प्रणतान्नतकंधरान्

Ainsi, transporté de joie par l’hymne de louange, l’illustre Raghunātha (Rāma) posa son regard sur ces dieux, prosternés, la nuque courbée de révérence, et leur adressa la parole.

Verse 13

श्रीराम उवाच । सुरा वृणुत मे यूयं वरं किंचित्सुदुर्ल्लभम् । यं कोऽपि देवो दनुजो न यक्षः प्राप सादरः

Śrī Rāma dit : «Ô dieux, choisissez de moi quelque grâce, fût-elle légère, extrêmement difficile à obtenir, telle qu’aucun deva, dānava ni yakṣa ne l’ait jamais reçue avec l’honneur requis».

Verse 14

सुरा ऊचुः । स्वामिन्भगवतः सर्वं प्राप्तमस्माभिरुत्तमम् । यदयं निहतः शत्रुरस्माकं तु दशाननः

Les dieux dirent : « Ô Seigneur, par la grâce du Bienheureux nous avons obtenu tout le bien suprême, car notre ennemi Daśānana, l’aux dix visages, a été terrassé. »

Verse 15

यदायदाऽसुरोऽस्माकं बाधां परिदधाति भोः । तदा तदेति कर्तव्यमेतावद्वैरिनाशनम्

Chaque fois qu’un asura nous inflige tourment, ô seigneur, alors, à cet instant même, il faut agir comme il convient : telle est, en bref, la voie pour anéantir l’ennemi.

Verse 16

तथेत्युक्त्वा पुनर्वीरः प्रोवाच रघुनंदनः । श्रीराम उवाच । सुराः शृणुत मद्वाक्यमादरेण समन्विताः

Ayant dit : « Qu’il en soit ainsi », le vaillant Raghunandana parla de nouveau. Śrī Rāma dit : « Ô dieux, écoutez mes paroles avec une attention empreinte de révérence. »

Verse 17

भवत्कृतं मदीयैर्वैगुणैर्ग्रथितमद्भुतम् । स्तोत्रं पठिष्यति मुहुः प्रातर्निशि सकृन्नरः

Cet hymne merveilleux—composé par vous, mais tissé de mes propres imperfections—quiconque le récite maintes fois, ne fût-ce qu’une fois le matin et la nuit, en recevra le mérite visé.

Verse 18

तस्य वैरि पराभूतिर्न भविष्यति दारुणा । न च दारिद्र्यसंयोगो न च व्याधिपराभवौ

Pour lui, il n’y aura point de défaite terrible sous la main des ennemis ; il ne sera pas lié à la pauvreté, et ne sera pas non plus terrassé par la maladie.

Verse 19

मदीयचरणद्वंद्वे भक्तिस्तेषां तु भूयसी । भविष्यति मुदायुक्ते स्वांते पुंसां तु पाठतः

Par le seul fait de réciter ceci, une grande dévotion envers ma paire de pieds naîtra dans le cœur des hommes, et leur être intérieur sera rempli de joie.

Verse 20

इत्युक्त्वा सोऽभवत्तूष्णीं नरदेवशिरोमणिः । सुराः सर्वे प्रहृष्टास्ते ययुर्लोकं स्वकं स्वकम्

Ayant ainsi parlé, ce joyau parmi les rois se tut. Tous les dieux, transportés de joie, s’en allèrent, chacun vers son propre séjour céleste.

Verse 21

रघुनाथोऽपि भ्रातॄंस्तान्पालयंस्तातवद्बुधान् । प्रजाः पुत्रानिव स्वीयाल्लांलयंल्लोकनायकः

Raghunātha aussi, chef du monde, protégea ces frères sages comme un père, et chérissait ses sujets comme s’ils étaient ses propres fils.

Verse 22

यस्मिञ्छासति लोकानां नाकालमरणं नृणाम् । न रोगादि पराभूतिर्गृहेषु च महीयसी

Lorsqu’il gouverne les peuples, il n’y a pas de mort prématurée pour les hommes; ni défaite par la maladie et autres maux, et dans les maisons règne une grande prospérité.

Verse 23

नेतिः कदापि द्दश्येत वैरिजं भयमेव च । वृक्षाः सदैव फलिनो मही भूयिष्ठधान्यका

On ne verrait jamais aucun malheur, ni crainte venant des ennemis. Les arbres seraient toujours chargés de fruits, et la terre donnerait des grains en abondance.

Verse 24

पुत्रपौत्रपरीवार सनाथी कृतजीवनाः । कांता संयोगजसुखैर्निरस्तविरहक्लमाः

Soutenus par une maison de fils et de petits-fils, leur vie se trouva accomplie ; et par les joies nées de l’union avec l’aimée, la lassitude due à la séparation fut dissipée.

Verse 25

नित्यं श्रीरघुनाथस्य पादपद्मकथोत्सुकाः । कदापि परनिंदासु वाचस्तेषां भवंति न

Toujours avides de raconter les pieds-lotus de Śrī Raghunātha, leurs paroles ne se tournent jamais, à aucun moment, vers la médisance d’autrui.

Verse 26

कारवोऽपि कदा पापं नाचरंति मनस्यहो । रघुनाथकराघातदुःखशंकाभिशंसिनः

Hélas ! même les Kāravas ne commettent pas de péché, fût-ce en pensée, tant ils redoutent, s’y attendant sans cesse, la douleur du coup de la main de Raghunātha.

Verse 27

सीतापतिमुखालोक निश्चलीभूतलोचनाः । लोका बभूवुः सततं कारुण्यपरिपूरिताः

En contemplant le visage de l’Époux de Sītā, leurs yeux devinrent immobiles ; et le peuple demeura sans cesse comblé, débordant de compassion.

Verse 28

राज्यं प्राप्तमसापत्नं समृद्धबलवाहनम् । ऋषिभिर्हृष्टपुष्टैश्च रम्यं हाटकभूषणैः

Il obtint un royaume sans rival, riche en force et en montures ; rendu charmant par des ṛṣi joyeux et bien nourris, et paré d’ornements d’or.

Verse 29

संपुष्टमिष्टापूर्तानां धर्माणां नित्यकर्तृभिः । सदा संपन्नसस्यं च सुवसुक्षेत्रसंयुतम्

Nourrie par ceux qui accomplissent sans cesse les devoirs d’iṣṭa et de pūrta —sacrifices et œuvres de charité—, elle demeure toujours riche en moissons et pourvue de champs excellents et prospères.

Verse 30

सुदेशं सुप्रजं स्वस्थं सुतृणं बहुगोधनम् । देवतायतनानां च राजिभिः परिराजितम्

Une terre aux belles contrées, riche de sujets dignes et de santé, abondante en herbes fines et en richesse de bétail, et resplendissante de rangées de sanctuaires des dieux.

Verse 31

सुपूर्णा यत्र वै ग्रामाः सुवित्तर्द्धिविराजिताः । सुपुष्पकृत्रिमोद्यानाः सुस्वादुफलपादपाः

Là, les villages sont bien peuplés et accomplis en tout, resplendissants de richesse et de prospérité; ils ont des jardins aménagés, pleins de belles fleurs, et des arbres portant des fruits au goût suave.

Verse 32

सपद्मिनीककासारा यत्र राजंति भूमयः । सदंभा निम्नगा यत्र न यत्र जनता क्वचित्

Où les terres resplendissent d’étangs de lotus et de lacs, où coule une rivière aux eaux perpétuelles, et pourtant où l’on ne trouve nulle part aucun peuple.

Verse 33

कुलान्येव कुलीनानां वर्णानां नाधनानि च । विभ्रमो यत्र नारीषु न विद्वत्सु च कर्हिचित्

Où les nobles n’ont que des lignées nobles, où les varṇa ne sont point appauvris, et où jamais il n’y a d’égarement moral, ni chez les femmes ni chez les savants.

Verse 34

नद्यः कुटिलगामिन्यो न यत्र विषये प्रजाः । तमोयुक्ताः क्षपा यत्र बहुलेषु न मानवाः

(C’est un pays) où les rivières suivent des cours sinueux; où, dans le royaume, nul peuple n’est établi; où les nuits sont chargées d’obscurité, et où, en maints endroits, il n’y a point d’êtres humains.

Verse 35

रजोयुजः स्त्रियो यत्र नाधर्मबहुला नराः । धनैरनंधो यत्रास्ति जनो नैव च भोजने

Là, les femmes sont en leur saison; les hommes ne sont point nombreux dans l’adharma; nul n’est aveuglé par la richesse, et le peuple ne manque jamais de nourriture.

Verse 36

अनयः स्यंदनो यत्र न च वैराजपूरुषः । दंडः परशुकुद्दालवालव्यजनराजिषु

Là, le véhicule (char) n’est point attelé de chevaux, et l’on n’y trouve pas non plus le «Personnage Vairāja» cosmique; à sa place apparaissent des rangées d’ustensiles — bâtons, haches, bêches, queues d’animaux et éventails.

Verse 37

आतपत्रेषु नान्यत्र क्वचित्क्रोधोपरोधजः । अन्यत्राक्षिकवृंदेभ्यः क्वचिन्न परिदेवनम्

Nulle part — sauf parmi les ombrelles — ne s’élève, fût-ce parfois, la retenue née de la colère; et nulle part — sauf parmi les essaims d’abeilles — on n’entend de plainte.

Verse 38

आक्षिका एव दृश्यंते यत्र पाशकपाणयः । जाड्यवार्ता जलेष्वेव स्त्रीमध्या एव दुर्बलाः

En ce lieu, on ne voit que des joueurs, les dés à la main; leur parole est lourde et sans éclat, et ils ne s’attardent que dans les eaux; et parmi les femmes, au milieu, ne se trouvent que les faibles.

Verse 39

कठोरहृदया यत्र सीमंतिन्यो न मानवाः । औषधेष्वेव यत्रास्ति कुष्ठयोगो न मानवे

Là où les femmes ont le cœur dur et où les hommes sont absents ; et là où la lèpre ne se trouve que dans les remèdes, non chez les êtres humains.

Verse 40

वेधो यत्र सुरत्नेषु शूलं मूर्तिकरेषु वै । कंपः सात्विकभावोत्थो न भयात्क्वापि कस्यचित्

Là où l’on perce les gemmes parmi les joyaux d’excellence, et où se trouve un trident chez les artisans d’images : là, tout frémissement naît d’un état sāttvique, pur et dévotionnel, et jamais de la peur, en quiconque, nulle part.

Verse 41

संज्वरः कामजो यत्र दारिद्र्यकलुषस्य च । दुर्ल्लभत्वं सदैवस्य सुकृतेन च वस्तुनः

Là s’élève la fièvre née du désir et la souillure engendrée par la pauvreté ; et même ce qui est vraiment bon devient sans cesse difficile à obtenir.

Verse 42

इभा एव प्रमत्ता वै युद्धे वीच्यो जलाशये । दानहानिर्गजेष्वेव तीक्ष्णा एव हि कंटकाः

Dans la bataille, même les éléphants deviennent frénétiques ; dans un réservoir d’eau, même des vagues se lèvent. Même chez les éléphants, le suc du rut se perd, et les épines sont vraiment aiguës par nature.

Verse 43

बाणेषु गुणविश्लेषो बंधोक्तिः पुस्तके दृढा । स्नेहत्यागः खलेष्वेव न च वै स्वजने जने

Dans les flèches, la corde se sépare en brins ; dans un livre, la reliure est solide. Qu’on renonce à l’affection seulement envers les méchants, et jamais, en vérité, envers les siens.

Verse 44

तं देशं पालयामास लालयंल्लालिताः प्रजाः । धर्मं संस्थापयन्देशे दुष्टे दंडधरोपमः

Il gouverna ce pays, nourrissant avec tendresse un peuple chéri ; et dans ce royaume il établit le dharma, châtiant les méchants tel celui qui porte le bâton de la justice.

Verse 45

एवं पालयतो देशं धर्मेण धरणीतलम् । सहस्रं च व्यतीयुर्वै वर्षाण्येकादश प्रभोः

Ainsi, tandis qu’il gouvernait le royaume et la terre selon le dharma, il s’écoula en vérité pour ce seigneur mille onze années.

Verse 46

तत्र नीचजनाच्छ्रुत्वा सीताया अपमानताम् । स्वां च निंदां रजकतस्तां तत्याज रघूद्वहः

Là, entendant d’un homme de basse condition l’humiliation de Sītā—et aussi la médisance lancée contre lui par un blanchisseur—Rāma, le plus éminent des Raghu, l’abandonna.

Verse 47

पृथ्वीं पालयमानस्य धर्मेण नृपतेस्तदा । सीतां विरहितामेकां निदेशेन सुरक्षिताम्

En ce temps-là, tandis que le roi gouvernait la terre avec droiture selon le dharma, Sītā—seule et séparée—fut gardée en sûreté par son ordre.

Verse 48

कदाचित्संसदो मध्ये ह्यासीनस्य महामतेः । आजगाम मुनिश्रेष्ठः कुंभोत्पत्तिर्मुनिर्महान्

Un jour, tandis que ce sage magnanime était assis au milieu de l’assemblée, arriva le plus éminent des munis : le grand ascète né d’une jarre.

Verse 49

गृहीत्वार्घ्यं समुत्तस्थौ वसिष्ठेन समन्वितः । जनताभिर्महाराजो वार्धिशोषकमागतम्

Ayant reçu l’offrande d’arghya, le grand roi se leva, accompagné de Vasiṣṭha; puis, avec le peuple, il alla voir celui qui était venu comme le « dessécheur de l’océan ».

Verse 50

स्वागतेन सुसंभाव्य पप्रच्छ तमनामयम् । सुखोपविष्टं विश्रांतं बभाषे रघुनंदनः

Après l’avoir accueilli et honoré comme il se doit, Raghunandana (Rāma) s’enquit de sa santé; le voyant assis à l’aise et reposé, il lui adressa la parole.